Le potentiel de la partie de la population en situation d’handicap - soit près de 10 % des français-, est souvent mal connu, voire ignoré, tout simplement parce le regard de notre société porté sur les personnes handicapées est celui de la situation extraordinaire, alors que l’handicap correspond à une situation ordinaire qui est à la fois particulière et caractéristique.



Alors si nous souhaitons construire une société de développement du bien-être, dans lequel nous profiterions de la diversité de tous les individus, nous devons commencer par, adapter les cadres physiques et humains, mais aussi et surtout, changer notre culture et notre vision de la situation d’handicap.

Même si depuis 2002, la France s’est engagée dans une politique volontariste d’insertion des personnes handicapées, il a fallu attendre trois ans pour qu’une loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, soit adoptée.

Les principales orientations sont :

  1. L’accessibilité généralisée pour tous les domaines de la vie sociale : la personne en situation d’handicap a le droit de s’inscrire dans des projets répondant à ses désirs, tant dans les domaines scolaire, professionnel, artistique ou sportif. Les aménagements nécessaires (emploi, cadre bâti, transports...) doivent donc être faits si nous ne voulons pas que la personne handicapée soit coupée de la cité, mise sous tutelle économique, et considérée à vie comme un individu de statut de mineur.
  2. Le droit à compensation des conséquences du handicap (par exemple, majoration de la durée d’une épreuve d’examen ou de concours)
  3. La sensibilisation de la société civile et des employeurs : la compréhension du handicap relève de l’intelligence et du droit humain, et non de l’émotion et de la bonne conscience. Notre culture doit changer.

Malgré tout, des situations inadmissibles perdurent.



L’un des exemples les plus flagrants concernent la recrudescence de malades mentaux dans les prisons: les chiffres sont alarmants. Les principales raisons proviennent :

  • d’une part, de la réforme du code pénal de 1993 qui établit la responsabilité pénale des personnes dont le discernement est altéré au moment des faits,
  • et d’autre part, du manque de structures de psychiatrie, d’hôpitaux et de centres médico-psychologiques : c'est ainsi que nombre de patients restent sans soins et entrent dans une spirale de petits délits qui les mène en prison.


Tout le monde se souvient de l’horrible affaire de cannibalisme de janvier 2007, dans l’une des cellules de la maison d’arrêt de Rouen.



Cette abominable fait révèle que malgré l’élan de la France, des progrès restent encore à faire si nous souhaitons renforcer notre cohésion nationale pour davantage de justice et donc davantage d’attention aux plus vulnérables qui ont droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale.