La bohème au pilori...
Par Florence Soriano-Gafiuk le Jeudi, 6 septembre 2007, 17:47 - Humeurs - Lien permanent
Les personnes qui fréquentent ce blog ont pu constater que la protection des minorités les plus exposées et la lutte contre les injustices, les discriminations et les violences de toutes sortes ont toujours été au centre de mes préoccupations. De fait, je n'ai jamais hésité à m'engager avec force à chaque fois que la vie m'a confrontée à ce type de situations, et j'ai la ferme intention de persister dans cette voie à l'avenir.
Parcourant hier le blog du socialiste Denis Peiffer, dont les billets maladroits et les analyses exotiques m'avaient beaucoup amusée par le passé, j'ai eu la surprise désagréable de découvrir un texte particulièrement odieux, où Denis Peiffer s'en prend avec une rare brutalité, à la communauté des gens du voyage. ( http://peifferdenis.over-blog.com/a...)
Conformément à la plupart des billets de Denis Peiffer, celui-ci débute comme une sorte de conte, racontant aux lecteurs une histoire simple et frappante, et termine en fournissant sur mesure la morale à tirer de ladite histoire, et en précisant pour son public les personnages principaux : le bon (alias Denis Peiffer) et les méchants (alias les familles tsiganes). Dans l'article qui nous occupe, on nous montre ainsi notre romantique conseiller municipal flânant au hasard des routes, tel Jean-Jacques Rousseau philosophant au bord des ruisseaux. Soudain, Denis Peiffer, l'oeil hagard et le teint cireux, tombe en arrêt devant un spectacle insupportable : à faible distance de son auguste personne, quelques enfants tsiganes jouent paisiblement, tandis que leurs mères étendent du linge au soleil.
On imagine combien cette épreuve a dû être traumatisante pour Denis Peiffer, défenseur de l'ordre et de la justice, car pour ceux qui l'ignorerait encore, "force est de constater que leur présence s'accompagne toujours de désagréments..." (sic). Comme d'habitude, l'auteur illustre ses lamentables prises de position de témoignages douteux censés démontrer que ses paroles expriment une opinion générale, et fait une démonstration de plus de sa propension aux dérives démagogiques les plus malsaines.
Car là, on ne sourit plus !
Denis Peiffer ignore-t-il que le taux de délinquance chez les gens du voyage s'apparente à celui des populations sédentaires ? Ne pourrait-il avoir un peu de compassion pour ces malheureux dont les sociologues ont récemment évalué l'espérance de vie à 45 ans en Italie, du fait des maladies qu'ils contractent, du manque de soins, ou plus simplement de la malnutrition ? Ignore-t-il qu'il faut se rendre à Marignane (ville qui s'est rendue tristement célèbre en consacrant aux municipales de 1995 un candidat du Front National) pour voir appliquer concrètement, à l'encontre des tsiganes, les mesures "fermes" qu'il appelle de ses voeux : expulsion brutale de familles avec leurs enfants en bas âge, destruction de leur habitat au bulldozer, élévation de monticules de terre pour rendre impossible l'accès à des espaces dont on souhaite les éloigner...Voila des pratiques qui doivent sonner de manière fort agréable aux oreilles de Denis Peiffer, qui condamne avec indignation l'esprit d'ouverture et de tolérance dont fait preuve Céleste Lett, celui-ci se refusant à "casser du tsigane" pour complaire, comme d'autres s'empresseraient de le faire, à un certain électorat.
A mon sens, il est bien dommage que l'anti-tsiganisme, qui est une forme flagrante de racisme, ne soit pas puni avec la même sévérité que ses pendants visant d'autres communautés (juive, maghrébine, noire-africaine...). Il n'est pas inutile de rappeler qu'un demi-million de gens du voyage ont été assassinés par les nazis, et il serait regrettable que cette communauté, après tout ce qu'elle a enduré, continue à être l'objet de ragots et de persécutions de la part de nos concitoyens, et, pire encore, de nos élus... surtout lorsqu'ils se prétendent de gauche!... "Au moins nous saurons où se trouvent les nomades et pourrons mieux les contrôler"... Ces propos méprisants et discriminatoires sont purement et simplement inadmissibles.
Puisqu'on en parle, les socialistes ne sont d'ailleurs pas les seuls représentants de la gauche à persécuter les gens du voyage, car sur ce chapitre, les "écologistes" savent également, à l'occasion, se distinguer avec virulence. On a ainsi pu apprendre qu'à Pont-Sainte-Maxence, les verts s'étaient violemment opposés à l'installation de quelques familles tsiganes dans un espace situé en rase campagne, au prétexte que cet endroit se situait "sur le lieu de passage de grands animaux" (cerfs, sangliers...) ! Autrement dit, il n'est en aucun cas choquant, aux yeux des écologistes, de faire passer les gens du voyage après les animaux...
Je terminerai ce billet en rappelant que Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l'égalité et au partenariat équitable du Parti Socialiste, affirme son attachement au principe de la tolérance zéro pour les propos à caractère raciste. Que Georges Frêche ait été suspendu de toutes fonctions au sein du Parti Socialiste pour ses propos sur le nombre de joueurs de couleur dans l'équipe de France de football me semble tout à l'honneur de la formation politique précitée. J'espère que cette sanction servira d'exemple, car je serai très attristée de voir fleurir sur les blogs une prose nauséabonde semblable à celle qui a motivé cette réponse.
Florence Soriano-Gafiuk
Commentaires
honte a ces gens qui par leurs racisme contre les gens du voyages
car comment peut-ton vivre en paix si ils existes des personnes semblant sur cette terre honte a eux.leurs critiques toujour enfermer les poules les gitans les vols.me reste encore dans les oreilles.et méme si sa aurais était vrai et alore.actuellement les gens rentre dans les maisons et tuent les gens pour les volé boncoups plus pire non.alore pourquoi tant de haine de racisme contre nous honte a la France pour ce mal que ils nous font et avais deja fait
Un grand merci, Georges, pour votre témoignage. Croyez-le, nous sommes nombreux en France à combattre ces idées inadmissibles, et même si la défiance injustifiée et les a priori irrecevables sont encore trop largement répandus, nous luttons chaque jour pour que ces préjugés d'un autre âge finissent par disparaître.
En ce qui concerne Denis Peiffer, il a tenu à revenir sur ses propos, en expliquant qu'il s'agissait d'un simple malentendu dû à une formulation maladroite de sa pensée véritable.
Merci encore, Georges, pour votre intervention.
Florence Soriano-Gafiuk
bonsoir
Oh oui que de préjugés! De tout temps les gens du voyage inspirent la méfiance, le rejet et deviennent vite les boucs- émissaires dès que quelque chose va de travers. Vous voulez que je vous dise.. quand j'en vois qui viennent faire des haltes par chez nous j'aime bien. Ils ont un quelque chose qui me fascine. Il y a très certainement des coquins parmi eux comme tout aussi bien chez mr et mme tout le monde, il n'y a là rien de nouveau.
Je pense que ce qui gène la population sédentaire des gens du voyage c'est leur anti-conformomisme, leur vie différente à la notre, je soupçonne par moments qu'on leur envie quelque part dêtre ici et nulle part et toujours sur les routes.Et pourtant ces personnes que l'on nomme gitans, rom, manouche etc quand on les connaît un peu on s'aperçoit vite que la plupart sont des gens de la parole tenue,ils ont des règles de vie communautaire dont on devrait prendre de la graine.
S'il est question dans les projets d'aménager un territoire pour les gens du voyage,ma 1ere réaction n'est pas celle de dire " au moins on sait où ils sont et on pourra les controler" comme cela a été dit et la justification en disant qu'il s'agissait d'un simple malentendu, l'excuse est un peu facile, car c'était sa pensée véritable! je sais bien on s'excuse comme on peut.
En revanche dire -la création d'un territoire pour l'accueil des gens du voyage dans un espace donné permettra d'accueillir ces personnes dans la dignité, le respect et des conditions décentes de vie ce qui en même temps évitera l'installation sauvage dans la ville. Ce n'est tout de même pas la même chose.
Oui, Isa, je me souviens d'avoir attaqué Denis Peiffer de manière extrêment virulente à la sortie de son billet, tant l'idéologie véhiculée m'avait choquée à l'époque.
D. Peiffer s'est alors longuement expliqué sur le malentendu qui, selon lui, s'était produit du fait d'un choix maladroit des termes employés dans son texte, et C. Folmar, lui-même issu de la communauté des gens du voyage, a certifié la bonne foi de D. Peiffer, dont il est proche depuis des années.
De fait, le sort fait à ces personnes relève vraiment du comble de l'injustice ! Je les savais depuis longtemps victimes de harcèlement de la part des autorités officielles, qui leur infligent une pression inacceptable se traduisant en contrôles serrés et en mesures vexatoires diverses, mais j'ai appris récemment qu'ils étaient également pris pour cibles par certains jeunes lorsqu'ils tentent de camper aux abords des grandes villes, comme si leur seule présence déclenchait de manière irrépressible des réactions de méfiance, voire des élans d'hostilité chez certains de nos concitoyens.
Tout cela est inadmissible, et absolument indigne d'une nation telle que la nôtre.
Florence Soriano-Gafiuk