Actualités et Politique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Lundi, 10 décembre 2007

ADQV : Ordures ménagères... Parlons-en !

Souvent éclipsé par les problèmes majeurs que constituent le réchauffement climatique, les résidus industriels, les émissions de gaz à effet de serre et la déforestation massive, le traitement des ordures ménagères n'en est pas moins un enjeu primordial dans la recherche de méthodes visant à protéger l'environnement.

A ce propos, les rapporteurs chargés d'analyser l'impact d'une gestion lacunaire des déchets issus de la consommation courante des ménages soulignent la diversité des éléments à prendre en compte, chacun réclamant des initiatives et des investissements fournis à plusieurs niveaux.

En amont se trouvent naturellement les consommateurs, qui se voient prescrire une certaine forme de discipline quotidienne. Le choix des produits qu'ils achètent, en premier lieu, devrait être fortement corrélé à la nature du conditionnement correspondant. On recommande par exemple d'acquérir de préférence des fruits au détail, emportés ensuite dans un cabas ou un panier personnels, plutôt que des paquets préempaquetés dont l'emballage doit ensuite faire l'objet d'un traitement, et plus généralement, de renoncer aux sachets plastiques proposés aux caisses des supermarchés. Après consommation, chaque famille doit également se préoccuper d'effectuer un tri rationnel de ses propres déchets, afin d'en faciliter l'orientation après ramassage, et le retraitement éventuel.

Parallèlement aux bonnes volontés individuelles d'amélioration, qui visent principalement à la réduction de la quantité de déchets produits, il est clair que le ramassage et le traitement de ces matières usagées doit faire l'objet de mesures d'ensemble conduites par les pouvoirs publics, épaulés par des sociétés privées spécialisées. Le devenir des matériaux mis au rebut se décline suivant deux axes, que sont le simple stockage effectué avec les précautions d'usage lorsque les produits (industriels, pharmaceutiques...) sont dangereux, et l'exploitation et la transformation avec création de consommables nouveaux.

Lorsque les déchets recueillis le permettent, cette seconde solution doit être privilégiée pour des raisons évidentes. D'une part, le retraitement des déchets minimise la quantité de matières résiduelles à stocker. D'autre part, les produits récupérés après transformation représentent non seulement un gain intéressant dans l'immédiat, mais procèdent même d'une démarche d'économie des ressources, comme dans le cas de l'activité nucléaire, par exemple, où le fait que les réserves naturelles ne soit pas inépuisables rend très souhaitable la réutilisation des matériaux déjà extraits.

Le problème du retraitement des déchets a naturellement un coût, et la construction d'usines habilitées à effectuer ces transformations est en particulier très onéreuse, ce qui conduit souvent les décideurs à envisager le problème avant tout en termes de rentabilité.

Au niveau régional, une analyse similaire à celle qui est détaillée dans les lignes précédentes reste valable, et nécessite de surcroit qu'une attention particulière soit portée aux spécificités locales, afin que les mesures préconisées fassent l'objet d'un ajustement adapté aux caractéristiques de terrain.

A ce titre, l'ADQV, Association de la Défense de la Qualité de Vie du Pays de Bitche, réclame la mise en œuvre rapide de mesures destinées à modérer la charge de déchets produits, et a présenté au syndicat des communes une série de propositions en ce sens, un corollaire positif étant naturellement l'allègement des frais imputables au contribuable. Ces dispositions s'articulent autour de quatre idées simples et efficaces, dont on voit aussitôt les avantages qu'apporterait leur application immédiate.

La première suggestion implique le concept de pesée embarquée, chaque poubelle étant en quelque sorte immatriculée au moyen d'une puce informatique, et faisant l'objet d'une pesée lors de son ramassage. Des variantes intéressantes sont étudiées, envisageant notamment des prix figés pour les déchets recyclables, et variables pour les autres. On conçoit sans peine le caractère incitatif au tri d'un tel procédé. La seconde piste prévoit la création d'une déchetterie et d'un compostage communal ou intercommunal, avec possibilité pour les usagers de déposer leurs détritus fermentescibles, et de récupérer en retour une certaine quantité de compost. La troisième idée, d'ordre organisationnel, prescrit l'institution d'une Communauté des communes, les avantages visés relevant d'une simplification des structures, et induisant une diminution du nombre de responsables à l'évidence trop élevé à l'heure actuelle, et une mutualisation des ressources et des compétences opérée simultanément à des fins d'efficacité pratique et de réduction des coûts. En dernière analyse, l'ADQV s'interroge enfin sur l'opportunité de construire une usine de méthanisation, dont les bénéfices à courts termes, avancés par ses promoteurs, ne sont pas suffisamment convaincants pour faire oublier le coût prohibitif d'une telle opération.

En conclusion, le traitement des ordures ménagères est un défi d'envergure pour le pays de Bitche. Intéressée et concernée par les choix qui seront faits dans les mois à venir, l'ADQV souhaite sensibiliser usagers, industriels et pouvoirs publics à l'enjeu des décisions qui seront prises, et participe activement aux réflexions en cours en indiquant des axes et des mesures dictés par sa connaissance approfondie des ressources et des structures locales, et par les analyses de ses experts en matière de protection de l'environnement.

Florence Soriano-Gafiuk

Lundi, 3 décembre 2007

Il était une fois à Puttelange-aux-Lacs

Le retour du ShéRIFF

Cité depuis toujours comme exemple d'ouverture et d'entente harmonieuse entre communautés, la ville de Puttelange-aux-lacs est aujourd'hui en proie à une série de controverses dont chacun se serait bien passé, polémiques initiées par la volonté d'un seul homme, Nicolas Riff, sur fond de constructions immobilières et d'élections municipales.

De quoi s'agit-il ?

Au prétexte de contester l'édification d'un centre culturel franco-turc, Monsieur Nicolas Riff, premier adjoint à la mairie de Puttelange-aux-Lacs, mène actuellement une croisade acharnée contre le maire sortant Laurent Janas, et ne néglige aucune occasion de s'exprimer avec hargne et véhémence au sujet de ce dernier, oubliant les années passées à travailler de concert au service de leurs administrés.

Est-il utile de le rappeler, Laurent Janas est un homme extrêmement populaire au sein de la petite ville qu'il dirige, où chacun est sensible à la chaleur avec laquelle il vient en aide à toutes les personnes qui font appel à lui lorsqu'elles se trouvent confrontées à des difficultés, vers qui il est toujours agréable de pouvoir se tourner lorsqu'on a besoin d'un conseil ou d'un appui. Depuis des années, son honnêteté et sa bienveillance naturelle plaisent et rassurent, et il est regrettable que certain collaborateur indélicat s'avise soudain d'adopter à son encontre un comportement hostile pour de basses raisons utilitaires.

Attrait du pouvoir, quand tu nous tiens ! Car si les propos recueillis semblent circonscrits à une banale affaire de construction, il est clair pour chacun que le but véritable que poursuit Nicolas Riff est de jeter le discrédit sur Laurent Janas afin de le déposséder de sa fonction de maire, sur laquelle il rêve de faire main basse depuis des années.En prêtant attention à l'argumentaire, au demeurant fort confus, du premier adjoint, on apprend que le maire aurait anticipé la signature du permis de construire d'un centre culturel (mis aux normes, après 6 premiers essais), devançant l’avis de la nouvelle commission spécifique chargée de gérer les permis de construire dits sensibles.

Pour ma part, je trouve au contraire que cette volonté de hâter le début des travaux doit être portée au crédit du maire, qui fait ici une nouvelle démonstration de sa générosité et de sa volonté constante de protéger et de développer toutes les initiatives susceptibles d'aider les populations à vivre ensemble.

Quant à l'argumentation de Monsieur Riff, qui n'a trouvé à reprocher à sa cible du moment qu'un " manque de transparence dès le début de l’affaire", elle apparaît aujourd'hui, aux yeux de tous, d'une vacuité désolante, à l'image de ses tristes motivations et de sa très affligeante personne.

Florence Soriano-Gafiuk

Jeudi, 22 novembre 2007

Les cheminots sur la bonne voie !

Après le bleu de la vague qui déferla sur notre pays aux dernières élections présidentielles, c'est une autre couleur qui enflamme désormais les joues des usagers des transports ferroviaires ou de la RATP, qui piétinent sur les quais déserts avec le sentiment d'être les otages d'un conflit qui ne les concerne guère. Critiqué et impopulaire, le mouvement des cheminots mérite quelques sérieuses mises au point.



Le premier élément qui choque lorsqu'on se met à l'écoute de nos concitoyens est l'idée curieusement erronée qu'ils se font des salariés de la SNCF et de leurs conditions de travail. Favorisés par leur employeur, nantis d'avantages injustifiés, les cheminots formeraient une sorte de caste paresseuse et argentée, qui entendrait faire perdurer des avantages acquis à l'époque lointaine où leur profession était "vraiment" pénible et risquée.



De fait, en termes de retraite, il faut savoir que les pensions moyennes des retraités gérés par le régime général étaient de 1 590 euros en 2001, contre 1407 euros seulement pour ceux de la SNCF. De plus, les cheminots en activité se voient appliquer une surcotisation non négligeable (taux patronal à 28,44 % contre 14,18 % sous le régime général). Comme on le voit, les "retraités dorés" de la SNCF n'ont donc jamais existé ailleurs que dans les fantasmes populaires, car non seulement ils ne sont pas aussi bien lotis qu'on se plaît à le laisser entendre, mais surtout, ils payent au prix fort leurs maigres avantages en étant financièrement mis à contribution tout au long de leur carrière.



Et en ce qui concerne les cheminots actifs, il faut également comprendre combien les lourdes contraintes horaires (dimanches, nuits, jours fériés) menacent l'équilibre d'une vie familiale, surtout si l'on songe aux compensations financières dérisoires censées en dédommager les acteurs. Ainsi, les heures de travail placées entre 0h30 et 4h30 donnent droit à une majoration de vingt centimes d'euros ! ...



Que des gens soient privilégiés dans notre pays est absolument exact. Nantis de la société, les véritables privilégiés le sont de naissance (héritiers de grandes entreprises) ou de professions (libérales, et en particulier médicales). Une petite enquête menée pour estimer les appointements des notaires, cardioloques, stomatologues révèlent ainsi des chiffres proprement effarants, qui rendent complètement grotesques toutes vélléités de controverses relatives aux misérables primes accordées aux cheminots qui travaillent les jours de fête, et s'il faut parler conditions de travail, cotisation ou retraites, j'aimerais qu'on m'explique à l'occasion pourquoi les cas d'autres groupes professionnels (militaires, sénateurs...) sont axiomatiquement passés sous silence dans les débats.



On l'aura compris, je me refuse à me joindre au coeur des contempteurs des cheminots, que des manoeuvres habilement orchestrées ont livré à la vindicte populaire. Il n'est au demeurant nullement exclu qu'à court terme, une partie des mécontents qui crient leur indignation face à ce mouvement social voient à leur tour leur propre situation faire l'objet d'une remise en question. Peut-être alors apprendront-ils la compréhension et la solidarité... s'il en est encore temps ! ...



Florence Soriano-Gafiuk

Samedi, 3 novembre 2007

Municipales de Sarreguemines : René renaît ...

... ou quand Ludwig nous ressert la même symphonie ! ...

A l'approche des élections municipales de 2008, des candidats nombreux se déclarent tour à tour, certains portés par une formation politique majeure, d'autres défendant les idées d'un groupe numériquement plus modeste, d'autres enfin préférant se lancer à l'assaut d'une mairie en franc-tireur, espérant de ce fait rassembler des sympathisants de toutes origines.

A Sarreguemines comme ailleurs, les candidats potentiels commencent à se faire connaître, et on voit réapparaître parmi eux quelques vieilles connaissances, qui ne semblent guère avoir tiré les leçons de leurs pénibles expériences passées.

Ainsi en est-il de René Ludwig, adversaire malheureux de Céleste Lett aux municipales de Sarreguemines en 2001, défait par Denis Peiffer dès le premier tour aux cantonales de 2004, et qui pourtant, sourd aux messages pourtant limpides de l'électorat sarregueminois, entend présenter encore et encore sa dyspnéique candidature, au grand amusement des observateurs de la vie politique locale.

Pour justifier son poignant échec de 2001, René Ludwig avance un argumentaire curieux, où la prétention le dispute à la mauvaise foi. A l'entendre, sa défaite serait due en substance à son ardeur au travail, l'infatigable René, voué corps et âme à ses innombrables tâches quotidiennes, ayant tout bonnement négligé de faire campagne.

Malheureusement pour lui, ces allégations saugrenues dissimulent fort mal une plus prosaïque réalité. L'électorat ne se contentant jamais longtemps de paroles, aussi engageantes soient-elles, c'est bel et bien sur le bilan de son mandat de maire que René Ludwig a été sévèrement jugé par les sarregueminois, et nulle périphrase cotonneuse, nulle dialectique confuse ne saurait escamoter le désaveu sans appel prononcé par une forte majorité des femmes et des hommes qui, pourtant, lui avaient donné sa chance quelques années plus tôt en le portant, débordants d'espoir et de confiance, à la mairie de la ville.

Apte à dépiter ses concitoyens, René Ludwig l'est également à décevoir ses partenaires politiques, comme on a pu le voir, par exemple, lorsque le respecté Robert Pax décida de soutenir résolument la candidature 2001 de Céleste Lett, au détriment de l'infortuné René qu'il avait pourtant privilégié en 1995.

Critiqué, désavoué, embarrassé d'un bilan pauvre et contestable, René Ludwig semble à présent s'être lancé dans une surprenante croisade, attaquant avec une brutalité inattendue le travail et la personne de Céleste Lett.

De fait, l'acharnement de René Ludwig n'a d'égal que la totale inefficacité de sa démarche, car s'il faut parler bilan, il est évident pour chacun que Céleste Lett n'a strictement rien à cacher, tant parlent d'eux-mêmes le nombre et l'importance de ses réalisations, aussi bien dans les domaines de l'action sociale et de la santé, que dans ceux des sports, des loisirs, ou de l'investissement en faveur de la vie des quartiers.

Pour que les lecteurs puissent juger de l'iniquité de l'argumentation de René Ludwig, nous nous bornerons à citer, à titre d'exemples, la construction de la Maison de l'enfance et de la solidarité, qui répond aux besoins de l'accueil de la petite enfance et de l'action sociale, le remarquable projet de construction du grand centre hospitalier Robert Pax, la création de nouveaux terrains de sport, les travaux entrepris au centre nautique, ou encore les aménagements urbains auxquels il a été procédé de manière systématique au profit des personnes à mobilité réduite.

A l'intention des jeunes, la municipalité n'est pas en reste, et se fait un devoir de proposer des activités éducatives et de loisirs à un faible coût, sous la forme de "Contrats Temps Libres", créés en partenariat avec la CAF et le département de la Moselle.

Pour développer la vie des quartiers, enfin, la ville a largement dépassé les recommandations nationales, initiant la constitution de conseils de quartier, et procédant à la construction (Welferding et Rive Droite) et à la rénovation (Cité de la Forêt) de maisons de quartier, initiative chaleureusement accueillie par les sarregueminois.

Si l'on termine en évoquant encore la création de cybercentres, l'extension de la Ludothèque de Beausoleil, ou le soutien concédé à la maison de retraite médicalisée Sainte Marie, on voit de manière éclatante combien les réserves de René Ludwig sont déloyales et infondées, et on doit faire un effort pour ne pas avoir la cruauté de détailler en retour son propre bilan, dont l'examen objectif par ses administrés les conduisirent naguère à s'affranchir de sa triste personne.

Bien mieux que d'inutiles panégyriques, les scores exceptionnels enregistrés par Céleste Lett attestent de sa popularité, et de la grande satisfaction dont les électeurs font état en le plébiscitant de la sorte. Mieux encore, son honnêteté et sa réussite finissent par emporter, à l'occasion, l'adhésion sincère de ses adversaires d'hier, comme on a pu le voir en la personne de Denis Peiffer, conseiller municipal de Sarreguemines.

Nonobstant la compréhensible aigreur de René Ludwig, nous aimerions lui faire comprendre que sa démarche n'est pas la bonne, et qu'il serait mieux avisé de faire un retour sur lui-même, de chercher les raisons véritables de ses échecs répétés, et surtout de renoncer à l'étrange fixation à laquelle il semble être en proie concernant la personne de Céleste Lett. Il vous faut comprendre enfin, Monsieur Ludwig, que Céleste Lett n'est en rien responsable de vos déboires électoraux ! Ce sont les sarregueminois qui se sont lassés de ce que vous représentez, et c'est à vous qu'il appartient aujourd'hui d'en déterminer les raisons, et d'en tirer, si vous le pouvez, des leçons pour votre avenir politique.

"Je suis effrayé par les projets de parking à ciel ouvert", dites-vous lors d'une récente interview, avant de vous lancer dans d'exotiques confidences relatives à votre personnalité introvertie, à l'issue desquelles vous faites état de vos difficultés de communication héritées de votre adolescence. Je ne sais si les lecteurs se passionneront pour les implications psychanalytiques de votre parcours personnel, mais je doute en tout cas qu'ils les trouvent très rassurantes.

"Effrayé par les projets de parking", disiez-vous ? Il me semble, Monsieur Ludwig, que vous êtes effrayé par beaucoup de choses. Si la perspective d'être maire à nouveau en fait partie, soyez, du moins, apaisé sur ce point.

Parce que dans votre cas, Monsieur Ludwig, je puis vous assurer que la mairie de Sarreguemines, ça ne dépassera jamais plus le stade du fantasme !

Florence Soriano-Gafiuk

Lundi, 22 octobre 2007

Encore une histoire d'ADN

Le monde de la recherche scientifique vient d'être secoué par le scandale consécutif aux récentes déclarations de James Watson, prix Nobel de médecine en 1962 après avoir co-découvert la structure moléculaire de l'ADN.



Dans les colonnes du Sunday Times Magazine, ce chercheur affirme en effet sans ambiguïté que les noirs-africains sont moins intelligents que les blancs, annonce que des études scientifiques sérieuses corroborent cette évidence, et en tire des conclusions immédiates quant à l'inutilité des politiques sociales initiées aux Etats-Unis en faveur des populations défavorisées composées d'individus de couleur.



Ces allégations sont, cela va sans dire, inadmissibles et complètement aberrantes, et je condamne fermement la tenue de tels propos, surtout de la part d'un chercheur de tout premier plan.



Autant que je puisse le voir dans les innombrables notes relatant cette affaire, c'est bel et bien ce gradient supposé entre les intelligences des représentants de différentes races qui interpelle le public.



Pour ma part, j'aimerais expliquer qu'au fond, ce n'est pas tant cette foi absurde en telle ou telle inégalité des performances qui me choque le plus, mais, surtout et avant tout, les conclusions que les tenants de ces thèses se proposent d'en tirer !



Pour ne donner qu'un exemple, il est établi que les populations d'origine asiatique sont beaucoup moins souvent victimes de cancer que les occidentaux, bien qu'il soit difficile, à l'heure actuelle, de pointer du doigt de manière certaine, une raison objective expliquant cet état de fait. Ainsi, les explications avancées hésitent entre facteurs alimentaires, environnementaux et génétiques.



Dans le cas où la recherche future établirait que les asiatiques possèdent effectivement l'avantage génétique d'être moins sujet au cancer, il ne serait nullement choquant d'accepter simplement ce fait démontré. Ce qui serait anormal, en revanche, serait d'en déduire aussitôt un quelconque principe de supériorité de la race asiatique sur les autres, en invoquant ces connaissances nouvelles.



Dans un même ordre d'idée, qu'importe qu'on établisse un jour que le potentiel sportif d'un noir-africain ou la résistance à l'infarctus d'un asiatique sont supérieurs à ceux des autres ! Qu'importe qu'un homme ait une force physique supérieure à celle d'une femme, qu'une femme soit plus résistante à la faim qu'un homme, qu'un coréen soit en moyenne plus petit qu'un hollandais. Je considère qu'un individu possédant un quotient intellectuel, une mémoire ou des talents artistiques innés lui permettant des performances qui dépassent les miennes ne font en aucun cas de lui une personne qui me soit supérieure !



Que des différences d'une nature ou d'une autre soient avérées ou pas, ce qui compte est de défendre fermement le principe d'égalité de tous, et de ne jamais déroger à ce principe universel, sous quelque prétexte que ce soit.



Florence Soriano-Gafiuk

Mardi, 2 octobre 2007

Denis Peiffer : le courage de ses convictions

Depuis quelques jours, j'ai à coeur de suivre, comme tout un chacun, les remous provoqués par le choix politique que vient d'annoncer Denis Peiffer, et j'avoue ressentir des impressions mitigées en constatant l'extrême sévérité avec laquelle ses anciens amis s'autorisent à le juger.



Certes, je n'ai jamais travaillé avec Denis Peiffer, mais il n'est pas un inconnu pour moi, tant nous avons eu l'occasion de débattre, quelquefois même de manière un peu vive, autour d'innombrables sujets de société qui nous passionnaient tous deux.



Que Denis Peiffer ait eu des points de désaccord avec des partenaires de sa vie politique, qu'il soit l'objet d'inimitiés de personne nourries par telle ou telle de ses anciennes relations publiques ou privées, tout cela procède de la vie normale, et il serait assez incongru que d'aucun prétende s'en mêler.



Quant à ses récentes déclarations, je ne pense pas qu'il y ait davantage lieu de s'en émouvoir.



En effet, comme chacun devrait le faire, Denis Peiffer réfléchit beaucoup au sens de son engagement, à la façon dont la société évolue, au meilleur moyen de jouer un rôle constructif en mettant son expérience et son enthousiasme au service de ses concitoyens. Que ses réflexions personnelles l'aient amené à préciser la façon dont il appréhende le monde qui l'entoure, les valeurs qu'il souhaite défendre et les personnes qui lui semblent aujourd'hui en adéquation avec ses aspirations, on ne peut que s'en réjouir.



Qu'on ne se méprenne pas sur le sens de mes propos. Ceux qui me lisent savent que je n'ai pas le compliment facile, et pas davantage une réputation de complaisance, mais le double courage d'opérer une remise en question personnelle, et d'en assumer ensuite les conséquences dans sa vie sociale et politique, voila qui mérite le plus grand respect.



J'ai, en d'autre lieux, pris la défense de Bernard Kouchner en rappelant les paroles de Winston Churchill qui, je le rappelle, disait qu'il est plus honorable de changer de parti pour suivre ses idées que de changer ses idées pour suivre un parti. Ce qui était valable pour Bernard Kouchner l'est pour nombre d'autres personnalités publiques qui ont eu le courage de refuser le sacro-saint cloisonnement isolationniste qui semble être l'un des piliers du socialisme à la française. Songerait-on, par exemple, à traiter Dominique Strauss-Kahn en pestiféré parce que Nicolas Sarkozy a soutenu sa candidature à la direction générale du FMI ? Faut-il conspuer Georges-Marc Benamou pour avoir apporté ses conseils à Nicolas Sarkozy après avoir travaillé aux côtés de François Mitterrand ? Que signifie cette surveillance rapprochée qui se propose de contrôler à vie les fréquentations d'une personne qui, à un moment de son parcours, aurait entretenu des relations proches ou lointaines avec les socialistes ?



A ceux qui s'inquiètent pour son âme, Denis Peiffer vient de prouver qu'il est un homme très déterminé, qui n'hésite pas à braver pression, critiques et quolibets lorsqu'il s'agit d'être en accord avec ses principes, et je vois mal un caractère aussi affirmé se laisser manipuler de quelque manière.



Les anciens camarades de Denis Peiffer seraient donc bien inspirés de cesser cette curée indigne. Quant au principal intéressé, je lui souhaite chaleureusement de trouver une formation politique conforme à ses attentes légitimes, au sein de laquelle il pourra s'épanouir et donner une nouvelle dimension à son engagement politique.



Florence Soriano-Gafiuk

Mercredi, 26 septembre 2007

Gros plan sur l'investiture socialiste

Après la démonstration d'individualisme forcené offerte par les leaders de gauche, socialistes en tête, aux dernières élections présidentielles, de nombreux observateurs s'étaient autorisés à penser que les résultats désastreux largement imputables à ces agissements allaient ramener tout un chacun à la raison, forçant les uns et les autres à mettre un bémol à leurs ambitions personnelles et à faire front dans l'intérêt supérieur de leur formation politique.

Comme on le voit chaque jour, c'est là pure utopie, et il est désormais bien clair que la leçon n'a nullement été assimilée. Non contents de confirmer leur incapacité à s'entendre, les socialistes semblent au contraire s'enfoncer chaque jour davantage dans une aigreur maladive, manifestant à l'occasion une agressivité surprenante à l'égard de leurs amis d'hier. Ainsi, l'ouvrage virulent de Lionel Jospin est par exemple presque unanimement critiqué par ses pairs, qui lui emboitent pourtant allègrement le pas à chacune de leurs interventions dans les médias.

A Metz comme ailleurs, il serait vain d'imaginer des socialistes raisonnables et mesurés, s'appliquant à organiser des échanges sereins à l'issue desquels s'imposerait le nom d'un candidat consensuel à l'investiture.

Bien au contraire, trois hommes se disputent à ce jour le redoutable honneur de conduire les troupes socialistes à la bataille, et le moins que l'on puisse dire est qu'on observe de nets écarts d'envergure lorsque l'on passe de l'un à l'autre.

Commençons notre petit tour d'horizon par Pierre Bertinotti, Conseiller municipal et Contrôleur d'Etat au ministère des Finances. Comme chacun sait, Pierre Bertinotti aime beaucoup rappeler sa naissance messine, évoquer sa famille messine, mais il se trouve que ce parisien de cœur ne s'est avisé (sur le tard) de rejoindre sa ville natale qu'en comprenant combien son avenir politique dans la capitale fleurtait avec le néant. Amoureux de Metz, donc, mais amoureux de circonstance, Pierre Bertinotti, dandy précieux engoncé aussi inélégamment dans ses imperméables Rive Gauche que dans ses principes étriqués, s'efforce aujourd'hui d'imposer l'image d'un homme sympathique, ouvert, jovial, qui se préoccupe du bien-être des autres et du dynamisme de sa ville natale. Trois fois hélas, c'est avec beaucoup d'amusement que quiconque suit depuis quelques années son parcours, ou observe ses agissements sur le terrain, accueillera cette tentative d'auto-marketing. Comment garder son sérieux, par exemple, en écoutant Pierre Bertinotti développer ses idées sur le destin européen de Metz, lorsqu'on sait qu'il mit un point d'honneur à défendre le NON lors du référendum, se démarquant en cela de notre ville qui, au contraire, soutint le OUI avec un bel élan ?

Le second venu est Président de l'Université de Metz. Entré en politique avec la foi du charbonnier, Richard Lioger a cru bon de s'imposer un rythme exténuant, mêlant l'agitation échevelée, les attaques tous azimuts, la brutalité incongrue à des initiatives et tractations politiques menant, dans la majeure partie des cas, à des issues défavorables aux intérêts de notre ville. L'un des multiples avatars de sa curieuse gestion des dossiers est l'incompréhensible surdité dont il fit preuve lorsqu'il se vit présenter des demandes de conventions de mise à disposition des étudiants pour des dispositifs d'accompagnement à la scolarité dans des zones défavorisées de Metz. Nous ne doutons nullement de l'extrême compétence avec laquelle Richard Lioger est capable de parler des sourciers de montagne, ni de son érudition en termes de radiesthésie, mais il semble que ces ressources là se soient révélées notoirement insuffisantes pour lui permettre d'obtenir des résultats convaincants dans les différentes affaires dont il a souhaité se charger. "On juge l'arbre à ses fruits", comme dit l'adage, et dans cette logique, cet arbre là n'est pas très tentant.

Reste donc Dominique Gros. Entre autres Conseiller général du canton de Metz 1, Président du Groupe socialiste au Conseil général de la Moselle, Conseiller municipal de Metz, Président de l'IUT de Metz, Dominique Gros peut se targuer d'une carrière et d'une réputation qui, à nos yeux, le placent très largement au-dessus de ses deux contradicteurs du moment, concurrents qui ne sauraient se prévaloir ni de son expérience, ni des résultats extrêmement brillants obtenus, par exemple, lors de sa réélection à la qualité de conseiller général du canton de Metz 1. On ne peut qu'apprécier son initiative d'avoir créer de petits groupes de travail très actifs et très ouverts, le soin qu'il met à entretenir des relations étroites avec les milieux économiques, associatifs, et même militaires, sa vision politique large et cohérente qui se décline en projets visant à stimuler le dynamisme économique de la ville, à tonifier son activité culturelle, sans oublier plusieurs idées intéressantes destinées à embellir la vie des quartiers, à protéger l'environnement, et à rechercher et favoriser les échanges et débats, toujours favorables à l'émergence de pistes nouvelles à tester en vue d'améliorer le bien-être des messins et le rayonnement de leur ville.

Dominique Gros est socialiste, et à ce titre, il ne partage pas toutes mes idées comme je ne partage pas toutes les siennes. Cependant, autant qu'il me soit permis d'en juger, je pense que son sérieux et son expérience en font le seul candidat socialiste crédible à la mairie de Metz, et je comprendrais mal qu'un autre remporte l'investiture qui, en toute logique, lui revient.

Vendredi, 7 septembre 2007

Rattachement de l'IUFM : la grande braderie

Ce billet n’engage en rien l’IUFM de Lorraine.

Avant propos

Dans la rubrique « Education et formation des maîtres » de ce blog, quelques articles cherchant à déterminer les ingrédients requis pour une universitarisation réussie de l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) étaient déjà parus.

Cette fois-ci, je me permettrai d'aller plus loin. Certes, je ne nourris aucune inquiétude quant à l’accueil qui sera fait à l’IUFM de Lorraine au sein des structures de l’Université Henri Poincaré – Nancy I, et je ne conteste pas davantage l’avis de la commission du Rectorat quant à la pertinence du choix de l’Université intégrante (même si je souscris à la candidature messine dont les atouts ont été largement évoqués par la presse durant ces dernières semaines). Bien au contraire, je me propose de délivrer dans ce billet une analyse de la posture mosellane, non en tant que directrice adjointe de l’IUFM de Lorraine, déléguée à la Moselle (fonction qui m'astreint à une certaine discrétion) mais en tant qu’universitaire messine (qui écoute, interroge, se documente…).

A l'évidence, mon mandat de directrice adjointe m’offre une position d’observatrice de première ligne et ne peut que nourrir ma réflexion sur les enjeux réels, même si, fort curieusement, nul n'a songé à solliciter mon concours lors de la rédaction du dossier de candidature de l'Université Paul Verlaine - Metz concernant l'universarisation de l'IUFM.

Mon propos est de détailler et de comparer les points de vue de chacun, d'établir que le contexte est sans doute beaucoup plus complexe qu’on ne veut bien l’entendre, et de mettre en évidence que si la situation ne concernait pas la formation des enseignants, donc l’éducation et par suite l’avenir de nos enfants et petits-enfants, elle serait aussi risible que pathétique…

Une levée de boucliers à l’encontre de R. Lioger

Sans doute vous souvenez-vous de la publication, dans le Républicain Lorrain (RL), de l’annonce par Richard LIOGER, Président de l’Université Paul Verlaine – Metz, de l’intégration de l’IUFM de Lorraine à l’Université Henri Poincaré (Nancy I). Des réactions parfois divergentes, voire contradictoires, ne cessent depuis de pleuvoir dans la presse locale et sur les blogs politiques messins, témoignant majoritairement d’une levée de boucliers dressée à l’encontre des collègues nancéens et du Président Lioger , celui-ci se distinguant par ailleurs par un activisme politique agité, voire désordonné, et par son ambition affichée de décrocher l’investiture des militants socialistes afin de conduire leur liste pour les municipales de Metz.

Un peu d’histoire

Avant d’entrer plus en avant dans les détails de l’affaire IUFM qui semble enfin (je me sentais bien seule !) déchaîner les passions, certainement est-il préférable de rappeler l’historique des IUFM en général, et de l’IUFM de Lorraine en particulier, et pour cela de remonter le temps, jusqu’en 1990. A cette époque, la volonté ministérielle était de lancer la première étape d’un processus d’harmonisation des systèmes européens de formation des enseignants en intégrant celle-ci dans l’offre de formation des universités : les IUFM ont alors été créés.

Dix-sept ans plus tard, nous voici arrivés à la dernière phase de ce processus désormais concrétisé par la loi d’orientation et de programme sur l’avenir de l’école du 23 avril 2005 qui prévoit le rattachement de l’IUFM de chaque région à une université, et à une seulement, mettant dès lors les universités d’une même académie en concurrence, dans des contextes politico historiques parfois bien sensibles, en particulier en Lorraine où la rivalité Nord – Sud est bien connue.

Les querelles engagées au début des années 90 entre les deux pôles universitaires lorrains, qui aspiraient chacun à devenir l’implantation centrale de l’IUFM de Lorraine, ont finalement conduit à la victoire de dernière minute du Sud au détriment du Nord (décision ministérielle), puisque la direction de l’IUFM est installée depuis sur le site de Maxéville.

Mon mandat de directrice adjointe déléguée à la Moselle

Toutefois afin de favoriser une équité entre les deux pôles, il fut entendu que l’équipe de direction de l’IUFM de Lorraine compterait un représentant de l’Université de Metz : l’un des directeurs adjoints serait dit « délégué à Metz » (entendez-là à l’université messine). C’est sur ce poste que j’ai été élue en décembre 2004 puisque le conseil d’administration de l’université de Metz me fit l’honneur de m’accorder 88 % de ses voix (deux candidats étaient en lice). Compte tenu de l’avis favorable du directeur de l’IUFM de Lorraine, le Recteur de l’académie me nomma directrice adjointe de l’IUFM, à compter du 1er janvier 2005 pour une durée de 5 ans.

Le lynchage des Présidents des Universités non intégrantes

Revenons-en à présent à la situation d’aujourd’hui et à l’affaire qui nous intéresse ! Pour commencer, il convient de remarquer que les Présidents de Universités non intégrantes sont fréquemment l'objet de critiques acerbes de la part de leur base, qui leur font porter la responsabilité de cet échec en arguant de l'insuffisance des efforts consentis pour mener leur établissement au succès. Ainsi donc est venu aujourd’hui le tour du Président LIOGER, dont le mandat (critiqué et sans doute critiquable) arrive à sa fin, et dont l'agitation agace toute les formations politiques. R. LIOGER est d'ailleurs une cible d’autant plus facile que sa gestion du dossier IUFM suscite des interrogations, des étonnements, voire de sérieuses réserves.

Les élus politiques locaux boudés

Commençons par ce premier article paru dans le RL, et dans lequel le rattachement de l’IUFM de Lorraine à Nancy I est présenté comme une proposition de la commission d’examen des candidatures des universités lorraines au Ministère de l’Enseignement Supérieur. Le Président LIOGER exprime ses regrets vis-à-vis de l’Université Paul Verlaine – Metz qui aspirait elle-aussi à ce rattachement et qui n’a pas été retenue malgré la « pertinence de sa candidature ». Il poursuit par une tirade aux accents mystérieux : « un bon accord vaut toujours mieux qu’une mauvaise guerre ».

Quels sont donc ces bons accords qui devraient soulager la déception et les regrets des citoyens messins ?

Certains évoquent une corrélation entre une disparition progressive des structures administratives messines et une perte d’influence du « personnel politique mosellan ». En l’occurrence, puisque le dossier IUFM devait être défendu sur la scène politique, je m’étonne que l’appui des politiques locaux (voir la déclaration de J.-M Rausch dans le RL) n’ait pas été souhaité. Est-il par ailleurs raisonnable de reprocher à une classe politique non sollicitée son inactivisme ?

Les protagonistes des négociations

Des sources multiples ont fait état de réunions qui se seraient tenues, à plusieurs reprises, entre les Présidents d'Université, dans le but d'engager des négociations relatives à l'universitarisation de l'IUFM de Lorraine.

Ceci étant, on comprend mieux la nature de l'intervention dans le RL de Monsieur R. Cayzelle, Président du conseil économique et social de Lorraine qui, pour calmer les tumultes que suscite l’affaire IUFM, est venu balayer les regrets exprimés par Monsieur Lioger, relatifs à la décision de la commission d’examen, en annonçant que les Présidents des Universités lorraines s’étaient mis d’accord pour le « rattachement à l’université la mieux équipée pour suivre la gestion administrative du nouvel institut régional » et en plaidant pour que soit évitée une nouvelle « querelle Nancy-Metz, à un moment où les présidents d’université ont su, eux, se mettre d’accord ». Dans ces conditions, comment ne pas s’interroger sur les propos contradictoires des deux protagonistes qui, pour l’un, présente le rattachement nancéen comme la décision d’une commission d’examen, et pour l’autre, annonce une intégration issue d'une entente directe entre Présidents d'Université ?

Comment accepter l'idée que le rassemblement des forces messines (osons élargir à la Lorraine Nord), que R. LIOGER aurait dû se faire un devoir d'organiser, n'ait finalement pas eu lieu, R. LIOGER adjugeant à sa seule personne le soin de défendre (avec le succès qu'on connaît) les intérêts de son établissement.

Puisque le Président de l’université messine a eu le courage (ou l'imprudence) de porter à lui seul le lourd fardeau de la gestion du dossier IUFM, alors que son expérience de troisième vice-président de la CPU (Conférence des Présidents d’Université) lui avait certainement permis d’être alerté par certains exemples de réactions hostiles à l’égard des présidents des universités non intégrantes, attardons nous un instant sur la stratégie de notre vaillant mousquetaire, qui semble avoir mis un point d'honneur à partir seul en campagne dès le début de cette affaire.

Force nous est de faire remarquer que la place vide curieusement réservée aux élus politiques messins ne semble guère cohérente avec un objectif d'optimalité du dossier de candidature de l’Université Paul Verlaine – Metz. Cette impression est encore accentuée par le fait que je n'ai moi-même à aucun moment été sollicitée dans cette affaire, ce qui est incompréhensible compte tenu de mon mandat de Directrice adjointe de l'IUFM de Lorraine, déléguée à la Moselle. Avec de telles pratiques, le succès de la candidature de l’Université Paul Verlaine – Metz se trouvait d'avance fortement hypothéqué.

Les risques encourus par la Moselle

Certains protagonistes évoquent un rattachement purement technique et administratif. A les entendre, la symbolique (de la défaite d’une ville par rapport à une autre) serait le seul véritable enjeu de toute cette affaire. Qu'on me permette d’en douter !

La chasse aux petites structures

La volonté de revalorisation des universités françaises à l’échelle mondiale, qui se retrouve dans la loi sur l’autonomie des universités, se concrétise par un affichage plus clair qui favorisera la création de grosses structures universitaires. Les trois universités nancéennes, en fusionnant en Nancy Université, et aujourd’hui en accueillant l’IUFM de Lorraine, montrent sans ambiguïté que nos amis et voisins nancéens ont pris toute la mesure des nouvelles orientations ministérielles qui conditionnent la survie d’une structure administrative à sa taille.

Comment, dans de ces conditions, ne pas s’inquiéter pour l’avenir de l’Université Paul Verlaine – Metz ?

L’attractivité des étudiants

L’impact sur les effectifs de l’Université Paul Verlaine – Metz est un autre facteur non négligeable. Lorsqu’on sait que plus d’un millier d’étudiants de l’Université Paul Verlaine – Metz est intéressé par les métiers de l’enseignement, et que dès l’hiver dernier émergeaient des témoignages de lycéens messins ou extra-messins inquiétés par l’universitarisation de l’IUFM, et s’interrogeant sur la pertinence d’effectuer leurs études sur le pôle universitaire non intégrant, on ne peut que s’alarmer sur les conséquences à long terme du rattachement de l’IUFM à Nancy.

Il serait erroné de penser que les mosellans vivront un bouleversement (autre qu’affectif et administratif) lors du basculement de l’IUFM à l’Université Henri Poincaré. Le rattachement de l’IUFM est un sujet extrêmement sensible par ses enjeux mais aussi par le contexte particulier de l’approche des élections municipales et cantonales. Aussi peut-on être convaincu que le plus grand soin a été apporté pour que la transition s'opère de la manière la plus sereine et la plus rassurante possible.

En revanche, mes craintes concernent le futur, lorsque l’encre ne coulera plus, lorsque la presse s’ennuiera du sujet, lorsque les blogs s’agiteront ailleurs, lorsque les élections se seront tenues, car alors, les inquiétudes pour la Moselle s'estomperont lentement et se perdront dans les brumes de l'oubli. Faute des regards attentifs qui veillent aujourd'hui du fait de l'actualité du sujet, mais qui finiront à la longue par se détourner, le réveil, à plus long terme, pourrait se révéler bien douloureux.

Ainsi donc, le préoccupant est bel et bien le long terme, et on reste sur une impression mitigée face à un dossier, au départ, fut initié par des négociations menées dans un flou relatif, par des collègues sur le départ (soit par leur âge, soit par leurs projets de carrière), sans implication de forces jeunes, et pire encore, des personnes dont l'investissement et les fonctions justifiaient la consultation.

Les déconcertants « bons » accords

Le moment est venu d’évoquer le point central, qui permet l’ajustement et l’équilibre des pouvoirs : la gouvernance.

Les « bons » accords évoqués par Monsieur Lioger envisagent l’équité du pouvoir par l’attribution automatique du titre de Président du conseil d’Ecole au Président de l’Université Paul Verlaine – Metz. Outre la totale illégalité de cet accord, puisque le Président du conseil d’Ecole doit être élu par le conseil d’Ecole (je croyais le mépris du droit au vote n’existant que dans les pays totalitaires !), j’avoue mon étonnement face au compromis censé favoriser l’équilibre des pouvoirs, en laissant croire que l’émoi suscité par le rattachement de l’IUFM à Nancy pourrait être apaisé par le haut privilège confié à la Moselle de se voir attribuer le rôle d’animateur de débats de l’Ecole.

Mais de qui se moque-t-on ?

Cessons la dissimulation !

La gouvernance de l’IUFM (entendez de l’Ecole) est sous la seule responsabilité du directeur, qui doit certes informer et demander l’avis de son conseil (entendez-là de ses membres, et non de son Président), mais qui dispose malgré tout d’une marge de manœuvre incontestable. On me répondra que le directeur de l’IUFM est élu, et donc éventuellement mosellan. Soyons lucides ! Je n’imagine pas un seul instant que dans le cadre de ces « bons » accords, nos voisins nancéens accepter la double représentation de Metz en les personnes du Président du conseil d’Ecole et du Directeur de l’Ecole. Le croire serait bien naïf ! Il est donc faussement généreux d'accorder aux Mosellans la Présidence de l'Ecole, lorsqu'on sait qu'ici comme ailleurs, "le Président préside, et le Directeur dirige ."

Dans les conditions actuelles, qui semblent pourtant satisfaire le Président de l’Université messine, aucune possibilité crédible de contrepouvoir n’a été cédée à la Moselle. Pire encore ! Toute dérive pourrait se trouver à l'avenir notoirement facilitée.

Les mots de la fin

Je ne reprocherai pas au Président Richard LIOGER l’échec de la candidature de l’Université Paul Verlaine - Metz.

Ce qui me semble en revanche intolérable, c’est que l’on puisse saborder son propre bateau sous le motif que la traversée s’annonçait difficile.

Ce qui me semble inadmissible, c’est cette politique du dissimulé et du dénigrement menée au détriment de l’intérêt commun.

Ce qui me semble le plus navrant, c’est encore la bassesse du niveau des négociations. Et si meilleur accord a été fait, pourquoi n’est-il pas révélé ? S’agit-il de maladresse, de dissimulation ? Devons-nous imaginer des négociations jouées au niveau de l’intérêt personnel seulement ?

Comment s’en sortir ?

1/ Appliquons la loi et laissons la désignation du Président du Conseil d’Ecole à la décision des scrutins.

2/ Maintenons le poste de directeur adjoint spécifique à la Moselle : il constitue un contrepoids plus crédible que celui du Président du conseil d’Ecole.

3/ Refusons tout accord risquant de compromettre l’élection d’un candidat mosellan à l’élection du directeur de l’IUFM de Lorraine. Est-il utile de rappeler que jamais la Lorraine Nord n’a été en mesure de présenter un candidat ?

4/ Activons-nous de façon urgente et répétée à l’affichage de la professionnalisation aux métiers de l’enseignement de l’Université Paul Verlaine-Metz. Mon mandat bipolaire IUFM/Université ne peut qu’apporter l’assurance du continuum de formation qui semble être l’une des préoccupations des lycéens mosellans intéressés par le professorat – continuum de formation qui de surcroît correspond à l’une des orientations préconisées par le Ministère.

5/ Soyons nombreux et constructifs lors de la journée de réflexion, organisée par l’IUFM de Lorraine durant le mois d’octobre.

Pour terminer ce billet sur une note positive, je déclare garder pourtant foi en une progression finalement favorable de la situation, qui devrait être rendue possible par l'engagement volontaire et le dynamisme du Recteur d'Académie, la loyauté et l'honnêteté du Directeur de l'IUFM de Lorraine, et la gestion toujours cohérente et mesurée du dossier par les Présidents des Universités nancéennes.

Jeudi, 6 septembre 2007

La bohème au pilori...

Les personnes qui fréquentent ce blog ont pu constater que la protection des minorités les plus exposées et la lutte contre les injustices, les discriminations et les violences de toutes sortes ont toujours été au centre de mes préoccupations. De fait, je n'ai jamais hésité à m'engager avec force à chaque fois que la vie m'a confrontée à ce type de situations, et j'ai la ferme intention de persister dans cette voie à l'avenir.

Parcourant hier le blog du socialiste Denis Peiffer, dont les billets maladroits et les analyses exotiques m'avaient beaucoup amusée par le passé, j'ai eu la surprise désagréable de découvrir un texte particulièrement odieux, où Denis Peiffer s'en prend avec une rare brutalité, à la communauté des gens du voyage. ( http://peifferdenis.over-blog.com/a...)



Conformément à la plupart des billets de Denis Peiffer, celui-ci débute comme une sorte de conte, racontant aux lecteurs une histoire simple et frappante, et termine en fournissant sur mesure la morale à tirer de ladite histoire, et en précisant pour son public les personnages principaux : le bon (alias Denis Peiffer) et les méchants (alias les familles tsiganes). Dans l'article qui nous occupe, on nous montre ainsi notre romantique conseiller municipal flânant au hasard des routes, tel Jean-Jacques Rousseau philosophant au bord des ruisseaux. Soudain, Denis Peiffer, l'oeil hagard et le teint cireux, tombe en arrêt devant un spectacle insupportable : à faible distance de son auguste personne, quelques enfants tsiganes jouent paisiblement, tandis que leurs mères étendent du linge au soleil.



On imagine combien cette épreuve a dû être traumatisante pour Denis Peiffer, défenseur de l'ordre et de la justice, car pour ceux qui l'ignorerait encore, "force est de constater que leur présence s'accompagne toujours de désagréments..." (sic). Comme d'habitude, l'auteur illustre ses lamentables prises de position de témoignages douteux censés démontrer que ses paroles expriment une opinion générale, et fait une démonstration de plus de sa propension aux dérives démagogiques les plus malsaines.

Car là, on ne sourit plus !



Denis Peiffer ignore-t-il que le taux de délinquance chez les gens du voyage s'apparente à celui des populations sédentaires ? Ne pourrait-il avoir un peu de compassion pour ces malheureux dont les sociologues ont récemment évalué l'espérance de vie à 45 ans en Italie, du fait des maladies qu'ils contractent, du manque de soins, ou plus simplement de la malnutrition ? Ignore-t-il qu'il faut se rendre à Marignane (ville qui s'est rendue tristement célèbre en consacrant aux municipales de 1995 un candidat du Front National) pour voir appliquer concrètement, à l'encontre des tsiganes, les mesures "fermes" qu'il appelle de ses voeux : expulsion brutale de familles avec leurs enfants en bas âge, destruction de leur habitat au bulldozer, élévation de monticules de terre pour rendre impossible l'accès à des espaces dont on souhaite les éloigner...Voila des pratiques qui doivent sonner de manière fort agréable aux oreilles de Denis Peiffer, qui condamne avec indignation l'esprit d'ouverture et de tolérance dont fait preuve Céleste Lett, celui-ci se refusant à "casser du tsigane" pour complaire, comme d'autres s'empresseraient de le faire, à un certain électorat.

A mon sens, il est bien dommage que l'anti-tsiganisme, qui est une forme flagrante de racisme, ne soit pas puni avec la même sévérité que ses pendants visant d'autres communautés (juive, maghrébine, noire-africaine...). Il n'est pas inutile de rappeler qu'un demi-million de gens du voyage ont été assassinés par les nazis, et il serait regrettable que cette communauté, après tout ce qu'elle a enduré, continue à être l'objet de ragots et de persécutions de la part de nos concitoyens, et, pire encore, de nos élus... surtout lorsqu'ils se prétendent de gauche!... "Au moins nous saurons où se trouvent les nomades et pourrons mieux les contrôler"... Ces propos méprisants et discriminatoires sont purement et simplement inadmissibles.



Puisqu'on en parle, les socialistes ne sont d'ailleurs pas les seuls représentants de la gauche à persécuter les gens du voyage, car sur ce chapitre, les "écologistes" savent également, à l'occasion, se distinguer avec virulence. On a ainsi pu apprendre qu'à Pont-Sainte-Maxence, les verts s'étaient violemment opposés à l'installation de quelques familles tsiganes dans un espace situé en rase campagne, au prétexte que cet endroit se situait "sur le lieu de passage de grands animaux" (cerfs, sangliers...) ! Autrement dit, il n'est en aucun cas choquant, aux yeux des écologistes, de faire passer les gens du voyage après les animaux...

Je terminerai ce billet en rappelant que Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l'égalité et au partenariat équitable du Parti Socialiste, affirme son attachement au principe de la tolérance zéro pour les propos à caractère raciste. Que Georges Frêche ait été suspendu de toutes fonctions au sein du Parti Socialiste pour ses propos sur le nombre de joueurs de couleur dans l'équipe de France de football me semble tout à l'honneur de la formation politique précitée. J'espère que cette sanction servira d'exemple, car je serai très attristée de voir fleurir sur les blogs une prose nauséabonde semblable à celle qui a motivé cette réponse.



Florence Soriano-Gafiuk

Mardi, 4 septembre 2007

Lett's go !

Domiciliée à Schweyen, je suis de ce fait très concernée par les municipales de mon village, dont j'aime la beauté de la nature qui l'entoure, et surtout la grande chaleur de ses habitants.

Mandatée déléguée à la Moselle, je suis très attentive aux municipales de Metz, capitale départementale pour laquelle je m'investis sans compter depuis plusieurs années.

Schweyen, Metz…mais pas seulement.

Aujourd’hui, mon attention porte sur les municipales de la commune située au carrefour de mes parcours personnel et professionnel, et que j’affectionne chaque jour davantage : Sarreguemines.

Je ne m’attarderai pas dans ce billet à commenter les étonnants propos de l’opposition sarregueminoise.

Je préfère en effet porter mon regard vers la personnalité qui, lorsque la vie m'a confrontée à une épreuve professionnelle difficile, a su m’écouter et m’apporter son soutien sans s’attacher à mesurer les risques politiques encourus (risques suffisamment importants pour intimider quelques autres personnages politiques). Grâce à elle, les nuages se dissipaient enfin !

Chacun l'aura compris, j'évoque dans les lignes précédentes Monsieur Céleste Lett, député-maire de Sarreguemines, auquel vont toute ma gratitude et mes remerciements.

Certains prétendront que ma reconnaissance est vide de sens dans la mesure où cette intervention procède de l'assistance qu'on est légitimement en droit d'attendre du député de sa circonscription. Je répondrai que peu de politiques s’attardent sans contrepartie à soutenir l’individu si le jeu a une probabilité non négligeable de leur être défavorable ou d’altérer leur réseau de relations. C’est certainement là une tendance qui discrédite les politiciens puisqu’elle conditionne les services rendus au citoyen suivant les intérêts à courts termes des lobbies politiques et les ambitions des personnalités au pouvoir (quelle que soit l’échelle du territoire).

Pour apprendre l'essentiel de cette affaire, aujourd’hui classée, vous trouverez en quelques lignes comment les choses se sont passées dans le commentaire laissé en réponse à la question de Milouch, président d'une association, engagé dans la lutte contre les discriminations.

Au sortir de ces pénibles évènements, mes activités professionnelles ont pu se poursuivre, et mon désir d’aider autrui s'en est trouvé grandi et renforcé…

Je souhaite chaleureusement à Monsieur Céleste Lett de se montrer aussi brillant candidat aux municipales qu’il a su l’être aux législatives, et de continuer à placer au service de chacun ses qualités professionnelles et humaines…

Mardi, 3 juillet 2007

Parents avant tout !

Comme chacun sait, un certain nombre d'études (menées indépendamment par des sociologues anglais et des pédiatres américains) ont démontré de manière incontestable que le fait d'être confié à un couple homosexuel n'induit pas de risques particuliers pour un enfant. Et puisque notre société accepte aujourd'hui la monoparentalité, on se demande bien par quelle aberration elle s’opposerait à l’homoparentalité sous prétexte que l’enfant ne pourrait pas construire son identité sexuelle (alors que la recherche établit le contraire).

L’essentiel est en fait de permettre à l’enfant de se développer dans un milieu en contact avec les deux sexes (oncles et tantes, ami(e)s, collègues, maîtres,…) et ainsi, de trouver des modèles dans l'entourage plus large. Pour le reste, les conditions de réussite du développement de l’enfant sont les mêmes que celles connues pour les couples hétérosexuels.



Le malaise qu'une personne peut ressentir à l'idée de "livrer un enfant" à des homosexuels est directement lié à son propre rapport à l'homosexualité, fait de peur, de dégoût, de réprobation, et à une tendance trop répandue à imaginer qu'un homosexuel est nécessairement un personnage déséquilibré, pervers, friand d'expériences graveleuses et de rencontres multiples. Pour les tenants de ces schémas caricaturaux, il est par exemple impensable de confier un petit garçon à un homme homosexuel, qui ne manquerait pas de s'en prendre à l'enfant compte tenu de ses penchants naturels.



Mais que dire, dans cette logique, de l'opération inverse consistant à confier une petite fille à un homme "normal" (entendez hétérosexuel) > qui, lui, donc, aime les femmes. Le fait d'aimer les femmes fait-il de cet hétérosexuel un être potentiellement dangereux pour toute petite fille passant à sa portée ?



Il ne faut pas se lasser de répéter qu'homosexualité et pédophilie n'ont aucun lien avéré, et que les tabous liés à l'homosexualité procèdent avant tout de réminiscences issues d'interdictions religieuses dépassées, dont nombre de nos contemporains ne parviennent pas à s'abstraire. La façon dont l'homosexualité a été perçue au cours de l'histoire a d'ailleurs beaucoup varié, passant d'une pratique naturelle et parfaitement admise dans l'antiquité - où elle pouvait même revêtir une importance particulière lors de rites de passage traditionnels - à une diabolisation menant ses adeptes à une mort atroce sous le troisième Reich.



Inutile de dire qui, des maîtres vénérés de la Grèce antique et des partisans de l'Ordre Noir, emporte ma pleine adhésion !

Il nous faut plaider avec vigueur pour une évolution des mentalités, et refuser l'intolérance et la discrimination lorsqu'elles ne reposent, au fond, que sur de vieilles peurs obscures dont il faudra bien, tôt ou tard, avoir le courage de se libérer une bonne fois.

Lundi, 25 juin 2007

Le coeur à gauche ?

J'ai eu maintes fois l'occasion, ces dernières années, de m'entretenir avec des personnes de tous âges et de tous milieux au sujet de leurs opinions politiques, et j'ai constaté avec une certaine surprise que nombre d'entre elles n'avouaient qu'avec réticence leur sensibilité de droite, précisant à plusieurs reprises qu'elles comptaient dans leurs relations de nombreux amis de gauche, ou cherchant à relativiser leur choix politique en s'abritant derrière des locutions standard telles que "le porte-monnaie à droite mais le coeur à gauche" et autres lieux communs...

Le coeur à gauche ?

Le fait est qu'une idée curieusement répandue semble effectivement faire de la gauche le lieu de toutes les béatitudes, le temple de la liberté, de la tolérance, de la compassion, de la probité, tandis que les individus affichant des opinions de droite, rigides et sévères, n'auraient pour credo qu'un ensemble de valeurs austères, dures et rétrogrades, mêlant le mépris des pauvres, la défiance face à l'étranger, une moralité douteuse, et une propension irrépressible à se tourner résolument vers des pratiques motivées par un souci exclusif de rentabilité, quitte à bafouer, à l'occasion, les principes moraux les plus élémentaires.

Quiconque fréquente ce blog aura compris que je ne partage nullement ce point de vue réducteur et totalement erroné !

Bien loin de s'appuyer sur une idéologie fermée et intolérante, la droite française s'applique au contraire à faire chaque jour la preuve de l'efficacité de ses méthodes, de sa volonté d'ouverture, de son désir de promouvoir les chances de chacun au sein d'une société pluraliste, et offre l'occasion à chaque individu d'apporter sa contribution personnelle au service du grand projet que représente la construction d'une collectivité juste, solidaire, où l'être humain et son bien-être seraient à nouveau au centre des préoccupations de tous.

Mais voyons de plus près sur quelles valeurs est bâtie cette gauche du coeur dont nous parlent avec tant de passion ses dignes représentants.

Et pour commencer, parlons un peu de la sincérité, de la franchise dont se targuent les gauchistes de tous poils (y compris Monsieur Peiffer, qui en est pourtant cruellement dépourvu...).

Comme chacun sait, l'homme de gauche méprise la gesticulation politicienne à laquelle se livrent les individus désireux de soigner leur image, et se présente au peuple tel qu'en lui-même, fier de son passé irréprochable, de ses idées généreuses et de ses mains toujours propres. Illustrons par exemple notre propos de quelques rappels biographiques relatifs à Laurent Fabius, dont l'impitoyable Denis Peiffer brossa naguère un si corrosif portrait.

Dès l'abord, l'engagement de Laurent Fabius semble passablement flou. Econduit par les RI et l'UDR, il choisit le PS par défaut, et se découvre un matin, lui, fils d'une riche famille d'antiquaires parisiens, normalien et énarque, investi de l'honorable mission de réduire les inégalités, de voler au secours des plus pauvres, incarnant l'espoir de tout un peuple de gauche séduit par sa jeunesse et son enthousiasme. Et quel bel exemple! ... Des idées, il en eut à foison, à commencer par l'introduction du Front National à l'Assemblée par la vertu du scrutin à la proportionnelle, ou par l'Impôt sur les Grandes Fortunes, initié alors qu'il était ministre du budget. A ceux qui, au passage, s'étonneraient que les oeuvres d'art aient pu se trouver curieusement écartées de l'assiette de recouvrement dudit impôt, nous rappellerons à toutes fins utiles que la famille Fabius doit justement sa confortable fortune au commerce des oeuvres d'art. Le hasard, dit-on, fait parfois bien les choses.

Ah! Laurent Fabius! Nous ne gloserons pas ici sur ses lourdes responsabilités dans l'affaire du Rainbow Warrior, ni dans celle du sang contaminé, mais nous ne pouvons nous empêcher de sourire au souvenir du populaire Laurent arrivant à Matignon en 2 CV Citroën, ou se rendant à la boulangerie de son quartier en pantoufles, pour faire pauvre ... On l'aura compris, je n'ai jamais pu me défaire d'un petit faible pour Laurent Fabius, tant son invraisemblable maladresse m'a mise en joie depuis des années. Puisqu'on en parle, le tableau pantoufles / 2 CV Citroën aurait d'ailleurs un petit goût d'inachevé sans l'hallucinatoire chapeau mitterrandien dont l'irrésistible Laurent crut bon de se coiffer lors de son pèlerinage à Jarnac en janvier 2006. L'idée était, j'imagine, de cultiver la ressemblance avec le tortueux François Mitterrand, qui affectionnait ce genre de couvre-chef. Comme l'eut sans doute souligné l'irrévérencieux Coluche, Laurent Fabius eut donc à choisir entre le talent de François Mitterrand et le chapeau de François Mitterrand... Un choix cornélien ! Pour la petite histoire, rappelons au passage que le trouble François Mitterrand ne s'avisa lui-même de sortir ainsi accoutré que pour se rapprocher vestimentairement (c'est toujours ça) du profil de Léon Blum...

Mais je m'égare, et Laurent Fabius n'est certes pas la seule référence morale du parti socialiste ! ... Evoquerons-nous encore Jack Lang, heureux détenteur de splendides propriétés au Touquet et dans le Lubéron, et se préoccupant pourtant, avec des sanglots dans la voix, du sort des "pauvres de plus en plus pauvres", aux abois tandis que prospèrent les "riches de plus en plus riches" ? Parlerons-nous des deux millions d'euros de patrimoine de l'ex-couple Royal/Hollande, dont la déclaration patrimoniale fantaisiste a fait pâmer de rire tous les experts immobiliers du pays ? Des mystérieuses rémunérations perçues par Dominique Strauss-Kahn de la part de la MNEF de 1994 à 1996 ? Du Président socialiste de la Région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, traduit devant la onzième chambre du tribunal correctionnel de Paris pour "prise illégale d'intérêts" ?

Mais laissons là les notions de franchise et de probité, et continuons plutôt notre tour d'horizon des vertus supposées de nos amis socialistes.

Après la franchise, donc, tâchons de voir comment les militants socialistes, exemples de solidarité et de fraternité, conjuguent activité politique et bonne camaraderie.

Face à une droite organisée, il est difficile de ne pas remarquer combien ladite gauche n'a su offrir, jour après jour, d'autre spectacle qu'une succession pathétique de coups bas mutuels, de phrases assassines, de querelles mesquines, provoquant pour finir l'échec de sa principale représentante à l'élection présidentielle.

Même si l'on évite la facilité en passant sous silence les ineffables facéties des Olivier Besancenot (je fais un gros effort pour ne pas parler longuement de ce petit monsieur), Marie-George Buffet, José Bové (pourfendeur des multinationales et des épis de maïs), Arlette Laguiller et autre Dominique Voynet, le spectacle offert par les leaders de la gauche modérée laisse songeur. De fait, à regarder s'agiter lesdits leaders, on a rapidement l'impression de visionner un mauvais remake de la série Dallas, à ceci près que tous les acteurs se seraient soudain changés en impitoyables J.R. ! ... Ainsi donc, voici le méchant Lionel (Jospin) qui méprise le jovial François (Hollande), affaiblit autant qu'il le peut sa position et son influence au sein du parti, et voit d'un très mauvais oeil l'investiture de l'ambitieuse Ségolène, tout cela parce qu'il ne supporte pas l'idée qu'on n'ait pas songé à le rappeler après ses (faux) adieux déchirants de 2002. De son côté, le pas si jovial François intrigue ouvertement pour ligoter Laurent Fabius dont la résurrection politique l'inquiète, et pour combattre Jack Lang qui a cru bon de dire publiquement tout le mal qu'il pensait de Ségolène Royal, inexpérimentée, maladroite et dangereusement incompétente. Certes, l'indiscipliné Jack a fait depuis machine arrière, mais les choses sont dites et le mal est fait.

Après la défaite de Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius se sont aussitôt illustrés par leur extrême virulence d'expression, le premier désignant sans ambages François Hollande comme responsable de la débâcle du PS, tandis que le second confiait qu'il "faut rendre à César ce qui est à César et à Ségolène ce qui est à Ségolène", à savoir la déconfiture du parti socialiste aux élections présidentielles, naturellement. Sur ces entrefaits, les deux leaders précités, jamais à court d'énergie, semblent soudain s'être avisés de l'opportunité de s'affronter sur l'épineuse question du traité constitutionnel de l'Union. Dallas, disais-je ? Voire !

Exit donc, les rêves de franche camaraderie, et voyons maintenant de quel capital miséricordieux disposent nos bouillants socialistes, toujours prêts à mettre en avant (de manière verbale uniquement) les principes d'entraide entre les peuples, de compassion et d'empathie. La douceur du coeur, la pitié pour les plus démunis, le refus absolu de toute mesure susceptible d'infliger des souffrances aux plus fragiles, voici les traits de caractère qu'on s'attend à trouver chez les représentants des socialistes, toujours prompts à donner des leçons d'humanisme à la cantonade.

Et là, tout à coup, on n'a plus envie de rire.

Quiconque suit de près la "politique africaine" de notre pays a pu admirer à loisir l'hypocrisie et la duplicité de nos dirigeants socialistes, qui n'ont eu de cesse, depuis des décennies, de faire et défaire des gouvernements "amis" au Cameroun, au Gabon, aux Comores, en Côte d'Ivoire, sans se préoccuper du sort de populations civiles affamées et martyrisées pourvu que les objectifs géopolitiques fixés soient atteints. Le plus ignoble épisode qui me vienne à l'esprit est celui du génocide rwandais, perpétré avec le total assentiment de l'état français et de son chef François Mitterrand qui, non content de soutenir militairement le régime du dictateur Habyarimana, se fera un devoir d'assurer la formation des milices rwandaises au plus fort des massacres, apportera un soutien sans faille, politique et financier, à ses commanditaires, et accueillera avec onction Jean Bosco Barayagwisa et Jérôme Bicamumpaka, principaux artisans de l'extermination des Tutsi. Le sommet de l'ignominie sera atteint lorsque François Mitterrand déclarera, après la fin des "combats", que "dans ces pays là, un génocide, ce n'est pas trop important. (sic)"

Que dire après ça? Evoquer encore, peut-être, le même François Mitterrand, qui donna à entendre au mouvement indépendantiste algérien que pour lui, "La seule négociation, c'est la guerre. (sic)"? Reprendre une à une ses déclarations brutales à la gloire du colonialisme français, ou l'évocation de son nom lors de l'assassinat du président du Burkina-Faso Thomas Sankara, coupable de s'être rebellé contre la tutelle invasive de l'oncle divin? Revenir encore sur l'affaire du Rainbow Warrior, coulé par le frère de Ségolène Royal sur ordre des services secrets français?

On en reste hébété.

Je ne sais pas à quoi ressemble votre monde de gauche, Messieurs les socialistes, mais ce dont je suis sûre, c'est qu'il ne doit pas sentir la rose...

Florence Soriano-Gafiuk

Mercredi, 13 juin 2007

Les socialistes au creux de la Vague...

Dans un petit billet rédigé voici quelques semaines, et qui, m'a-t-on dit, aurait notoirement indisposé nos amis socialistes, j'ai eu le plaisir de narrer par le détail les impressions contrastées qui m'assaillent invariablement lorsque je parcours la prose indigente de Denis Peiffer. Qu'on imagine la déception qui fut la mienne en constatant qu'en dépit de mes modestes conseils, l'auteur précité s'entêtait à produire, avec une régularité de métronome, des textes marécageux où les ragots les plus navrants le disputent aux lieux communs les plus éculés. Hélas pour ses lecteurs, Denis Peiffer n'a jusqu'ici pas jugé bon (peut-être d'ailleurs serait-il bien en peine de le faire) d'élever un tantinet le niveau de ses déprimantes interventions.



Nonobstant la faiblesse de la partie adverse, je suis femme de dialogue, et j'avoue que la perspective de ferrailler un peu avec Denis Peiffer et ses amis m'emplissait d'une joie anticipative. Aussi ai-je perçu avec une certaine amertume le profond silence observé par ces derniers, aussi bien sur mon blog que sur les leurs.



Mais au fond, pourquoi ce mutisme ? Comme chacun sait, les échanges d'idées entre interlocuteurs de bonne foi sont toujours d'un extrême intérêt, et j'ai à d'innombrables reprises participé à des discussions passionnées et des débats contradictoires, quelquefois courtois, quelquefois houleux, mais qui en définitive se sont toujours révélés constructifs et féconds, tant est saine la confrontation d'idées et de principes défendus par des personnes honnêtes et prêtes à jouer le jeu du vrai dialogue.



Dans cette perspective, et puisque les socialistes me refusaient l'honneur de leur plume, je me suis fendue de quelques lignes déposées sur leurs propres blogs, initiative généreuse qui n'a pas eu l'effet escompté puisque leurs destinataires se sont empressés de censurer mes courriers. Pour être juste, je dois signaler que Monsieur Gilbert Maurer ne s'est pas abaissé à ces méthodes indignes, et je tiens à l'en remercier ici. Peut-être Messieurs Folmar et Peiffer s'inspireront-ils un jour de sa personne pour élever les leurs.



Je vous mets donc au défi, Messieurs, d'oser enfin permettre à vos contradicteurs de s'exprimer sur vos blogs, ne serait-ce que pour me permettre, par exemple, de répondre à Monsieur Bolitt ce que je pense de ses aperçus de voyant extralucide ("la vague bleue s'essoufflera vite !"). C'est un peu court, Monsieur Bolitt ! ... Il faut raisonner, argumenter, analyser. Sous la forme précitée, votre phrase fait très "Elisabeth Tessier", ce qui, croyez le, n'est pas un compliment.



Pour finir, j'aimerais dire à ces hommes qui se disent socialistes, à ces socialistes qui ne sont pas des hommes, que leur dérobade ne leur fait pas honneur, et que je serais fort déçue s'ils opposaient à cette missive une fin de non recevoir.



Allons Messieurs, à vos plumes ! ...



Florence Soriano-Gafiuk

Lundi, 11 juin 2007

En 2007, la Nouvelle Vague est bleue !

Comme on pouvait s'y attendre, les résultats des élections législatives se révèlent extrêmement favorables aux candidats présentés par l'UMP, et déjà fleurissent, sur les blogs de gauche, des lignes angoissées prédisant à court terme la fin de la démocratie, et annonçant l'avènement d'une force de droite régnant sans partage, et imposant partout ses hommes et ses valeurs sans que quiconque ne puisse contester sa suprématie.



Qu'en est-il en réalité ?

La première des choses que nous aimerions faire remarquer est que les militants de gauche, et en particulier les socialistes, auraient avantage à s'interroger de toute urgence sur les raisons de leur déroute, plutôt que d'accabler de critiques souvent injustes une formation politique active et dynamique qui a su mobiliser et convaincre, là où leur propre attitude n'a su générer que doutes et découragement. Une gestion peu satisfaisante des affaires dont leurs élus avaient la charge, des projets politiques aux contours peu clairs et mal expliqués, des désaccords profonds entre leurs leaders, et pour finir une campagne électorale très maladroitement menée sont autant de raisons qui expliquent l'échec des socialistes, et ces derniers seraient bien mal venus de reprocher à leurs rivaux une situation dont ils portent l'entière responsabilité.



En second lieu, pourquoi faudrait-il redouter les suites de bons résultats aux législatives pour une formation qui vient de gagner les élections présidentielles ? A vrai dire, il est assez plaisant de nous voir avertis des dangers consécutifs à la concentration des pouvoirs par ces mêmes socialistes qui, en 1981 et 1988, avaient accueillis les vagues roses avec des cris de joie ! ... Enchanté de la tournure des évènements, François Mitterrand aurait à l'époque annoncé aux membres de son entourage qu'ils "ne verraient pas deux fois dans leur vie" une telle majorité de gauche au Palais Bourbon. Il paraît donc difficile de comprendre suivant quelle logique les socialistes peuvent aujourd'hui dénoncer avec une telle vigueur une situation dont ils se sont si bien accommodés lorsqu'elle leur était favorable.



Une victoire aux législatives, donc, assure au gouvernement les conditions indispensables requises pour mener à bien et sans entraves tous les projets, pour relever tous les défis qu'il s'était fixés avant son accession au pouvoir, en plaçant à des postes clefs un nombre suffisant d'hommes et de femmes tous animés du même idéal de progression et de changement qui a conduit à la victoire. A l'inverse, une situation de cohabitation, mettant par exemple aux prises un président de droite et un gouvernement de gauche, préserve de fait un certain équilibre, mais condamne surtout les hommes et les femmes en charge de l'avenir du pays à une relative impuissance, chacun des groupes en place mobilisant toute son énergie pour contrecarrer les initiatives de l'autre. Un président et un gouvernement unis, une assemblée majoritairement favorable aux projets annoncés, sont au contraire garants de la cohésion des décisions prises ensemble et d'une portée accrue des mesures mises en oeuvre.



Et pour ceux que les succès de l'UMP inquièteraient encore, je voudrais rappeler les efforts d'ouverture exemplaires consentis par l'équipe gouvernementale afin que ses victoires soient celles de chaque français. L'intégration du socialiste Bernard Kouchner au sein du gouvernement au poste envié de ministre des affaires étrangères, le signe fort envoyé à destination des minorités par le biais de l'accession de Rachida Dati au statut prestigieux de ministre de la justice, sont autant de messages clairs destinés à faire comprendre que chacun a sa place dans la France de demain, et que toute bonne volonté sera chaleureusement accueillie par un groupe désireux de faire la part belle à l'élargissement des liens et à la synergie des compétences. Rappelant le "devoir d'ouverture", le "devoir de diversité" affichés par l'UMP, Jean-Pierre Raffarin a précisé hier soir qu'une "représentation aussi forte nous impose des devoirs et notamment de s'ouvrir non seulement aux différentes familles politiques pour soutenir le projet de Nicolas Sarkozy, mais sociologiquement aussi à toutes les couches de la société". On ne saurait être plus clair, et c'est avec beaucoup d'enthousiasme que je me propose de participer à la mise en oeuvre concrète de cet ambitieux programme.



Pour terminer cet article, j'aimerais adresser mes plus sincères félicitations à Céleste Lett, député de la Moselle, qui vient d'être très brillamment réélu à 61,4% des voix au premier tour des élections législatives. Ce plébiscite massif montre combien l'électorat se déclare satisfait du travail qu'il accomplit depuis des années, et n'a pas manqué de se mobiliser pour assurer ce nouveau et large succès de Monsieur Lett.



Bravo à lui, et bon travail à nous tous!



Florence Soriano-Gafiuk

Mardi, 29 mai 2007

Denis Peiffer invente la peopolitique...

Les hasards du surfing, comme disent les plus jeunes d'entre nous, m'ont conduite sur le blog de Monsieur Denis Peiffer, conseiller municipal (socialiste) à Sarreguemines.

Le moins que je puisse dire est que le contenu de ce blog m'a considérablement surprise.

Curieuse de prendre connaissance d'analyses politiques issues de réflexions menées par une personne affiliée à un parti différent du mien, je me réjouissais en effet de trouver là une occasion de comprendre les points de vue et les motivations qui sous-tendent des projets et initiatives dont la logique m'échappe quelquefois.

Déception : la majeure partie des textes rendus publics sur ce blog se proposent exclusivement d'éreinter non seulement des personnalités choisies parmi les adversaires politiques de leur auteur, mais aussi, curieusement, un certain nombre d'élus socialistes de tout premier plan !

Plus étrange encore est la manière dont Denis Peiffer s'y prend pour rédiger ses étonnants billets.

En gros, de quoi s'agit-il ?

C'est en vain qu'on chercherait, dans les articles de Denis Peiffer, des informations pertinentes, des avis originaux, ou des analyses de quelque profondeur relatives à la politique de notre pays, ou même de notre région. Au contraire, l'essentiel de ses interventions se résument à des critiques superficielles et totalement déplacées sur les faits et gestes, voire les apparences physiques de nos personnalités politiques ! Plus ridicule encore, les arguments présentés ne sont jamais étayés de la plus petite justification vérifiable, de la moindre référence sérieuse, mais reposent intégralement sur les compte-rendus brumeux d'échos entendus dans la rue : tel jeune homme a déclaré ceci, telle vieille dame a prétendu cela..., et voila Denis Peiffer soudain investi (selon lui) du devoir de colporter avec ardeur les plus grotesques ragots, si tant est, d'ailleurs, que lesdits ragots n'aient été purement et simplement inventés pour l'occasion...

Donnons quelques exemples glanés ça et là dans l'abondante littérature de notre prolifique conseiller municipal.

L'article consacré à Céleste Lett, Député de la Moselle, est symptomatique de la méthode Peiffer.

Céleste Lett va-t-il subir des attaques subtiles sur sa gestion des affaires ? Va-t-on lui reprocher sa connivence avec quelque personnalité contestée, ou la nature de ses choix politiques présents ou passés ? Que nenni, car Denis Peiffer n'est pas homme à se laisser distraire par de tels détails !... Les postures physiques de Céleste Lett, l'examen approfondi de ses photographies et, un jour peut-être, sa coupe de cheveux et la marque de ses chaussures, sont autant d'éléments capitaux suceptibles de justifier des interventions détaillées de la part de Denis Peiffer sur son blog.

Et naturellement, tout cela repose, comme à l'accoutumé, sur un argumentaire profond et très documenté : "un septuagénaire commente, un citoyen lâche, une sarregueminoise constate"... et à sa manière inimitable, Denis Peiffer termine son discours par un jugement à l'emporte-pièce, fustigeant "un que je vois tout le temps chez moi à lever le verre et à serrer les mains, c'est souvent le signe qu'il ne fiche pas grand chose". A l'évidence, la politique sort grandie de ce genre de considérations élevées...

Quelquefois également, Denis Peiffer semble embarrassé au moment de rédiger ses venimeux billets. Que reprocher, en effet, à une personne au sujet de laquelle il ne dispose pas d'informations suffisantes ? Ce fut le cas, par exemple, de Danièle Douet, candidate présentée aux élections législatives par le Mouvement Démocrate, et que l'infatigable conseiller municipal s'avisa un matin de mettre à son tableau de chasse.

Comme on pouvait s'y attendre, l'attaque fut basée cette fois, et cela avec l'élégance coutumière, sur le fait que Danièle Douet n'a pas l'honneur d'être connue de Monsieur Peiffer et de ses informateurs. Aussi, à celle qu'il qualifie acidement de "célèbre Danièle Douet", fut-il reproché de porter "un nom qui n'évoque rien pour personne". Dans le domaine du débat politique, on reste à l'évidence, cette fois encore, dans le très haut de gamme !...

Et pour ne pas laisser croire que les cibles de Denis Peiffer ne sont repérées qu'en dehors de sa famille politique, je voudrais revenir un instant sur l'invraisemblable pamphlet anti-Fabius qu'il a jugé bon de publier avant les dernières élections présidentielles. Une fois de plus, Monsieur Peiffer a fait la démonstration de son sens de la mesure et de son élégance subtile, qualifiant Laurent Fabius "d'épouvantail" qui a "longtemps servi la soupe au capitalisme"... tout cela étant agrémenté des sempiternels "...peut-on entendre dans la rue", "...confie un militant", qui semblent donner à Denis Peiffer l'illusion d'être le porte-parole privilégié du Peuple.

Mais au fait, qui est-il, ce Monsieur Peiffer aux yeux duquel si peu de gens trouvent grâce ? Et quelle peut être l'origine de l'inépuisable énergie et de l'extraordinaire mauvais goût avec lesquels il s'acharne sur ses pairs ? Pas assez connu, pas assez présent, trop jeune ou trop vieux... nul n'est à l'abri des attaques intempestives dont il agrémente son blog délétère, et je me suis prise un instant à me demander à quoi ressemblerait un article sur Denis Peiffer écrit par ce même Denis Peiffer... Le bouillant polémiste eut-il glosé sur les goûts vestimentaires passés de sa cible, sur son tour de taille présent ou sur son recours futur aux compléments capillaires ? C'est en tout cas ce que laisse penser la teneur des remarques exotiques relatives aux photos de Céleste Lett : "Il n'est pas un jeune premier. Son visage est plus marqué aujourd'hui. C'est un peu ridicule de vouloir faire paraître plus jeune"... Quel niveau !... Quant à moi, je vais de ce pas prendre rendez-vous avec une coiffeuse et une esthéticienne, honorables corps de métier qui semblent constituer les meilleurs remparts contre les attaques impitoyables de Denis Peiffer.

Si Monsieur Peiffer nous fait l'honneur de lire notre prose, nous aimerions profiter de l'occasion pour lui rappeler le sens du mot logorrhée : "Flux de paroles inutiles, propension morbide à parler sans fin. Diarrhée verbale."

A méditer...

Florence Soriano-Gafiuk, Citoyenne bitcherlandaise

Mercredi, 23 mai 2007

Lorsque les directives de partis cèdent le pas aux convictions personnelles...

A l'approche des élections législatives, la décision de certains députés UDF d'opérer un rapprochement avec la majorité présidentielle a fait l'objet de critiques acerbes au sein de la gauche, mais aussi d'une partie de la droite.



Opportunisme indigne, compromission déshonorante, tels ont été les qualificatifs appliqués à ces députés accusés d'être davantage attachés à leurs sièges qu'à leurs convictions.



Qu'en est-il en réalité?



Tout d'abord, il faut rappeler que la recherche d'accords, d'alliances, de soutiens fait partie intégrante de l'activité politique. Que d'aucun s'avise de donner le spectacle d'acoquinages curieux avec tel ou tel groupe extrémiste serait certes regrettable. En revanche, un rapprochement de principe entre formations politiques de sensibilités voisines conclu dans l'idée d'empêcher le triomphe d'adversaires communs me semble tout à fait naturel, et même parfaitement justifié.



En second lieu, les gestes d'ouverture de Nicolas Sarkozy montrent clairement que quiconque souhaitant jouer un rôle constructif aux côtés de la majorité présidentielle est le bienvenu. Ainsi, le socialiste Bernard Kouchner s'est vu confier le très convoité ministère des Affaires étrangères et européennes. L'installation de Rachida Dati au poste prestigieux de ministre de la justice en dit également long sur la sincérité des intentions d'ouverture de Nicolas Sarkozy, en particulier lorsqu'on pense aux rôles misérables de faire-valoir réservés depuis toujours aux représentants des minorités ethniques par le parti socialiste, exhibant à l'occasion des beurs de service (Razzye Hammadi, Karim Rhaouti...), mais évitant soigneusement de leur donner le moindre pouvoir, et préférant même présenter aux élections des candidats parachutés plutôt que de faire confiance à des personnalités locales d'origine étrangère, dont la longue implication sur le terrain auraient pu apporter de réelles chances de succès.



Dans ce contexte de large ouverture, comment pourrait-on reprocher à un élu UDF de souhaiter prendre part à la belle histoire qui est en train de s'écrire? Hervé Morin, président du groupe UDF à l'assemblée nationale, est ainsi bien mieux placé au ministère de la défense pour jouer un rôle actif et défendre ses valeurs dans le paysage politique de son pays, qu'il ne le serait s'il avait choisi le confinement dans un groupe faible, isolé, refusant tout dialogue et toute participation à la politique en marche. Dans cette logique, la position des députés UDF ayant choisi la voie du dialogue et de la concertation avec la majorité présidentielle me semble intelligente, et parfaitement légitime.



Pour finir, il m'est agréable de rapporter ici la réponse faite par Winston Churchill, premier ministre britannique pendant la seconde guerre mondiale, à ceux qui lui reprochaient les multiples changements de partis qui avaient émaillé sa carrière. A ses détracteurs, Churchill répondait en substance qu'il est plus honorable de changer de parti pour suivre ses idées, que de changer d'idées pour suivre un parti.



Je ne peux qu'adhérer à ce principe d'honnêteté et de cohérence personnelles, et constater avec satisfaction que plusieurs ont le courage de le mettre en pratique.

Mercredi, 16 mai 2007

La démocratie encore une fois agressée !

Les machines à voter ont fait l'objet de vives polémiques durant ces élections présidentielles, les objections les plus couramment formulées étant à la fois d'ordres civique et technologique.

Si les avis ont été si virulents, c’est parce que l’acte de vote est un droit pour lequel nos aïeuls se sont battus durant des siècles, afin que tous les citoyens puissent participer à la vie politique de la cité.

Si ce droit disparaissait, c’est la rue qui déciderait et la violence qui deviendrait maîtresse.

En banlieue comme ailleurs, l'élection de Nicolas Sarkozy a fait l'objet de commentaires très variés, y compris parmi les jeunes. Certains, se montrant très inquiets des projets de Ségolène Royal de parquer les jeunes délinquants dans des centres placés sous la surveillance de l'armée, déclaraient préférer "le karcher de Sarkozy au lance-flammes de Ségolène". D'autres, avertis des origines juives du président, se répandaient en vociférations furieuses teintées d'antisémitisme. Divergences d'opinions donc, mais qui, là plus qu'ailleurs, ont donné lieu à des débordements regrettables.

Le message à porter aux jeunes auteurs de ces désordres est que la violence n'est en aucun cas un mode d'expression valable. La grande leçon qu'ils doivent apprendre est qu'on ne s'affirme pas en niant le système, mais en prenant au contraire sa place dans ce système, et en le faisant évoluer dans un sens jugé favorable au vu de ses propres convictions. La première attitude, stérile, mène à la marginalisation et au désespoir. La seconde, créatrice, doit permettre à tous les membres d'une société d'apporter leur pierre à la construction de l'édifice commun que doit être cette société.

Dans la pratique, quelle devrait être la démarche des jeunes qui, pour l'heure, se montrent rétifs à l'état de droit? S'il faut affirmer sa différence, il convient de le faire non dans la brutalité aveugle, mais dans l'expression énergique d'idées nouvelles, de pistes originales, d'initiatives pour faire évoluer les situations.

La première des priorités pour un jeune doit être de saisir l'opportunité qui lui est offerte en France de tirer parti de l'enseignement obligatoire dispensé (gratuitement) dans les établissements scolaires de la République. Dans tant de pays, la pauvreté condamne à l'ignorance, et le sort d'une personne est scellé dès sa naissance. En France, d'innombrables exemples de réussites personnelles admirables montrent que des origines modestes ne sont nullement un handicap insurmontable, et que le succès est à la portée de toute personne désireuse de faire quelque effort pour s'en sortir.

Des initiatives heureuses (zones franches établies en banlieue, accès réservés à Sciences Po pour des jeunes issus de quartiers défavorisés) ont vu le jour. Il faut se jeter sur ces initiatives, en tirer avantage, et les faire vivre avec passion et enthousiasme. Il faut à tout prix montrer le bien fondé de ces efforts d'ouverture en les transformant en succès, et non apporter du crédit aux contempteurs des banlieues en confirmant leurs jugements par des comportements conformes à leurs descriptions.

De nouvelles tentatives très prometteuses s'annoncent en faveur des jeunes des banlieues, dont la discrimination positive qui a été largement commentée pendant la campagne présidentielle. Là encore, il y a une chance à saisir. Qu'importent les idées préconçues sur tel ou tel candidat ou la sensibilité politique du groupe qui émet une proposition. Il faut essayer !

Les jeunes désireux de bien faire doivent donc d'une part consentir des efforts personnels réels, et d'autre part accepter la main tendue par une société qui ne demandent qu'à les remettre en selle, au grand bénéfice de tous.

Tels sont, à mon sens, les principes d'une posture juste et forte susceptible, à terme, de juguler les difficultés.

Quant au témoignage de cette charmante lycéenne :

Nous, on n'a pas pu voter, alors faut bien qu'on se fasse entendre

répondons lui que les individus se droitisent au fil du temps, et que le dialogue doit donc être tenu non dans les rues, mais dans les familles, avec les parents, grands-parents ou oncles et tantes, qui sont aussi inquiets qu’elle de l’avenir de la jeunesse dans une société qui se paupérise au fil du temps. Elle pourra ainsi développer sa réflexion politique et poursuivre sa propre construction, pour, à sa majorité, voter avec plus de hauteur : l’expression par la violence discrédite et est totalement stérile. Elle montre en outre qu’une partie de la jeunesse n’a pas compris toute la signification du mot « vote ».

Dans tous les cas, cette jeune-fille se trompe de cible : si ses propos sont une revendication pour le droit de vote des lycéens, le nom du nouveau Président de la République ne doit pas être prononcé, mais si en revanche, ses agissements intempestifs sont, comme je le pense, une contestation du résultat des suffrages, ils n’ont aucune légitimité…

Donc appelons au calme et à la raison !

Mercredi, 2 mai 2007

Présidentielle : le doute

Le vécu a toujours façonné la personne.

Nulle surprise donc si les tendances d'un électeur dépendent en grande partie de la matrice socio-culturelle dans laquelle il a grandi.

En tant que fonctionnaire, une tradition séculaire m'enjoint de voter à gauche.

En tant que femme, ma sympathie devrait de même être tout naturellement acquise à Ségolène Royal, dont l'élection à la Présidente de la République serait une chance historique en faveur du statut de la femme... si tant est qu'elle soit à la hauteur des espérances des français ! Toute femme que je suis, j'avoue ne pas avoir gardé un souvenir impérissable des prestations de Margaret Thatcher, Edith Cresson et autres Marie-France Garreau dans le paysage politique des années 80.

En tant que directrice adjointe de l’IUFM, inquiète pour l’avenir de l’Education en général, et des IUFM en particulier (Nicolas Sarkozy prévoit de remplacer les IUFM par des écoles professionnelles, alors que la loi qui prévoit l’universitarisation des IUFM (incompatible avec la proposition du candidat UMP) doit entrer en vigueur pour avril 2008), mon intérêt irait vers la candidate socialiste.

En tant qu’humaniste, je me sens profondément peinée face aux situations dramatiques (précarité, paupérisation,…) que certains de nos concitoyens vivent parfois même en travaillant. Mon cœur bat clairement à gauche, bien que...

A bien y réfléchir, ce n'est pas avec de bons sentiments qu'on résout les problèmes, mais en faisant preuve d'initiative et de méthode. J'ai par exemple apprécié à sa juste valeur la proposition de Nicolas Sarkosy de juguler le chômage ravageur qui sévit dans les populations d'origines étrangères en imposant la "discrimination positive", qui doit représenter un coup de pouce inédit pour les jeunes issus de l'immigration, une tentative de les intégrer au monde du travail plutôt que de laisser nombre d'entre eux se tourner vers le communitarisme et la délinquance à force d'échecs et d'exclusion. Cette tentative est riche d'espoir, innovante et audacieuse, et propose une alternative bien préférable aux traitements superficiels si souvent servis par la gauche, consistant à calmer les gens à coup de RMI, à occuper les jeunes en leur faisant enregistrer des disques de RAP dans les MJC... Tout cela est sans doute sympathique, mais aussi globalement inefficace, et revient à mon sens à se moquer des jeunes qu'on prétend aider.

En tant que fille de chef d’une toute petite entreprise, ma culture est naturellement de droite.

En tant que fille d’un père qui, sous le poids de taxes lourdes et de charges surélevées, a toujours travaillé comme un forçat sans jamais avoir pu profiter de la vie, mes convictions se tourneraient vers le candidat UMP : le travail, le risque, l’effort et l’initiative doivent être récompensés.

En tant que fille d’une mère qui, suite au récent décès de mon père, a pu conserver sa maison grâce à l’héritage de ma grand-mère, également décédée en 2006, je m’insurge contre les taxes de succession que les socialistes veulent pourtant renforcer. S’il est essentiel d’aider la jeunesse - notre capital avenir - à trouver sa place dans la société, il est aussi immoral que scandaleux de mettre en difficultés financières, voire parfois de jeter à la rue, nos parents ou grands-parents que nous chérissons tant.

En tant que contribuable (disposée à payer plus) dont certaines connaissances (amicales et même familiales) se vantent ouvertement de profiter du système social pour éviter à tout prix de travailler, je ressens un malaise croissant.

Si je défends l’intérêt commun au même niveau que l’intérêt individuel relevant de situations de détresse de ceux qui veulent mais n’y arrivent pourtant pas, je ne souhaite pas que l’assistanat soit encouragé.

Si l’appel à la solidarité doit être lancé ou relancé plus fortement, l’attribution des aides sociales doit être repensée…dans l’intérêt des SDF, des travailleurs pauvres, des foyers monoparentaux, des chômeurs de longue durée, et de tous les exclus de la société qui veulent se battre pour s’en sortir et que nous nous devons d’aider.

Le doute subsiste mais... pour finir sur une note optimiste, Aristote ne disait-il pas que le doute est le commencement de la sagesse ?

Vendredi, 20 avril 2007

Vote utile : une aberration

Les élections présidentielles de 2002 ont tellement marqué les esprits que le choix du "vote utile" s'est imposé, pour nombre de nos compatriotes, comme l'assurance unique contre les mauvaises surprises du premier tour.

Je crois fermement que les français doivent voter pour le candidat qu’ils souhaitent avoir comme Président de la République : la stratégie du « vote utile » est une totale aberration qui vide le premier tour de tout son sens, alors qu’au contraire, il devrait correspondre à un temps fort de la vie citoyenne, durant lequel chaque français exprime en conscience son adhésion au programme et à la personne qui lui semblent les plus en adéquation avec ses convictions profondes. Remplacer ce grand moment par un vote artificiel pour un candidat convenu pour lequel on n'a d'autre affinité qu'une approbation par défaut, c'est se bâillonner soi-même, se priver de liberté, et faire le jeu des lobbies industriels qui courtisent (et que courtisent) les candidats adoubés.

Et s'il s'avère qu'un candidat extrémiste soit crédité d'un nombre de voix préoccupant, c'est qu’une réalité s'exprime, sur laquelle il est bon, par le biais du scrutin, de diriger les projecteurs.

Il serait déjà bien choquant qu'une manœuvre d'état tente de masquer les choses, mais si finalement, ce sont les électeurs eux-mêmes, en bons petits moutons, qui se censurent et se musèlent de leur propre chef, alors la démocratie est bien fragile...

Vendredi, 13 avril 2007

Pression, stress et suicide au travail

Alerte à un « nouveau » phénomène

C’est avant même l’heureux dénouement de ma difficile situation professionnelle, que mon envie d’engagement pour la défense du développement humain du chercheur et en particulier, pour la lutte contre le harcèlement et les discriminations (raciale, sexiste, ethnique ou autres) dans les laboratoires de recherche est née. Et c’est à l’aube de premières démarches pour la concrétisation de ce projet que je souhaite alerter au « nouveau » phénomène pointé par le récent suicide d’un technicien de 44 ans, sur l’un des sites de l’entreprise Renault.

Ce drame a en effet permis de repérer un nombre alarmant de suicides liés au travail.

Lorsqu’en six mois une entreprise enregistre quatre suicides, le débat s’ouvre.

Selon une étude du Conseil économique et social, au moins une personne par jour se donnerait la mort à cause du stress au travail.

Les principales causes du suicide au travail

La souffrance sur le lieu du travail est souvent l’effet de plusieurs causes :

- le lien entre le travail et la construction d’une identité sociale,

- la peur du chômage et de la précarité, à l’heure où le taux de paupérisation de la population française est de plus en plus élevé,

- l’éclatement (de plus en plus fréquent) des familles qui ne permet plus à ces dernières d’être un rempart suffisant pour éviter la dépression. Et comme la réciproque s’avère vraie - les conditions de vie dégradées ou humiliantes sur le lieu du travail nuisent à l’épanouissement sur les plans personnel et familial -, la personne en souffrance rentre rapidement dans un cercle vicieux qui peut entraîner inéluctablement vers le suicide.

- la mondialisation qui fait peu de cas de la valeur humaine (anonymat, absence de dialogue, stress, concurrence entre les salariés, mise au placard, licenciement, harcèlement moral voire sexuel,…) au rythme des restructurations de société, des reprises successives, et de choix stratégiques qui ne s'accompagnent d'aucune explication.

Quelques alternatives

Maintenant que les tabous ont été levés, il est urgent de mettre en place quelques dispositifs préventifs :

- l’augmentation du nombre de consultations obligatoires auprès du médecin du travail

- la programmation de reconversions professionnelles : la formation tout au long de la vie doit être favorisée

- la création de cellules indépendantes d’écoute et de compréhension au sein des grandes entreprises ou de groupements de PME, rassemblant des médecins du travail, des psychologues spécialisés, des assistantes sociales et des représentants des services des ressources humaines

- la révision du code de travail :

1/ En cas de cession de société, la responsabilité du vendeur doit être engagée pour une durée déterminée. Des conditions de travail décentes pour le personnel doivent être maintenues.

2/ Le travail effectué doit être valorisé, et l’employé respecté.

3/ Un plan social (qui traite notamment des situations des smicards et des cadres de plus de 50 ans) doit être mis en œuvre.

4/ La lutte contre toutes formes de harcèlement doit mieux s'organiser : les syndicats ne sont plus suffisamment puissants. Des associations travaillant en réseau avec des avocats, des médiateurs et des élus politiques doivent être créés. La législation sur le harcèlement doit être revue : certaines situations n’ont pas encore été prévues.

5/ Les missions des comités d'entreprise (CE) et des comités d'hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT ) doivent être renforcées.

De telles mesures permettront d’engager une lutte contre les situations professionnelles de grande détresse, et devraient en particulier pouvoir faire régresser de nombreuses dérives (dépression, alcoolisme, drogue, tentative de suicide ou suicide avérée, violence,…).

- page 3 de 4 -