Le droit de la femme
Par Florence Soriano-Gafiuk le Samedi, 10 mars 2007, 15:16 - Humeurs - Lien permanent
Dans quelques semaines, je me rendrai aux urnes pour remplir mon devoir de citoyenne, puisque je participerai aux élections du prochain Président de la République.
Je voterai, naturellement avec une certaine anxiété (qui a pu oublier le premier tour des élections de 2002 ?), mais aussi, avec une pensée reconnaissante pour toutes ces femmes et ces quelques hommes qui ont lutté durant des décennies pour que le droit de vote soit enfin accordé aux femmes – car, et ceci semble aujourd’hui inimaginable, les femmes, longtemps considérées comme des mineures, n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1944 !
En France (malgré notre retard par rapport au reste des pays européens), la participation des femmes à la vie politique ne cesse désormais de croître : elles sont maires, députées, députées européennes, sénatrices, ministres, et peut-être bientôt Présidente. Les femmes ont en effet compris qu’elles devaient s’engager si elles voulaient voir la condition féminine s’améliorer, les différents niveaux de responsabilité dans la société française s’ouvrir et les discriminations disparaître. C’est ainsi qu’elles ont appris à lutter et à être solidaires dans tous les secteurs concernant leurs droits : la parité, le divorce, les violences conjugales, la prostitution, les inégalités salariales, etc.
Pourtant les disparités subsistent dans la vie professionnelle en général, et dans la classe politique en particulier : les femmes sont souvent minoritairement représentées dans les postes à pouvoir, et parfois même carrément écartées : on les confine plus volontiers aux secteurs touchant la sensibilité, comme les dossiers de la cohésion sociale et de la famille.
Même si les femmes sont de plus en plus actives, des organismes comme la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) ont du être créés pour la protection des droits de l’individu : je viens, moi-même de saisir la HALDE, par l’intermédiaire de la Ministre déléguée à de Cohésion Sociale et à la Parité.
Cet exemple particulier, même s’il m’est personnel, montre que les femmes peuvent être victimes d’agissements de persécution dans tous les secteurs d’activités. Il montre que la défense du statut de la femme ne peut se faire que dans une démarche de solidarité, au-delà des classes politiques, des couches sociales, des ethnies et religions.
Cette pénible expérience – qui perdure et dont je n’aperçois plus la fin – conforte ma volonté d’entrer dans le combat des femmes pour la défense de leur développement humain.
Je lutterai désormais pour que ce droit soit respecté.
Jeudi 8 mars, dans le cadre de la journée internationale de la femme, des centaines de manifestations se sont déroulées, afin d’informer, de prévenir et de proposer. Il appartient à présent à toutes de mutualiser nos forces.
Commentaires
Je serai interressé Madame, par le sort fait à votre saisie de la HALDE car j'ai soutenu (en tant que président d'une association) une saisie de la HALDE pour des cas de discriminations qui a du se perdre dans les méandres de cette usine à gaz.
Merci, Milousch, pour l'intérêt que vous portez à cette affaire. J'ignorais que vous étiez président d'une association, et engagé dans la lutte contre les discriminations.
Pour dire l'essentiel, voici en quelques lignes comment les choses se sont passées, et où j'en suis aujourd'hui.
A l'origine, mon dossier a été soumis à la Halde par l'intermédiaire d'un député (au mois de janvier). Parallèlement, ce député l'a adressé à Catherine Vautrin (ancienne Ministre déléguée à la Parité), qui s'est chargée de contacter la Halde à son tour, demandant qu'une attention particulière soit apportée à mon cas.
A ce jour, je n'ai, comme vous, aucun retour de la Halde.
En revanche, mon affaire a évolué favorablement grâce aux efforts de nombreux protagonistes qui ont accepté de se mobiliser. Ainsi, la communauté mathématique française (une vingtaine d'universités), le doyen des IPR de l'académie de Nancy-Metz, d'anciens étudiants aujourd'hui enseignants, et l'université technique de Berlin m'ont fait tour à tour l'amitié de se manifester, et un éminent professeur de l'Université McMaster de Hamilton (Canada) a endossé la responsabilité de s'exprimer au nom de la communauté mathématique internationale, demandant aux autorités scientifiques françaises d'intervenir en ma faveur.
Parallèlement à ces initiatives, un professeur de l'Université de Bordeaux a créé un blog de soutien où 25 billets de tous horizons ont été déposés, tandis que le Président honoraire de l'Université de Bordeaux I décidait à son tour de s'exprimer, demandant lui aussi une issue satisfaisante à ma situation dans des délais raisonnables.
De mon côté, je me suis assuré les services d'un avocat, et j'ai saisi la justice.
Pour finir, suite à l'intervention du collègue canadien, un éminent Professeur de l'Université de Jussieu (qui, aujourd'hui, est devenu un ami) a été désigné comme médiateur, et à la suite de son intervention, les tensions se sont enfin apaisées, un terrain d'entente a été trouvé, et les partis en présence ont su parvenir à une conclusion heureuse à cette affaire.
Fin de l'histoire, donc, et j'ai abandonné les démarches judiciaires sur les conseils du médiateur. En revanche, je garde un souvenir mitigé de cette rude bataille de quatre mois, expérience qui a été d'autant plus éprouvante pour moi qu'elle coïncidait avec le décès de mon père, qui m'a énormément affectée.
Aujourd'hui, j'ai la volonté de lutter aux côtés des femmes victimes de procédés injustes, mais aussi, plus largement, contre de nombreuses formes de discriminations. Pour cela, je m'attache à réunir quelques personnes et collègues (chercheurs, syndicalistes, représentants d'associations de femmes, chercheurs d'origine maghrébine,...) autour d'un projet destiné à défendre le bien-être du chercheur au sein des laboratoires.
A ce jour, je n'ai pas une idée précise des orientations principales que prendra ce projet, ni même de sa simple viabilité, mais je compte y travailler avec ardeur dès la rentrée. Dans cette perspective, j'envisage notamment d'initier des contacts avec des députés, car il semble que des lois nouvelles soient à envisager pour une amélioration durable des situations.
Voila, en quelques lignes, un petit résumé de mon affaire, de sa conclusion, et des projets qu'elle a fait naître en moi.
Florence Soriano-Gafiuk
je passe souvent sur ce blog jadoooore cette facon de voir les choses
bonne fete les amis :) merci
jaimerai vous feliciter pour ce topic explicite qui m a enormement aide dans mes recherches merci
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