Rumeurs alarmistes et forces armées
Par Florence Soriano-Gafiuk le Mercredi, 9 avril 2008, 22:59 - Réflexions - Lien permanent
Comme chacun a pu le constater en suivant les actualités récentes, le gouvernement de notre pays dévoile peu à peu une batterie de mesures destinées, d'une part, à moderniser nos institutions, et d'autre part à rendre plus performants les modes de fonctionnement de nos structures, dont les mécanismes sont aujourd'hui jugés impropres à défendre la position et les intérêts de notre économie dans un contexte international bâti sur des principes de concurrence sévère.
De fait, ces dispositions nouvelles concernent de très nombreux secteurs, et s'inscrivent dans une volonté affichée de réduire les dépenses, quitte à en payer le prix en termes de ruptures des pratiques régionales, avec les angoisses et les bouleversements sociaux qui peuvent s'y attacher. Dans cette ligne, on a pu observer ces derniers mois les difficiles négociations relatives aux définitions des nouvelles cartes judiciaires et hospitalières, et la question du maintien de certaines garnisons militaires s'insère de manière naturelle dans le même mouvement de redistribution des sites, des moyens et des personnels.
Ce vaste plan de restructuration, qui intervient dans le cadre des politiques publiques, prévoit la fermeture d'une trentaine de garnisons sur tout le territoire national d'ici 2012. Comme on pouvait s'y attendre, le quart Nord-Est du pays est au premier rang des régions concernées, et ce sont la Champagne-Ardenne et la Lorraine qui devraient faire les frais des efforts assignés à cette réorganisation d'envergure. S'appuyant sur des expertises traçant le nouveau visage de la menace extérieure, le "livre blanc", dont la publication est annoncée pour le mois de mai 2008, déterminera la loi de programmation militaire 2009/2012.
Le cas de notre région est bien entendu tout à fait spécifique sur ce point, eu égard à l'importance considérable des équipements et effectifs présents sur notre sol et dans nos murs. Les engagements notables de l'état sur le plan local, depuis des décennies, ne doivent naturellement rien au hasard, mais sont directement liés au caractère limitrophe de notre situation géographique. Les conflits répétitifs avec nos voisins allemands et la menace à l'est inhérente aux ambitions du bloc soviétique ont en effet, de manière bien légitime, motivé un renforcement sérieux de nos frontières, ainsi que le maintien de troupes opérationnelles capables de faire face à toutes velléités invasives.
Ces dernières années, le contexte géopolitique mondial a cependant beaucoup évolué, et chacun comprend, par exemple, que les menaces d'invasion allemande n'ont plus de réalité effective. Dans un même ordre d'idée, nous sommes aujourd'hui bien loin de la période noire de la guerre froide, et les avancées de la perestroïka replacent les relations est-ouest dans une perspective plus favorable. Dans ces conditions, l'idée selon laquelle le maintien de contingents importants aux portes du pays n'est plus une priorité a fait son chemin, et s'impose finalement comme une évidence, dont il convient de tirer des conséquences pratiques, chez nous comme ailleurs.
A cette étape de notre analyse, il n'est pas inutile de faire un point rapide des mesures qui, selon la presse et en particulier le Républicain Lorrain, seraient envisagées au niveau local. Pour commencer, il faut savoir qu'un document interne de l'Etat-Major de l'armée de Terre annonce la fermeture de la garnison du Pays de Bitche, et le transfert du 57 ème Régiment d'Artillerie à Montpellier. D'après des estimations, 1300 militaires, 120 employés civils et 100 familles seraient concernées par ce déplacement. Les disparitions de plusieurs autres garnisons sont également évoquées : la 13 ème RT (Régiment Terre) à Lunéville, le 53 ème RDP (Régiment Dragons Parachutistes) à Dieuze et la 8ème RA à Commercy. Selon un document de l'Etat-Major, la question se pose aussi pour le deuxième régiment du génie (RG), le premier régiment médical (RMED) à Châtel-Saint-Germain et le premier régiment du matériel de Woippy. La RMED serait, pour sa part, délocalisée à la Valbonne.
Notre position propre, qui peut être considérée comme plutôt privilégiée du point de vue des investissements particuliers consentis au profit des infrastructures militaires lorraines, a permis pendant des décennies à des commerces et des entreprises périphériques de prospérer. Dans ces conditions, on imagine sans peine les craintes et les résistances d'une frange de la population qui, déjà sinistrée du fait d'une récession de l'activité industrielle, voit disparaître des emplois, mais aussi des personnels qui étaient autant d'acteurs des affaires locales, investisseurs, consommateurs, et plus généralement protagonistes du dynamisme régional.
Aussi fondée que puissent sembler les inquiétudes précédemment évoquées, il est pourtant manifeste qu'elles ne sauraient être seules prise en compte pour déterminer les orientations sur lesquels nos politiques sont amenés à se prononcer. Les variations relatives à la localisation de la menace extérieure constituent une réalité objective dont il faut s'aviser, et il serait par ailleurs complètement déraisonnable de préconiser le maintien de garnisons militaires au prétexte que leur présence stimulerait l'activité économique environnante !
Cela dit, la nécessité incontestable de procéder à des évolutions ne doit en aucun cas justifier l'emploi de méthodes brutales et expéditives, faisant fi des aspects humains du problème. Dans la pratique, des sites seront supprimés, des personnes déplacées et déracinées, des commerces et entreprises mis en péril, et ces états de faits sont au moins aussi importants que les considérations géopolitiques que nous avons développées plus haut. D'autre part, parallèlement aux répercussions indirectes des restructurations, c'est aussi le nouveau visage de notre armée elle-même qui doit être un motif de préoccupation.
Pour commencer, il faut comprendre que la défense doit être envisagée de manière nouvelle. Pensée sous l'angle d'une force européenne, elle doit cependant ménager à chaque nation le sentiment de conserver son identité propre. D'autre part, la dissémination de l'armée sur l'ensemble du territoire en remplacement des localisations stratégiques traditionnelles, devenue caduques, répond à une réalité de terrain, et peut s'accompagner de regroupements inter-armées garantissant simultanément une efficacité fonctionnelle accrue, et des économies substantielles pour les finances publiques.
En ce qui concerne les personnes amenées à accepter des mutations, il faut, dans une certaine mesure, relativiser le problème lorsqu'on sait que le personnel engagé est, d'une manière ou d'une autre, contraint de manière statutaire à de multiples changements d'affectations au cours de sa carrière. Le cas des personnels civils des armées est en revanche plus délicat, et doit faire l'objet d'un examen particulier. Dans un même ordre d'idée, il faut, comme nous l'avons dit, se préoccuper des conséquences désastreuses d'une fermeture subite de sites militaires dans des régions dont les ressources s'articulent autour des installations et des personnes qu'on y emploie.
Disons-le clairement, ces difficultés ne doivent en aucun cas être appréhendées froidement comme de simples paramètres parmi beaucoup d'autres, mais justifient un travail de réflexion très approfondi, des dispositions d'accompagnement très soigneuses, et il faut veiller, avec la plus grande fermeté, à ne jamais laisser se reproduire des erreurs qui ont eu lieu par le passé. A titre d'exemple, le docteur Denis Jacquat, Député de la Moselle, est hostile à un ordonnancement comparable à celui prescrit par le "Plan Armée 2000", calibré par la Gauche en son temps, et qui avait donné lieu à de regrettables maladresses. On rappellera, pour mémoire, le cas des terrains militaires censés être proposés à prix avantageux, et dont on s'était aperçu ensuite que l'état de très forte pollution consécutive aux usages répétés d'engins et d'armes avaient nécessité de coûteuses opérations de dépollution.
Pour notre part, nous considérons qu'il faut regarder la réalité en face, et ne pas chercher à faire perdurer des situations qui ne sont plus viables. En revanche, bien loin de subir passivement les changements à venir, il nous faut au contraire les accompagner, en atténuer les effets néfastes, en développer les répercussions positives, veiller à leur mise en œuvre avec l'idée constante de préserver les intérêts de nos populations, et finalement chercher, dans un esprit entreprenant et moderne, à tirer parti de la configuration nouvelle, à jouer sans complexe de nos forces et de nos atouts pour créer notre place dans la conjoncture de demain.
C'est le rôle de vos élus de vous informer, de vous défendre, et de s'efforcer d'infléchir le cours des évènements afin de leur donner un tour favorable. C'est en tout cas la voie que je me propose de suivre à mon modeste niveau de conseillère municipale, et dans laquelle, à une échelle plus large, je vois s'engager des hommes de conviction, à l'image des députés Denis Jacquat, à Metz, ou Céleste Lett, à Bitche-Sarreguemines.
Attentifs, rigoureux, solidaires, nous parviendrons à négocier au mieux les changements à venir, si nous avons le courage de prendre notre avenir en main, ce qui, cela va sans dire, est mon intention et mon credo !
Florence Soriano-Gafiuk
Commentaires
Je veux le même laïus mais en plus court, sinon il faut avaler la plaquette d'aspirine pour en venir à bout.
Pour résumer, ce n'est pas tant pour les militaires qu'il faut s'inquiéter mais bien pour les commerces, les écoles... qui en dépendent.
Je ne demande qu'à croire que nos chers politiques locaux sauront mener la bataille, mais comment ?
Ils n'ont rien pu faire contre la récente carte judiciaire (et celle qui suivra achèvera nos tribunaux).
La politique actuelle se résume à enlever des poches des "classes moyennes" pour remplir celles qui sont déjà bien pleines.
Et à se balancer des fausses petites phrases et polémiques entre membres du gouvernement pour détourner l'attention des honnêtes gens qui bossent toujours plus et gagnent toujours aussi peu. Et oui, c'est ça la vraie vie, faut sortir de l'IUFM de temps en temps.
"je vois s'engager des hommes de conviction, à l'image des députés Denis Jacquat, à Metz, ou Céleste Lett, à Bitche-Sarreguemines".
c'est de Mme Soriano, pas de moi, Dieu m'en préserve !!!
Conviction de quoi ?
De soutenir un gouvernement qui s'en prend aux allocations familiales, aux cartes familles nombreuses, aux remboursement des paires de lunettes....alors qu'ils ont reversé de l'argent aux plus riches et offert une chasse à courre à un dictateur ???
Elles sont belles leurs convictions et et on les leur laisse de grand cœur d'ailleurs.
jJ'inclus les ex-hommes de gauche de votre belle Lorraine devenus fervents supporters de l'UMP, ils peuvent encore dormir sur leurs deux oreilles ?
Voila bien le genre de commentaires faussement naïfs qui sont la marque de fabrique de leur auteur !
Honnêtement, Greg, il est assez incongru de reprocher à nos politiciens locaux ces mesures nationales qui vous déplaisent. Dans cette logique, l'aide apportée par François Mitterrand aux génocidaires rwandais est de notoriété publique, et j'invite les lecteurs intéressés par ce triste épisode de notre passé à s'informer par exemple ici :
http://www.congopage.com/article128...
Toutefois, que ces faits m'aient choquée ou non, il ne me vient pas à l'idée d'en faire le reproche à Dominique Gros sous prétexte qu'il est socialiste, car il est évident pour chacun qu'il n'est pour rien dans cette affaire. Dans un même ordre d'idée, j'imagine que les chasses à courre organisées à l'intention du dictateur Mouammar Khadafi procèdent de spéculations auxquelles Denis Jacquat ou Céleste Lett seraient bien surpris d'être mêlés !
Savez-vous, Greg, qu'on peut aller très loin avec vos techniques d'amalgames ? On est fonctionnaire, donc... communiste, donc... maghrébin, donc... UMPiste, donc...
Tout cela n'est pas sérieux ! Vous savez sans doute ce qu'un engagement dans la politique active peut nécessiter en termes d'efforts personnels, de renoncements, de sacrifices, et ce choix de vie, que bien peu sont capables de s'imposer, mérite avant tout beaucoup de respect.
Florence Soriano-Gafiuk
Apprenez à lire, j'ai simplement dit que je leur reprochais de soutenir de toute la force de leurs convictions un gouvernement qui prend des mesures qui pénalisent les moins favorisés.
Enlevez vos oeillères politico-politiciennes et regardez la réalité en face parce là vous n'allez convaincre personne avec ce genre d'arguments.
Vous vous trompez encore, Greg ! Vous auriez tort de penser que TOUS les politiciens obéissent servilement aux directives de leur parti.
Que certains le fassent, par lâcheté, par intérêt ou calcul, comment dire le contraire ? Mais beaucoup aussi sont des femmes et des hommes avant d'être des élus, et agissent selon leurs convictions propres, quand bien même ces choix les placeraient en porte-à-faux vis à vis de leurs partenaires.
Un exemple en a été donné récemment par les députés UMP Marie-Jo Zimmermann et Denis Jacquat, qui ont signifié au président Sarkozy leur hostilité au rapport Attali. Ils ont notamment déclaré qu'ils "refuseront de voter la suppression des allocations familiales pour les familles sur critères de revenu" (sic), et qu'ils s'opposeront à toute réforme constitutionnelle induisant "une forme de discrimination soi-disant positive". Tous deux contestent également avec énergie les mesures de "déréglementation sans discernement" qui devraient toucher les taxis et les pharmaciens.
Comme vous le voyez, on est là bien loin d'individus déférents apportant un soutien sans réserve au groupe dont ils sont issus !
Florence Soriano-Gafiuk
Ok , il y en a quelques uns qui... Mais trop peu souvent et trop peu nombreux. La majorité des députés voteront toutes les mesures sarkoziennes.
Par ailleurs, je suis bien certain que si les élections présidentielles avaient lieu dans six mois, ces mêmes qui s'insurgent occasionnellement appelleraient de nouveau à voter pour Sarkozy quoi qu'il ait pu supprimer du porte-monnaie des gens modestes.
Tiens au fait, le paquet fiscal et autres avantages aux gens qui ont déjà beaucoup plus que nécessaire pour vivre, qu'est-ce-que ça nous apporte finalement ?
J'ai regardé, sidéré, ce matin Louis Gallois expliquer pourquoi EADS aller délocaliser vers les Etats-Unis. Et oui, maintenant, on délocalise aussi aux States parce que l'euro est trop fort par rapport au dollar. Et oui son argument est implacable, nous payons nos salariés en euros, les avions se vendent en dollars alors nos bénéfices s'effritent.
C'est ahurissant ce qui se passe en ce moment !
Alors expliquez moi comment nos élus "surmotivés" vont empêcher le départ des militaires de Bitche ou de Dieuze, ou d'EADS vers l'étranger, pas à coups de mots qui font mouche à la télé ou à la une des quotidiens.
Mais en étant les premiers à dire (et pas à trois ou quatre) à ceux qui nous gouvernent : stop, là vous allez trop loin.
C'est pour ça que nous nous déplaçons encore vers les bureaux de vote.
Je ne suis peut-être qu'un petit étudiant qui fait pharma et pas l'Ena mais bon, la pauvreté je la vois tous les jours et ça ne s'arrange pas, croyez-moi.
A vrai dire, il faut reconnaître qu'il n'est pas si aisé, même pour un sénateur ou un député, de modifier d'un coup de baguette magique telle ou telle option gouvernementale qu'il désapprouve. En revanche, un politicien local, s'il est homme de conviction, peut user de toute son expérience, de toute son influence, pour adoucir autant que possible les conséquences négatives de mesures en cours pour les électeurs qui lui ont fait confiance, et même obtenir à leur profit des compensations de nature à assurer un contre-poids auxdites mesures.
Plutôt que de tenir un discours générique qui n'apporterait rien à la discussion, je vais citer un exemple qui me paraît très représentatif de ce type de situations.
Vous vous souvenez peut-être de l'émotion suscitée, il y a quelques années, par l'annonce de la suppression du 151ème Régiment d'Infanterie à Châtel-Saint-Germain. Grâce à l'intervention du Docteur Denis Jacquat, député de la Moselle, et surtout, pour dire les choses clairement, eu égard à ses excellentes relations personnelles avec François Léotard et le ministère concerné, cette disparition a finalement été équilibrée par la création du 1er Régiment Médical, l'opération se révélant à terme très positive du fait des rappprochements effectués ensuite avec l'Hôpital des Armées Legouest.
Comme vous le voyez, le rôle de l'élu a été fondamental, et on mesure sur cet exemple combien, comme vous le devinez, une personne n'en remplace pas une autre, et combien le caractère bénéfique des investissements et des interventions des femmes et hommes politiques dépendent avant tout de leur valeur personnelle, et de la force de leurs conviction.
Pour ma part, j'ai vu de telles personnes à l'ouvrage, et ça m'a donné un grand respect et une grande foi dans ce que peut être la politique pratique, lorsqu'elle est le fait d'individus soucieux autant d'efficacité que d'honnêteté et de principes moraux.
Voyez-vous ?
Florence Soriano-Gafiuk
Attendez, moi j'approuve les politiques qui se bougent mais faut pas non plus qu'ils se paient notre tête.
A Bitche, c'est déjà plié et bouclé alors qu'ils arrêtent de nous faire leur cirque en se promenant dans les rues à grand renfort de presse locale.
La vraie action c'est à Paris qu'il faut la faire, auprès de ceux qui décident du sort des autres sans même les consulter sans même connaître les réalités du terrain. Et surtout sans en avoir rien à faire du Pays de Bitche.
A Sarreguemines, vous avez un député UMP, alors ? il fait quoi ? Sarko c'est pas un opposant politique pour lui. Qu'il aille le voir, c'est pas en arpentant les rues de Bitche qu'il changera les choses.
Depuis quand le rôle premier de l'armée est de soutenir le développement économique des territoires ?
Je ne pense pas que les égos de clochers doivent présider à la politique militaire de la France.
Et d'ailleurs, je verrais d'un bon oeil qu'on baisse les crédits des militaires, si c'était pour les alouer aux urgences sociales. Et vu l'état d'inadaptation des forces françaises de toutes façons...
Mais merci pour votre spam en commentaire...
zut je me suis trompé de billet, à supprimer, désolé pour le bazar.
et j'suis mort de rire, Sardon Hilare
Non, je rigole c'est encore un vilain jeu de mot
@Greg
Que des interventions directes des élus locaux auprès des instances nationales soient indispensables, personne ne songe à le nier, Greg, et je vous prie de croire que de telles initiatives sont déja en cours ! Le résultat obtenu par le Député Denis Jacquat, dont je rappelais les grandes lignes dans un commentaire précédent, montre que ces efforts individuels ne sont pas vains, et que les gens sont bien avisés d'accorder leur confiance à des élus qui prouvent de la sorte la sincérité de leur engagement et leur efficacité de terrain.
Pour parler maintenant de votre opinion relative à l'inutilité des manifestations publiques sur place, je répondrai que, bien au contraire, elles sont absolument essentielles. D'une part, il est capital de renforcer l'implication et la solidarité des populations face aux drames qui se jouent aujourd'hui, et de faire jouer à chacun un rôle actif dans les actions menées pour la défense des intérêts communs. D'autre part, ces démonstrations de force donnent à nos élus la plus grande crédibilité ! Comment, en effet, avoir une chance d'être entendu aux sommets de l'état si chacun sait que les réformes en cours ne provoquent aucune réaction, et semblent admise de facto par les habitants des zones concernées ?
L'optimalité semble donc à chercher dans un mode d'action combinant entremises personnelles, opérations de communication et rassemblements de protestation, méthodes qui ont maintes fois prouvé leur efficacité à condition d'être conduites par des personnes déterminées.
Vous êtes très jeune, Greg ! C'est de votre côté que doivent venir les idées créatrices et l'énergie, et non les aveux de découragement et d'impuissance !
Florence Soriano-Gafiuk
J'apprécie que "l'examen des variations de la menace extérieure" (je vous cite) conduise à retirer le 13ème RDP de Dieuze pour le mettre quelque part en Aquitaine. Avec qui sommes-nous en guerre ou en menace de conflit de ce côté? l'Espagne?
Pour le lecteur qui nous rejoindrait en cours de débat, je précise que je ne suis pas l'auteur de la formule "l'examen des variations de la menace extérieure" que cite Monsieur Jisségé.
Nonobstant, sa remarque est extrêmement intéressante, et rappelle, une fois de plus, que les mesures prises ici et là obéissent avant tout à des logiques comptables dont nous contestons le caractère froid et inhumain, tant dans l'intention de fond que sur le plan de la mise en oeuvre pratique.
De fait, les discussions qui ont eu lieu sur ce fil ont eu le mérite de bien préciser les systèmes de valeurs auxquels nos différents protagonistes se réfèrent, et il semble que sur ce point, il soit terriblement difficile de trouver des points d'accord tant nos conceptions diffèrent en profondeur.
En ce qui concerne Monsieur Ludosan, par exemple, qui défend une vision du monde donnant libre cours à une pratique aigüe du libéralisme, comment ne pas voir les conséquences évidentes d'une mise en application des principes de société qui ont sa faveur ?
On a par exemple appris que la Chine, dont l'économie se porte très bien, se soucie depuis quelques mois d'assurer une certaine sécurité aux salariés : CDI, protection sociale (relative) et autres mesures (modestes) totalement inédites dans ce pays ! Evidemment, on (moi, en tout cas) peut se réjouir de telles initiatives bénéfiques sur le plan humain. Mais sur un plan strictement financier, c'est une bien mauvaise affaire pour les entreprises européennes, dont les implantations chinoises prospéraient du fait des salaires misérables et des conditions défavorables consenties à leurs ouvriers locaux. Inutile de dire que nombre de ces entreprises ont instantanément mis la clef sous la porte... pour aller réouvrir aussitôt au Bengladesh !!
D'autres profits, d'autres esclaves, et tout le monde se félicite !
Eh bien moi, je suis choquée par ces logiques implacables, quand bien même on me dénierait toute prérogative à coloration sociale du fait de ma famille politique.
Pour en revenir, enfin, à cette affaire de dissolution du 57 ème RA à Bitche, j'ai été attérée par l'inqualifiable attitude de certains leaders de gauche (ceux de la Gauche pour Sarreguemines en tête) qui, à ma grande surprise, n'ont pas souhaité s'associer à notre initiative de pétition destinée à lutter contre cette suppression.
Sollicités à de multiples reprises, lesdits leaders ont même censuré les commentaires laissés par mes soins :
passant volontairement sous silence l'existence d'actions menées dans l'intérêt de la population locale, et affaiblissant sciemment la portée de notre pétition en se refusant à y adhérer.
Au passage, je ferai par ailleurs remarquer que semblables défections sont monnaie courante, et j'imagine sans peine la déception du Président du Conseil Economique et Social de Lorraine Roger Cayzelle qui, appelant à "fédérer les actions pour la défense des emprises militaires en Lorraine", fut frustré d'un soutien actif de la part de Jean-Pierre Masseret, Président du Conseil régional de Lorraine.
Par bonheur, cette carence des soutiens de gauche, que je dénonce dans les lignes qui précèdent, n'est le fait que des leaders en place ! A l'inverse, le peuple de gauche lui-même a très bien compris l'urgence de dépasser les clivages politiques eu égard à la gravité de la situation, et je constate chaque jour avec plaisir que des personnes de tous bords ont à coeur d'honorer de leurs signatures la pétition que nous avons mise en place.
Ce bel exemple d'enthousiasme et de solidarité nous autorise tous les espoirs !
Florence Soriano-Gafiuk