Actualités et Politique

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Réflexions

Mercredi, 9 avril 2008

Rumeurs alarmistes et forces armées

Comme chacun a pu le constater en suivant les actualités récentes, le gouvernement de notre pays dévoile peu à peu une batterie de mesures destinées, d'une part, à moderniser nos institutions, et d'autre part à rendre plus performants les modes de fonctionnement de nos structures, dont les mécanismes sont aujourd'hui jugés impropres à défendre la position et les intérêts de notre économie dans un contexte international bâti sur des principes de concurrence sévère.



De fait, ces dispositions nouvelles concernent de très nombreux secteurs, et s'inscrivent dans une volonté affichée de réduire les dépenses, quitte à en payer le prix en termes de ruptures des pratiques régionales, avec les angoisses et les bouleversements sociaux qui peuvent s'y attacher. Dans cette ligne, on a pu observer ces derniers mois les difficiles négociations relatives aux définitions des nouvelles cartes judiciaires et hospitalières, et la question du maintien de certaines garnisons militaires s'insère de manière naturelle dans le même mouvement de redistribution des sites, des moyens et des personnels.

Ce vaste plan de restructuration, qui intervient dans le cadre des politiques publiques, prévoit la fermeture d'une trentaine de garnisons sur tout le territoire national d'ici 2012. Comme on pouvait s'y attendre, le quart Nord-Est du pays est au premier rang des régions concernées, et ce sont la Champagne-Ardenne et la Lorraine qui devraient faire les frais des efforts assignés à cette réorganisation d'envergure. S'appuyant sur des expertises traçant le nouveau visage de la menace extérieure, le "livre blanc", dont la publication est annoncée pour le mois de mai 2008, déterminera la loi de programmation militaire 2009/2012.

Le cas de notre région est bien entendu tout à fait spécifique sur ce point, eu égard à l'importance considérable des équipements et effectifs présents sur notre sol et dans nos murs. Les engagements notables de l'état sur le plan local, depuis des décennies, ne doivent naturellement rien au hasard, mais sont directement liés au caractère limitrophe de notre situation géographique. Les conflits répétitifs avec nos voisins allemands et la menace à l'est inhérente aux ambitions du bloc soviétique ont en effet, de manière bien légitime, motivé un renforcement sérieux de nos frontières, ainsi que le maintien de troupes opérationnelles capables de faire face à toutes velléités invasives.



Ces dernières années, le contexte géopolitique mondial a cependant beaucoup évolué, et chacun comprend, par exemple, que les menaces d'invasion allemande n'ont plus de réalité effective. Dans un même ordre d'idée, nous sommes aujourd'hui bien loin de la période noire de la guerre froide, et les avancées de la perestroïka replacent les relations est-ouest dans une perspective plus favorable. Dans ces conditions, l'idée selon laquelle le maintien de contingents importants aux portes du pays n'est plus une priorité a fait son chemin, et s'impose finalement comme une évidence, dont il convient de tirer des conséquences pratiques, chez nous comme ailleurs.



A cette étape de notre analyse, il n'est pas inutile de faire un point rapide des mesures qui, selon la presse et en particulier le Républicain Lorrain, seraient envisagées au niveau local. Pour commencer, il faut savoir qu'un document interne de l'Etat-Major de l'armée de Terre annonce la fermeture de la garnison du Pays de Bitche, et le transfert du 57 ème Régiment d'Artillerie à Montpellier. D'après des estimations, 1300 militaires, 120 employés civils et 100 familles seraient concernées par ce déplacement. Les disparitions de plusieurs autres garnisons sont également évoquées : la 13 ème RT (Régiment Terre) à Lunéville, le 53 ème RDP (Régiment Dragons Parachutistes) à Dieuze et la 8ème RA à Commercy. Selon un document de l'Etat-Major, la question se pose aussi pour le deuxième régiment du génie (RG), le premier régiment médical (RMED) à Châtel-Saint-Germain et le premier régiment du matériel de Woippy. La RMED serait, pour sa part, délocalisée à la Valbonne.

Notre position propre, qui peut être considérée comme plutôt privilégiée du point de vue des investissements particuliers consentis au profit des infrastructures militaires lorraines, a permis pendant des décennies à des commerces et des entreprises périphériques de prospérer. Dans ces conditions, on imagine sans peine les craintes et les résistances d'une frange de la population qui, déjà sinistrée du fait d'une récession de l'activité industrielle, voit disparaître des emplois, mais aussi des personnels qui étaient autant d'acteurs des affaires locales, investisseurs, consommateurs, et plus généralement protagonistes du dynamisme régional.



Aussi fondée que puissent sembler les inquiétudes précédemment évoquées, il est pourtant manifeste qu'elles ne sauraient être seules prise en compte pour déterminer les orientations sur lesquels nos politiques sont amenés à se prononcer. Les variations relatives à la localisation de la menace extérieure constituent une réalité objective dont il faut s'aviser, et il serait par ailleurs complètement déraisonnable de préconiser le maintien de garnisons militaires au prétexte que leur présence stimulerait l'activité économique environnante !



Cela dit, la nécessité incontestable de procéder à des évolutions ne doit en aucun cas justifier l'emploi de méthodes brutales et expéditives, faisant fi des aspects humains du problème. Dans la pratique, des sites seront supprimés, des personnes déplacées et déracinées, des commerces et entreprises mis en péril, et ces états de faits sont au moins aussi importants que les considérations géopolitiques que nous avons développées plus haut. D'autre part, parallèlement aux répercussions indirectes des restructurations, c'est aussi le nouveau visage de notre armée elle-même qui doit être un motif de préoccupation.



Pour commencer, il faut comprendre que la défense doit être envisagée de manière nouvelle. Pensée sous l'angle d'une force européenne, elle doit cependant ménager à chaque nation le sentiment de conserver son identité propre. D'autre part, la dissémination de l'armée sur l'ensemble du territoire en remplacement des localisations stratégiques traditionnelles, devenue caduques, répond à une réalité de terrain, et peut s'accompagner de regroupements inter-armées garantissant simultanément une efficacité fonctionnelle accrue, et des économies substantielles pour les finances publiques.



En ce qui concerne les personnes amenées à accepter des mutations, il faut, dans une certaine mesure, relativiser le problème lorsqu'on sait que le personnel engagé est, d'une manière ou d'une autre, contraint de manière statutaire à de multiples changements d'affectations au cours de sa carrière. Le cas des personnels civils des armées est en revanche plus délicat, et doit faire l'objet d'un examen particulier. Dans un même ordre d'idée, il faut, comme nous l'avons dit, se préoccuper des conséquences désastreuses d'une fermeture subite de sites militaires dans des régions dont les ressources s'articulent autour des installations et des personnes qu'on y emploie.

Disons-le clairement, ces difficultés ne doivent en aucun cas être appréhendées froidement comme de simples paramètres parmi beaucoup d'autres, mais justifient un travail de réflexion très approfondi, des dispositions d'accompagnement très soigneuses, et il faut veiller, avec la plus grande fermeté, à ne jamais laisser se reproduire des erreurs qui ont eu lieu par le passé. A titre d'exemple, le docteur Denis Jacquat, Député de la Moselle, est hostile à un ordonnancement comparable à celui prescrit par le "Plan Armée 2000", calibré par la Gauche en son temps, et qui avait donné lieu à de regrettables maladresses. On rappellera, pour mémoire, le cas des terrains militaires censés être proposés à prix avantageux, et dont on s'était aperçu ensuite que l'état de très forte pollution consécutive aux usages répétés d'engins et d'armes avaient nécessité de coûteuses opérations de dépollution.



Pour notre part, nous considérons qu'il faut regarder la réalité en face, et ne pas chercher à faire perdurer des situations qui ne sont plus viables. En revanche, bien loin de subir passivement les changements à venir, il nous faut au contraire les accompagner, en atténuer les effets néfastes, en développer les répercussions positives, veiller à leur mise en œuvre avec l'idée constante de préserver les intérêts de nos populations, et finalement chercher, dans un esprit entreprenant et moderne, à tirer parti de la configuration nouvelle, à jouer sans complexe de nos forces et de nos atouts pour créer notre place dans la conjoncture de demain.



C'est le rôle de vos élus de vous informer, de vous défendre, et de s'efforcer d'infléchir le cours des évènements afin de leur donner un tour favorable. C'est en tout cas la voie que je me propose de suivre à mon modeste niveau de conseillère municipale, et dans laquelle, à une échelle plus large, je vois s'engager des hommes de conviction, à l'image des députés Denis Jacquat, à Metz, ou Céleste Lett, à Bitche-Sarreguemines.



Attentifs, rigoureux, solidaires, nous parviendrons à négocier au mieux les changements à venir, si nous avons le courage de prendre notre avenir en main, ce qui, cela va sans dire, est mon intention et mon credo !

Florence Soriano-Gafiuk

Lundi, 10 décembre 2007

ADQV : Ordures ménagères... Parlons-en !

Souvent éclipsé par les problèmes majeurs que constituent le réchauffement climatique, les résidus industriels, les émissions de gaz à effet de serre et la déforestation massive, le traitement des ordures ménagères n'en est pas moins un enjeu primordial dans la recherche de méthodes visant à protéger l'environnement.

A ce propos, les rapporteurs chargés d'analyser l'impact d'une gestion lacunaire des déchets issus de la consommation courante des ménages soulignent la diversité des éléments à prendre en compte, chacun réclamant des initiatives et des investissements fournis à plusieurs niveaux.

En amont se trouvent naturellement les consommateurs, qui se voient prescrire une certaine forme de discipline quotidienne. Le choix des produits qu'ils achètent, en premier lieu, devrait être fortement corrélé à la nature du conditionnement correspondant. On recommande par exemple d'acquérir de préférence des fruits au détail, emportés ensuite dans un cabas ou un panier personnels, plutôt que des paquets préempaquetés dont l'emballage doit ensuite faire l'objet d'un traitement, et plus généralement, de renoncer aux sachets plastiques proposés aux caisses des supermarchés. Après consommation, chaque famille doit également se préoccuper d'effectuer un tri rationnel de ses propres déchets, afin d'en faciliter l'orientation après ramassage, et le retraitement éventuel.

Parallèlement aux bonnes volontés individuelles d'amélioration, qui visent principalement à la réduction de la quantité de déchets produits, il est clair que le ramassage et le traitement de ces matières usagées doit faire l'objet de mesures d'ensemble conduites par les pouvoirs publics, épaulés par des sociétés privées spécialisées. Le devenir des matériaux mis au rebut se décline suivant deux axes, que sont le simple stockage effectué avec les précautions d'usage lorsque les produits (industriels, pharmaceutiques...) sont dangereux, et l'exploitation et la transformation avec création de consommables nouveaux.

Lorsque les déchets recueillis le permettent, cette seconde solution doit être privilégiée pour des raisons évidentes. D'une part, le retraitement des déchets minimise la quantité de matières résiduelles à stocker. D'autre part, les produits récupérés après transformation représentent non seulement un gain intéressant dans l'immédiat, mais procèdent même d'une démarche d'économie des ressources, comme dans le cas de l'activité nucléaire, par exemple, où le fait que les réserves naturelles ne soit pas inépuisables rend très souhaitable la réutilisation des matériaux déjà extraits.

Le problème du retraitement des déchets a naturellement un coût, et la construction d'usines habilitées à effectuer ces transformations est en particulier très onéreuse, ce qui conduit souvent les décideurs à envisager le problème avant tout en termes de rentabilité.

Au niveau régional, une analyse similaire à celle qui est détaillée dans les lignes précédentes reste valable, et nécessite de surcroit qu'une attention particulière soit portée aux spécificités locales, afin que les mesures préconisées fassent l'objet d'un ajustement adapté aux caractéristiques de terrain.

A ce titre, l'ADQV, Association de la Défense de la Qualité de Vie du Pays de Bitche, réclame la mise en œuvre rapide de mesures destinées à modérer la charge de déchets produits, et a présenté au syndicat des communes une série de propositions en ce sens, un corollaire positif étant naturellement l'allègement des frais imputables au contribuable. Ces dispositions s'articulent autour de quatre idées simples et efficaces, dont on voit aussitôt les avantages qu'apporterait leur application immédiate.

La première suggestion implique le concept de pesée embarquée, chaque poubelle étant en quelque sorte immatriculée au moyen d'une puce informatique, et faisant l'objet d'une pesée lors de son ramassage. Des variantes intéressantes sont étudiées, envisageant notamment des prix figés pour les déchets recyclables, et variables pour les autres. On conçoit sans peine le caractère incitatif au tri d'un tel procédé. La seconde piste prévoit la création d'une déchetterie et d'un compostage communal ou intercommunal, avec possibilité pour les usagers de déposer leurs détritus fermentescibles, et de récupérer en retour une certaine quantité de compost. La troisième idée, d'ordre organisationnel, prescrit l'institution d'une Communauté des communes, les avantages visés relevant d'une simplification des structures, et induisant une diminution du nombre de responsables à l'évidence trop élevé à l'heure actuelle, et une mutualisation des ressources et des compétences opérée simultanément à des fins d'efficacité pratique et de réduction des coûts. En dernière analyse, l'ADQV s'interroge enfin sur l'opportunité de construire une usine de méthanisation, dont les bénéfices à courts termes, avancés par ses promoteurs, ne sont pas suffisamment convaincants pour faire oublier le coût prohibitif d'une telle opération.

En conclusion, le traitement des ordures ménagères est un défi d'envergure pour le pays de Bitche. Intéressée et concernée par les choix qui seront faits dans les mois à venir, l'ADQV souhaite sensibiliser usagers, industriels et pouvoirs publics à l'enjeu des décisions qui seront prises, et participe activement aux réflexions en cours en indiquant des axes et des mesures dictés par sa connaissance approfondie des ressources et des structures locales, et par les analyses de ses experts en matière de protection de l'environnement.

Florence Soriano-Gafiuk

Mardi, 3 juillet 2007

Parents avant tout !

Comme chacun sait, un certain nombre d'études (menées indépendamment par des sociologues anglais et des pédiatres américains) ont démontré de manière incontestable que le fait d'être confié à un couple homosexuel n'induit pas de risques particuliers pour un enfant. Et puisque notre société accepte aujourd'hui la monoparentalité, on se demande bien par quelle aberration elle s’opposerait à l’homoparentalité sous prétexte que l’enfant ne pourrait pas construire son identité sexuelle (alors que la recherche établit le contraire).

L’essentiel est en fait de permettre à l’enfant de se développer dans un milieu en contact avec les deux sexes (oncles et tantes, ami(e)s, collègues, maîtres,…) et ainsi, de trouver des modèles dans l'entourage plus large. Pour le reste, les conditions de réussite du développement de l’enfant sont les mêmes que celles connues pour les couples hétérosexuels.



Le malaise qu'une personne peut ressentir à l'idée de "livrer un enfant" à des homosexuels est directement lié à son propre rapport à l'homosexualité, fait de peur, de dégoût, de réprobation, et à une tendance trop répandue à imaginer qu'un homosexuel est nécessairement un personnage déséquilibré, pervers, friand d'expériences graveleuses et de rencontres multiples. Pour les tenants de ces schémas caricaturaux, il est par exemple impensable de confier un petit garçon à un homme homosexuel, qui ne manquerait pas de s'en prendre à l'enfant compte tenu de ses penchants naturels.



Mais que dire, dans cette logique, de l'opération inverse consistant à confier une petite fille à un homme "normal" (entendez hétérosexuel) > qui, lui, donc, aime les femmes. Le fait d'aimer les femmes fait-il de cet hétérosexuel un être potentiellement dangereux pour toute petite fille passant à sa portée ?



Il ne faut pas se lasser de répéter qu'homosexualité et pédophilie n'ont aucun lien avéré, et que les tabous liés à l'homosexualité procèdent avant tout de réminiscences issues d'interdictions religieuses dépassées, dont nombre de nos contemporains ne parviennent pas à s'abstraire. La façon dont l'homosexualité a été perçue au cours de l'histoire a d'ailleurs beaucoup varié, passant d'une pratique naturelle et parfaitement admise dans l'antiquité - où elle pouvait même revêtir une importance particulière lors de rites de passage traditionnels - à une diabolisation menant ses adeptes à une mort atroce sous le troisième Reich.



Inutile de dire qui, des maîtres vénérés de la Grèce antique et des partisans de l'Ordre Noir, emporte ma pleine adhésion !

Il nous faut plaider avec vigueur pour une évolution des mentalités, et refuser l'intolérance et la discrimination lorsqu'elles ne reposent, au fond, que sur de vieilles peurs obscures dont il faudra bien, tôt ou tard, avoir le courage de se libérer une bonne fois.

Vendredi, 13 avril 2007

Pression, stress et suicide au travail

Alerte à un « nouveau » phénomène

C’est avant même l’heureux dénouement de ma difficile situation professionnelle, que mon envie d’engagement pour la défense du développement humain du chercheur et en particulier, pour la lutte contre le harcèlement et les discriminations (raciale, sexiste, ethnique ou autres) dans les laboratoires de recherche est née. Et c’est à l’aube de premières démarches pour la concrétisation de ce projet que je souhaite alerter au « nouveau » phénomène pointé par le récent suicide d’un technicien de 44 ans, sur l’un des sites de l’entreprise Renault.

Ce drame a en effet permis de repérer un nombre alarmant de suicides liés au travail.

Lorsqu’en six mois une entreprise enregistre quatre suicides, le débat s’ouvre.

Selon une étude du Conseil économique et social, au moins une personne par jour se donnerait la mort à cause du stress au travail.

Les principales causes du suicide au travail

La souffrance sur le lieu du travail est souvent l’effet de plusieurs causes :

- le lien entre le travail et la construction d’une identité sociale,

- la peur du chômage et de la précarité, à l’heure où le taux de paupérisation de la population française est de plus en plus élevé,

- l’éclatement (de plus en plus fréquent) des familles qui ne permet plus à ces dernières d’être un rempart suffisant pour éviter la dépression. Et comme la réciproque s’avère vraie - les conditions de vie dégradées ou humiliantes sur le lieu du travail nuisent à l’épanouissement sur les plans personnel et familial -, la personne en souffrance rentre rapidement dans un cercle vicieux qui peut entraîner inéluctablement vers le suicide.

- la mondialisation qui fait peu de cas de la valeur humaine (anonymat, absence de dialogue, stress, concurrence entre les salariés, mise au placard, licenciement, harcèlement moral voire sexuel,…) au rythme des restructurations de société, des reprises successives, et de choix stratégiques qui ne s'accompagnent d'aucune explication.

Quelques alternatives

Maintenant que les tabous ont été levés, il est urgent de mettre en place quelques dispositifs préventifs :

- l’augmentation du nombre de consultations obligatoires auprès du médecin du travail

- la programmation de reconversions professionnelles : la formation tout au long de la vie doit être favorisée

- la création de cellules indépendantes d’écoute et de compréhension au sein des grandes entreprises ou de groupements de PME, rassemblant des médecins du travail, des psychologues spécialisés, des assistantes sociales et des représentants des services des ressources humaines

- la révision du code de travail :

1/ En cas de cession de société, la responsabilité du vendeur doit être engagée pour une durée déterminée. Des conditions de travail décentes pour le personnel doivent être maintenues.

2/ Le travail effectué doit être valorisé, et l’employé respecté.

3/ Un plan social (qui traite notamment des situations des smicards et des cadres de plus de 50 ans) doit être mis en œuvre.

4/ La lutte contre toutes formes de harcèlement doit mieux s'organiser : les syndicats ne sont plus suffisamment puissants. Des associations travaillant en réseau avec des avocats, des médiateurs et des élus politiques doivent être créés. La législation sur le harcèlement doit être revue : certaines situations n’ont pas encore été prévues.

5/ Les missions des comités d'entreprise (CE) et des comités d'hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT ) doivent être renforcées.

De telles mesures permettront d’engager une lutte contre les situations professionnelles de grande détresse, et devraient en particulier pouvoir faire régresser de nombreuses dérives (dépression, alcoolisme, drogue, tentative de suicide ou suicide avérée, violence,…).

Vendredi, 30 mars 2007

Vote électronique : la démocratie en péril !?

Le 22 avril 2007, les français iront accomplir leur devoir civique en se rendant aux urnes.

Faire partager leurs opinions avec la cité, et ainsi participer activement à la vie publique.

Jouir du droit de vote pour lequel de nombreuses générations se sont battues.

A l’aube de ces élections présidentielles 2007 dont la campagne riche en rebondissements, met en scène trois personnages captivants, l’envie de voter est là.

On comprend alors l’importance pour chacun de pouvoir glisser son bulletin de vote dans une urne. Rendre l’acte palpable. Le matérialiser.

Pourtant, un à deux millions de français ne trouveront dans leur bureau de vote, ni bulletins, ni enveloppes. C’est une « machine à voter » qui les attendra. Ils n’auront qu’à à appuyer sur la touche d’une urne électronique. La machine gère…et la polémique vient.

Dans ce billet, nous allons tenter de répondre aux trois questions suivantes :

  1. Les machines à voter sont-elles légales ?
  2. Quels en sont les avantages ?
  3. Et en quoi menacent-t-elles la démocratie ?

1/ Les machines à voter sont-elles légales ?

Conformément à l’article L. 57-1 du code électoral, les machines à voter peuvent être utilisées dans les communes de plus de 3 500 habitants, figurant sur une liste fixée dans chaque département, par arrêté préfectoral. Les modèles autorisés sont publiés par arrêté par le Ministère de l’intérieur.

2/ Quel est l’intérêt des machines à voter ?

L’intérêt existe :

- Le processus de dépouillement des « bulletins de vote » est considérablement accéléré, puisque la machine reçoit et traite simultanément les scrutins.

- La problématique de la recherche des volontaires pour le dépouillement est de ce fait résolue - puisque le besoin de scrutateurs disparaît.

- Les machines à voter sont accessibles aux malvoyants : on sait combien la volonté d’une politique d’adaptation de notre cité à la situation du handicap est devenue forte et combien elle répond à un besoin de notre société.

- A l’heure du développement durable où chaque citoyen doit prendre conscience de la limite des ressources naturelles, et changer de culture pour « sauver la planète », l’économie de papier est forcément un point positif.

- Enfin, certains y verront la "modernisation" de la vie politique.

3/ En quoi les machines à voter menacent-elles la démocratie ?

Pourtant, le déploiement de ces urnes électroniques ne va pas sans polémique.

L’intérêt existe, mais les risques sont encore plus grands :

- La symbolique du vote est atteinte : le suffrage est dématérialisé, alors qu’il est important que les français prennent conscience de l’utilité et de la force de voter.

"Le système de vote actuel a été conçu pour que quiconque, même le plus ignorant, puisse se forger l’intime conviction que le vote s'est déroulé honnêtement. Lorsque le vote se fait par voie électronique, est-il possible de se forger, seul, la même conviction ? La réponse est non : il faut recourir à l'expert, à l'argument d'autorité."

- Les risques de fraude et de manipulation sont possibles comme l’attestent les résultats des expérimentations de plusieurs groupes d'informaticiens, effectuées à l’automne 2006.

"Une attaque de base peut neutraliser entièrement un candidat, échanger les voix apportées à deux candidats ou biaiser les résultats en reportant sur un candidat les votes apportés à un autre.. La corruption du système peut rester dormante jusqu'au jour de l'élection, ce qui rend impossible sa détection par le biais de tests préélectoraux."

- L'impossibilité de faire vérifier par un citoyen lambda l'intégrité du vote inquiète : une prise de position de consensus appellerait à ce que tout système de vote électronique soit doublé d'un dispositif d'impression d'un bulletin contrôlé de visu par l'électeur.

«A aucun moment l'électeur ne peut vérifier que son vote a été effectivement bien noté (...) ni participer au dépouillement puisque l'ordinateur le réalise en toute opacité sans qu'il soit possible de vérifier ses résultats.»

- La procédure de vote est secrète : il est en effet impossible d’accéder au code source pour des raisons dites de sécurité. Ces machines à voter sont donc de véritables boîtes noires, alors qu’elles devraient au contraire adopter une politique OpenSource. Comment alors avoir confiance ?

Si aucune fraude n’a été avérée, des disfonctionnements ont en revanche été constatés dans plus de dix pays. Lorsque le décompte des voix exprimées excèdent de plusieurs milliers le nombre d'inscrits. Lorsque plusieurs dizaines de milliers de votes sont enregistrées à deux reprises. Lorsque les résultats du suffrage sont électroniquement mal transmis.

A tout ceci, s’ajoutent les inconvénients des coûts des votes électroniques, trop élevés pour de nombreuses municipalités, et de l'appréhension de certaines personnes âgées face à l’outil informatique.

L’absence de transparence technique et le manque de fiabilité de ces machines à voter mettent donc en danger la démocratie puisque le résultat du suffrage peut ne pas correspondre aux voix exprimés. Quel sens alors donner aux élections ? Que fait-on de notre droit de vote ? Nulle meilleure raison ne peut être donnée : nous devons renoncer, au moins provisoirement, à ces machines.

Dimanche, 18 mars 2007

Quels besoins en logement ?

Les besoins en logement, loin d’être couverts, conduisent des millions de personnes à la dérive, puisque sans domicile fixe, il est très facile de rester en marge de la société, et d’entrer dans la spirale de la paupérisation : l’individu sans adresse postale perd toute crédibilité aussi bien face à l’employeur, que le bailleur potentiel. - Le logement dans des conditions décentes devrait être un droit accordé à toute personne travaillant, se formant, ou acceptant de rendre des services à la société (actes de solidarité divers). De ce fait, ce billet propose un recensement des logements dont les chantiers sont aujourd’hui devenus urgents pour la protection de l’individu, de sa dignité et de son développement.



1.- Des studios pour les étudiants

Parce que notre société a besoin d’une population active de plus en plus qualifiée, parce que les universités développent les échanges internationaux et souhaitent accueillir de plus en plus d’étudiants étrangers, les besoins en loyers à budget limité accroissent. La spécificité de ces logements est forte, puisque leur emplacement doit être de préférence prévu dans les centres-villes, à proximité d’une desserte de transports conduisant aux campus.



2.- Des résidences pour les jeunes actifs

Des logements doivent être prévus pour tous les jeunes néo-arrivants dans la vie active, qui n’ont plus le statut d’étudiant, dont les revenus sont ceux de débutants, et dont les vies professionnelle et familiale ne se sont pas encore stabilisées. Des appartements T1 ou T2, à loyer modéré, doivent être prévus, notamment dans les quartiers animés des centres villes.



3.- Des foyers pour les SDF

Le phénomène SDF peut aujourd’hui atteindre tous les individus, ceux en rupture familiale, ceux en perte d’emploi, voire ceux travaillant avec un revenu insuffisant pour éviter la pauvreté. Tant d’individus prisonniers du classique cercle vicieux qui n’autorise pas à un SDF de trouver un emploi, et à un travailleur en situation de précarité d’accéder au logement. Pour sortir de ce cercle, les structures d’hébergement CHRS (Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale) et CHU (Centres d’Hébergement d’Urgence) doivent être multipliées et relayées par un parc plus étendu de logements sociaux.



4.- Des logements pour les travailleurs pauvres

La situation des travailleurs pauvres est peut-être celle qui suscite le plus d’émoi et d’indignation : il est en effet inadmissible que le travail ne puisse garantir une vie décente.



La société doit agir avant que ces travailleurs soient à leur tour prisonniers de la spirale de la pauvreté qui conduit aux centres d’hébergement, avec toutes les conséquences psychologiques que cela entraîne (perte de confiance en soi, désocialisation,…) et qui exigent ensuite une longue phase de réinsertion.



Pour tous ces travailleurs, des logements sociaux doivent être prévus.



5.- Des résidences pour les familles modestes

J’entends par famille modeste toute famille dont la somme des ressources salariales ne suffit pas à subvenir aux besoins essentiels du ménage, soit parce que les ressources salariales sont faibles (conjoint inactif ou chômeur, famille monoparentale,…), soit parce que les besoins de la famille sont trop importants (famille nombreuse).



Pour toutes ces familles, un nouveau parc HLM doit être mis en chantier.



6.- Des résidences pour les personnes âgées

L’allongement de la durée de la vie suscite de nouveaux besoins en matière d’habitat, notamment pour les personnes à mobilité et autonomie réduites. Des résidences proposant de multiples services (sécurité, laverie, restauration, assistance d’un régisseur, médicalisation,…), et dont l’accès est autorisé aux animaux domestiques, doivent être construites. -

7.- Des maisons vertes :

Le réchauffement de la planète, la disparition de la biodiversité, la pénurie des ressources naturelles nous obligent à une prise de conscience collective et en l’occurrence à un changement de culture. L’éco-habitat (panneaux solaires, tri sélectif des déchets, micro-éolienne, chauffage au bois, récupérateur d’eau de pluie,…) doit correspondre à l’un des axes forts de développement durable - l’habitat est en effet responsable de 13% des émissions à effet de serre. - Cette liste, certainement non exhaustive, montre bien que les besoins sont réels. Les responsables politiques doivent à présent agir, car la population ne peut plus attendre...

Samedi, 3 mars 2007

Citoyenneté pour les personnes en situation d’handicap !

Le potentiel de la partie de la population en situation d’handicap - soit près de 10 % des français-, est souvent mal connu, voire ignoré, tout simplement parce le regard de notre société porté sur les personnes handicapées est celui de la situation extraordinaire, alors que l’handicap correspond à une situation ordinaire qui est à la fois particulière et caractéristique.



Alors si nous souhaitons construire une société de développement du bien-être, dans lequel nous profiterions de la diversité de tous les individus, nous devons commencer par, adapter les cadres physiques et humains, mais aussi et surtout, changer notre culture et notre vision de la situation d’handicap.

Même si depuis 2002, la France s’est engagée dans une politique volontariste d’insertion des personnes handicapées, il a fallu attendre trois ans pour qu’une loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, soit adoptée.

Les principales orientations sont :

  1. L’accessibilité généralisée pour tous les domaines de la vie sociale : la personne en situation d’handicap a le droit de s’inscrire dans des projets répondant à ses désirs, tant dans les domaines scolaire, professionnel, artistique ou sportif. Les aménagements nécessaires (emploi, cadre bâti, transports...) doivent donc être faits si nous ne voulons pas que la personne handicapée soit coupée de la cité, mise sous tutelle économique, et considérée à vie comme un individu de statut de mineur.
  2. Le droit à compensation des conséquences du handicap (par exemple, majoration de la durée d’une épreuve d’examen ou de concours)
  3. La sensibilisation de la société civile et des employeurs : la compréhension du handicap relève de l’intelligence et du droit humain, et non de l’émotion et de la bonne conscience. Notre culture doit changer.

Malgré tout, des situations inadmissibles perdurent.



L’un des exemples les plus flagrants concernent la recrudescence de malades mentaux dans les prisons: les chiffres sont alarmants. Les principales raisons proviennent :

  • d’une part, de la réforme du code pénal de 1993 qui établit la responsabilité pénale des personnes dont le discernement est altéré au moment des faits,
  • et d’autre part, du manque de structures de psychiatrie, d’hôpitaux et de centres médico-psychologiques : c'est ainsi que nombre de patients restent sans soins et entrent dans une spirale de petits délits qui les mène en prison.


Tout le monde se souvient de l’horrible affaire de cannibalisme de janvier 2007, dans l’une des cellules de la maison d’arrêt de Rouen.



Cette abominable fait révèle que malgré l’élan de la France, des progrès restent encore à faire si nous souhaitons renforcer notre cohésion nationale pour davantage de justice et donc davantage d’attention aux plus vulnérables qui ont droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale.

Samedi, 17 février 2007

Politique d'accueil des néo-ruraux

De nombreux villages, alertés et désireux d’enrayer l’hémorragie de leur population, engagent une politique volontariste d’accueil de nouveaux habitants.



Ces communes sont conduites à mettre en œuvre des mesures favorisant l’attractivité de leur territoire, et l’intégration des néo-arrivants.



La démarche usuelle est de multiplier l’offre de services en tenant compte des besoins de cette nouvelle population : création de structures sportives, animation d’activités de loisirs ou culturelles, mise en place de relais d’assistance maternelle, création de logements, soins pour les personnes âgées, implantation de groupements scolaires, possibilités de transports en commun, etc.



Mais cette démarche ne prend totalement sens que si elle est accompagnée d’un dispositif d’accueil et de communication qui permet :



- aux élus de plonger dans la vie du territoire, et ainsi d’apporter les réponses les plus adaptées aux besoins de la population. Par exemple, peut être créée une base de données recensant toutes les potentialités de la commune (les terrains à bâtir, les entreprises à reprendre, les projets individuels ou collectifs, les bénévoles ou intervenants susceptibles de pouvoir/vouloir s’engager dans une démarche, ...).



- aux arrivants de découvrir les possibilités, mais aussi les traditions de la commune et de ses habitants. Peuvent être par exemple implantés des points d’accueil spécifique dont la mission, beaucoup plus large que celle des offices de tourisme, serait de répondre aux questions pratiques de la nouvelle population.



L’accueil de ces arrivants, qui est naturellement du ressort des responsables politiques, ne peut cependant être réellement efficace que s’il constitue un projet dans lequel l’ensemble de la population a envie de s’engager. Dans un tel contexte, il serait intéressant d’organiser annuellement :



- une réunion d’information des néo-ruraux, qui prévoirait une présentation du phénomène de migration ville-campagne, mais aussi des politiques communale, cantonale, voire départementale et régionale.



- une rencontre conviviale entre les accueillants et les accueillis, pour faciliter la découverte de la culture du territoire, et, des traditions et règles à respecter au sein du village.



Les objectifs seraient doubles :



- conduire les néo-arrivants à réfléchir, voire carrément à élaborer, au-delà de leur projet professionnel, un véritable projet de vie (vivre de manière plus écologique, participer à la vie locale, etc.)



- éviter la création de clans, ou d’îlots sur lesquels tel ou tel type de population se regrouperait et s’enfermerait.



Pour favoriser la diffusion de l’information et ainsi, le développement d’une vie sociale, les outils de communication doivent être largement utilisés :



- publication de bulletins d’information présentant les actualités de la commune, - utilisation de médias spécialisés (chaînes de télévision, revues spécifiques, ou autres), - création d’un site Internet, voire d’un blog ou d’un forum de discussion.

Les enjeux de tous ces dispositifs sont très forts puisqu’ils visent directement le bien-être de tous les habitants, en tentant de créer des passerelles entre les différents types de population, et ainsi, en donnant envie à tous de vivre dans le respect les uns des autres.

Dimanche, 21 janvier 2007

Une urbanisation raisonnée du monde rural

La montée du stress, l’augmentation des taxes foncières, la raréfaction des terrains à construire poussent de plus en plus de citadins à s’établir à la campagne. Ce qui en un sens est positif, puisque les populations rurales sont souvent vieillissantes, alors que la santé, voire la vie d’une commune peut en particulier se mesurer au sein de ses écoles. Mais à l’opposé, cette arrivée de néoruraux peut être source d’effets négatifs sur l’environnement, car si un village ne peut que se réjouir d’accueillir de nouveaux habitants, il peut aussi être préoccupé par les impacts paysagers nés par la création des besoins de cette nouvelle population, notamment en termes d’habitats, de zones commerciales, et de réseaux routiers. L’environnement se trouve ainsi souvent modifié sans qu’aucune logique d’aménagement ne soit globalement pensée.



Car s’il est important que les citoyens puissent trouver un bien-être et un confort de vie, il est également essentiel de préserver la beauté de nos campagnes, en respectant la culture locale et en envisageant des constructions en harmonie avec le patrimoine déjà existant.



Quelles mesures apporter ?

1.- Les agriculteurs qui pendant longtemps ont été les aménageurs du monde rural, ont été contraints à appliquer une politique de production intensive : les champs ont été alors agrandis, les plantations alignées, les chemins goudronnés, les haies supprimées et les arbres abattus. Aujourd’hui, il serait sans doute intéressant de repenser la mission de l’agriculteur et de l’aider dans sa nouvelle tâche. La beauté du paysage ne pourrait-elle pas donner envie de consommer davantage de produits agricoles ?



2.- Toutes les communes devraient s’engager dans un Plan Local d’Urbanisme (PLU) pensé à l'échelle de l'ensemble des communes qui composent l'agglomération, et qui respecterait l’harmonie du bâti local et de la nature environnante, en tenant compte des perspectives d'évolution démographique, économique et sociale, et des évolutions pressenties pour l'habitat, l'emploi, les équipements publics, les services et les moyens de transports. Un PLU qui tendrait à : - préserver les espaces verts des centres-villages, - lutter contre l’insalubrité, - entretenir les sentiers et chemins, - préserver la beauté du paysage en protégeant en particulier les boisements de la commune, - règlementer les conditions de construction ou d’aménagement, et plus généralement, préserver la morphologie à la faune et à la flore de la commune.



Puisque nous aimons nous retrouver dans les campagnes, pour nous y ressourcer et nous y promener, pourquoi ne pas les protéger ?

Mardi, 26 décembre 2006

Quelles mesures pour les SDF ?

Comme chacun sait, le nombre de personnes vivant dans notre pays au-dessous du seuil de pauvreté ne cesse de s'accroitre, avec en particulier un fossé de plus en plus important séparant les nantis de la masse grandissante des défavorisés.

Elément nouveau, ce phénomène n'est plus circonscrit à une frange très particulière de la population, mais menace désormais un spectre beaucoup plus large de nos compatriotes, et il n'est plus rare de voir se débattre dans les plus grandes difficultés des personnes titulaires d'un travail, mais dont les revenus ne permettent plus de survivre dans le contexte présent. Confrontés à la baisse du pouvoir d'achat, à l'explosion des montants des loyers, à l'exigence de rentabilité des employeurs, beaucoup jettent l'éponge, et sombrent dans la spirale du surendettement et du désespoir.

A cet état de fait, l'Etat d'une part et, plus largement, l'ensemble de nos concitoyens d'autre part, se doivent de réagir par des initiatives concrêtes, et cela avec la plus grande célérité.

Un préalable naturel est de dresser au plus vite un état de la situation en concertation avec les partenaires sociaux, les collectivités territoriales et les réseaux associatifs afin d'avoir une idée réaliste des problèmes. Il convient ensuite, à la lumière des informations recueillies, d'ajouter aux projets déja en cours de mises en oeuvre (le Revenu de Solidarité Active, par exemple) une batterie de mesures soulageant la souffrance des gens de manière immédiate, et assurant leur mieux-être dans la durée. Dans cette logique, des idées pourraient être de planifier la construction d'un parc H.L.M (Habitation à Loyer Modéré) destiné prioritairement aux SDF, de structures d’accueil en nombre important, avec des personnels motivés et bien formés, et relayées le cas échéant par des dispositifs d’insertion, d’éducation et de santé, ce dernier point étant essentiel lorsqu'on sait que la tuberculose est l’un des principaux fléaux de la misère !

L’aide sociale peine aujourd'hui à répondre aux besoins de la rue. L’état d’urgence est sonné ! La responsabilité de faire face incombe à tous, à l’Etat comme aux collectivités et aux citoyens.

Pourquoi l’élan de solidarité enregistré en décembre 2004 lors de la catastrophe du tsunami a-t-il été si fort en comparaison des aides enregistrées pour les pauvres de nos rues ? Est-ce l’effet de l’éloignement ? L’effet médiatique ? L’effet de banalisation du phénomène SDF ?

Chaque heure perdue est lourde de conséquences pour les plus fragiles d'entre nous ! Nous engager résolument pour leur défense est un devoir auquel il serait indigner de se dérober.

Florence Soriano-Gafiuk

Samedi, 23 décembre 2006

Femmes au pouvoir ou pouvoir des femmes ?

Cet article est une question laissée volontairement ouverte et rédigée suite au débat tenu hier sur RTL. Il n’exprime pas une prise de position.



Margaret Thatcher, Ursula Clinton, Angela Merkel, Ségolène Royal, …



La nouveauté n’est pas en l’entrée de femmes au pouvoir, mais en la sexualisation de la politique, en ce sens, qu’est né le concept d’une essence féminine du pouvoir, qui serait plus maternante, plus pacifiste et plus sociale.



Derrière ces principes d’égalité, une idéologie se cacherait-elle ? Ou existerait-il vraiment une gouvernance spécifique à la femme ? L’attente des femmes est-elle instrumentalisée ? Peut-on régner en étant plus sensible, plus féminine ?



Les lois sur la parité obligeront un remodelage du panorama politique. Toute une moitié de population aujourd’hui mise à l’écart, sera enfin prise en compte : une nouvelle gouvernance naîtra forcément, mais sera-t-elle spécifiquement féminine ?

Samedi, 25 novembre 2006

Menaces sur la planète Terre

Lors de la première Conférence des Nations Unies sur l’Ecologie et le Développement qui s’est tenue en 1992, à Rio de Janeiro, un cri d’alarme a été lancé : « Nous ne pouvons continuer avec les politiques actuelles qui perpétuent l’écart économique dans les pays et entre eux, qui augmentent la pauvreté, la faim, la maladie et l’analphabétisme dans le monde et qui causent la détérioration continue des écosystèmes dont nous dépendons pour survivre sur terre. ».

Ces constats sont d’autant plus alarmants que la démographie mondiale connaît ces dernières années un essor effroyable, puisque la population mondiale relativement stable jusqu’en 1700, est passée en trois siècles de 600 millions à 6,5 milliards d’habitants (avec une augmentation du simple au double durant les trente dernières années). Les premières alertes sont données en 1972. Selon les chiffres du guide « De l’école au campus, agir ensemble pour le développement durable », nous enregistrerions que :

- un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un poisson sur trois seraient menacés,

- la fortune des 225 personnes les plus riches du globe correspondraient aux revenus des 2,5 milliards d’habitants des pays les plus pauvres.

Les principales préoccupations de la Conférence des Nations Unies qui vient de se réunir à Nairobi au Kenya sont donc :

- le développement humain (encore appelé le bien-être)

- la préservation des ressources naturelles

- la perte de la diversité biologique

- le changement climatique, qui est considéré comme la première menace à la paix et à la sécurité, tant les effets du réchauffement de la Terre (estimé de deux degrés au moins d’ici la fin du siècle) engendrera des effets socioéconomiques dévastateurs.

L’Afrique sera le continent le plus touché par les changements climatiques : le climat deviendra de plus en plus variable, les catastrophes météorologiques de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves (décrues des précipitations, ouragans, etc.). Une partie de la population n’accèdera plus à l’eau, tandis que les peuples des zones côtières devront immigrer du fait de la montée des eaux. Quant à l’agriculture, elle sera davantage fragilisée, si bien que la sécurité alimentaire (qui compte la production, mais aussi la distribution alimentaire) sera rompue.

L’instabilité de la géopolitique se répercutera à la planète entière.

C’est ainsi que les Nations Unies sont arrivées à la conclusion que les émissions de gaz à effet de serre devaient être divisées par deux.

A ces prévisions et constants alarmants, s’opposent des réalités politiques fortes (rappelées par Philippe Frémaux, rédacteur en chef de la revue « Alternatives économiques », lors de sa conférence à Cerizay du 22 novembre 2006). La première est temporelle : les élus ont des mandats courts alors que les décisions qui concernent le développement durable ne peuvent, par définition, s’inscrire que sur du long terme. La seconde est spatiale : toutes les nations doivent s’unir pour répartir globalement l’action locale, alors qu’elles sont en concurrence les unes avec les autres. La troisième est sociale : les décideurs politiques sont confrontés à des grosses inégalités dans la répartition des richesses entre les pays, mais aussi, dans les pays.

La mise en relief de ces réalités conduit à s’interroger sur la place du citoyen dans les démarches du développement durable, puisqu’un vrai bouleversement de culture semble être appelé. Premièrement, il est désormais nécessaire que le citoyen prenne conscience de l’importance des décisions prises sur le long terme (solidarité intergénérationnelle) notamment dans les domaines de l’habitat (chauffage, isolation) et du transport, qui sont des causes fortes de pollution. Deuxièmement, le citoyen doit arriver à percevoir les sacrifices faits comme un progrès pour tous (solidarité sociale), et pour cela, il doit commencer par devenir un consommateur responsable (achat de produits recyclables, économie d’énergie, etc.). La question naturelle qui s’impose est alors de savoir si les populations peuvent réellement être prêtes à entrer dans une telle démarche, dans une société où les pays les plus industrialisés (Etats-Unis d’Amérique, Canada, Australie, Chine, …) se révèlent être les plus timides dans leur engagement, autrement dit dans une société où les plus gros pollueurs envisagent même parfois de se retirer des accords de Kyoto.

Avant de terminer, il est certainement important d’apporter quelques notes plus positives et moins culpabilisantes. D’abord, la démographie mondiale tendrait à une stabilisation autour des 9 milliards d’habitants. Ensuite, les avancées de la Technologie sont telles que des mutations devraient pouvoir être possibles : des solutions industrielles alternatives devraient exister. Et enfin, les micro-changements climatiques ont toujours été.

Il ne s’agit pourtant pas de croire que tout va dans le meilleur des mondes : l’Homme met réellement en danger la planète, en consommant sans se soucier, détruisant ainsi tout le capital naturel et accélérant des effets climatiques à une vitesse arrivée au-delà des capacités de contrôle humaines.

« C’est une triste chose que la nature nous parle et que le genre humain n’écoute pas » (Victor Hugo)

Et il ne s’agit cependant pas de croire que tout est perdu, car si nous décidions, tous ensemble, de changer nos habitudes et nos modes de pensée (gestes quotidiens, choix de consommation, entre-aides inter et extra-catégorielles, etc.), nous pourrions sauver la planète.

Vendredi, 24 novembre 2006

Le développement humain

Le bien-être humain est un concept de développement de la société (sans finalité de productivité), mesuré à la fois dans les domaines économique, social & politique, et environnemental, donc par-delà le Produit Intérieur Brut (IPB) qui ne tient compte que de la richesse monétaire, c’est-à-dire des besoins (qu’ils soient existentiels, essentiels, matériels ou immatériels) des personnes solvables dans le cadre d’échanges économiques.



De multiples modes de mesure de ce bien-être existent, en France comme dans les autres pays.



Au niveau économique, les modalités de calcul peuvent tenir compte du marché de l’emploi qui est naturellement lié au capital humain (ensemble des compétences et de savoir-faire existants) et à la mobilité des individus, mais aussi du pouvoir d’achat et du niveau de vie de la personne.



Dans le domaine social et politique, le bien-être peut être mesuré dans les secteurs de l’Education, de la Santé, des Libertés (démocratie et droits humains) et des Egalités (entre les sexes, les races, les groupes ethniques, etc.).



Et enfin, du point de vue environnemental, le progrès peut se mesurer dans la relation de l’Homme avec la Nature (auquel fait écho le développement durable), dans la vie au quotidien de l’individu en milieu métropolitain (logement, pollution, circulation, sécurité, etc.), mais aussi dans les initiatives de solidarité intergénérationnelle (à longue échéance).



Tous ces indicateurs (et bien d’autres existent encore) sont rarement pris en compte par les décideurs politiques, alors qu’ils permettent d’observer l’ampleur de l’écart entre la richesse monétaire et le bien-être humain, voire de constater l’évolution divergente de la croissance économique et de la santé du pays. Et si un tel écart existe et se creuse, c’est justement parce que la problématique du bien-être humain n’entre pas en cohérence avec le rôle centré du marché puisque celui-ci écarte automatiquement les personnes non solvables qui se retrouvent donc exclues de la société, alors qu’elles ont les mêmes besoins que les autres citoyens. C’est pour cette raison que certaines personnalités politiques proposent dans leur programme le versement d’une dotation initiale (appelée « revenu universel ») à caractère individuel (donc donnant l’autonomie à chaque sexe) à l’intention des personnes non ou peu solvables. Reste à étudier le réalisme du financement d’un tel projet.

Jeudi, 23 novembre 2006

L'entrée de la municipalité dans l'agenda 21

Les gens qui vivent dans un espace d’exclusion finissent par croire qu’ils ne sont capables de rien (Adalberto Barreto, Psychiatre)



Qu’est-ce que l’Agenda 21 ?

Les trois piliers du développement durable sont l’écologie (dégradation de l’environnement, perte de la biodiversité, pollution et ses effets sur les changements climatiques), le social (accroissement du taux de paupérisation dans les pays riches, augmentation des inégalités entre les pays du Sud et du Nord, ou encore entre les pays de l’Est et de l’Ouest, et nécessité d’une solidarité intergénérationnelle), l’économie (prise en compte des coûts). Cependant, selon les pays et ses besoins, les orientations choisies du développement durable diffèrent : les pays en voie de développement s’attachent à l’urgence et donc à la dimension sociale, alors que les pays développés (et surtout européens) sont davantage centrés sur les problèmes liés à l’environnement, dont les solutions alternatives ne peuvent d’ailleurs qu’être envisagées sur du long terme.



L’agenda 21 (dont l’étymologie vient du mot latin AGERE (agir) et où 21 fait référence au XXI° siècle) est en fait l’outil stratégique et opérationnel, opté par un organisme (association, entreprise, établissement scolaire, etc.) ou par une collectivité qui souhaite apporter des réponses à des questions concrètes locales ou planétaires en lien avec l’environnement et le développement durable.



Il préconise dans une démarche participative les étapes suivantes :


  1. - Impulser et mobiliser les parties prenantes
  2. - Organiser le pilotage
  3. - Etablir un état des lieux (basé sur le savoir, le sensoriel et l’expérience) et réaliser le diagnostic - autrement dit, identification des besoins et des causes -
  4. - Formuler les objectifs, élaborer des solutions alternatives, identifier les moyens et s’engager sur un programme d’actions
  5. - Mettre en œuvre un suivi (à partir d'indicateurs)
  6. - Publier et communiquer
  7. - Evaluer la pertinence des axes de progrès et les résultats du plan d’actions


Quelles actions « durables » pour une municipalité ?

Les collectivités sont donc directement concernées par la démarche de l’agenda 21, même si en France, l’initiative municipale reste timide puisque moins de 10 % seulement des communes se sont engagées dans une telle démarche, alors que les pays du Nord (Finlande, Suède, Norvège, Danemark) en comptent plus de 80 %. Et plus encore, si nous examinions à présent la situation des régions au sein même de la France, nous constaterions que la Lorraine reste relativement en retrait puisque trois communes seulement ont mis en place un tel champ d’actions.



Les engagements inscrits dans l’agenda 21 d’une municipalité peuvent être multiples, variés, et leur étude toujours intéressante, comme nous allons tenter de l’illustrer.



Parce que le développement durable place l’Homme au centre de ses préoccupations, il est important de :



- tisser du lien social afin de lutter contre l’exclusion et favoriser la solidarité inter et extra-catégorielle, en

  1. encourageant le bénévolat et le parrainage (bureau de conseils, dispositif d’accompagnement à la scolarité des enfants en difficultés, etc.)
  2. organisant des évènements, des rencontres conviviales pour tous ensemble, échanger et communiquer
  3. favorisant la participation de chacun, en permettant à tous de proposer et d’agir, et en optant pour une gouvernance partagée
  4. facilitant l’accès à l’information (création d’une revue et d’un blog, diffusion de la Lettre de la municipalité)
  5. multipliant les contacts partenariaux


- reconstruire du lien entre les sujets et leur cadre de vie en

  1. éco-responsabilisant les concitoyens (tri sélectif, économie d’énergie, achat de produits recyclables, etc.)
  2. participant à l’éducation des enfants, en soutenant les projets de l’école en lien avec l’environnement, le patrimoine et le développement durable
  3. facilitant l’accès à la culture, à la formation, aux loisirs et aux sports, pour développer le bien-être humain en rendant autonome et en préservant la santé,
  4. travaillant sur l’image du monde agricole, par exemple, en organisant des actions de découverte pour les enfants (lecture de paysage, rencontre avec un exploitant agricole du territoire, déjeuner agrémenté de produits locaux)
  5. encourageant le choix d’énergie propre (capteurs solaires, éoliennes,…)


- favoriser l’insertion professionnelle des personnes en situation difficile (jeunes sans formation, chômeurs, handicapés, etc.), par exemple par le biais des marchés publics : les collectivités peuvent en effet introduire des clauses sociales ou environnementales dans ses appels d’offre (selon l’article 14 du code des marchés publics) – la ville de Nantes prouve le réalisme du concept –



- et enfin, chaque fois que cela est possible, ancrer les actions dans une démarche de développement local (diversification des attractivités municipales dont les impacts économiques seraient positifs).



Bien d’autres propositions peuvent être faites, et parce que l’Agenda 21 préconise une démarche participative, vous aussi avez à proposer.