Dans quelques semaines, je me rendrai aux urnes pour remplir mon devoir de citoyenne, puisque je participerai aux élections du prochain Président de la République.



Je voterai, naturellement avec une certaine anxiété (qui a pu oublier le premier tour des élections de 2002 ?), mais aussi, avec une pensée reconnaissante pour toutes ces femmes et ces quelques hommes qui ont lutté durant des décennies pour que le droit de vote soit enfin accordé aux femmes – car, et ceci semble aujourd’hui inimaginable, les femmes, longtemps considérées comme des mineures, n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1944 !



En France (malgré notre retard par rapport au reste des pays européens), la participation des femmes à la vie politique ne cesse désormais de croître : elles sont maires, députées, députées européennes, sénatrices, ministres, et peut-être bientôt Présidente. Les femmes ont en effet compris qu’elles devaient s’engager si elles voulaient voir la condition féminine s’améliorer, les différents niveaux de responsabilité dans la société française s’ouvrir et les discriminations disparaître. C’est ainsi qu’elles ont appris à lutter et à être solidaires dans tous les secteurs concernant leurs droits : la parité, le divorce, les violences conjugales, la prostitution, les inégalités salariales, etc.



Pourtant les disparités subsistent dans la vie professionnelle en général, et dans la classe politique en particulier : les femmes sont souvent minoritairement représentées dans les postes à pouvoir, et parfois même carrément écartées : on les confine plus volontiers aux secteurs touchant la sensibilité, comme les dossiers de la cohésion sociale et de la famille.



Même si les femmes sont de plus en plus actives, des organismes comme la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) ont du être créés pour la protection des droits de l’individu : je viens, moi-même de saisir la HALDE, par l’intermédiaire de la Ministre déléguée à de Cohésion Sociale et à la Parité.



Cet exemple particulier, même s’il m’est personnel, montre que les femmes peuvent être victimes d’agissements de persécution dans tous les secteurs d’activités. Il montre que la défense du statut de la femme ne peut se faire que dans une démarche de solidarité, au-delà des classes politiques, des couches sociales, des ethnies et religions.



Cette pénible expérience – qui perdure et dont je n’aperçois plus la fin – conforte ma volonté d’entrer dans le combat des femmes pour la défense de leur développement humain.



Je lutterai désormais pour que ce droit soit respecté.

Jeudi 8 mars, dans le cadre de la journée internationale de la femme, des centaines de manifestations se sont déroulées, afin d’informer, de prévenir et de proposer. Il appartient à présent à toutes de mutualiser nos forces.