Vote utile : une aberration
Par Florence Soriano-Gafiuk le Vendredi, 20 avril 2007, 08:43 - Prises de position - Lien permanent
Les élections présidentielles de 2002 ont tellement marqué les esprits que le choix du "vote utile" s'est imposé, pour nombre de nos compatriotes, comme l'assurance unique contre les mauvaises surprises du premier tour.
Je crois fermement que les français doivent voter pour le candidat qu’ils souhaitent avoir comme Président de la République : la stratégie du « vote utile » est une totale aberration qui vide le premier tour de tout son sens, alors qu’au contraire, il devrait correspondre à un temps fort de la vie citoyenne, durant lequel chaque français exprime en conscience son adhésion au programme et à la personne qui lui semblent les plus en adéquation avec ses convictions profondes. Remplacer ce grand moment par un vote artificiel pour un candidat convenu pour lequel on n'a d'autre affinité qu'une approbation par défaut, c'est se bâillonner soi-même, se priver de liberté, et faire le jeu des lobbies industriels qui courtisent (et que courtisent) les candidats adoubés.
Et s'il s'avère qu'un candidat extrémiste soit crédité d'un nombre de voix préoccupant, c'est qu’une réalité s'exprime, sur laquelle il est bon, par le biais du scrutin, de diriger les projecteurs.
Il serait déjà bien choquant qu'une manœuvre d'état tente de masquer les choses, mais si finalement, ce sont les électeurs eux-mêmes, en bons petits moutons, qui se censurent et se musèlent de leur propre chef, alors la démocratie est bien fragile...
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