Encore une histoire d'ADN
Par Florence Soriano-Gafiuk le Lundi, 22 octobre 2007, 08:38 - Prises de position - Lien permanent
Le monde de la recherche scientifique vient d'être secoué par le scandale consécutif aux récentes déclarations de James Watson, prix Nobel de médecine en 1962 après avoir co-découvert la structure moléculaire de l'ADN.
Dans les colonnes du Sunday Times Magazine, ce chercheur affirme en effet sans ambiguïté que les noirs-africains sont moins intelligents que les blancs, annonce que des études scientifiques sérieuses corroborent cette évidence, et en tire des conclusions immédiates quant à l'inutilité des politiques sociales initiées aux Etats-Unis en faveur des populations défavorisées composées d'individus de couleur.
Ces allégations sont, cela va sans dire, inadmissibles et complètement aberrantes, et je condamne fermement la tenue de tels propos, surtout de la part d'un chercheur de tout premier plan.
Autant que je puisse le voir dans les innombrables notes relatant cette affaire, c'est bel et bien ce gradient supposé entre les intelligences des représentants de différentes races qui interpelle le public.
Pour ma part, j'aimerais expliquer qu'au fond, ce n'est pas tant cette foi absurde en telle ou telle inégalité des performances qui me choque le plus, mais, surtout et avant tout, les conclusions que les tenants de ces thèses se proposent d'en tirer !
Pour ne donner qu'un exemple, il est établi que les populations d'origine asiatique sont beaucoup moins souvent victimes de cancer que les occidentaux, bien qu'il soit difficile, à l'heure actuelle, de pointer du doigt de manière certaine, une raison objective expliquant cet état de fait. Ainsi, les explications avancées hésitent entre facteurs alimentaires, environnementaux et génétiques.
Dans le cas où la recherche future établirait que les asiatiques possèdent effectivement l'avantage génétique d'être moins sujet au cancer, il ne serait nullement choquant d'accepter simplement ce fait démontré. Ce qui serait anormal, en revanche, serait d'en déduire aussitôt un quelconque principe de supériorité de la race asiatique sur les autres, en invoquant ces connaissances nouvelles.
Dans un même ordre d'idée, qu'importe qu'on établisse un jour que le potentiel sportif d'un noir-africain ou la résistance à l'infarctus d'un asiatique sont supérieurs à ceux des autres ! Qu'importe qu'un homme ait une force physique supérieure à celle d'une femme, qu'une femme soit plus résistante à la faim qu'un homme, qu'un coréen soit en moyenne plus petit qu'un hollandais. Je considère qu'un individu possédant un quotient intellectuel, une mémoire ou des talents artistiques innés lui permettant des performances qui dépassent les miennes ne font en aucun cas de lui une personne qui me soit supérieure !
Que des différences d'une nature ou d'une autre soient avérées ou pas, ce qui compte est de défendre fermement le principe d'égalité de tous, et de ne jamais déroger à ce principe universel, sous quelque prétexte que ce soit.
Florence Soriano-Gafiuk
Commentaires
Bonjour madame. Et vous-mêmes, ne faites vous pas des facilités pour le moins douteuses? On peut lire votre déferlante haineuse et moqueuse sur le blog de Michaël Weber. Vous dénigrez un homme d'une grande humanité pour le simple fait qu'il soit socialiste! Il serait temps de vosu remettre en cause!
Ne vous méprenez pas, Blanche, sur la nature de mes interventions sur le blog de Michaël Weber. A chaque fois que je l'ai pris à partie, ma démarche n'a été motivée que par le souci de faire valoir des idées auxquelles je crois, ou plus simplement de prendre la défense d'une personne brutalement attaquée, comme ce fut récemment le cas de Denis Peiffer.
En revanche, je n'ai aucune animosité personnelle pour Monsieur Weber, et je vous invite à nous rejoindre à l'instant même sur son blog, où une discussion courtoise et constructive a lieu au sujet des vertus du bilinguisme, thème qui me passionne car je considère que c'est un atout de première valeur pour notre région.
Florence Soriano-Gafiuk