Lors de la première Conférence des Nations Unies sur l’Ecologie et le Développement qui s’est tenue en 1992, à Rio de Janeiro, un cri d’alarme a été lancé : « Nous ne pouvons continuer avec les politiques actuelles qui perpétuent l’écart économique dans les pays et entre eux, qui augmentent la pauvreté, la faim, la maladie et l’analphabétisme dans le monde et qui causent la détérioration continue des écosystèmes dont nous dépendons pour survivre sur terre. ».

Ces constats sont d’autant plus alarmants que la démographie mondiale connaît ces dernières années un essor effroyable, puisque la population mondiale relativement stable jusqu’en 1700, est passée en trois siècles de 600 millions à 6,5 milliards d’habitants (avec une augmentation du simple au double durant les trente dernières années). Les premières alertes sont données en 1972. Selon les chiffres du guide « De l’école au campus, agir ensemble pour le développement durable », nous enregistrerions que :

- un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un poisson sur trois seraient menacés,

- la fortune des 225 personnes les plus riches du globe correspondraient aux revenus des 2,5 milliards d’habitants des pays les plus pauvres.

Les principales préoccupations de la Conférence des Nations Unies qui vient de se réunir à Nairobi au Kenya sont donc :

- le développement humain (encore appelé le bien-être)

- la préservation des ressources naturelles

- la perte de la diversité biologique

- le changement climatique, qui est considéré comme la première menace à la paix et à la sécurité, tant les effets du réchauffement de la Terre (estimé de deux degrés au moins d’ici la fin du siècle) engendrera des effets socioéconomiques dévastateurs.

L’Afrique sera le continent le plus touché par les changements climatiques : le climat deviendra de plus en plus variable, les catastrophes météorologiques de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves (décrues des précipitations, ouragans, etc.). Une partie de la population n’accèdera plus à l’eau, tandis que les peuples des zones côtières devront immigrer du fait de la montée des eaux. Quant à l’agriculture, elle sera davantage fragilisée, si bien que la sécurité alimentaire (qui compte la production, mais aussi la distribution alimentaire) sera rompue.

L’instabilité de la géopolitique se répercutera à la planète entière.

C’est ainsi que les Nations Unies sont arrivées à la conclusion que les émissions de gaz à effet de serre devaient être divisées par deux.

A ces prévisions et constants alarmants, s’opposent des réalités politiques fortes (rappelées par Philippe Frémaux, rédacteur en chef de la revue « Alternatives économiques », lors de sa conférence à Cerizay du 22 novembre 2006). La première est temporelle : les élus ont des mandats courts alors que les décisions qui concernent le développement durable ne peuvent, par définition, s’inscrire que sur du long terme. La seconde est spatiale : toutes les nations doivent s’unir pour répartir globalement l’action locale, alors qu’elles sont en concurrence les unes avec les autres. La troisième est sociale : les décideurs politiques sont confrontés à des grosses inégalités dans la répartition des richesses entre les pays, mais aussi, dans les pays.

La mise en relief de ces réalités conduit à s’interroger sur la place du citoyen dans les démarches du développement durable, puisqu’un vrai bouleversement de culture semble être appelé. Premièrement, il est désormais nécessaire que le citoyen prenne conscience de l’importance des décisions prises sur le long terme (solidarité intergénérationnelle) notamment dans les domaines de l’habitat (chauffage, isolation) et du transport, qui sont des causes fortes de pollution. Deuxièmement, le citoyen doit arriver à percevoir les sacrifices faits comme un progrès pour tous (solidarité sociale), et pour cela, il doit commencer par devenir un consommateur responsable (achat de produits recyclables, économie d’énergie, etc.). La question naturelle qui s’impose est alors de savoir si les populations peuvent réellement être prêtes à entrer dans une telle démarche, dans une société où les pays les plus industrialisés (Etats-Unis d’Amérique, Canada, Australie, Chine, …) se révèlent être les plus timides dans leur engagement, autrement dit dans une société où les plus gros pollueurs envisagent même parfois de se retirer des accords de Kyoto.

Avant de terminer, il est certainement important d’apporter quelques notes plus positives et moins culpabilisantes. D’abord, la démographie mondiale tendrait à une stabilisation autour des 9 milliards d’habitants. Ensuite, les avancées de la Technologie sont telles que des mutations devraient pouvoir être possibles : des solutions industrielles alternatives devraient exister. Et enfin, les micro-changements climatiques ont toujours été.

Il ne s’agit pourtant pas de croire que tout va dans le meilleur des mondes : l’Homme met réellement en danger la planète, en consommant sans se soucier, détruisant ainsi tout le capital naturel et accélérant des effets climatiques à une vitesse arrivée au-delà des capacités de contrôle humaines.

« C’est une triste chose que la nature nous parle et que le genre humain n’écoute pas » (Victor Hugo)

Et il ne s’agit cependant pas de croire que tout est perdu, car si nous décidions, tous ensemble, de changer nos habitudes et nos modes de pensée (gestes quotidiens, choix de consommation, entre-aides inter et extra-catégorielles, etc.), nous pourrions sauver la planète.