Les gens qui vivent dans un espace d’exclusion finissent par croire qu’ils ne sont capables de rien (Adalberto Barreto, Psychiatre)



Qu’est-ce que l’Agenda 21 ?

Les trois piliers du développement durable sont l’écologie (dégradation de l’environnement, perte de la biodiversité, pollution et ses effets sur les changements climatiques), le social (accroissement du taux de paupérisation dans les pays riches, augmentation des inégalités entre les pays du Sud et du Nord, ou encore entre les pays de l’Est et de l’Ouest, et nécessité d’une solidarité intergénérationnelle), l’économie (prise en compte des coûts). Cependant, selon les pays et ses besoins, les orientations choisies du développement durable diffèrent : les pays en voie de développement s’attachent à l’urgence et donc à la dimension sociale, alors que les pays développés (et surtout européens) sont davantage centrés sur les problèmes liés à l’environnement, dont les solutions alternatives ne peuvent d’ailleurs qu’être envisagées sur du long terme.



L’agenda 21 (dont l’étymologie vient du mot latin AGERE (agir) et où 21 fait référence au XXI° siècle) est en fait l’outil stratégique et opérationnel, opté par un organisme (association, entreprise, établissement scolaire, etc.) ou par une collectivité qui souhaite apporter des réponses à des questions concrètes locales ou planétaires en lien avec l’environnement et le développement durable.



Il préconise dans une démarche participative les étapes suivantes :


  1. - Impulser et mobiliser les parties prenantes
  2. - Organiser le pilotage
  3. - Etablir un état des lieux (basé sur le savoir, le sensoriel et l’expérience) et réaliser le diagnostic - autrement dit, identification des besoins et des causes -
  4. - Formuler les objectifs, élaborer des solutions alternatives, identifier les moyens et s’engager sur un programme d’actions
  5. - Mettre en œuvre un suivi (à partir d'indicateurs)
  6. - Publier et communiquer
  7. - Evaluer la pertinence des axes de progrès et les résultats du plan d’actions


Quelles actions « durables » pour une municipalité ?

Les collectivités sont donc directement concernées par la démarche de l’agenda 21, même si en France, l’initiative municipale reste timide puisque moins de 10 % seulement des communes se sont engagées dans une telle démarche, alors que les pays du Nord (Finlande, Suède, Norvège, Danemark) en comptent plus de 80 %. Et plus encore, si nous examinions à présent la situation des régions au sein même de la France, nous constaterions que la Lorraine reste relativement en retrait puisque trois communes seulement ont mis en place un tel champ d’actions.



Les engagements inscrits dans l’agenda 21 d’une municipalité peuvent être multiples, variés, et leur étude toujours intéressante, comme nous allons tenter de l’illustrer.



Parce que le développement durable place l’Homme au centre de ses préoccupations, il est important de :



- tisser du lien social afin de lutter contre l’exclusion et favoriser la solidarité inter et extra-catégorielle, en

  1. encourageant le bénévolat et le parrainage (bureau de conseils, dispositif d’accompagnement à la scolarité des enfants en difficultés, etc.)
  2. organisant des évènements, des rencontres conviviales pour tous ensemble, échanger et communiquer
  3. favorisant la participation de chacun, en permettant à tous de proposer et d’agir, et en optant pour une gouvernance partagée
  4. facilitant l’accès à l’information (création d’une revue et d’un blog, diffusion de la Lettre de la municipalité)
  5. multipliant les contacts partenariaux


- reconstruire du lien entre les sujets et leur cadre de vie en

  1. éco-responsabilisant les concitoyens (tri sélectif, économie d’énergie, achat de produits recyclables, etc.)
  2. participant à l’éducation des enfants, en soutenant les projets de l’école en lien avec l’environnement, le patrimoine et le développement durable
  3. facilitant l’accès à la culture, à la formation, aux loisirs et aux sports, pour développer le bien-être humain en rendant autonome et en préservant la santé,
  4. travaillant sur l’image du monde agricole, par exemple, en organisant des actions de découverte pour les enfants (lecture de paysage, rencontre avec un exploitant agricole du territoire, déjeuner agrémenté de produits locaux)
  5. encourageant le choix d’énergie propre (capteurs solaires, éoliennes,…)


- favoriser l’insertion professionnelle des personnes en situation difficile (jeunes sans formation, chômeurs, handicapés, etc.), par exemple par le biais des marchés publics : les collectivités peuvent en effet introduire des clauses sociales ou environnementales dans ses appels d’offre (selon l’article 14 du code des marchés publics) – la ville de Nantes prouve le réalisme du concept –



- et enfin, chaque fois que cela est possible, ancrer les actions dans une démarche de développement local (diversification des attractivités municipales dont les impacts économiques seraient positifs).



Bien d’autres propositions peuvent être faites, et parce que l’Agenda 21 préconise une démarche participative, vous aussi avez à proposer.