Comme chacun sait, le nombre de personnes vivant dans notre pays au-dessous du seuil de pauvreté ne cesse de s'accroitre, avec en particulier un fossé de plus en plus important séparant les nantis de la masse grandissante des défavorisés.

Elément nouveau, ce phénomène n'est plus circonscrit à une frange très particulière de la population, mais menace désormais un spectre beaucoup plus large de nos compatriotes, et il n'est plus rare de voir se débattre dans les plus grandes difficultés des personnes titulaires d'un travail, mais dont les revenus ne permettent plus de survivre dans le contexte présent. Confrontés à la baisse du pouvoir d'achat, à l'explosion des montants des loyers, à l'exigence de rentabilité des employeurs, beaucoup jettent l'éponge, et sombrent dans la spirale du surendettement et du désespoir.

A cet état de fait, l'Etat d'une part et, plus largement, l'ensemble de nos concitoyens d'autre part, se doivent de réagir par des initiatives concrêtes, et cela avec la plus grande célérité.

Un préalable naturel est de dresser au plus vite un état de la situation en concertation avec les partenaires sociaux, les collectivités territoriales et les réseaux associatifs afin d'avoir une idée réaliste des problèmes. Il convient ensuite, à la lumière des informations recueillies, d'ajouter aux projets déja en cours de mises en oeuvre (le Revenu de Solidarité Active, par exemple) une batterie de mesures soulageant la souffrance des gens de manière immédiate, et assurant leur mieux-être dans la durée. Dans cette logique, des idées pourraient être de planifier la construction d'un parc H.L.M (Habitation à Loyer Modéré) destiné prioritairement aux SDF, de structures d’accueil en nombre important, avec des personnels motivés et bien formés, et relayées le cas échéant par des dispositifs d’insertion, d’éducation et de santé, ce dernier point étant essentiel lorsqu'on sait que la tuberculose est l’un des principaux fléaux de la misère !

L’aide sociale peine aujourd'hui à répondre aux besoins de la rue. L’état d’urgence est sonné ! La responsabilité de faire face incombe à tous, à l’Etat comme aux collectivités et aux citoyens.

Pourquoi l’élan de solidarité enregistré en décembre 2004 lors de la catastrophe du tsunami a-t-il été si fort en comparaison des aides enregistrées pour les pauvres de nos rues ? Est-ce l’effet de l’éloignement ? L’effet médiatique ? L’effet de banalisation du phénomène SDF ?

Chaque heure perdue est lourde de conséquences pour les plus fragiles d'entre nous ! Nous engager résolument pour leur défense est un devoir auquel il serait indigner de se dérober.

Florence Soriano-Gafiuk