Municipales 2008 : METZ risque GROS !
Par Florence Soriano-Gafiuk le Mercredi, 27 février 2008, 22:14 - Prises de position - Lien permanent
Les élections municipales qui s'approchent n'en finissent pas de laisser aux observateurs un goût de déjà vu, tant l'atmosphère générale et les méthodes employées par nombre de protagonistes pour mener leurs troupes respectives à la bataille paraissent calquées sur celles qu'on a eu tout loisir d'apprécier à l'occasion des dernières présidentielles.
Dignes tenants de cette regrettable tendance, les socialistes messins semblent s'être fait une spécialité de pratiquer une sorte de "campagne négative", consistant à masquer leur carence en idées neuves, en programme solide, et surtout en personnalités charismatiques, par le choix d'une stratégie basée sur la gestion de rumeurs, les attaques d'individus, l'exhumation de contentieux anciens fournissant le prétexte de reproches faciles, voire les procès d'intention lorsque les cibles visées ne donnent pas prise à la détraction directe.
Le pilier le plus récurrent du réquisitoire servi par la gauche messine réside sans doute dans son insistance à revenir sans cesse sur les prétendues "divisions" de la droite, signe, selon ses représentants toujours prompts à servir aux auditeurs amalgames rapides et raccourcis abusifs, de la déliquescence des valeurs morales et politiques de leurs adversaires, voire, à les entendre, d'une défiance croissante vis à vis de la "mouvance sarkozyste".
Il va sans dire que je conteste fermement ces analyses, de même que cette tactique d'agression tous azimuts qui, faut-il le rappeler, n'a pas porté chance à la candidate Ségolène Royale en 2007 !
A l'évidence, les électeurs qui s'exprimeront en mars 2008 attendent aujourd'hui des intentions clairement affichées, des projets, des engagements, et ont prouvé maintes fois qu'ils ne sauraient se contenter de quelques piques amères lancées aux concurrents du moment ! Pour de nombreux messins, la vie quotidienne est difficile, les problèmes réels, et la dialectique creuse des candidats de la gauche est impuissante à donner au plus grand nombre l'espoir d'un nouvel élan, la perspective des lendemains prometteurs auxquels il est bien légitime d'aspirer.
Sans nous laisser aller, à notre tour, à la tentation de fustiger les contorsions déraisonnables de la gauche locale, nous ne pouvons nous empêcher d'observer combien leur méthode est curieuse. Non contents de se présenter devant le peuple avec, pour seul étendard, quelques velléités confuses et mal formulées, complétées d'un assortiment de propositions secondaires ou futiles - des chemins piétonniers, des pistes cyclables lorsque tant de gens ont des problèmes très terre à terre, comme le chômage, la crise du logement, le coût de la vie ... - qui apparaissent en porte-à-faux eu égard aux préoccupations réelles des messins, les socialistes ont eu la déconcertante idée de confier la tête de leur équipe à la plus formidable machine à perdre que notre ville est connu, celui-ci évinçant d'un cheveu (mais lequel ?) son rival Pierre Bertinotti à l'issue de primaires houleuses et pour le moins controversées.
Les semaines qui ont suivi ont ensuite offert à des auditoires stupéfaits un panorama complet de tout ce qu'un politicien engourdi et inconsistant était capable de produire en termes de gesticulations puériles, tentant vainement d'attirer sur sa personne l'attention d'un public depuis longtemps au fait de sa totale impéritie. Dominique Gros a ainsi multiplié les rapprochements hasardeux (comment peut-il se commettre avec Thierry Jean ?), les visites bon teint (un petit coucou à Bertrand Delanoë) et les manifestations bouffonnes de tous poils (à l'image de son enthousiasme à reprendre, couplet par couplet, une grotesque chanson paillarde devant la mairie)...
Tout cela est du plus mauvais goût, et relève à mon sens, d'une évidente absence de sérieux et, plus grave encore, d'un total manque de respect vis à vis de notre ville et de ses habitants ! ... De l'avis général, le sommet du ridicule fut atteint par Dominique Gros lorsque ce dernier s'avisa de diffuser un timbre à son effigie, contredisant grossièrement, au passage, ses propres déclarations condamnant la politique-spectacle menée par les membres du gouvernement tandis que lui-même use sans vergogne de toutes les ficelles démagogiques imaginables, de la blague potache aux voyages people, pour goûter finalement, à la surprise générale, aux dérives du culte de la personnalité, comme on le voit à la découverte de son invraisemblable estampille.
On dit, ici et là, que les sondages annonceraient la déroute de la droite en général, et plus particulièrement de notre maire Jean-Marie Rausch. Qu'on se souvienne, pour commencer, que les résultats publiés varient beaucoup d'un média à l'autre ! Akouna Consulting (pour "la semaine" - 07 février 2008) nous apprend ainsi que Dominique Gros serait crédité de 35,97% d'intentions de vote, tandis que l'Ifop (à la demande du "Républicain Lorrain" - 10 février 2008) rétablit ce chiffre à 26%... Quoiqu'il en soit, le point crucial réside dans le fait que plus de la moitié des électeurs se déclarent encore indécis, et j'ai la conviction que ceux-ci sauront, le moment venu, s'abstraire du grossier manège électoraliste de l'équipe Gros, et renvoyer ce dernier à des occupations pour lesquelles, peut-être, il aurait cette fois quelque talent, voire quelque succès ... La chanson populaire, par exemple !
Florence Soriano-Gafiuk
Commentaires
Pour qui devront-ils voter à Metz alors, madame Floflo ?
Version Gros hors d'usage ? Gros arriviste fraichement labellisé UMP ? ou encore Gros cul entre deux chaises ?
Sinon, Gros tout simplement ?
Vous devriez, chère Madame, consacrer exclusivement vos réflexions aux mathématiques. Cela vous préserverait peut-être du ridicule !
Comme tout le monde s'en fiche de ses maths, elle nous casse les pieds en disant ce genre d'imbécilités dont nous nous fichons encore plus !
Votre conseil me va droit au coeur, Monsieur Jean, mais le fait est que je prends plaisir à cultiver une certaine diversité en termes de centres d'intérêt, disposition intellectuelle qui ne semble d'ailleurs guère critiquable, surtout si la personne qui s'en émeut pratique, pour sa part, une étrange polyvalence politique qui déroute même ses collaborateurs les plus indulgents.
Pour les néophytes, il est bon de rappeler que Monsieur Thierry Jean, couramment décrit comme l'archétype de l'arriviste endurci, intégra il y a quelques mois un trio improbable composé du socialiste Richard Lioger, de la communiste Danielle Bori et du toujours vert René Darbois.
Faut-il le préciser, les Quatre n'eurent, à l'époque, d'autre mérite que de faire beaucoup rire tous les observateurs de la politique messine, en agrémentant leurs prises de position irréfléchies de gesticulations frénétiques et de déclarations incongrues, avec comme résultat rapide la fuite de leurs rares sympathisants initiaux.
Isolé et chagrin, Thierry Jean choisit alors de tout miser sur la baguette de sourcier de son condisciple Richard Lioger, dont les accointances avec le petit monde de la radiesthésie se révélèrent précieuses au moment de négocier son avenir politique.
Avatar du MoDem, ex Parti Démocrate hâtivement rebaptisé pour cause d'initiales embarrassantes, Thierry Jean s'est donc décidé à proposer ses services au socialiste Dominique Gros, dont les vélléités d'ouverture relèvent au passage plutôt de la lunette, si je puis me permettre ce raccourci de commodité(s).
C'est donc avec beaucoup d'amusement que je prends acte des recommandations de Thierry Jean, auquel je souhaite pour ma part de trouver un jour un port d'attache où s'achèveront enfin ses affligeantes errances idéologiques...
Florence Soriano-Gafiuk
moi je préfère ses affligeantes errances idéologiques à vos dramatiques errances psychiatriques.
Votre hostilité irrépressible à mon égard vous conduit à des affinités que, vous connaissant, vous auriez à coeur de dénoncer en tout autre contexte.
"Les ennemis de mes ennemis...", n'est-ce pas, Greg ?
Au fait, l'idée que je n'apprécie guère Pol Pot va-t-elle vous pousser à accrocher son portrait au-dessus de votre lit ?
Florence Soriano-Gafiuk
@ Florence Soriano-Gafiuk
Quelles sont vos analyses suite au premier tour et aux évènements de cette semaine?
Ben alors Florence, on vous entend plus sur la victoire de Dominique Gros à Metz?! Ce sont vos amis, Rausch et Zimmermann qui sont renvoyés à leur bac à sable!!!! Et c'est bien fait pour votre arrogance déplacée!!
Ah, mon bon Victor, vous auriez tort de mettre ma discrétion blogosphérique, si je puis me permettre ce petit raccourci linguistique, sur une quelconque déception de ma part à l'annonce des résultats des dernières élections municipales ! Bien au contraire, je trouve la situation actuelle extrêmement intéressante et riche d'enseignements, d'une part du fait de la relative netteté de la nouvelle distribution politique, qui remplace avantageusement les clairs-obscurs d'un passé récent et, d'autre part, compte-tenu des coups de projecteurs que les nécessités électorales ont porté sur certaines personnalités du paysage politique messin, sur leur capacité à monnayer leurs services, et à adopter les postures les plus incongrues dans l'espoir de se placer. On sait maintenant à qui l'on a affaire, à supposer que quelques doutes aient pu encore subsister ici ou là.
Eh oui, Metz est passée à gauche, et c'est pour tout un chacun l'occasion de s'interroger sur la versatilité des foules, qui piétinent aujourd'hui des hommes qui ont consacré une vie entière à travailler sans relâche au service de leur ville, et tout cela pour des raisons bien légères, au fond...
Certes, Jean-Marie Rausch n'était plus très jeune, mais même ses adversaires les plus virulents reconnaissent à demi mots la bonne tenue de son bilan.
Conséquences de tendances nationales mal perçues, sanctions de luttes intestines déplacées, goût de l'alternance pour l'alternance ou réserve infondée face à l'âge d'un candidat, je prendrai dans quelques jours le temps de livrer mon analyse personnelle concernant la nouvelle donne politique messine.
Et si tout cela vous a mis de bonne humeur, cher Victor, vous m'en voyez absolument enchantée !
Florence Soriano-Gafiuk