Le coeur à gauche ?
Par Florence Soriano-Gafiuk le Lundi, 25 juin 2007, 13:39 - Lien permanent
J'ai eu maintes fois l'occasion, ces dernières années, de m'entretenir avec des personnes de tous âges et de tous milieux au sujet de leurs opinions politiques, et j'ai constaté avec une certaine surprise que nombre d'entre elles n'avouaient qu'avec réticence leur sensibilité de droite, précisant à plusieurs reprises qu'elles comptaient dans leurs relations de nombreux amis de gauche, ou cherchant à relativiser leur choix politique en s'abritant derrière des locutions standard telles que "le porte-monnaie à droite mais le coeur à gauche" et autres lieux communs...
Le coeur à gauche ?
Le fait est qu'une idée curieusement répandue semble effectivement faire de la gauche le lieu de toutes les béatitudes, le temple de la liberté, de la tolérance, de la compassion, de la probité, tandis que les individus affichant des opinions de droite, rigides et sévères, n'auraient pour credo qu'un ensemble de valeurs austères, dures et rétrogrades, mêlant le mépris des pauvres, la défiance face à l'étranger, une moralité douteuse, et une propension irrépressible à se tourner résolument vers des pratiques motivées par un souci exclusif de rentabilité, quitte à bafouer, à l'occasion, les principes moraux les plus élémentaires.
Quiconque fréquente ce blog aura compris que je ne partage nullement ce point de vue réducteur et totalement erroné !
Bien loin de s'appuyer sur une idéologie fermée et intolérante, la droite française s'applique au contraire à faire chaque jour la preuve de l'efficacité de ses méthodes, de sa volonté d'ouverture, de son désir de promouvoir les chances de chacun au sein d'une société pluraliste, et offre l'occasion à chaque individu d'apporter sa contribution personnelle au service du grand projet que représente la construction d'une collectivité juste, solidaire, où l'être humain et son bien-être seraient à nouveau au centre des préoccupations de tous.
Mais voyons de plus près sur quelles valeurs est bâtie cette gauche du coeur dont nous parlent avec tant de passion ses dignes représentants.
Et pour commencer, parlons un peu de la sincérité, de la franchise dont se targuent les gauchistes de tous poils (y compris Monsieur Peiffer, qui en est pourtant cruellement dépourvu...).
Comme chacun sait, l'homme de gauche méprise la gesticulation politicienne à laquelle se livrent les individus désireux de soigner leur image, et se présente au peuple tel qu'en lui-même, fier de son passé irréprochable, de ses idées généreuses et de ses mains toujours propres. Illustrons par exemple notre propos de quelques rappels biographiques relatifs à Laurent Fabius, dont l'impitoyable Denis Peiffer brossa naguère un si corrosif portrait.
Dès l'abord, l'engagement de Laurent Fabius semble passablement flou. Econduit par les RI et l'UDR, il choisit le PS par défaut, et se découvre un matin, lui, fils d'une riche famille d'antiquaires parisiens, normalien et énarque, investi de l'honorable mission de réduire les inégalités, de voler au secours des plus pauvres, incarnant l'espoir de tout un peuple de gauche séduit par sa jeunesse et son enthousiasme. Et quel bel exemple! ... Des idées, il en eut à foison, à commencer par l'introduction du Front National à l'Assemblée par la vertu du scrutin à la proportionnelle, ou par l'Impôt sur les Grandes Fortunes, initié alors qu'il était ministre du budget. A ceux qui, au passage, s'étonneraient que les oeuvres d'art aient pu se trouver curieusement écartées de l'assiette de recouvrement dudit impôt, nous rappellerons à toutes fins utiles que la famille Fabius doit justement sa confortable fortune au commerce des oeuvres d'art. Le hasard, dit-on, fait parfois bien les choses.
Ah! Laurent Fabius! Nous ne gloserons pas ici sur ses lourdes responsabilités dans l'affaire du Rainbow Warrior, ni dans celle du sang contaminé, mais nous ne pouvons nous empêcher de sourire au souvenir du populaire Laurent arrivant à Matignon en 2 CV Citroën, ou se rendant à la boulangerie de son quartier en pantoufles, pour faire pauvre ... On l'aura compris, je n'ai jamais pu me défaire d'un petit faible pour Laurent Fabius, tant son invraisemblable maladresse m'a mise en joie depuis des années. Puisqu'on en parle, le tableau pantoufles / 2 CV Citroën aurait d'ailleurs un petit goût d'inachevé sans l'hallucinatoire chapeau mitterrandien dont l'irrésistible Laurent crut bon de se coiffer lors de son pèlerinage à Jarnac en janvier 2006. L'idée était, j'imagine, de cultiver la ressemblance avec le tortueux François Mitterrand, qui affectionnait ce genre de couvre-chef. Comme l'eut sans doute souligné l'irrévérencieux Coluche, Laurent Fabius eut donc à choisir entre le talent de François Mitterrand et le chapeau de François Mitterrand... Un choix cornélien ! Pour la petite histoire, rappelons au passage que le trouble François Mitterrand ne s'avisa lui-même de sortir ainsi accoutré que pour se rapprocher vestimentairement (c'est toujours ça) du profil de Léon Blum...
Mais je m'égare, et Laurent Fabius n'est certes pas la seule référence morale du parti socialiste ! ... Evoquerons-nous encore Jack Lang, heureux détenteur de splendides propriétés au Touquet et dans le Lubéron, et se préoccupant pourtant, avec des sanglots dans la voix, du sort des "pauvres de plus en plus pauvres", aux abois tandis que prospèrent les "riches de plus en plus riches" ? Parlerons-nous des deux millions d'euros de patrimoine de l'ex-couple Royal/Hollande, dont la déclaration patrimoniale fantaisiste a fait pâmer de rire tous les experts immobiliers du pays ? Des mystérieuses rémunérations perçues par Dominique Strauss-Kahn de la part de la MNEF de 1994 à 1996 ? Du Président socialiste de la Région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, traduit devant la onzième chambre du tribunal correctionnel de Paris pour "prise illégale d'intérêts" ?
Mais laissons là les notions de franchise et de probité, et continuons plutôt notre tour d'horizon des vertus supposées de nos amis socialistes.
Après la franchise, donc, tâchons de voir comment les militants socialistes, exemples de solidarité et de fraternité, conjuguent activité politique et bonne camaraderie.
Face à une droite organisée, il est difficile de ne pas remarquer combien ladite gauche n'a su offrir, jour après jour, d'autre spectacle qu'une succession pathétique de coups bas mutuels, de phrases assassines, de querelles mesquines, provoquant pour finir l'échec de sa principale représentante à l'élection présidentielle.
Même si l'on évite la facilité en passant sous silence les ineffables facéties des Olivier Besancenot (je fais un gros effort pour ne pas parler longuement de ce petit monsieur), Marie-George Buffet, José Bové (pourfendeur des multinationales et des épis de maïs), Arlette Laguiller et autre Dominique Voynet, le spectacle offert par les leaders de la gauche modérée laisse songeur. De fait, à regarder s'agiter lesdits leaders, on a rapidement l'impression de visionner un mauvais remake de la série Dallas, à ceci près que tous les acteurs se seraient soudain changés en impitoyables J.R. ! ... Ainsi donc, voici le méchant Lionel (Jospin) qui méprise le jovial François (Hollande), affaiblit autant qu'il le peut sa position et son influence au sein du parti, et voit d'un très mauvais oeil l'investiture de l'ambitieuse Ségolène, tout cela parce qu'il ne supporte pas l'idée qu'on n'ait pas songé à le rappeler après ses (faux) adieux déchirants de 2002. De son côté, le pas si jovial François intrigue ouvertement pour ligoter Laurent Fabius dont la résurrection politique l'inquiète, et pour combattre Jack Lang qui a cru bon de dire publiquement tout le mal qu'il pensait de Ségolène Royal, inexpérimentée, maladroite et dangereusement incompétente. Certes, l'indiscipliné Jack a fait depuis machine arrière, mais les choses sont dites et le mal est fait.
Après la défaite de Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius se sont aussitôt illustrés par leur extrême virulence d'expression, le premier désignant sans ambages François Hollande comme responsable de la débâcle du PS, tandis que le second confiait qu'il "faut rendre à César ce qui est à César et à Ségolène ce qui est à Ségolène", à savoir la déconfiture du parti socialiste aux élections présidentielles, naturellement. Sur ces entrefaits, les deux leaders précités, jamais à court d'énergie, semblent soudain s'être avisés de l'opportunité de s'affronter sur l'épineuse question du traité constitutionnel de l'Union. Dallas, disais-je ? Voire !
Exit donc, les rêves de franche camaraderie, et voyons maintenant de quel capital miséricordieux disposent nos bouillants socialistes, toujours prêts à mettre en avant (de manière verbale uniquement) les principes d'entraide entre les peuples, de compassion et d'empathie. La douceur du coeur, la pitié pour les plus démunis, le refus absolu de toute mesure susceptible d'infliger des souffrances aux plus fragiles, voici les traits de caractère qu'on s'attend à trouver chez les représentants des socialistes, toujours prompts à donner des leçons d'humanisme à la cantonade.
Et là, tout à coup, on n'a plus envie de rire.
Quiconque suit de près la "politique africaine" de notre pays a pu admirer à loisir l'hypocrisie et la duplicité de nos dirigeants socialistes, qui n'ont eu de cesse, depuis des décennies, de faire et défaire des gouvernements "amis" au Cameroun, au Gabon, aux Comores, en Côte d'Ivoire, sans se préoccuper du sort de populations civiles affamées et martyrisées pourvu que les objectifs géopolitiques fixés soient atteints. Le plus ignoble épisode qui me vienne à l'esprit est celui du génocide rwandais, perpétré avec le total assentiment de l'état français et de son chef François Mitterrand qui, non content de soutenir militairement le régime du dictateur Habyarimana, se fera un devoir d'assurer la formation des milices rwandaises au plus fort des massacres, apportera un soutien sans faille, politique et financier, à ses commanditaires, et accueillera avec onction Jean Bosco Barayagwisa et Jérôme Bicamumpaka, principaux artisans de l'extermination des Tutsi. Le sommet de l'ignominie sera atteint lorsque François Mitterrand déclarera, après la fin des "combats", que "dans ces pays là, un génocide, ce n'est pas trop important. (sic)"
Que dire après ça? Evoquer encore, peut-être, le même François Mitterrand, qui donna à entendre au mouvement indépendantiste algérien que pour lui, "La seule négociation, c'est la guerre. (sic)"? Reprendre une à une ses déclarations brutales à la gloire du colonialisme français, ou l'évocation de son nom lors de l'assassinat du président du Burkina-Faso Thomas Sankara, coupable de s'être rebellé contre la tutelle invasive de l'oncle divin? Revenir encore sur l'affaire du Rainbow Warrior, coulé par le frère de Ségolène Royal sur ordre des services secrets français?
On en reste hébété.
Je ne sais pas à quoi ressemble votre monde de gauche, Messieurs les socialistes, mais ce dont je suis sûre, c'est qu'il ne doit pas sentir la rose...
Florence Soriano-Gafiuk
Commentaires
Très facile de taper uniquement sur la Gauche en ce qui concerne la politique africaine... Les précédents gouvernements de Gauche ont certes une responsabilité à tenir, mais de grâce, ne faites pas une généralité de l'attitude d'une poignée de nos dirigeants.
En outre, il me semble que la droite est loin d'être blanche comme colombe dans la constitution de la Françafrique.
En ce qui concerne les responsabilités partagées de dirigeants de toutes couleurs politiques dans le scandale que constitue la Françafrique, il faudrait être bien aveugle ou bien malhonnête pour prétendre le contraire.
Dans ce billet, j'ai évoqué la part des socialistes, simplement parce que je supporte mal leur tendance à s'adjuger, selon la formule consacrée, le monopole du coeur, tout en se comportant au fond aussi mal que leurs adversaires politiques.
"Les bons et les méchants", c'est un peu facile. Et c'est bien de dénoncer cette vision des choses, et non de diaboliser tel ou tel groupe politique, qu'il s'agit dans l'article.
Florence Soriano-Gafiuk
Je suis toujours surpris qu'en 2007 on puissse encore assimiler les "socialistes" et la Gauche...
Qui est depuis quand même un certain temps désormais un fantasme plus qu'une réalité...
Une remarque en passant sur votre blog que je découvre.
La bio à la 3ème personne... Pourquoi pas à la 1ère ? Cela ferait par exemple moins "scolaire".
"Je suis toujours surpris qu'en 2007 on puissse encore assimiler les "socialistes" et la Gauche..."Défendre par-dessus tout la valeur solidarité, le partage du temps de travail, le développement durable, la régulation du marché, un grand service public, la prévention plutôt que la répression, etc, ce sont des valeurs de droite?
Ce genre de remarques a vraiment le don de m'énerver.
Soyons sérieux Maxime, et prenons un peu de recul, un seul exemple c'est bien au CIADT de 2001 que Jospin a acté l'A32 (et c'est Gayssot qui l'a soutenu), la dernière couleuvre infligée à Voynet qui quittait (pour d'autres raisons) le gouvernement ce jour-là.
J'y étais, seul journaliste lorrain.
Alors pour le développement durable...
Un peuple français de gauche, oui, sans aucun doute, mais s'il s'était senti si proche du PS, Sarkozy n'aurait pas obtenu un tel score.
Jean-Christophe, tu nous donnes un exemple qui a six ans. Je ne remets pas en cause le fait que Jospin a fait une erreur, mais il me semble tout de même que le programme de Ségolène Royal, par exemple, était un exemple en terme de développement durable (noté 16/20 par une association environnementale, tout de même).
Le peuple de gauche s'est mobilisé, tout de même: 25% au premier tour, je ne crois pas que ce soit ridicule, 47% non plus, quand on sait que le FN s'est largement reporté sur Sarkozy!
On n'a perdu, force est de le constater, mais de là à dire que nous ne sommes plus de gauche, c'est exagéré. Je ne vois pas ce que la LCR a de plus à gauche que moi, à part dans la radicalité. Nous sommes un parti de gauche de gouvernement, c'est là la différence. Mais les 35 heures, la CMU, tant décriées, sont-ce là des mesures qui ne seraient pas à gauche?
Pardon de répondre si tard, mais je me trouve sur un lieu de vacances où la consultation de mon blog, assez malaisée, passe par des visites dans des cyber-cafés lointains et passablement surpeuplés!...
A mon sens, les arguments de Maxime, qui fait remarquer que les électeurs de gauche ont été nombreux à manifester leur soutien à la candidate socialiste Ségolène Royal, et ceux de Jean-Christophe, qui fait état de la déliquescence de la Gauche, ne sont en opposition qu'en apparence. De fait, il semble que la défaite de la Gauche aux dernières présidentielles soit moins celle d'une idéologie, à laquelle une partie suffisamment nombreuse du peuple français aurait cessé d'adhérer, qu'une conséquence de nombreuses erreurs stratégiques et tactiques qui ont été le fait de ses leaders.
Le fait est que la candidature même de Ségolène Royal a été longuement et lourdement contestée par certains de ses pairs avant même les élections, et que les soutiens, tardivement obtenus, n'ont pas été aussi nets et francs qu'elle l'aurait souhaité. La candidate elle-même s'est montrée à plusieurs reprises sous un jour peu flatteur, accumulant les maladresses, souvent mal à l'aise parce que mal préparée, et faisant montre à l'occasion d'une méconnaissance pratique frisant l'amateurisme. La période post-électorale, enfin, n'a vu ni l'apaisement des tensions entre leaders, ni une volonté de définir de nouvelles directions communes derrière lesquelles fédérer le plus grand nombre. Au contraire, chaque figure de Gauche semble occuper une partie de son temps à désigner les responsables de la défaite, et le reste à tenter (en faisant cavalier seul) des simulacres de "nouveaux" projets dont elle-même serait le leader naturel. Une petite minorité, enfin, s'offre des parcours inattendus au gré des propositions de postes lancées par Nicolas Sarkozy.
Dans ces conditions, comment la Gauche aurait-elle pu obtenir le succès en mai 2007? Et dans ces mêmes conditions, comment une "Nouvelle Gauche" pourrait-elle émerger aujourd'hui?
A suivre les postures des figures de la Gauche locale (Pierre Bertinotti, Dominique Gros, le groupe BDJL...), je ne vois guère se profiler un mouvement de symbiose similaire à celui qu'a su orchestrer Nicolas Sarkozy au plan national, transformant sa formation en machine de guerre (traduisez "machine à gagner"), dont la cohésion et l'efficacité sont si remarquables qu'elle continue à fonctionner même après la victoire. Après avoir rassemblé "les Droites" sous sa bannière (et laissé exangue le Front National), la machine Sarkozyienne mine aujourd'hui les bases de l'opposition en prenant des initiatives audacieuses (le RSA, salué par une partie de la Gauche, en est un bon exemple) ou en subornant ses représentants (la chair est faible) en offrant des situations aux moins regardants d'entre eux.
Mais cette méthode de rassemblement et de concentration des forces qu'est parvenu à opérer Nicolas Sarkozy n'est pas nouvelle. Il faut rappeller qu'en 1981, François Mitterrand était parvenu à un résultat exactement identique, rassemblant "les Gauches" sous sa houlette, et réservant au PC un traitement sensiblement similaire au sort qui est aujourd'hui celui du FN. Ainsi, le rassemblement indispensable à la victoire de la Gauche n'a jamais eu lieu en 2007, peut-être parce que la Gauche ne possède plus aujourd'hui UN leader charismatique derrière lequel une majorité de gens pourrait se ranger.
Je termine en soulignant que ce qui est vrai au plan national (je veux dire l'absence d'un leader de Gauche crédible) l'est bien plus encore au niveau local, où des initiatives individuelles répondent à des micro-rassemblements disparates, le tout préparant le terrain d'une nouvelle défaite (municipale, cette fois) de la Gauche aux élections de mars 2008.
J'ai lu autrefois que selon Napoléon Bonaparte, qui connaissait les vertus de la cohésion et de la concentration des ressources, un mauvais général aux commandes d'une armée était préférable à deux bons généraux. Certes, le stratège a voulu donner à sa maxime un tour paradoxal, mais il y a un bon sens évident dans le principe édicté.
Dans cette logique, que dire alors de l'avenir d'une formation à la tête de laquelle se bousculent une foule de mauvais généraux?...
Florence Soriano-Gafiuk
"une formation à la tête de laquelle se bousculent une foule de mauvais généraux?"
à Paris ? à Metz ?
A Paris ET à Metz, clairement. Ou alors, qu'on me désigne la personnalité charismatique incontestée de la Gauche locale qui, synthétisant les ressources du PS (fissuré), du PRG (fantomatique), du PC (exangue), des verts (égarés), consensuelle et expérimentée, saurait se donner une petite chance face à l'inébranlé JMR.
Dans l'immédiat, j'ai surtout l'impression d'assister à l'émergence d'une multitude de petites "Gauches plurielles" indépendantes (l'expérience intéressante du groupe BDJL en est un bon exemple), chacune d'entre elles se targuant d'une pluralité qui s'accomoderait volontiers de larges rapprochements, à conditions que lesdits rassemblements s'opèrent sous sa propre bannière, portant à la bataille son propre leader.
Dans ces conditions, je vois mal les forces de la Gauche locale devenir autre chose qu'une sorte d'agrégats d'entités de bonne volonté, sans doute, mais désorganisées et isolées en dépit de leurs discours unitaires.
Florence Soriano-Gafiuk
J'ai découvert la politique sous M.Giscard d'Estaing (à ma majorité), apprécié M. Mitterrand pour son humanisme, écrit à
M. Jacques Chirac pour des actions qu'il a menées et que j'ai appréciées. Mais, depuis 1996, je partage les idées de M. Bayrou que j'ai eu l'occasion de rencontrer. J'ai la chance, aujourd'hui, de soutenir un candidat socialiste qui permet l'ouverture,pour qui l'éthique passe avant les étiquettes. Ce sont des hommes comme ça qu'il nous faut. Oui, la tête à droite, car la triste réalité économique est là. Mais le coeur à gauche, car il dit "OUI" au pluralisme,à la politique du rassemblement et de l'ouverture. Quand on a du coeur et de la bonne volonté, on fait de belles choses.
Signé : Une dionysienne de la Réunion qui ne comprend pas les clivages droite/gauche, comme un grand nombre de ses concitoyennes et de ses concitoyens.
Merci pour ce généreux message ! De fait, je partage votre avis, en ce sens qu'il est gratifiant de pouvoir compter sur toutes les bonnes volontés, sur tous les dévouements lorsque des hommes et des femmes, qu'importe leur appartenance politique, se déclarent prêts à se donner de la peine pour le bien public.
De mon côté, j'ai aussi de nombreux amis de sensibilités très diverses, et c'est toujours une grande joie pour moi de voir éclore des listes où se côtoient des adversaires d'hier, désireux d'oeuvrer ensemble au bénéfice de la communauté.
Pour Monsieur Bayrou, je dois en revanche reconnaître que je ne partage pas trop votre sentiment. Je comprends sans peine qu'une telle rencontre ait pu se révêler passionnante, car le personnage est talentueux et brillant, mais un examen de ses réalisations ne confirme pas cette bonne impression. Simone Veil, par exemple, désigne François Bayrou comme un imposteur, "le pire de tous", dit-elle. Cette grande dame, qui sait de quoi elle parle pour être actrice de la vie politique française depuis 60 ans, nous apprend que "Tout ce qu'il a été capable de faire lorsqu'il était ministre de l'Education nationale, c'est de mettre un million de personnes dans la rue". Et Simone Veil a la réputation d'être plutôt indulgente !
En tout cas, merci encore pour votre sympathique et très intéressant commentaire.
Florence Soriano-Gafiuk
en qlq sotrte oui 10/10 :)
C'est vrai qu'en parlant d'Afrique, le discours de Dakar est un modèle de tolérance...
Et je n'aurai pas le mauvais goût deciter ici les noms de MM. Marchiani, Pasqua, etc. Experts africains s'il en est.
Cest quand meme mieux que Miss France :)
J'ai lu ton article et visite ton blog que je trouve vraiment tres interessant. Je l'ai ajoute dans mes favoris.
Merci Kaleb, voila qui me fait bien plaisir !
Sur ce blog, je m'autorise une liberté de ton qui n'est sans doute pas du goût de tous, et quelques-uns me reprochent vertement mes prises de position.
Néanmoins, il va sans dire que je compte persister dans cette voix : fidélité aux principes moraux, fermeté face aux contradicteurs improbes, investissement total en faveur des causes qui me tiennent à coeur, voila les fondements d'un engagement politique sincère !
Florence Soriano-Gafiuk
Merci d'avoir écris cet article, il y a un certain lobby qui interdit de parler de la droite ... du fait des clichés que vous mentionnez la droite est stigmatisé au profit de la gauche... ainsi un acteur ou un journaliste préférera se dire de gauche que de droite, du coup des articles comme le votre sont extrêmement rare et de ce fait les idées de droite sont encore plus marginalisées. Près de la moitié des électeurs sont très peu représenté dans les journaux... tous les jours je me bats également pour expliquer a des gens de gauches que je vote a droite et pourtant j'ai un cv du cœur qui est bien plus remplis que le leur... tous les jours j'explique a ces mêmes personnes que si la droite est réellement telle qu'elle est décrite, personne ne voterait pour elle et moi en premier... et chaque jour j'explique que dans ces électeurs que l'on accuse d’être égoïste, vénère ... il y a des chômeurs, des médecins, des prêtres, des avocats ... (Ces gens nous pouvons les traiter certainement de beaucoup de chose mais certainement pas d’être égoïste...) que les êtres humains ne sont pas seulement a gauche mais aussi a droite. Bref j'explique aussi qu'il faut voter pour ce que l'on croit et pas pour ce que les autres vous disent de voter. Alors merci de nous avoir sorti le temps de cet article de la marginalisation.