Actualités et Politique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Prises de position

Samedi, 3 novembre 2007

Municipales de Sarreguemines : René renaît ...

... ou quand Ludwig nous ressert la même symphonie ! ...

A l'approche des élections municipales de 2008, des candidats nombreux se déclarent tour à tour, certains portés par une formation politique majeure, d'autres défendant les idées d'un groupe numériquement plus modeste, d'autres enfin préférant se lancer à l'assaut d'une mairie en franc-tireur, espérant de ce fait rassembler des sympathisants de toutes origines.

A Sarreguemines comme ailleurs, les candidats potentiels commencent à se faire connaître, et on voit réapparaître parmi eux quelques vieilles connaissances, qui ne semblent guère avoir tiré les leçons de leurs pénibles expériences passées.

Ainsi en est-il de René Ludwig, adversaire malheureux de Céleste Lett aux municipales de Sarreguemines en 2001, défait par Denis Peiffer dès le premier tour aux cantonales de 2004, et qui pourtant, sourd aux messages pourtant limpides de l'électorat sarregueminois, entend présenter encore et encore sa dyspnéique candidature, au grand amusement des observateurs de la vie politique locale.

Pour justifier son poignant échec de 2001, René Ludwig avance un argumentaire curieux, où la prétention le dispute à la mauvaise foi. A l'entendre, sa défaite serait due en substance à son ardeur au travail, l'infatigable René, voué corps et âme à ses innombrables tâches quotidiennes, ayant tout bonnement négligé de faire campagne.

Malheureusement pour lui, ces allégations saugrenues dissimulent fort mal une plus prosaïque réalité. L'électorat ne se contentant jamais longtemps de paroles, aussi engageantes soient-elles, c'est bel et bien sur le bilan de son mandat de maire que René Ludwig a été sévèrement jugé par les sarregueminois, et nulle périphrase cotonneuse, nulle dialectique confuse ne saurait escamoter le désaveu sans appel prononcé par une forte majorité des femmes et des hommes qui, pourtant, lui avaient donné sa chance quelques années plus tôt en le portant, débordants d'espoir et de confiance, à la mairie de la ville.

Apte à dépiter ses concitoyens, René Ludwig l'est également à décevoir ses partenaires politiques, comme on a pu le voir, par exemple, lorsque le respecté Robert Pax décida de soutenir résolument la candidature 2001 de Céleste Lett, au détriment de l'infortuné René qu'il avait pourtant privilégié en 1995.

Critiqué, désavoué, embarrassé d'un bilan pauvre et contestable, René Ludwig semble à présent s'être lancé dans une surprenante croisade, attaquant avec une brutalité inattendue le travail et la personne de Céleste Lett.

De fait, l'acharnement de René Ludwig n'a d'égal que la totale inefficacité de sa démarche, car s'il faut parler bilan, il est évident pour chacun que Céleste Lett n'a strictement rien à cacher, tant parlent d'eux-mêmes le nombre et l'importance de ses réalisations, aussi bien dans les domaines de l'action sociale et de la santé, que dans ceux des sports, des loisirs, ou de l'investissement en faveur de la vie des quartiers.

Pour que les lecteurs puissent juger de l'iniquité de l'argumentation de René Ludwig, nous nous bornerons à citer, à titre d'exemples, la construction de la Maison de l'enfance et de la solidarité, qui répond aux besoins de l'accueil de la petite enfance et de l'action sociale, le remarquable projet de construction du grand centre hospitalier Robert Pax, la création de nouveaux terrains de sport, les travaux entrepris au centre nautique, ou encore les aménagements urbains auxquels il a été procédé de manière systématique au profit des personnes à mobilité réduite.

A l'intention des jeunes, la municipalité n'est pas en reste, et se fait un devoir de proposer des activités éducatives et de loisirs à un faible coût, sous la forme de "Contrats Temps Libres", créés en partenariat avec la CAF et le département de la Moselle.

Pour développer la vie des quartiers, enfin, la ville a largement dépassé les recommandations nationales, initiant la constitution de conseils de quartier, et procédant à la construction (Welferding et Rive Droite) et à la rénovation (Cité de la Forêt) de maisons de quartier, initiative chaleureusement accueillie par les sarregueminois.

Si l'on termine en évoquant encore la création de cybercentres, l'extension de la Ludothèque de Beausoleil, ou le soutien concédé à la maison de retraite médicalisée Sainte Marie, on voit de manière éclatante combien les réserves de René Ludwig sont déloyales et infondées, et on doit faire un effort pour ne pas avoir la cruauté de détailler en retour son propre bilan, dont l'examen objectif par ses administrés les conduisirent naguère à s'affranchir de sa triste personne.

Bien mieux que d'inutiles panégyriques, les scores exceptionnels enregistrés par Céleste Lett attestent de sa popularité, et de la grande satisfaction dont les électeurs font état en le plébiscitant de la sorte. Mieux encore, son honnêteté et sa réussite finissent par emporter, à l'occasion, l'adhésion sincère de ses adversaires d'hier, comme on a pu le voir en la personne de Denis Peiffer, conseiller municipal de Sarreguemines.

Nonobstant la compréhensible aigreur de René Ludwig, nous aimerions lui faire comprendre que sa démarche n'est pas la bonne, et qu'il serait mieux avisé de faire un retour sur lui-même, de chercher les raisons véritables de ses échecs répétés, et surtout de renoncer à l'étrange fixation à laquelle il semble être en proie concernant la personne de Céleste Lett. Il vous faut comprendre enfin, Monsieur Ludwig, que Céleste Lett n'est en rien responsable de vos déboires électoraux ! Ce sont les sarregueminois qui se sont lassés de ce que vous représentez, et c'est à vous qu'il appartient aujourd'hui d'en déterminer les raisons, et d'en tirer, si vous le pouvez, des leçons pour votre avenir politique.

"Je suis effrayé par les projets de parking à ciel ouvert", dites-vous lors d'une récente interview, avant de vous lancer dans d'exotiques confidences relatives à votre personnalité introvertie, à l'issue desquelles vous faites état de vos difficultés de communication héritées de votre adolescence. Je ne sais si les lecteurs se passionneront pour les implications psychanalytiques de votre parcours personnel, mais je doute en tout cas qu'ils les trouvent très rassurantes.

"Effrayé par les projets de parking", disiez-vous ? Il me semble, Monsieur Ludwig, que vous êtes effrayé par beaucoup de choses. Si la perspective d'être maire à nouveau en fait partie, soyez, du moins, apaisé sur ce point.

Parce que dans votre cas, Monsieur Ludwig, je puis vous assurer que la mairie de Sarreguemines, ça ne dépassera jamais plus le stade du fantasme !

Florence Soriano-Gafiuk

Lundi, 22 octobre 2007

Encore une histoire d'ADN

Le monde de la recherche scientifique vient d'être secoué par le scandale consécutif aux récentes déclarations de James Watson, prix Nobel de médecine en 1962 après avoir co-découvert la structure moléculaire de l'ADN.



Dans les colonnes du Sunday Times Magazine, ce chercheur affirme en effet sans ambiguïté que les noirs-africains sont moins intelligents que les blancs, annonce que des études scientifiques sérieuses corroborent cette évidence, et en tire des conclusions immédiates quant à l'inutilité des politiques sociales initiées aux Etats-Unis en faveur des populations défavorisées composées d'individus de couleur.



Ces allégations sont, cela va sans dire, inadmissibles et complètement aberrantes, et je condamne fermement la tenue de tels propos, surtout de la part d'un chercheur de tout premier plan.



Autant que je puisse le voir dans les innombrables notes relatant cette affaire, c'est bel et bien ce gradient supposé entre les intelligences des représentants de différentes races qui interpelle le public.



Pour ma part, j'aimerais expliquer qu'au fond, ce n'est pas tant cette foi absurde en telle ou telle inégalité des performances qui me choque le plus, mais, surtout et avant tout, les conclusions que les tenants de ces thèses se proposent d'en tirer !



Pour ne donner qu'un exemple, il est établi que les populations d'origine asiatique sont beaucoup moins souvent victimes de cancer que les occidentaux, bien qu'il soit difficile, à l'heure actuelle, de pointer du doigt de manière certaine, une raison objective expliquant cet état de fait. Ainsi, les explications avancées hésitent entre facteurs alimentaires, environnementaux et génétiques.



Dans le cas où la recherche future établirait que les asiatiques possèdent effectivement l'avantage génétique d'être moins sujet au cancer, il ne serait nullement choquant d'accepter simplement ce fait démontré. Ce qui serait anormal, en revanche, serait d'en déduire aussitôt un quelconque principe de supériorité de la race asiatique sur les autres, en invoquant ces connaissances nouvelles.



Dans un même ordre d'idée, qu'importe qu'on établisse un jour que le potentiel sportif d'un noir-africain ou la résistance à l'infarctus d'un asiatique sont supérieurs à ceux des autres ! Qu'importe qu'un homme ait une force physique supérieure à celle d'une femme, qu'une femme soit plus résistante à la faim qu'un homme, qu'un coréen soit en moyenne plus petit qu'un hollandais. Je considère qu'un individu possédant un quotient intellectuel, une mémoire ou des talents artistiques innés lui permettant des performances qui dépassent les miennes ne font en aucun cas de lui une personne qui me soit supérieure !



Que des différences d'une nature ou d'une autre soient avérées ou pas, ce qui compte est de défendre fermement le principe d'égalité de tous, et de ne jamais déroger à ce principe universel, sous quelque prétexte que ce soit.



Florence Soriano-Gafiuk

Mardi, 2 octobre 2007

Denis Peiffer : le courage de ses convictions

Depuis quelques jours, j'ai à coeur de suivre, comme tout un chacun, les remous provoqués par le choix politique que vient d'annoncer Denis Peiffer, et j'avoue ressentir des impressions mitigées en constatant l'extrême sévérité avec laquelle ses anciens amis s'autorisent à le juger.



Certes, je n'ai jamais travaillé avec Denis Peiffer, mais il n'est pas un inconnu pour moi, tant nous avons eu l'occasion de débattre, quelquefois même de manière un peu vive, autour d'innombrables sujets de société qui nous passionnaient tous deux.



Que Denis Peiffer ait eu des points de désaccord avec des partenaires de sa vie politique, qu'il soit l'objet d'inimitiés de personne nourries par telle ou telle de ses anciennes relations publiques ou privées, tout cela procède de la vie normale, et il serait assez incongru que d'aucun prétende s'en mêler.



Quant à ses récentes déclarations, je ne pense pas qu'il y ait davantage lieu de s'en émouvoir.



En effet, comme chacun devrait le faire, Denis Peiffer réfléchit beaucoup au sens de son engagement, à la façon dont la société évolue, au meilleur moyen de jouer un rôle constructif en mettant son expérience et son enthousiasme au service de ses concitoyens. Que ses réflexions personnelles l'aient amené à préciser la façon dont il appréhende le monde qui l'entoure, les valeurs qu'il souhaite défendre et les personnes qui lui semblent aujourd'hui en adéquation avec ses aspirations, on ne peut que s'en réjouir.



Qu'on ne se méprenne pas sur le sens de mes propos. Ceux qui me lisent savent que je n'ai pas le compliment facile, et pas davantage une réputation de complaisance, mais le double courage d'opérer une remise en question personnelle, et d'en assumer ensuite les conséquences dans sa vie sociale et politique, voila qui mérite le plus grand respect.



J'ai, en d'autre lieux, pris la défense de Bernard Kouchner en rappelant les paroles de Winston Churchill qui, je le rappelle, disait qu'il est plus honorable de changer de parti pour suivre ses idées que de changer ses idées pour suivre un parti. Ce qui était valable pour Bernard Kouchner l'est pour nombre d'autres personnalités publiques qui ont eu le courage de refuser le sacro-saint cloisonnement isolationniste qui semble être l'un des piliers du socialisme à la française. Songerait-on, par exemple, à traiter Dominique Strauss-Kahn en pestiféré parce que Nicolas Sarkozy a soutenu sa candidature à la direction générale du FMI ? Faut-il conspuer Georges-Marc Benamou pour avoir apporté ses conseils à Nicolas Sarkozy après avoir travaillé aux côtés de François Mitterrand ? Que signifie cette surveillance rapprochée qui se propose de contrôler à vie les fréquentations d'une personne qui, à un moment de son parcours, aurait entretenu des relations proches ou lointaines avec les socialistes ?



A ceux qui s'inquiètent pour son âme, Denis Peiffer vient de prouver qu'il est un homme très déterminé, qui n'hésite pas à braver pression, critiques et quolibets lorsqu'il s'agit d'être en accord avec ses principes, et je vois mal un caractère aussi affirmé se laisser manipuler de quelque manière.



Les anciens camarades de Denis Peiffer seraient donc bien inspirés de cesser cette curée indigne. Quant au principal intéressé, je lui souhaite chaleureusement de trouver une formation politique conforme à ses attentes légitimes, au sein de laquelle il pourra s'épanouir et donner une nouvelle dimension à son engagement politique.



Florence Soriano-Gafiuk

Mercredi, 26 septembre 2007

Gros plan sur l'investiture socialiste

Après la démonstration d'individualisme forcené offerte par les leaders de gauche, socialistes en tête, aux dernières élections présidentielles, de nombreux observateurs s'étaient autorisés à penser que les résultats désastreux largement imputables à ces agissements allaient ramener tout un chacun à la raison, forçant les uns et les autres à mettre un bémol à leurs ambitions personnelles et à faire front dans l'intérêt supérieur de leur formation politique.

Comme on le voit chaque jour, c'est là pure utopie, et il est désormais bien clair que la leçon n'a nullement été assimilée. Non contents de confirmer leur incapacité à s'entendre, les socialistes semblent au contraire s'enfoncer chaque jour davantage dans une aigreur maladive, manifestant à l'occasion une agressivité surprenante à l'égard de leurs amis d'hier. Ainsi, l'ouvrage virulent de Lionel Jospin est par exemple presque unanimement critiqué par ses pairs, qui lui emboitent pourtant allègrement le pas à chacune de leurs interventions dans les médias.

A Metz comme ailleurs, il serait vain d'imaginer des socialistes raisonnables et mesurés, s'appliquant à organiser des échanges sereins à l'issue desquels s'imposerait le nom d'un candidat consensuel à l'investiture.

Bien au contraire, trois hommes se disputent à ce jour le redoutable honneur de conduire les troupes socialistes à la bataille, et le moins que l'on puisse dire est qu'on observe de nets écarts d'envergure lorsque l'on passe de l'un à l'autre.

Commençons notre petit tour d'horizon par Pierre Bertinotti, Conseiller municipal et Contrôleur d'Etat au ministère des Finances. Comme chacun sait, Pierre Bertinotti aime beaucoup rappeler sa naissance messine, évoquer sa famille messine, mais il se trouve que ce parisien de cœur ne s'est avisé (sur le tard) de rejoindre sa ville natale qu'en comprenant combien son avenir politique dans la capitale fleurtait avec le néant. Amoureux de Metz, donc, mais amoureux de circonstance, Pierre Bertinotti, dandy précieux engoncé aussi inélégamment dans ses imperméables Rive Gauche que dans ses principes étriqués, s'efforce aujourd'hui d'imposer l'image d'un homme sympathique, ouvert, jovial, qui se préoccupe du bien-être des autres et du dynamisme de sa ville natale. Trois fois hélas, c'est avec beaucoup d'amusement que quiconque suit depuis quelques années son parcours, ou observe ses agissements sur le terrain, accueillera cette tentative d'auto-marketing. Comment garder son sérieux, par exemple, en écoutant Pierre Bertinotti développer ses idées sur le destin européen de Metz, lorsqu'on sait qu'il mit un point d'honneur à défendre le NON lors du référendum, se démarquant en cela de notre ville qui, au contraire, soutint le OUI avec un bel élan ?

Le second venu est Président de l'Université de Metz. Entré en politique avec la foi du charbonnier, Richard Lioger a cru bon de s'imposer un rythme exténuant, mêlant l'agitation échevelée, les attaques tous azimuts, la brutalité incongrue à des initiatives et tractations politiques menant, dans la majeure partie des cas, à des issues défavorables aux intérêts de notre ville. L'un des multiples avatars de sa curieuse gestion des dossiers est l'incompréhensible surdité dont il fit preuve lorsqu'il se vit présenter des demandes de conventions de mise à disposition des étudiants pour des dispositifs d'accompagnement à la scolarité dans des zones défavorisées de Metz. Nous ne doutons nullement de l'extrême compétence avec laquelle Richard Lioger est capable de parler des sourciers de montagne, ni de son érudition en termes de radiesthésie, mais il semble que ces ressources là se soient révélées notoirement insuffisantes pour lui permettre d'obtenir des résultats convaincants dans les différentes affaires dont il a souhaité se charger. "On juge l'arbre à ses fruits", comme dit l'adage, et dans cette logique, cet arbre là n'est pas très tentant.

Reste donc Dominique Gros. Entre autres Conseiller général du canton de Metz 1, Président du Groupe socialiste au Conseil général de la Moselle, Conseiller municipal de Metz, Président de l'IUT de Metz, Dominique Gros peut se targuer d'une carrière et d'une réputation qui, à nos yeux, le placent très largement au-dessus de ses deux contradicteurs du moment, concurrents qui ne sauraient se prévaloir ni de son expérience, ni des résultats extrêmement brillants obtenus, par exemple, lors de sa réélection à la qualité de conseiller général du canton de Metz 1. On ne peut qu'apprécier son initiative d'avoir créer de petits groupes de travail très actifs et très ouverts, le soin qu'il met à entretenir des relations étroites avec les milieux économiques, associatifs, et même militaires, sa vision politique large et cohérente qui se décline en projets visant à stimuler le dynamisme économique de la ville, à tonifier son activité culturelle, sans oublier plusieurs idées intéressantes destinées à embellir la vie des quartiers, à protéger l'environnement, et à rechercher et favoriser les échanges et débats, toujours favorables à l'émergence de pistes nouvelles à tester en vue d'améliorer le bien-être des messins et le rayonnement de leur ville.

Dominique Gros est socialiste, et à ce titre, il ne partage pas toutes mes idées comme je ne partage pas toutes les siennes. Cependant, autant qu'il me soit permis d'en juger, je pense que son sérieux et son expérience en font le seul candidat socialiste crédible à la mairie de Metz, et je comprendrais mal qu'un autre remporte l'investiture qui, en toute logique, lui revient.

Mercredi, 23 mai 2007

Lorsque les directives de partis cèdent le pas aux convictions personnelles...

A l'approche des élections législatives, la décision de certains députés UDF d'opérer un rapprochement avec la majorité présidentielle a fait l'objet de critiques acerbes au sein de la gauche, mais aussi d'une partie de la droite.



Opportunisme indigne, compromission déshonorante, tels ont été les qualificatifs appliqués à ces députés accusés d'être davantage attachés à leurs sièges qu'à leurs convictions.



Qu'en est-il en réalité?



Tout d'abord, il faut rappeler que la recherche d'accords, d'alliances, de soutiens fait partie intégrante de l'activité politique. Que d'aucun s'avise de donner le spectacle d'acoquinages curieux avec tel ou tel groupe extrémiste serait certes regrettable. En revanche, un rapprochement de principe entre formations politiques de sensibilités voisines conclu dans l'idée d'empêcher le triomphe d'adversaires communs me semble tout à fait naturel, et même parfaitement justifié.



En second lieu, les gestes d'ouverture de Nicolas Sarkozy montrent clairement que quiconque souhaitant jouer un rôle constructif aux côtés de la majorité présidentielle est le bienvenu. Ainsi, le socialiste Bernard Kouchner s'est vu confier le très convoité ministère des Affaires étrangères et européennes. L'installation de Rachida Dati au poste prestigieux de ministre de la justice en dit également long sur la sincérité des intentions d'ouverture de Nicolas Sarkozy, en particulier lorsqu'on pense aux rôles misérables de faire-valoir réservés depuis toujours aux représentants des minorités ethniques par le parti socialiste, exhibant à l'occasion des beurs de service (Razzye Hammadi, Karim Rhaouti...), mais évitant soigneusement de leur donner le moindre pouvoir, et préférant même présenter aux élections des candidats parachutés plutôt que de faire confiance à des personnalités locales d'origine étrangère, dont la longue implication sur le terrain auraient pu apporter de réelles chances de succès.



Dans ce contexte de large ouverture, comment pourrait-on reprocher à un élu UDF de souhaiter prendre part à la belle histoire qui est en train de s'écrire? Hervé Morin, président du groupe UDF à l'assemblée nationale, est ainsi bien mieux placé au ministère de la défense pour jouer un rôle actif et défendre ses valeurs dans le paysage politique de son pays, qu'il ne le serait s'il avait choisi le confinement dans un groupe faible, isolé, refusant tout dialogue et toute participation à la politique en marche. Dans cette logique, la position des députés UDF ayant choisi la voie du dialogue et de la concertation avec la majorité présidentielle me semble intelligente, et parfaitement légitime.



Pour finir, il m'est agréable de rapporter ici la réponse faite par Winston Churchill, premier ministre britannique pendant la seconde guerre mondiale, à ceux qui lui reprochaient les multiples changements de partis qui avaient émaillé sa carrière. A ses détracteurs, Churchill répondait en substance qu'il est plus honorable de changer de parti pour suivre ses idées, que de changer d'idées pour suivre un parti.



Je ne peux qu'adhérer à ce principe d'honnêteté et de cohérence personnelles, et constater avec satisfaction que plusieurs ont le courage de le mettre en pratique.

Vendredi, 20 avril 2007

Vote utile : une aberration

Les élections présidentielles de 2002 ont tellement marqué les esprits que le choix du "vote utile" s'est imposé, pour nombre de nos compatriotes, comme l'assurance unique contre les mauvaises surprises du premier tour.

Je crois fermement que les français doivent voter pour le candidat qu’ils souhaitent avoir comme Président de la République : la stratégie du « vote utile » est une totale aberration qui vide le premier tour de tout son sens, alors qu’au contraire, il devrait correspondre à un temps fort de la vie citoyenne, durant lequel chaque français exprime en conscience son adhésion au programme et à la personne qui lui semblent les plus en adéquation avec ses convictions profondes. Remplacer ce grand moment par un vote artificiel pour un candidat convenu pour lequel on n'a d'autre affinité qu'une approbation par défaut, c'est se bâillonner soi-même, se priver de liberté, et faire le jeu des lobbies industriels qui courtisent (et que courtisent) les candidats adoubés.

Et s'il s'avère qu'un candidat extrémiste soit crédité d'un nombre de voix préoccupant, c'est qu’une réalité s'exprime, sur laquelle il est bon, par le biais du scrutin, de diriger les projecteurs.

Il serait déjà bien choquant qu'une manœuvre d'état tente de masquer les choses, mais si finalement, ce sont les électeurs eux-mêmes, en bons petits moutons, qui se censurent et se musèlent de leur propre chef, alors la démocratie est bien fragile...

Mardi, 27 mars 2007

La douloureuse solution de l’euthanasie

A travers le récent procès d’une médecin et d’une infirmière qui ont injecté en 2003, dans un hôpital du sud-ouest de la France, un sérum à une patiente en phase terminale d’un cancer pour précipiter une fin devenue trop cruelle, le débat sur l’euthanasie a été relancé et divise encore une fois la population.

Je suis d’autant plus sensible à ce sujet que mon père vient de connaître la longue déchéance et l’abominable torture qui ont transformé, durant un an, sa vie en un véritable cauchemar de souffrance et de désespérance, malgré sa force mentale et sa volonté de combattre et de vaincre cette cruelle maladie. La veille, il criait sa peur de mourir. Il voulait rester parmi nous. Et pourtant, la mort l’a enlevé. L’arrêt cardiaque l’a épargné de l’ultime phase durant laquelle le cœur s’acharne à vouloir battre, alors que le corps est déjà en train de pourrir.

Lorsque le malade vomit sa propre merde.

Ces réalités qui forcément façonnent les prises de position.

Nulle surprise si plus de 2000 médecins et infirmiers viennent de signer un manifeste où ils reconnaissent « avoir aidé des patients à mourir avec décence », tout en sachant que cette attitude était en désaccord avec la loi actuelle".

Mais que dit la loi ?

La loi relative aux droits des malades et à la fin de vie a permis plusieurs avancées pour le patient, puisque désormais, lors de la phase terminale d’une affection grave et incurable,

  • elle condamne l’acharnement thérapeutique,
  • elle permet la limitation ou l’arrêt d’un traitement,
  • elle autorise l’application de palliatif (la morphine par exemple) même si celle-ci peut avoir pour effet d’abréger la vie,
  • elle donne un rôle essentiel à la volonté du malade qui a droit à l’accès à l’information et au pouvoir de décision.

Cependant, la loi ne répond pas encore à toutes les situations et peut parfois paraître insuffisante : 70 % des français meurent à l’hôpital, et 10 % d’entre eux demandent encore la mort.

Nombreux militants luttent « pour qu’une loi voie le jour avec les deux principes fondamentaux de respect de la volonté du malade et de dépénalisation du geste compatissant du médecin qui, à sa demande lucide et pressante, aide quelqu’un à mourir.»

Comment améliorer la loi ?

Dans le cas particulier de mon père, la douloureuse solution de l’euthanasie n’avait pas lieu d’être envisagée, puisqu’il était encore attaché à la vie, tout simplement parce qu’il voulait encore croire à la guérison, et que personne, ni au sein de la famille, ni dans le corps médical, n’a jamais essayé de l’en dissuader.

Cependant, la surprise pour tous les membres de la famille de la rapidité de l’issue pourtant prévisible, alors que tous pensions avoir encore quelques semaines, voire quelques mois, pour nous dire adieu et essayer de nous quitter, sinon dans la sérénité, au moins dans la douleur, a rendu la peine de chacun plus indélébile.

Ce point est essentiel car il illustre que si la volonté du malade est essentielle, l’avis de la famille ne peut être ignoré.

En fait, dès lors que les trois partis (patient, famille et corps médical) se sont entendus pour accompagner la fin de vie, je ne perçois pas l’intérêt de prolonger celle-ci de quelques jours, voire de quelques semaines ou même de quelques mois, qui ne méritent plus d’être vécus.

Lorsque chaque instant hurle de souffrance.

Le Comité Consultatif National d’Ethique a dans un avis de juin 1991, étudié la possibilité d’une euthanasie d’exception qui permettrait dans certains cas de provoquer la mort d’un malade, pour finalement rappeler qu'une législation en la matière serait source d'interprétations abusives et incontrôlables.

Pourtant, je reste convaincue que l’acte d’euthanasie active pourrait être autorisé sous hautes conditions : nécessité de l’accord des trois partis (avec des dispositions particulières pour les patients non conscients), création d’un conseil spécifique du corps médical, contrôle statistique des relevés de décisions, accompagnement psychologique de la famille, …

Un douloureux débat.

Dimanche, 3 décembre 2006

Politique : place aux femmes

Sexus Politicus

Dans l’ouvrage « Sexus Politicus », les auteurs C. Deloire et C. Dubois expliquent qu’en politique, les femmes sont souvent raillées parce que la constitution semble vouloir leur prévoir une place dans le lit de leurs collègues masculins. François Mitterrand aurait consacré une grande partie de son temps à son harem, alors que Jacques Chirac aurait nommé ses favorites au gouvernement. L’homme politique est présenté dans ce livre comme un individu porté sur la chair, qui a le goût de la sensualité et qui aime conquérir les femmes. « Enarque besogneux qui a longtemps mis ses pulsions en berne, ancien militant de base ayant passé ses nuits à coller des affiches au lieu de rester au chaud dans son lit, Sexus Politicus cherche la récompense. Après tant d’efforts et d’abnégation, le pouvoir lui offre enfin la faveur de plaire aux dames. »



Ce n’est donc pas anodin, autant pour les femmes que pour les hommes, si aujourd’hui, pour la première fois, la France n’exclue pas de porter à la tête du gouvernement une femme. Selon les auteurs, il n'est donc pas interdit de penser que le Sexus Politicus est en voie d’extinction.



L’entrée des femmes

Les femmes veulent désormais la première place.

Et alors que Ségolène Royal choisit de s’entourer d’une équipe paritaire, le conseil des ministres vient d’adopter une loi qui renforce celle du 6 juin 2000, tendant à favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives.

Alors si je suis particulièrement sensible à cette loi, c’est naturellement parce que je suis une femme, donc concernée, mais aussi parce que je m’interroge sur la mise en application immédiate des lois sur la parité, tout simplement parce que le vivier de femmes expérimentées risque d’être insuffisant : les femmes n’ont pas toujours eu le temps (par leur position familiale), ou n'ont pas osé (par leur culture) vivre des expériences dans les domaines de la communication, de la vie publique, de l’exercice du pouvoir et des responsabilités collectives. Mais il est à espérer que toutes ces lois encourageront les femmes à davantage s’impliquer dans les instances de décision et ainsi à garantir la création d’un vivier plus large.



Les élues sauront alors apporter la dimension plus humaine et plus sensible, qui fait cruellement défaut à la politique.



Elles défendront les conditions de la femme, puisque les lois généralement décidées par les hommes sont davantage conçues à leur modèle.



Le moment est venu : les femmes doivent oser s’engager !

Reconnaissance sera, lorsqu'elles seront paritairement représentées sans l'appui de la loi.

page 2 de 2 -