Le chant des adieux
Par Florence Soriano-Gafiuk le Samedi, 17 mai 2008, 19:34 - Humeurs - Lien permanent
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Ce sketch, composé par mes soins, a été interprété par une troupe de théâtre le 17 mai, lors de la manifestation de soutien au 57 ème Régiment d’Artillerie de Bitche, à l’ouverture des discours des personnalités politiques de notre région (le maire de Bitche, le conseiller général du canton de Rohrbach, le Président du conseil régional et le député de la circonscription de Sarreguemines). Il met en scène deux personnages : le Président Sarkozy et un habitant de Bitche, François, qui interpelle le chef de l’Etat sur le sort fait au pays de Bitche à l'occasion de la mise en place de la nouvelle carte militaire.
François : Monsieur le Président, cette petite visite me rappelle votre passage éclair sur le site de Gandrange. "Visite présidentielle, visite providentielle..." et finalement, bien des déconvenues à la clef !...
Sarko : Mais c'est tout de même extraordinaire, cette façon de tout déformer ! A Gandrange, j'ai fait des déclarations précises, des promesses claires ! Je me suis engagé solennellement à prendre en charge les investissements nécessaires au redressement de cette entreprise et...
François (lui coupant la parole) : Vous l'avez dit et vous n'en pensiez pas un mot ! Vous-même savez bien que Bruxelles interdit formellement ce genre d'initiatives. Vous avez froidement mené ces gens en bateau (et pas celui de Vincent Bolloré !), et vous êtes venu en faire autant ici !
Sarko : Oh, mais pas du tout ! On ne pourra pas me reprocher de ne pas tenir des promesses faites devant vous, parce que..., comment vous dire cela...
François : Parce que vous ne prendrez même pas la peine de nous en faire, n'est-ce pas ? L'affaire est pliée, et on n'en parle plus !
Sarko (mielleux) : Il faut savoir s'adapter aux réalités économiques... Il faut que chaque français fasse des efforts pour que notre pays reste compétitif...
François : De notre point de vue, ce sont toujours les mêmes français qu'on presse de faire des efforts ! Nous sommes égaux devant l'effort, Monsieur le Président, mais comme disait Coluche, il y a des gens qui sont "moins égaux que les autres" !! ...
Sarko : Allons, Monsieur François, le pays de Biche n'est pas si mal loti !
François : De Bitche, Monsieur le Président ! Le Pays de BITCHE !!!
Sarko : Ne jouez pas sur les mots ! Vous ne pouvez pas demander à l'Etat de maintenir des garnisons pour vous protéger contre des dangers qui n'existent plus !
François : Monsieur le Président, c'est nous au contraire qui avons protégé l'Etat au cours des dernières décennies. Nos pères ont été en première ligne des combats, nos maisons ont été bombardées, et lorsqu'il a fallu céder des villes à l'occupant, c'est encore la nôtre que le sort a désignée !! Et aujourd'hui, la paix revenue, c'est un autre bombardement qui s'abat sur nos têtes, celui de réformes iniques qui signent la débâcle de notre région.
C'est cela qu'il est si difficile d'admettre pour nous ! C'est le Pays de Bitche qui a été le plus éprouvé, Monsieur le Président ! C'est ici qu'il y a eu le plus de morts ! Et à chaque réforme, c'est ici encore que les mesures sont les plus dures, les plus radicales, les plus définitives !
C'est un lâchage en règle, Monsieur le Président !
Sarko (qui feuillette quelques papiers) : Bitche a toujours été chère à mon cœur, Monsieur François ! A la cérémonie de passation de pouvoirs consécutive à mon élection, j'ai tenu à la présence des artilleurs du 57ème Régiment d'Artillerie de Bitche ! Ce sont eux qui ont tiré vingt-et-un coups de canons sur l'Esplanade des Invalides !
François : C'est un signe, Monsieur le Président ! Il faut justement invalider cette décision de dissolution du 57ème Régiment d'Artillerie de Bitche !
Sarko : Ce sont les militaires qui sont les premiers concernés ! Ils seront simplement reclassés ailleurs ! Ca ne pose pas de problème majeur car ils ont accepté une certaine mobilité en entrant à l'armée.
François : Monsieur le Président, la population du Pays de Bitche a tissé au fil des ans des liens très étroits avec les personnels militaires. Nous vivons une conjoncture difficile, avec des entreprises qui mettent la clef sous la porte, des jeunes qui ont peur de l'avenir, et la présence sur place de garnisons militaires est perçue par les gens comme un pilier solide et inamovible sur lequel ils peuvent au moins compter. Beaucoup de monde s'accroche à cette branche que vous souhaitez scier !
Sarko : Aucune branche ne sera sciée de manière inconsidérée... Mais les amoureux de la nature que compte cette assistance savent bien ce que soigner un arbre veut dire. Il faut combattre les parasites, arroser l'arbre, tailler ses branches inutiles. Si on ne le fait pas à temps, c'est l'arbre entier qui est menacé !
François : Nous ne sommes pas des branches inutiles, Monsieur le Président, et encore moins des parasites ! Quant à arroser l'arbre, ce sont les larmes des petites gens qui vont couler à flot.
Sarko : Vous jouez la carte sentimentale, là ! Mais on ne dirige pas un pays avec de bons sentiments. Il faut de la rigueur, monsieur François, du réalisme !
François : Je n'aime pas davantage vos propres cartes, Monsieur le Président. La carte judiciaire, la carte hospitalière, la carte militaire, la réforme des universités... Je vois surtout à l'oeuvre des technocrates parisiens régler froidement le sort de millions de gens au vu de considérations comptables, et sans le moindre regard pour les drames qui se jouent dans la vie réelle.
Sarko : Des drames ? Allons donc ! Quels drames ?
François : Nous avons déjà été vivement ébranlés par la disparition d'un régiment à Sarralbe et par la suppression du 4ème Cuir à Bitche même. Demain, le maintien de nombreuses écoles sera contesté. Nos commerces seront menacés de faillite ! Les longues années de souffrance que nous avons vécues au cours des trois dernières guerres nous ont appris le courage, et ont ciselé au fil du temps notre identité de ville de garnison. S'y attaquer, c'est détruire notre bel équilibre, notre belle unité, et jeter aux oubliettes des siècles de tradition nourrie de respect des valeurs et de courage face aux épreuves. On n'a pas le droit de nier l'âme d'un pays.
Sarko : Ne vous inquiétez donc de rien, monsieur François. Faites-nous confiance ! Nous allons nous occuper de tout !
François : Monsieur le Président, l'avenir que vous nous promettez est bien sombre. Mais nous avons pour nous notre solidarité et notre courage. Dans les contextes les plus défavorables, dans les conflits les plus durs, nous avons toujours su serrer les rangs pour faire front tous ensemble. Jamais, nous n'avons plié devant personne ! Sachez-le, Monsieur le Président, ni aujourd'hui, ni demain, personne ne nous fera rendre gorge !
Et puis, nous ne sommes pas seuls ! Nous pourrons toujours nous fier à nos élus qui jamais, eux, ne nous laisseront humilier et trahir de la sorte !
Une majorité de français s'est rangée sous vos couleurs et vous a élu à la Présidence de la République en 2007. Aujourd'hui, c'est à vous de nous montrer que nous pouvons compter sur vous !
Commentaires
C'est une blague j'espère la chute de votre saynète. Il a montré quoi de bien le Sarko depuis 1 an ?
SVP, faites moi la liste de ce que vous estimez bénéfique pour le pays et les habitants depuis 1 an ?
C'est même plus un gouvernement bling-bling, j'appelle ça un gouvernement couac-couac.
Depuis quand le rôle premier de l'armée est de soutenir le développement économique des territoires ?
Je ne pense pas que les égos de clochers doivent présider à la politique militaire de la France.
Et d'ailleurs, je verrais d'un bon oeil qu'on baisse les crédits des militaires, si c'était pour les alouer aux urgences sociales. Et vu l'état d'inadaptation des forces françaises de toutes façons...
Mais merci pour votre spam en commentaire...
Depuis que, Dieu merci, notre pays vit en paix avec ses voisins.
Ils font vivre le pays (écoles, commerce...) au lieu de vivre du pays, pour jouer sur les mots.
Le message qui suit devait vous être adressé, pour ne pas alourdir la rubrique commentaires. Hélas, la procédure de "Contact" ne marche pas. Désolé donc de mettre ce texte içi.
Je découvre vôtre Chant des adieux en guise de commentaire sur un petit article de mon blog. Vu le peu de rapport entre les deux textes, je me demande si vous avez lu mon blog; ou bien vôtre article y est venu par une procédure automatique (une sorte de spamming)?.
A part cela: vôtre texte est suffisament ambigu. Excellent, pour l'aspirant-politicien que vous semblez être ! (faut surtout pas se mouiller, dans de tels cas...). On y sent, néanmoins, une tendresse pour ce brave François et pour son ineffable regiment d'artilerie. La question, cependant, reste entière: une ville (ou une région) doit-elle maintenir son chèr régiment en guise de... rente de situation ? Comme une espèce de subvention d'Etat, déguisée, pour la forme, en régiment d'artillerie ?
Car, de deux choses l'une:
a) Le Régiment en question est vital à la nation, de par sa fonction principale, à savoir celle guerrière-défensive. Si Oui, son existence peut se justifier (l'analyse Coût-Bénéfice étant une deuxième étape du débat, qui viendrait par la suite: être “utile” est une condition nécessaire mais pas suffisante: encore faut-il rendre aux autres au moins autant “d’utilité” qu’on n’en consomme.)
b) Le régiment en question n'a aucune utilité du point de vue militaire. Le débat est alors clos. Du moins, à mes yeux.
Le plaidoyer de ce brave François semble ne pas nier l'inutilité défensive actuelle dudit régiment. Raison pour laquelle il essaie de défendre son existence par des arguments secondaires:
- le glorieux passé. Certes ! Hélas, si on doit payer une rente à perpétuité à tous ceux qui ont fait des sacrifices pour le pays, (depuis Vercingetorix?), le revenu de la terre entière ne suffira pas. De plus, je comprends facilement les mérites des HOMMES: de ceux qui, il y a des dizaines d'années, ont souffert. Le jeune officier actuel, agé d'une trentaine d'années, n'y est pour rien. Le "régiment" n'est qu'une étiquette. Ce n’est pas “le régiment” qui est glorieux: ce ne sont que des hommes, dans le passé, qui le furent. Ce n'est pas parce qu'on colle la même étiquette sur une autre bouteille que le contenu devient automatiquement le même...
L'économie de la ville de stationnement dudit régiment. Certes, le départ du régiment privera la ville de cette ressource. S'agissait-il d'une ressource qui lui était NATURELLEMENT dûe ? Que je sache, la seule "paye" qui vous est NATURELLEMENT dûe est celle qui vient en contre-partie d'un service rendu. Par l'intermédiare du "régiment", c'est le reste de la nation qui paye la ville. Pour quel service reçu en contre-partie ? Si le régiment n'a plus d'utilité pour la nation, il n'y a plus de service rendu à la nation. Donc ?
Mais peut-être la paye serait dûe à la ville en compensation de ses souffrances passées ? Là aussi, la ville actuelle ne souffre pas. De plus (et comme plus haut), ce n’est pas “la ville” qui souffre: ce sont les hommes. Les hommes du passé ont souffert; peut-être ne les a-t-on pas dédomagés assez. Mais les hommes du présent ne souffrent pas ( du moins, pas plus que ceux de toute autre contrée du pays). En vertu de quelle souffrance François demanderait-il un traitement de faveur de la part de la nation ?
Rappellons donc à ce chèr François que le grand bénéfice de la Paix c'est:
- moins de risque de mort violente. En cela, la ville en question (si exposée à ce risque par le passé!) est déjà amplement gagnante.
- justement, vue la diminution de ce risque, on peut ne plus immobiliser autant d'énérgies dans la chose militaire. Et rendre ces énergies disponibles pour des activités plus bénefiques à la société.
Ainsi donc, nôtre chèr François devrait plutôt se creuser les méninges pour trouver une activité qui soit réellement utile à la société, dans le contexte de nos jours. Autrement dit, il devrait mériter l'argent qu'il reclame. Le simple fait de résider dans une ville autrefois exposée aux affres de la guerre me parait être un "mérite" bien peu convaincant...
Quant à l'article de mon blog sur lequel est venu se greffer vôtre texte... il évoquait des modalités opérationnelles différentes pour assurer la défense collective. Ceci est, à mon sens, un autre débat.
Mais l'idée de maintenir les moyens techniques d'une autre époque - et aux mêmes endroits qu'autrefois!- juste en vertu du respect pour le passé glorieux, cette idée-là est proprement absurde. Par le passé, les maréchaux-ferrants, les diligences ou bien les bateliers rendirent d'immenses services au pays. Eut-il fallu, par le même raisonnement, maintenir pour l'éternité ces "emplois”? Et aux mêmes endroits qu'il y a 2 siècles ? Alors que les besoins de la société changent, au gré des évolutions technologiques, démographiques, politiques, etc ? José Bové devrait répondre Oui à cette question (à supposer qu'il soit suffisamment cohérent dans sa sottise, ce dont je doute...). J'ose espèrer qu'un professeur en mathématiques ne commetrait pas de telles erreurs de logique élementaire.
Cordialement
Andrei Ludosan
Merci pour ce joli commentaire, Monsieur Ludosan !
Je me plais à constater, au passage, que nous partageons des appréciations assez semblables de l'oeuvre du décourageant José Bové, dont il serait vain de chercher des adjectifs descriptifs appropriés dans les dictionnaires courants.
Pour en revenir, plus sérieusement, au problème qui nous occupe, j'entends bien l'essence de votre argumentaire, qui subordonne le maintien d'effectifs militaires dans une région donnée à leur utilité pratique démontrée. Certes, l'idée semble naturelle, mais ce type de raisonnements, appliqués de manière systématique, est la porte ouverte aux mises en oeuvre froides et rapides des mesures les plus brutales et les plus expéditives dans toutes les sphères de la société.
Pour ne donner qu'un exemple, vous imaginez sans peine que la raison de vivre d'une entreprise et, subséquemment, la motivation principale de ses dirigeants, est d'être viable, compétitive, et de réaliser des bénéfices élevés de manière durable. A l'évidence, le but premier d'une entreprise industrielle ou d'un commerce n'est pas de faire oeuvre sociale, de fournir du travail à une population locale ou de favoriser les petites sociétés de service susceptibles de vivre grâce à elle.
Dans ces conditions, on pourrait, selon votre logique, se réjouir, au nom de principes comptables et d'objectifs de rentabilité, des délocalisations massives qui s'opèrent actuellement vers les pays asiatiques ou l'Inde, qui fournissent une main d'oeuvre docile et bon marché très appréciée des leaders du monde des affaires.
Comme vous le voyez, de telles considérations ne sont pas admissibles, car on ne saurait passer sous silence les effets locaux de tels procédés : fermetures d'établissements en France, chômage, mise en difficulté d'autres sociétés dépendantes des précédentes...
Si des réformes doivent avoir lieu - et je pense à la carte militaire aussi bien qu'aux autres domaines visés par notre gouvernement -, elles doivent être soigneusement pesées, préparées, expliquées, et surtout s'accompagner de démarches compensatives destinées à venir en aide aux personnes touchées. il ne faut en aucune façon, comme c'est le cas aujourd'hui, procéder de manière subite et brutale au mépris des plus élémentaires précautions et réserves pensées dans l'intérêt des habitants des lieux concernés.
Il faut prendre garde à ce que l'on fait avec les gens, Monsieur Ludosan, voilà qui me semble être un principe de base auquel ne devrait jamais déroger un élu responsable !
Florence Soriano-Gafiuk
Merci de vôtre réponse. Ca permet de voir que des points de vue assez différents peuvent dialoguer, sans nécessairement aboutir à des noms d’oiseau et autres délicatesses du genre.
Effectivement, tirons un voile pudique sur José Bové…
Restons sur deux points :
Oui, l’essence de mon raisonnement tient à l’utilité pratique démontrée de la chose.
Effectivement, mon raisonnement aboutit à ce que vous dites : se réjouir des « délocalisations ». Ou, du moins, ne pas y voir un mal…
Démontrer ce que j’affirme nécessite un peu plus de développement ( hélas…). Et… des nuances apparaîtront, alors…
Pour ce qui est des « mises en oeuvre froides et rapides ». S'agissant de « la soldatesque »…je ne suis pas trop ému par de tels procédés. Nous sommes bien d’accord, nous ne parlons pas des soldats eux-mêmes, mais de toute cette population CIVILE qui vivait en rendant service à ces soldats : boulangers, bouchers, cordonniers, bars, cafés, etc. A bien y réfléchir, cela a toujours existé, auprès des armées. Toute armée constituée attirait autour d’elle une noria de civils, prêts à satisfaire les besoins quotidiens de cette armée, contre monnaie sonnante et trébuchante : boulangers, blanchisseuses, aubergistes… Voire même… ce que l’on qualifie de « plus vieux métier du monde »… Et également, pendant des siècles, la dissolution de ces armées – généralement rapide et brutale – était forcement une « perte » pour tous ces civils. Mais, que je sache, jamais ces civils n’ont envisagé, à ces moments-là, de demander une « pension » au Roi, en compensation de ladite « perte ». Explicitement ou implicitement, ils avaient probablement conscience du fait que vivre au dépens d’une armée n’est pas la normalité, mais plutôt une situation exceptionnelle, provisoire. Parfois même, ceux qui s’enrichissaient en commerçant avec l’armée étaient mal vus : « profiteurs » d’une situation qui pesait lourd sur le reste du peuple, situation que tous voulaient voir se finir au plus tôt. Pour ma part, je trouve que de telles récriminations n’ont aucun fondement : bien au contraire, en monnayant au prix fort leurs services, ces civils rendaient d’autant plus lourd le coût des aventures militaires : rien de tel pour couper les élans guerriers des chefs qui, autrement, auraient allégrement continué leurs jeux de gloire (et de massacre).
Mais, une fois la guerre finie, je pense qu’il n’y a aucune raison d’assurer à ces civils une transition « en douceur ».
Alors, à qui appartient le tort de la situation actuelle de vôtre région ? Dans un premier temps, on serait tentés de dire : à la « région » elle-même (à ses dirigeants ?), qui, à tort, s’est imaginé qu’on peut fonder une prospérité DURABLE sur la seule présence militaire. Mais… je vous l’accorde, ce serait un peu simplet. Mon exemple historique « générique » colle parfaitement aux armées de Napoléon : les armées étaient rassemblées pour peu de temps, elles restaient peu de temps dans un même endroit… La conscience de l’aspect éphémère de telles situations demeurait bien vive. Qui plus est les civils, généralement, goûtaient davantage les inconvénients (pillages, beuveries, viols) que les bénéfices. Ils étaient donc fort contents quand la situation prenait fin et ne demandait surtout pas de « jouer les prolongations ».
Hélas, les temps modernes ont inventé un concept redoutable : l’armée régulière (en lieu et place de l’armée « occasionnelle » qui prévalait encore au début du XIX-ème siècle…). Et donc apparaissent aussi les « campements » permanents. Il est évident que, dans de telles conditions, les zones de « campement » voient s’élever de vraies villes (maisons en pierre, place du marché, etc.) autour du camp militaire : les civils de ces villes perdent complètement la notion du provisorat de leur principale source de revenu. L’age d’or de ces situations fût probablement le milieu du XX-ème siècle. Hélas, le début du XXI-ème siècle vient nous rappeler quelques « fondamentaux » : la chose militaire ne doit pas durer. Ce n’est pas un objectif en soi. Bien au contraire, son existence (et son entretien) est une pure perte pour la société. Perte à laquelle nous nous soumettions, en échange d’un plus de « sécurité », lorsque menace il y avait (réelle ou imaginaire…). Mais si la menace disparaît…il n’y a aucune raison de faire perdurer une perte. Plus vite on arrête une perte, mieux on se porte.
Reste que, par endroits, du fait de la durée et de la « sédentarité » de ces armées, plein de civils, en toute innocence, ont bâti leur vie en « pariant » sur la pérennité de cette source de revenu.
Faut-il les aider dans leur « malheur » ? Comme on l’a vu, c’est plutôt le « bonheur » précédent qui était exceptionnel, pas leur « malheur » actuel. C’est quoi, leur « malheur » actuel ? De devoir vivre comme les autres, en offrant des services civils à d’autres civils ? Si cela est un « malheur » alors je me dois de vous informer que la presque totalité de la population française vit dans ce « malheur » depuis plus de 60 ans… Iriez-vous donc vous plaindre d’un petit rhume récent, devant quelqu’un qui souffre de tuberculose depuis des années ?
Au mieux, en se disant que l’erreur du mauvais « pari » n’est pas entièrement imputable aux petites gens sur le terrain ( ça prête à discussion, mais admettons…) on peut éventuellement envisager une aide – fort ponctuelle ! – pour le retour à la vie normale. Il ne s’agit pas, à proprement parler, d’un dû, mais plutôt d’une bienveillance… Même si ce n’est qu’une question de formes, je serais nettement plus tendre si, à la place de la fière revendication il y avait une humble sollicitation à l’aide. Accompagnée, éventuellement, de projets qui nous fassent croire que ces gens ne veulent pas vivre éternellement dans une condition qui s’apparente, désormais, à la mendicité…
Pour ce qui est des « délocalisations ». Oui, dans l’absolu, je n’y vois aucun inconvénient. Quelques ouvriers perdent - très provisoirement d’ailleurs - leur emploi. Le pays entier gagne, en revanche, des produits moins chers, donc plus accessibles : le bénéfice est surtout pour les plus humbles et démunis. Serait-ce si « anti-social » de penser qu’un avantage pour des millions de petites gens vaut plus que « l’inconvénient » de quelques fabricants ?
Remarquons, au passage, que si « les français » achètent des produits chinois (même à très bas prix) cela veut dire que « les français » gagnent en même temps cet argent quelque part. Sinon… la machine ne marche pas ! Autrement dit, si la machine marche, cela veut dire que l’immense majorité des français fait des choses utiles aux autres, même dans le contexte de ce marché mondialisé. Il n’y a qu’une seule situation qui, dans cette configuration, serait inquiétante : celle ou, pour acheter les produits qu’ils consomment (qu’ils soient chinois, indiens ou américains), les français s’endetteraient, au lieu de produire au moins la même valeur de biens qu’ils consomment (production qu’ils vendraient également… là ou elle trouve preneur : Asie, Afrique, Amérique….quelle importance ?). Cela voudrait dire que les français, d’année en année, s’appauvrissent. Mais, dans un tel cas de figure, est-ce « l’étranger » qui est coupable ? Et doit-on élever des barrières devant ce commerce international ? Heureusement on ne l’a pas fait par le passé, sinon chaque région historique de France s’entêterait encore à produire seule tout ce qui lui faut : blé (y compris à Chamonix), orange et olives (ça pousse bien, à Lille) etc. Le résultat d’une telle disposition des choses serait évident : la pauvreté généralisée.
Comment éviter, actuellement, l’appauvrissement de la France ? La réponse est évidente : chaque français doit considérer qu’il vit sur la planète Terre, et que la « collectivité » à laquelle il doit apporter une « utilité » est… cette collectivité élargie. Collectivité qui comprend aussi bien les américains que les chinois et les indiens. Si, en France, vous trouvez que le plombier Jean travaille mieux pour moins cher que le plombier Jacques, vous trouvez normal de faire affaire avec Jean. A tel point normal que la législation vous impose même de choisir ainsi, dans l’exercice de vos fonctions municipales ! (et, je ne doute pas un instant, vous respectez scrupuleusement la législation des marchés publics). Mettez maintenant le plombier chinois (ou polonais ?) à la place de Jean. Avez-vous la moindre raison de dire que, du fait d’être chinois, on n’a pas le droit de participer au « jeu » au même titre qu’un français ? Le sens de la Justice n’est-il pas le même pour tout être humain ? Ou alors, ces chinois ou indiens seraient-ils des sous-hommes ?
Si donc vous acceptez que la Justice (au sens moral du mot) vaut autant pour le français que pour l’indien, vous devez admettre que la délocalisation en Inde n’est pas plus « répréhensible » que celle de Paris vers la Bretagne.
Certains disent que cela entraîne une horrible « égalisation par le bas ». Et les mêmes de vitupérer contre la liberté du commerce, source, selon eux, « d’inégalité croissantes, devenant insupportables ». Charmant, ce libre commerce qui est à la fois source d’égalisation et d’inégalités ! Mais l’incohérence de ces récriminations nous ramène à nôtre cher berger du Larzac (et son ami le postier de Neuilly…)
Et comment savoir, pour le français lambda, si son travail est « utile » ou non ? La plupart des gens dans ce pays, surtout parmi les dirigeants, croient que c’est à l’Etat (ou à l’Administration) de le dire. Et donc « d’orienter » le pays (ou la région) dans la « bonne direction ». Ces hauts fonctionnaires se trompent régulièrement, mais ça n’ébranle nullement leur conviction.
Or, il existe un moyen vieux comme le monde, accessible à chacun des français : le marché. La « technique » est simple : si tu trouves une activité dont les résultats se vendent à prix plus élevé qu’elle n’en consomme, tu as déjà un truc « utile ». Plus la différence est grande, plus elle est « utile ». Il suffit donc de laisser les gens se trouver, chacun pour son compte, son chemin. Un grand « profit » (le « profit » étant justement cette différence entre coûts de production et prix ce vente) signifie… une grande utilité pour la collectivité. Ceci est toujours et entièrement vrai, à condition que le « marché » soit libre, c'est-à-dire que :
- le coût reflète la vraie valeur des ressources consommées
- le prix reflète la vraie valeur du produit (c'est-à-dire l’intensité du « désir » des autres de l’avoir)
Le « marché » est, en fait, la plus parfaite démocratie : on y vote tous, tous les jours, sur tous les objets et les services qui nous entourent. Mieux encore : à la différence d’un vote politique(ou les sujets de débat sont limités en amont et les possibilités de réponse limitées à Oui/Non, en aval) le « vote » du marché connaît toutes les nuances possibles : les tomates ne reçoivent pas une réponse idiotement figée : ce sera NON à 30 Euros le kilo, quelques kilos trouveront preneur à 10 Euros, etc. Il y a donc une infinité de nuances (« coefficients de pondération » dirait un mathématicien…). La réponse varie d’un jour à l’autre (en réponse aux changements subtils). Mieux encore : à la différence du « vote politique », le marché n’impose nullement une réponse unique : les préférences individuelles peuvent encore trouver leur place ! Connaissez-vous une mécanisme de socialisation qui permette aussi bien aux gens d’inter-agir, tout en respectant les particularités individuelles ?
Seul problème du « marché » : il n’aboutit jamais à ce que les dirigeants souhaitent. Il est la résultante des souhaits de millions de gens. En cela, il parait profondément détestable aux yeux de tous les « dirigeants », qui se sentent investis de la tache de décider du bonheur des autres. Et, puisque la réalité (les désirs réels des gens) contrarie leurs fantasmes, les « dirigeants » vont accuser la réalité. Etrange conception de la démarche scientifique, ou la théorie prévaut sur la réalité des faits….
Autrement dit : je tiens « la liberté » pour le bien le plus précieux. Je parle bien de la liberté INDIVIDUELLE, et non pas la liberté « de la France » ou du « pays de Bitche ». Ces concepts abstraits n’ont pas de désirs ou de bonheur propre. Ils servent d’alibi pour que des dirigeants occasionnels attribuent (à tort !) leurs obsessions personnelles à des milliers de gens.
Or, la liberté individuelle commence par la liberté de chacun de disposer librement des fruits de son travail. D’échanger ces fruits avec qui il veut et au taux qu’il veut. Bien entendu, cette liberté sera limitée par l’égale liberté des autres (français, chinois ou indiens) de participer au jeu. Trouvez-vous immoral de penser que le chinois a autant de droits humains que le français ?
Aucun de ces échanges libres n’est mauvais: si les gens échangent, c’est qu’ils y trouvent un intérêt à le faire. S’ils arrêtent d’échanger, c’est qu’il n’y a plus intérêt à le faire.
Cela obligera certainement beaucoup de français à se creuser les méninges pour trouver de nouvelles activités, qui soient « utiles ». En cela, il n’ont pas plus de « contrainte » que le chinois ou l’indien. Il n’y a aucune raison morale de sur-protéger les français. Le monde change, les besoins des « autres » changent… Nous sommes tous soumis à ces changement et nous en sommes tous également responsables : ce « monde » dont les besoins et les désirs changent n’est pas une abstraction : y participent, entre autres, aussi bien vos désirs que les miens et que ceux de chacun d’entre nous. Il n’y a aucune raison morale pour créer des « règles de jeu » différentes pour certains. D’autant plus que, hélas, le « privilège » ainsi demandé ne peut exister qu’au détriment d’autres personnes. Je n’y vois aucune justification morale, bien au contraire…
Et, contrairement à ce que « l’élite » de ce pays veut faire croire aux petites gens, les français se débrouillent très bien, même mieux que beaucoup d’autres, à ce jeu. Leur seul handicap : justement, ces « élites ».
En clair : vous n’avez pas à protéger les français des chinois ou des indiens. Vous devez simplement leur donner la liberté de jouer sans un fardeau. Or, le fardeau, ce ne sont pas les chinois qui nous le posent : ce sont nos administrations pléthoriques et inutiles, ce sont nos législations touffues et incompréhensibles, ce sont nos « actions sociales » visant à « protéger les faibles » : au lieu de les « protéger » on ne fait que retarder leur adaptation au monde, rendant par cela le choc encore plus dur et dévastateur, le jour ou il aura lieu. Car il est illusoire de croire que vous allez pouvoir maintenir « ad vitam aeternam » des activités inutiles.
On ne peut promettre à personne « la sécurité de l’emploi ». C’est un mensonge ! Ceux qui réclament ça font preuve soit de stupidité, soit d’un égoïsme inacceptable. Personne d’honnête ne peut garantir qu’un travail actuel, dans son lieu actuel, sera encore utile aux autres dans 20 ou 30 ans. Apprenez donc à vos « ouailles » de bouger d’un lieu à l’autre, à changer facilement de métier. Vers quelles destinations, vers quels métiers ? Vous n’en savez rien, et personne ne peut le dire. A eux de le découvrir, chacun selon ses compétences, ses dispositions et ses humeurs.
Mieux encore : ne leurs apprenez rien. La plupart d’entre eux ont mieux compris le monde que nos politiciens, et ils sont plus capables que vous ne le croyez. Libérez-les, simplement. Le reste… ils le feront tout seuls, mieux que vous ne le pensez. A condition qu’ils soient libres.
Cher Monsieur Ludosan, il va sans dire que votre parfaite courtoisie et, surtout, la qualité peu commune de vos commentaires, méritent la plus grande considération, et que je suis enchantée que vous ayez pris le temps de développer votre pensée pour le grand intérêt des lecteurs, et le mien !
A franc parler, votre argumentaire semble bien séduisant à première lecture, et on ne peut effectivement qu'être emporté(e) par vos idées généreuses concernant le respect de principes égalitaires, et par vos mises en garde contre les effets négatifs des "protectorats prophylactiques" derrière lesquels aimeraient se dissimuler ceux de nos concitoyens que la seule idée de descendre dans l'arêne économique mondiale pour défendre leurs chances face à la concurrence extérieure, ou même intérieure, épouvante.
Ceci dit, cette manière de voir les choses, honorable en substance, ne s'applique guère aux réalités du contexte international d'aujourd'hui !
Pour prendre un exemple qui illustrera ma pensée, considérons que vous vous proposiez de prendre quelques photos sous-marines au milieu des requins dans le grand large, ou quelques clichés de crocodiles dans leur milieu naturel. Comme tout professionnel avisé, j'aime à penser que vous saurez vous munir d'un matériel susceptible de vous prémunir contre les aléas des expéditions exotiques : petit creux des squales à l'heure du goûter, sautes d'humeur de reptiles molestés en début de sieste, et j'imagine que vous aurez à coeur d'être équipé ce jour-là d'une cage métallique aux barreaux éprouvés, de dispositifs luminescents propres à éloigner vos modèles trop entreprenants, ou encore, que sais-je, d'une carabine à fléchettes anesthésiantes, par exemple. N'étant pas reporter animalier, je ne saurais dire avec précision quels ustensiles vous choisirez d'employer, cher Monsieur Ludosan, mais je suis à peu près certaine, en tout cas, que vous ne songerez pas un instant à vous avancer au milieu des crocodiles sans armes ou protection d'aucune sorte, arguant que ces charmants reptiles doivent être affrontés "à la loyale" avec les seuls moyens dont vous a doté la nature...
C'est pourtant, cher Monsieur Ludosan, exactement ce que votre philosophie pratique suggère de faire à nos compatriotes, confrontés à la jungle économique mondiale. Je vous sens blêmir, et faire remarquer, fort opportunément, qu'il n'est pas admissible de comparer les travailleurs des autres pays à des prédateurs féroces. Vous avez bien raison, naturellement, et ce n'est naturellement pas là le sens de mon propos !
Ce que je veux évoquer, c'est la grande différence de conditions dans lesquelles sont amenés à travailler nos concitoyens, et ceux des nations émergentes. Il n'est un secret pour personne que nombre de groupes industriels exploitent sans vergogne une main d'oeuvre littéralement réduite à l'esclavage sur les continents africain et asiatique, et réalisent dans ces conditions des profits substantiels en s'appuyant sur un principe éprouvé de minimisation des coûts humains.
Conscients de cela, qu'allez-vous exiger des travailleurs français ? Leur faut-il, pour être "compétitifs" et affronter leurs concurrents "à la loyale", accepter des rythmes inhumains pour des salaires de misère, renoncer à toute protection sociale, être prêts à être licenciés sans sommation si l'accident ou la maladie venaient amoindrir leur efficacité du moment ? C'est pourtant dans ces conditions qu'officient leurs collègues étrangers, qui n'ont pas, eux, des lois et des acquis sociaux propres à les protéger contre les abus et les pratiques d'un autre âge.
Dans cette ligne, vous savez sans doute que 80% des ballons de football cousus à la main et vendus dans le monde sont produits au Pakistan, dans le district de Sialkot. Ces ballons représentent un marché d'un milliard de dollars, mais aussi le cauchemard quotidien de 7000 enfants employés secrêtement par nos grandes marques d'articles de sport par l'intermédiaire (il faut bien brouiller les pistes), de sociétés sous-traitantes.
Comme vous le voyez, les effets pratiques des délocalisations rivalisent de négativité : difficultés et chômage "ici", travaux dégradants et conditions épouvantables "là-bas", et vous concevez sans peine que la perspective d'aligner nos propres façons de travailler sur ces modèles n'est pas envisageable. Je n'ose pas davantage imaginer que vous puissiez vous associer aux discours exotiques expliquant qu'au fond, ces prolétaires africains ou asiatiques ont de la chance : aussi pénibles qu'elles puissent paraîtres, ces tâches leur assurent des revenus, faute desquels ils ne pourraient survivre, et ils seraient donc naturel, vu sous cet angle, d'attendre une certaine reconnaissance de la part des enfants trimant dans les mines et les carrières du Népal ou des Philippines pour les bienfaits dont ils nous sont redevables.
Pour résumer les choses, Monsieur Ludosan, je ne suis favorable ni à un libéralisme sauvage, ni à des régressions sociales forcées au prétexte que "d'autres, ailleurs, accepteront sans broncher ce qui vous choquent aujourd'hui", ni enfin à des mesures brutales, prises sans précaution et sans concertation, mais exclusivement au vu d'analyses comptables, et au mépris des intérêts des êtres humains concernés.
Bien au contraire, j'aime à croire que les protections sociales durement acquises par nos ainés seront un jour étendues au reste de la planète.
Vous parliez de la liberté, Monsieur Ludosan, comme d'un principe fondateur autour duquel vous articulez toute votre argumentation. Je vous rejoins sur ce point, bien sûr, à cela près que les hommes, les femmes et les enfants qui concurrencent nos propres ressortissants en s'acquittant de travaux pénibles pour des rémunérations dérisoires sont aussi peu libres qu'on peut l'être ! Nous ne vivons pas, et je le regrette, dans un monde égalitaire, libre et honnète, où chacun, à égalité avec les autres, a sa chance, où les personnes sérieuses et consciencieuses sont récompensées dans une juste mesure tandis que les fainéants payent le prix de leur paresse... Ce monde-là relève des contes de fées, Monsieur Ludosan. Dans la réalité, c'est la force qui fait loi, et la nécessité qui pousse les individus à tenter de survivre par tous les moyens.
Il faut travailler à rendre le monde moins inhumain, et je pense que nous en avons les moyens; ici d'abord, et puis ailleurs, autant que nous le pourrons.
Florence Soriano-Gafiuk
Voilà enfin un débat ou l’on DIALOGUE: c’est à dire que chacun prend en considération les arguments de l’autre. Suffisament rare (hélas!) dans nos contrées pour mériter d’être souligné. D’habitude, les participants - à la télé ou ailleurs - déroulent chacun son propos, sourd ou indifférent aux autres; à l’évidence, dans ces cas on a affaire à une juxtaposition de MONOlogues et non pas à un DIAlogue. Comble du ridicule, la plupart de nos politiciens glorifient même cette “méthode”: ne les entend-t-on pas dire fièrement “je ne veux pas polémiquer” ?
Enfin... oublions la misére intellectuelle des “débats” qui occupent le devant de la scène de ce pays et revenons à nôtre dialogue.
Egalement, je suis obligé de vous rendre le compliment: vous avez une ecriture qui, à mon avis, vaut bien celle de nombreux auteurs “consacrés”. Ca donne envie de lire et ca invite agréablement au débat.
Sur le fond:
Si je comprends bien, le fond de vôtre propos serait le suivant: certes, la juste compétiton est louable. Encore faut-il qu’elle soit “juste” !
Qu’entend-t-on par “juste” ? Là aussi, selon vôtre propos, quel rapport entre le travailleur “occidental” (qui a certaines exigences de qualité de vie, aussi bien pour lui que pour ses proches: donc il exige une rémunération assez élevée!) et le travailleur africain ou pakistanais, obligé d’accepter des conditions de vie abominables (donc une rémunération de misère) ?
Autrement dit, les “dés sont pipés” ! La compétition n’a rien de “juste”.
De là s’ensuvrait un devoir de “protection”, pour protéger nos “acquis sociaux”.
Je vais d’abord - trés provisoirement - accepter ce propos. Je le refuterai dans un deuxième temps.
Si ce propos est vrai, vous aurez donc battu en brèche mon affirmation hautement générale, selon laquelle tout ce qui est “utile” est BON. En bonne mathématicienne, vous avez appliqué un principe logique classique: il suffit d’UN SEUL exemple contraire pour invalider mon assertion. Il est donc évident qui si vôtre exemple (concernant la concurrence mondiale) est admis comme vrai, mon affirmation est invalide. Et... à titre provisoire, je répète, je viens de prendre vôtre exemple pour vrai. Donc...“Cassé...!” comme disent mes enfants.
Soit ( je répète, acceptation fort provisoire...)
Manifestement, en vertu de cette victoire, vous semblez donc conclure au bien-fondé du maintien dudit régiment. La preuve ? Vous venez de lancer une pétititon en faveur de son maintien.
Or là... c’est vous qui commetez une erreur logique. Car démontrer que “l’utile” n’est pas TOUJOURS bon est une chose, mais de là à conclure qu’il n’est JAMAIS bon... voilà un pas à ne pas franchir. La seule chose qui parait admise c’est qu’il n’est pas TOUJOURS bon: il peut donc ne l’être que... parfois.
Rappellons-nous le déroulement du débat:
Florence: Maintenir le Régiment est bon pour l’emploi local.
Andrei: Oui, mais fort mauvais pour le pays, car inutile.
Florence: Si “l’utilité” (au sens économique) est toujours bonne, quid des délocalisations ?
Remarquons, au passage, que la généralisation, au départ, venait de vous, pas de moi. Cela étant, je l’ai admise, et donc j’ai répondu:
Andrei: Les délocalisations sont, elles aussi, bonnes, dans la mesure ou elles expriment la volonté libre des gens.
Florence: Mais le bas-coût de la main d’oeuvre asiatique est le resultat d’un esclavage innomable. On doit donc s’en défendre, se proteger. Malgré l’apparente “utilité” économique.
Conclusion (implicite): la protection est bonne. Protégeons-nous donc, maintenons le Régiment.
Comme je l’ai déjà dit, si la concurrence mondiale “déloyale” est, éventuellement, un bon argument pour nier la généralité du propos “ce qui est utile est toujours bon”, ce n’est en tout cas pas un argument suffisant pour affirmer la négative (“ce qui est utile n’est jamais bon”). Il reste donc possible que ce qui est utile soit parfois bon (et donc, dans ces cas particuliers, l’inutile est mauvais).
Examinons donc, à nouveau, le cas particulier du Régiment de Bitche. En ayant toujours, en toile de fond, l’idée que la concurrence asiatique serait un danger.
Nous avons admis (je crois) que, pour la Nation Française, le maintien dudit régiment est une pure perte. Ceci, en dehors de toute référence à la concurrence asiatique. Si mes souvenirs sont bons, jamais cette affirmation n’a été niée. On an donc admis que c’est une charge pour la Nation et que ca ne rapporte rien à la Nation.
Qu’est-ce que la concurrence asiatique change à l’affaire ? A mon avis... rien. Ou bien... elle aggrave le cas du Régiment.
Faisons donc le schémà clair de l’affaire.
La Nation paye le Régiment. Pour rien. Perte sèche donc.
Le Régiment paye les gens de la région. Pour des services rendus au Régiment. Affaire normale et équitable.
La résultante de tout celà ? La Nation paye la région... pour rien.
On peut comparer le Régiment avec Sisyphe. La Nation (grècque) paye Sisyphe. Pour son travail (certes, épuisant) mais rigoureusement inutile. Sisyphe, à son tour, avec cet argent, paye un aubergiste pour le gîte et le couvert. N’empêche, au niveau de la Nation, Sisyphe (et son aubergiste) sont une perte sans aucune contre-partie.
La Nation décide donc d’arrêter de payer Sisyphe. Ergo: la Nation doit-elle quelque chose encore à l’aubergiste ?
L’aubergiste, maintenant, reclame la “protection” en raison la concurrence gauloise (deloyale, cela va de soi!). Soit, mais alors:
au pire, on peut lui offrir de l’argent... directement. Sans se compliquer la vie avec Sisyphe.
plus raisonable: la Nation fait observer à l’aubergiste que la concurrence gauloise ne le vise pas en exclusivité. TOUTE la Nation est EGALEMENT soumise à ce fléau. Il n’y a donc aucune raison pour que certains, au sein de la Nation, soient soustraits à l’effort de “défense”. Aucune raison pour que certains, eux-mêmes peinés par cette concurrence, soient, en plus, affublés de la charge de défendre nôtre aubergiste.
Bien au contraire, le devoir du dirigeant de la Nation, dans ces temps de diffculté, est de:
répartir le plus équitablement possible le fardeau de la menace gauloise (qui pèse, je le répéte, sur TOUTE la Nation grécque). L’aubergiste est donc invité... à SE défendre...au moins autant que les autres grecs.
éviter, encore plus que par le passé, le gaspillage des forces de la Nation. A ce titre, même Sisyphe (après quelques journées de repos, le pauvre...) sera gentiment convié à... faire quelque chose “d’utile” !!!!
Autrement dit, en revenant à nos jours, si vous mélez la concurrence internationale ( menaçante!) dans cette affaire, vous donnez encore plus de poids à... la suppression rapide du Régiment (car gaspillage des forces de la Nation) et à ne pas aider la région (les autres régions du pays sont aussi à la peine, à cause de la concurrence asiatique).
Car, j’espère que vous ne l’oubliez pas, l’obôle que vous demandez ne tombe pas du ciel: c’est le fruit des la sueur et des larmes... des autres français.
Sauf si, par je ne sais quel miracle, vous arrivez à faire payer le Régiment par... les chinois, par exemple.
Plus humblement, je crois que l’affaire de vôtre Régiment n’a rien à voir avec le commerce mondial. C’est une affaire purement héxagonale. Et, du point de vue franco-français, rien ne justifie vôtre démarche: ni l’économie, ni la morale.
La question de la justice (ou injustice) du commerce mondial est donc une question séparée. Elle n’a pas grande chose à voir avec le sujet de départ. Néanmoins, puisqu’elle a été évoquée, je devrai y répondre. Permettez-moi de le faire plus tard. A l’heure qu’il est, le devoir paternel m’appelle! (le bain du soir, raconter une histoire, etc.)
Dans le commentaire #5 vous comparez la disparition du régiment aux délocalisations, et terminez sur une envolée lyrique pour la défense des petites gens.
« Il faut prendre garde à ce que l'on fait avec les gens »
Mais c'est de cela qu'il est question. De prendre garde aux gens. De Défense Nationale. Toute comparaison avec le monde de l'entreprise, les délocalisations est hors sujet ici.
Je réitère ma question : Depuis quand le rôle premier de l'armée est de soutenir le développement économique des territoires ?
Les chars T80 soviétiques ne menacent plus de débouler par l'Est, vous savez. Il faudrait rénover la ligne Maginot aussi, pour faire vivre les hameaux alentours ?
L'Armée Française souffre d'une impréparation patente. Faute d'un porte avion supplémentaire pour assurer un roulement, la stratégie navale est caduque. Nous disposons de pléthore de chars Leclercs inadaptés aux combats modernes. Voir comment la France s'est servis du Liban comme Showroom pour ces derniers était assez triste.
Il n'est question ici ni de fables, ni de libéralisme, ni de doux commerce, mais de stratégie militaire. Si des régiments doivent être redéployés, qu'ils le soient, et jugeons cela dans des perspectives géostratégiques, et rien d'autre.
Merci, Sardon Hilaire, de rappeller ( comme je l'ai fait aussi, en plus ample) que la seule justification réelle d'un "truc militaire" est la défense REELLE ET EFFICACE du pays.
Les aides sociales à telle ou telle région... c'est du ressort de la Protection Sociale, pas de celui de la Défense.
Tiens, je vois que les argumentaires de Messieurs Hilare et Ludosan tendent à converger vers des conclusions analogues, chose qui me chagrine d'autant plus qu'elles sont à mon sens multiplement erronées.
Ainsi donc, la question du maintien (ou non) d'une garnison militaire ne devrait être examinée que sous un angle purement utilitariste, l'axiome de base autour duquel s'articulent les réflexions des deux analystes précités relevant exclusivement de l'intérêt fonctionnel des équipements et personnels en place, et non de préoccupations relatives au tissu socio-économique afférent.
Si l'on cherche à appliquer cette rectitude (ou, devrais-je dire, ce rigorisme ?) de point de vue de manière plus globale, on s'aperçoit rapidement que les conséquences directes sur l'équilibre du pays sont assez rebutante !
Dans un commentaire précédent, Monsieur Ludosan m'a donné à entendre, si ma mémoire est bonne, qu'une évocation comparative des problèmes liés aux mesures de délocalisation n'était pas pertinente, et sortait du cadre strict du sujet qui nous occupe.
Pourtant, comme chacun sait, les problèmes sont rarement isolés et s'inscrivent en général, bien au contraire, dans des mouvements plus vastes groupant des ensembles de phénomènes régis par des lois similaires.
Dans le cas qui nous occupe, il s'agit naturellement d'un exemple d'application, sur un site particulier, de la nouvelle carte militaire, mais il va sans dire que l'objectif visé (des économies substantielles) aussi bien que les méthodes employées (brutales, arbitraires) sont communs aux procédures de mises en oeuvre des cartes hospitalière, universitaire, et judiciaire !
Suivant la logique de mes deux correspondants, on ne manquera pas de justifier le bien fondé de ces multiples "cartes" en arguant, comme il est fait ici et là, que les malades seront "mieux soignés dans de grands établissements spécialisés", que la recherche française sera "plus visible si recentrée dans des complexes de pointe", que les affaires judiciaires seront traitées avec "davantage d'efficacité dans un contexte nouveau, optimisé et simplifié"...
Il va sans dire qu'il s'agit là d'une argumentation spécieuse visant à dissimuler sous un verbiage rassurant une intention purement comptable, qui bouleverse froidement la vie des citoyens concernés, professionnels déplacés sans égards et usagers floués des services de proximité, et je ne peux que m'élever contre des pratiques aussi contraires à toute morale.
Car, je vous le demande, si l'on considère qu'une garnison doit disparaître car le danger qui, par le passé, justifiait son existence, a aujourd'hui disparu, quel argument va-t-on trouver alors pour justifier la suppression d'un tribunal, d'un hôpital ou d'un établissement universitaire ?
Faut-il accepter que des personnes vivent désormais dans des endroits très éloignés de services d'urgence ou de maternité ? Est-il naturel de voir de nombreux jeunes issus de zones périphériques, de petites villes retirées, contraints, faute de moyens financiers et d'établissements suffisamment voisins, de se rabattre vers les filères subsistant sur place alors qu'ils ont droit, comme les autres, au panel complet des formations disponibles dans notre pays ?
Dans un même ordre d'idée, on apprend chaque jour que de nombreux petits village ne seront plus desservis par les services postaux, qui proposent de déposer l'intégralité du courrier communal à une adresse unique, épicerie ou café, où il est loisible à chacun de venir retirer son bien.
Inutile de dire que tout cela est absolument contraire à l'idée que je me fais du service public !
Nous avons notre service de santé, notre justice, notre système éducatif, notre armée, et tous ces organes doivent indispensablement être présents sur l'ensemble de notre territoire ! Que l'on soit domicilié à Paris Centre ou dans un petit village des Ardennes, on a par exemple droit, en tant que citoyen français, à recevoir son courrier à son domicile comme tout le monde ! Il est absolument inadmissible de "laisser tomber" toute une frange de notre population au prétexte qu'il n'est pas "rentable" de s'en préoccuper !
N'est-ce pas ?
Florence Soriano-Gafiuk
Ca se voit bien que vous n'habitez pas dans la région concernée, sinon, vous auriez autre chose à foutre que de vous adressez des textes de cette taille toute la journée! l'un comme l'autre !
La saynette et son texte sont d'une rare justesse, dans tous les sens du terme...seul hic !...Florence Soriano-Gafiuk est du coté de ceux qui ont, à Paris, voté cette fermeture ! et là, ça va être dur d'argumenter !
Quant à Monsieur Ludosan, il a raison aussi...supprimons ce qui ne sert à rien : les chiens, les vieux, les sapins,...les sarregueminois !
bref, tout ce qui ne sert à rien !
Nous n'habitons pas non plus en Ethiopie, Monsieur Morland, ce qui ne nous empêche pas d'être bouleversés, vous et moi, lorsque des enfants de ce pays meurent de maladies et de malnutrition.
En tous cas, je suis très touchée que vous ayez apprécié ma petite saynette, dont les lignes reflètent, pour l'affaire qui nous occupe, tout ce que j'ai sur le coeur.
Savez-vous, on peut être UMPiste, et donc être favorable à un certain nombre d'initiatives ou de démarches énergiques, sans se sentir pour autant tenu de soutenir sans réserve tout et n'importe quoi ! Dans un même ordre d'idée, imagine-t-on que le fait d'être socialiste condamne un homme à approuver l'infâme soutien apporté par François Mitterrand aux génocidaires rwandais, ou qu'une certaine sympathie pour les idéaux communistes fasse de l'adepte concerné un chantre du stalinisme ?
Quant à Monsieur Ludosan, je ne crois pas qu'il soit juste de voir dans sa prose un quelconque appel aux rejets des faibles et des inutiles. Je pense au contraire qu'il défend le concept d'un monde idéal où chacun serait travailleur, responsable, prêt à s'assumer, où les mesures sociales seraient réservées aux seuls véritables nécessiteux, les autres se prenant en charge eux-mêmes de manière parfaitement naturelle.
Je crois Monsieur Ludosan animé de pensées vraiment honnêtes et généreuses, bien que je ne sois pas certaine qu'il ait une représentation réaliste du désespoir que peuvent ressentir des femmes et des hommes lorsque le monde qu'il connaissent depuis toujours menace de s'effondrer. La perte de repères qui s'ensuit est très difficile à vivre, et la réadaptation dynamique à ces conditions nouvelles, qu'il appelle de ses voeux, n'est pas si aisée pour des individus d'âge mûr, qui n'ont jamais vécu dans un autre contexte que celui qui les a vu grandir.
Sur un plan strictement abstrait, les conceptions de Monsieur Ludosan sont sans doute audacieuses et volontaires, mais il se trouve que les gens ne sont pas des concepts, tout simplement !
Florence Soriano-Gafiuk
Mme Soriano: une institution judiciaire se justifie par le nombre de procès à traiter. Avec deux précisions: l'utilité n'est jamais une notion "en soi". Ca dépend du point de vue. Vôtre régiment, pour vous, est "utile" (pour des raisons "sociales"). Le problème, c'est que le payeur de ce régiment le paye pour assurer LA DEFENSE DU PAYS. Pas pour faire le bonheur local des habitants du pays de Bitche. Que cela ait pu apporter une source de revenus pour la région concernée... cela s'appelle, en économie, une "externalité". "Positive" du point de vue des habitants de la région. Les "externalités" ne peuvent jamais constituer des arguments sur lesquels on statue du bien-fondé d'une action. Contrairement à ce que vous avez l'air de croire, ce n'est pas Mr. Sarkozy personnellement qui paye le Régiment de sa poche: c'est, via les impôts, TOUTE LA NATION. Lui nierez-vous, à cette Nation, le droit de considérer l'affaire DE SON POINT DE VUE, prévalant sur le vôtre? L'intérêt "général", si chér aux politiciens de tout bord, est-il celui du pays de Bitche ou bien celui de la Nation ?
Si je comprends bien, dans vôtre optique, le "service public" a pour vocation de faire des opérations financièrement non-rentables. En clair, prendre de la richesse aupres de ceux qui ont peiné pour la créer et... la gaspiller. Etrange vision du "social". A ce rythme-là, n'est-il pas plus intéressant de demander tous un peu de "social" ? Si, bien sûr ! Mais.... aupres de qui ? Si nous sommes tous receveurs nets de cadeaux... ou est-il le "donneur" ?
Les mêmes mesures s'appliqueront donc, certainement, aux tribunaux, aux hôpitaux, etc.
Il est un seul point sur lequel je suis d'accord avec vous: les critères d'utilité. Actuellement, ils sont décidés par des énarques, dans des bureaux parisiens. Au "nom du peuple", pour "le bien du peuple", etc. Fumisterie évidente ! Mais ne me demandez pas de prendre pour bons VOS critères: ils sont tout aussi peu crédibles que ceux des énarques parisiens.
Alors ? Ma solution, je vous l'ai déjà exposée et argumentée: le "marché" ( mot odieux, n'est-ce pas ?).
A remarquer aussi une grande différence: un hôpital, un tribunal, etc. existent pour servir les gens du coin. Pas "toute la Nation". Si "les gens du coin" tiennent tellement à avoir un hôpital à chaque coin de rue... grand bien leur fasse. Qu'ils se le payent et on n'en parle plus. Vous ne verrez pas en moi, sur ces points, un défenseur des décisions "parisiennes", bien au contraire. Mais qu'on ne vienne pas demander aux "autres" de payer. Ces "autres" sont-ils des vaches à traire, pour le plaisir et les humeurs de certains ?
Pour la Défense... c'est plus compliqué: elle est supposée indivisible. Je vous invite à quelques lectures basiques d'économie, sur la définition des "biens publics". Wikipedia est un bon point de départ, et il est accessible à tous.
Mr. Morland: vous me paraissez mélanger allegrement des notions basiquement distinctes: les chiens, les sapins, les hommes, etc. Pour mémoire:
- les sapins peuvent faire l'objet d'une PROPRIETE. Ils sont considérés comme des objets. Vous taillez vôtre haie (vous "supprimez" donc des branches) pour des raisons... que vous appartiennent. Devriez-vous nous rendre des comptes à ce propos ?
- les animaux étaient assimilés à des "objets" jusqu'à il y a peu. Certaines espèces commencent à avoir des "droits", de nos jours.
- quant aux hommes (vieux, sarregueminois, jeunes, parisiens ou autres) ils ont des droits INDIVIDUELS. Ni vous ni moi ne pouvons prétendre "les supprimer" car nous n'avons aucun droit de propriété sur aucun autre homme.
Je peux donc "supprimer" un sapin qui M'APPARTIENDRAIT.(Certainement pas tous les sapins...)
Je peux, dans certaines limites, exercer un droit de propriété sur mon chien; certains droits reconnus aux animaux m'empêchent déjà de "le supprimer" froidement.
Mais je n'ai aucun droit DE PROPRIETE sur des êtres humains. Par conséquent... ce que vous dites est illogique.
Je me permets aussi de vous signaler que "supprimer le Régiment" ne signifie pas "fusiller les gens" qui le composent. Ni "démolir les bâtiments" d'ailleurs. Les hommes iront accomplir des tâches plus utiles: peut-être dans "le pays de Bitche", peut-être ailleurs. Les bâtiments restent, je crois, sur place. A vous de trouver une utilité à cette richesse (bâtiments, routes et que sais-je encore) fournie - jadis - par les autres, richesse qui reste dorénavant chez vous.
Personne n'impose rien au "pays de Bitche": vous êtes libres comme nous tous. Ne pensez-vous pas que, en exigeant le maintien dudit Régiment, c'est plutôt vous qui voulez IMPOSER aux autres ?
Autant le "pays de Bitche" n'appartient pas aux énarques parisiens (il n'appartient à personne en totalité, d'ailleurs: chaque lopin de terre appartient à un HOMME en chair et en os) autant la richesse crée par d'autres LEUR appartient. Vous ne pouvez pas EXIGER "vôtre part" sur cette richesse des autres car aucune "part" ne vous est DUE. C'est à ces "autres" de décider s'ils veulent vous donner quelque chose, combien et comment: gratuitement, contre un service...
Si si, je vais exiger ma "part" !
Après tout, dans VOTRE logique, en tant qu'habitant du Pays de Bitche, je serais quelque chose comme "co-propriétaire", autant qu'un autre, du 57ème !
Je ne vois pas au nom de quoi, après avoir perdu l'hopital, les moyens de transports, les écoles (les classes), la gendarmerie....il faudrait que je me taise quand on me déshabille !
Je vous rappelle que le régiment en question ne va pas être dissoud, mais transféré à....Montpellier !
Je vous rappelle que les lits de l'hopital de Bitche ne doivent pas disparaitre, mais être transférés à....Sarreguemines!
Ne confondez pas "propriété", "rentabilité" et "services publics" ! ce sont là, pour le cas des "des notions basiquement distinctes" !
Contrairement à ce que semblez penser, PERSONNE ne s'est fait lui même et même les "marchés" si chers à votre coeur, n'existent que par les gens qui y participent !
Vous me faites penser à Serge Dassault...chantre de l'économie de marché qui a construit sa fortune personnelle (avec papa) avec... le SEUL ARGENT PUBLIQUE!
Vos idées sont dangereuses pour la Nation. Oui, "idées" ou "idée" (mot odieux n'est-ce pas?)...car l'hopital, la justice et la défense sont, en fait des "idées", une idée qui a contruite notre "nation" (et non pas notre supermarché)...L'idée que nous avons tous les mêmes droits et devoirs devant la nation!
Quel droit de "propriété" a permis que je n'ai plus d'hopital où ma femme puisse accoucher ?, a permis que je n'ai plus de moyens de transports collectifs? a permis que les écoles de mes enfants ferment? que je n'ai plus droit à une gendarmerie ???
Parce que je suis né dans le pays de Bitche, suis-je un "sous citoyen" ? Dois-je aller habiter dans la région Strasbourgeoise pour avoir les mêmes droits que chaque français ? Je remplis mes devoirs, comme tout le monde !
alors, si, Monsieur Ludosan, je vais réclamer "ma part", et comment !!!! pas plus que ma part, mais ma part ! Pas en tant qu'individu, mais en tant que citoyen qui apporte sa part à l'édifice commun, au moins autant qu'un autre !
Je doute que votre vision de "l'individu" et la mienne convergent !
La vôtre, c'est "je prends tout ce qu'il y a, parce que je l'ai bien mérité, et puis c'est rentable, et puis les autres n'avaient qu'à se lever plus tôt, être plus nombreux, plus forts..." ! Ca me fait vomir !...pour l'instant !
Mais enfin, cessez de mélanger services publics et unités militaires, ça n'a rien à voir !
quand le sage montre la lune.....
merci, à bientôt !
D'abord, je vous prie de ne pas vomir. Ca me parait une réaction excessive.
Le "marché" n'est pas anti-social, bien au contraire.Demandez à nos anciens à quel endroit se tissaient, dans le temps, les liens sociaux, en priorité: à la messe dominicale? Devant la Mairie ou la Préfecture ? Hélas non, mais... sur la place du Marché, les jours de marché.
Bien sûr que vous êtes en droit de réclamer "vôtre part". Elle vous est due. La question est de savoir de quelle taille doit être cette "part" qui est la vôtre. Comme vous le dites vous-même, ce qui vous intéresse c'est un hôpital, un tribunal, le beurre, les épinards, le pain, etc: l'argent n'est pas un but en soi mais juste un outil de mesure et un intermédiaire très pratique pour que vous puissiez, en échange d'une heure de vôtre travail, recevoir des produits provenant du travail des autres, EN VALEUR EGALE. Autrement dit... exactement et strictement ce qui vous est dû. Ne fétichisez pas l'argent, ce n'est qu'un intermédiaire. Un outil de mesure.
Vous devez bien admettre qu'un gros tas de pommes n'est pas la même chose qu'un petit tas. Il a donc fallu donc inventer une unité de mesure - le kilogramme - qui nous permette de mesurer et de comparer ces deux "tas". Le kilogramme est donc l'unité de mesure des "poids". De manière analogue, l'argent est l'unité de mesure de la valeur des "biens" et "services". Tous les "biens" (objets, services) voient leur "valeur" mesurée par: l'euro, le franc suisse, le dollar....
Donc, la valeur de vôtre effort est mesurée en argent. La valeur des autres biens aussi.
La question, maintenant, est de savoir qui établit la valeur de vôtre travail et la valeur des autres biens. Pour le savoir... il faut qu'on s'entende sur ce qu'est "la valeur". Débat âpre et qui a fait couler beaucoup d'encre... De nos jours, on admet que tout "bien" n'a de "valeur" que dans la mesure ou quelqu'un le désire, ici et maintenant. Le pétrole, tant qu'il n'avait aucune utilité(personne n'en voulait), ne "valait" rien. De nos jours, nous en voulons tous... il est donc très "valeureux". Il a des valeurs différentes selon les endroits: il vaut peu en Arabie Saoudite, beaucoup plus chez nous. Rien ne vous empêche de l'avoir au prix "Arabie Saoudite"; il faut juste que VOUS (pas les autres) alliez le chercher là-bas.
Inversement, la "valeur" de vôtre travail... ce n'est pas vous qui la fixez, ce sont ceux qui veulent des fruits de vôtre travail: plus ils sont nombreux et plus leur désir est grand, plus vôtre travail sera "valeureux".
Tout ceci est vrai... dans un "marché" libre. Comme vous le constatez, le "marché" n'est qu'un mécanisme (parmi d'autres) destiné à établir la "valeur" des choses. Et, comme ces "valeurs" dépendent du désirs des gens, du nombre de gens, du lieu, etc, un même "bien", sur le "marché", a des valeurs diverses: selon les lieux, selon les jours, selon l'humeur des gens...
Il y en a qui ont pensé que le "marché" est une abomination. Ils ont donc décidé de faire autrement. En gros, ce sont les prix "administrés": ce ne sont plus ceux qui jouiront de vôtre travail qui en décident "la valeur" mais... des énarques. Les résultats de ce type de système ont été tous catastrophiques. N'empêche, en France, on continue à y croire ! Il est évident que même une assemblée de mille énarques, tous animés des meilleures intentions ( ce qui relève déjà de l'utopie) ne pourra pas prendre en compte la source fondamentale de "la valeur", à savoir les désirs et les préférences des gens. Pour la bonne et simple raison qu'il s'agit là de notion parfaitement subjectives et donc différentes d'un individu à l'autre.
Pour revenir à "vôtre" Régiment, "vôtre" hôpital, etc: le problème est, justement, qu'ils n'ont jamais été des biens marchands. Etant sosutraits depuis des décennies au "marché" (seul instrument capable de nous renseigner sur le désir réel des gens de les avoir, de les voir s'implanter ici ou ailleurs, etc.) nous ne savons, en fait, rien. Pour vôtre travail, c'est pareil: hormis le cas ou vous seriez à vôtre compte, dans ce pays on ne sait pas réellement la valeur des choses. La Fonction Publique rend des "services" dont on ne connait pas la valeur. Elle est payée par de l'argent qui n'est pas librement consenti, mais arraché par la force (les Impôts et Taxes).
Les salairés du privé... ne négocient pas librement et individuellement leurs salaires: la Loi ( de nouveau, la Force du gendarme) impose des "conventions salariales": en clair, 2-3 "liders syndicaux" prétendent décider au nom de millions de gens (parmi ces millions de gens soit-disant "représentés" par lesdits syndicats, à peine 5% sont adhérents: autrement dit, à peine 5% ont donné VOLONTAIREMENT aux chefs syndicaux le droit de parler en leur nom). Parmi les métiers "libéraux", nombreux sont ceux dont les "tarifs" ne sont pas libres.
Bref.... je ne sais strictement rien de ce qui vous est réellement dû. Peut-être, dans un monde libre, vôtre travail vaudrait plus qu'il n'est actuellement payé: vôtre "pouvoir d'achat" serait donc plus important. Et si tel était le cas de nombreux "bitchéens", des médecins (libres eux-aussi) des nourrices (libres elles-aussi) des institutrices, etc. viendraient spontanément dans vos contrées, en offrant leurs services. Ou... inversement, vôtre travail vaudrait encore moins, voire rien. "Ne rien valoir" sur le marché signifie, comme on l'a vu, que personne ne veut de ce travail. Douloureux mais... pensez-vous que ces "autres" qui ne veulent pas de vôtre travail, on a le droit de les forcer ? Ce sont, eux-aussi, des gens, tout aussi respectables que vous. Vos désirs ne valent, certes, pas moins que les leurs. Mais pas plus non plus !
En attendant... par nôtre attachement séculaire, aveugle et idiot à l'Administration, nous perdons nôtre temps, actuellement. Je suis incapable de savoir si un Régiment x "se justifie" ou non, ainsi que son lieu d'emplacement idéal. je suis dans la même ignorance sur les hôpitaux, les tribunaux, etc. En abandonnant nôtre liberté sur l'autel de l'Administration, nous sommes, de facto, des esclaves de celle-ci. Si elle décide de muter un hôpital, un tribunal, etc... que pouvez-vous ?
Ah, si ç'avait été "vôtre" hôpital (payé par vos efforts et dans un cadre juridique qui garantisse que ce qui est ainsi à vous est inviolable)... vos soucis auraient été moindres. Dans un tel cas de figure d'ailleurs, aucun énarque ne serait venu toucher à cet hôpital. Le problème n'aurait simplement pas existé...
Mais, hélas, aussi bien l'hôpital que le tribunal ou le régiment appartiennent, de fait et de droit, aux hauts-fonctionnaires.
Etes-vous sûr que ce sont "le libéralisme" et "le marché" qui sont coupables de ces aberrations, ou bien, justement, leur absence ? Sont-ce le "libéralisme" et "le marché" qui méprisent les gens ou bien... ?
Mr Sardon Hilaire: la défense du pays n'est pas un "service public" ? Elle sert à quoi, alors ? Et surtout à qui ? Je croyais, naïvement, que les unités militaires remplissent cette fonction, d'utilité "publique" qu'est "la défense". J'osais même me demander si la seule et unique façon de "se défendre" est de s'armer jusqu'au dents...
Et si d'autre moyens techniques existent (moins coûteux pour ce brave "public" qui croule sous taxes et impôts) on aurait pu se demander si tel ou tel régiment mérite d'exister (moderne ou vetuste, stationné à Montpellier ou au pays de Bitche, peu importe..).
Apparemment, vous avez l'air de dire que "unités militaires" et "services publics" sont deux choses distinctes. Et moi qui vivais dans la plus sombre des confusions ! Merci de m'eclairer...
Pour ma part, je ne comprends que trop comment, et surtout pourquoi les conceptions des différents protagonistes de ce débat s'opposent si frontalement.
D'un côté s'expriment des gens dont la logique, qui s'appuie sur des analyses strictement comptables, condamne sans appel le maintien de structures dont l'utilité pratique ne saurait être, à leurs yeux, rationnellement justifiée.
A leur vision s'oppose celle d'hommes et de femmes qui défendent un ensemble de valeurs rattachées davantage aux aspects humains, au devenir des personnes et à la sauvegarde d'une certaine idée de l'avenir, en faisant abstraction, le cas échéant, des objections techniques avancées par leurs contradicteurs.
De fait, Monsieur Ludosan avait à fort juste titre rappelé qu'il n'eut pas été raisonnable, au prétexte de pérenniser la digne profession de cocher, de maintenir un trafic important de carrosses diligences au 21 ème siècle !
Ceci dit, notre initiative ne s'inscrit bien entendu en aucun cas dans une ligne susceptible de s'opposer à des réformes exigées par le cours de l'histoire, ou à se complaire dans un modèle obsolète, dont les archaïsmes feraient sourire les observateurs extérieurs, et constitueraient qui plus est un facteur d'inertie tout à fait condamnable pour l'ensemble de la société.
Ce que nous défendons, c'est tout simplement une certaine idée de l'équité !
A nos yeux, les citoyens français sont strictement égaux, quel que soit l'endroit où ils aient choisi d'élire domicile sur notre territoire. Et "égaux", ce n'est pas un mot vide de sens ! Cela signifie en particulier une égalité de traitement à titre individuel et collectif, ainsi qu'un accès équitable aux services de l'Etat pour tous.
Dans cette logique, comment défendre ces mesures qui consistent à repérer un lieu "non prioritaire", et à le priver du jour au lendemain de son hôpital, de son tribunal, de sa garnison et de son établissement universitaire ?
Est-ce à dire qu'une personne qui ne vit pas au "bon" endroit doive se résigner à être mal éduquée ? mal soignée ? Et tout cela au nom d'un principe de "mutualisation des ressources" qui vise à rassembler les équipements, les personnels, les spécialistes à quelques endroits dûment sélectionnés ?
Notre population est répartie sur tout le territoire, et à ce titre, il est du devoir de l'Etat de déployer des départements militaires, des offices judiciaires, des unités de soins et des services administratifs, et non de condamner une partie chaque jour plus importante du peuple français à vivre dans des no man's lands imposant à celui qui veut se soigner ou suivre une formation de faire de longs trajets ou de s'expatrier... s'il en a les moyens ! Et, naturellement, tant pis pour les laissés-pour-compte qui en sont dépourvus.
Comme vous l'imaginez, Monsieur Ludosan, je suis la première à promouvoir la recherche de solutions logiques à un problème donné. Mais la logique froide a ses limites, et les être humains que nous sommes n'ont pas le droit de la pousser aux extrêmités sans se préoccuper des conséquences à court terme pour les intéressés.
Pour votre information, nous venons également d'apprendre que la base aérienne de Frescaty était à présent menacée. Néanmoins, le président Sarkozy, interrogé à ce sujet, a formulé son intention d'accorder aux personnes concernées par ce nouveau projet des compensations adaptées à leur cas.
Inutile de dire que j'attends avec impatience de connaître la nature desdites compensations !
Florence Soriano-Gafiuk
Ma "logique" n'est pas "abstraite", ni "froide". La ou vous vouyez le bien-être de certaines gens, j'essaie simplement de savoir si ce "bien-être" est obtenu par ses propres moyens ou bien, ne serait-ce que partiellement, au dépens d'autres gens. La première me parait tout à fait défendable moralement. La deuxième... beaucoup moins.
La crainte de la "désertification" est une vieille antienne française. Toujours infondée, en réalité. Comme toujours, il faut revenir aux "fondamentaux": l'espèce humaine "déserte" rarement des terres NATURELLEMENT agréables. Elle va "déserter" des endroits qui lui sont peu propices, en faveur d'autres endroits, plus "favorables". Là-aussi, est-ce ma "logique" - attentive aux intérêts des GENS - qui est "froide" ou bien celle qui voudrait condamner certaines gens à rester à des endroits ou il n'y a rien à faire, quite à obliger une population entière - en occurence, le peuple français en entier - à financer cette présence ruineuse ? Est-ce le bonheur des GENS qui nous intéresse, ou bien celui d'un morceau de terre ? Et avez-vous eu l'occasion de demander à une forêt ou une colline si elle veut ou non de la présence humaine ?
Si certaines personnnes veulent vivre à tel ou tel endroit... qu'ils y aillent. Personnne ne doit les empêcher. Mais, en revanche, personne n'est obligé de leur payer cela.
Répondant à la loi du marché en abusant du spamming sauvage, vous réussissez à drainer du trafic sur Bitche!
Votre plaidoyer patho-pathétique ne peut que faire hurler, surtout croyant savoir que vous vous revendiquez de Droite, ou peut-être le croyez vous?
Votre Ode à l'Etat Providence source de tellement de gachis et de reculs dans notre pays depuis près de 30 ans, avec cette tartine dégoulinante de pathos est une vision que ne renierait pas un facteur connu du 92.
A moins que votre post ne soit que tactique et calcul local électoral, il ne peut se défendre.
Autrement il est d'une tristesse digne d'une Gauche déresponsabilisée et surtout déresponsabilisante. Comme Ludosan, je milite pour la liberté individuelle qui est la seule source de progrès collectif, l'inverse est une chimère qui tire l'ensemble vers le bas uniquement. Vous qui êtes dans l'éducation nationale êtes pourtant bien placée pour le savoir. Comment depuis des années avec des moyens sans cesse croissants pour promouvoir la plus grande masse peut on avoir au niveau international des résultats de nos élèves qui plongent dans une médiocrité de plus en plus crasse?
Ce qui est au coeur de tout cela est la conviction politique qui n'est jamais meilleure que quand elle est loin de l'action.
Le rôle du politique est double il arbitre, et il y a pour cela un cadre et des règles, et il oriente. Il est censé avoir suffisamment de recul et d'intelligence pour éviter votre calvaire de Bitche.
Plutôt que de hurler à la mort de Bitche maintenant, auprès d'un Etat qui fait enfin son devoir en coupant les branches et les racines qui pénalisent l'ensemble; ou pire d'un Monde qui prend tour à tour, quand c'est nécessaire pour appuyer votre propos du moment, le visage du prédateur sanglant ou celui de l'agneau que l'on égorge.
Votre haine et votre rancoeur ne devrait-elle pas se tourner vers vos anciens et vos pairs politiques locaux qui ont allègrement profité de cette rente indue et n'ont pas joué leur vrai rôle pour préparer l'avenir de leur région. Qui est le "Malin" dans l'histoire?
Sans connaitre votre région, j'aurai tendance à penser que la reproduction politique (de quelque bord que ce soit) s'est faite dans la facilité du Pater Familias qui estimait que son rôle était de la seule gestion sans aucune vision. Le politique en France conçoit malheureusement souvent son rôle que dans le serrage de louche dominical au marché, à d'interminables réunions plus inutiles les unes que les autres et au fait de laisser une rue, un monument, une oeuvre en son souvenir. Les électeurs n'ont en retour que ce qu'ils méritent et le jour ou ça pète, ils n'ont plus que leurs yeux pour pleurer. Le politique aura alors bon dos d'accuser la terre entière alors que le salaud c'est lui tout d'abord.
La notion de service Public a été dévoyée par 20 années de socialisme qui en a rempli des caisses et des wagons, leur donnant des seuls droit sans devoirs; pensant ainsi s'assurer un réservoir électoral. Le courage, l'énergie, les volontés individuels ont été castrés, ce qui explique notre dégringolade. Le réveil est malheureusement brutal mais impératif au nom de la sauvegarde et la perennité de l'ensemble, et pas seulement des quelques castes d'apparatchiks qui n'ont pas mérité leur position.
Car toutes les défenses pseudo collectives ne sont aujourd'hui que des défenses individuelles égocentriques, à l'inverse du bien être commun. Toutes ces catégories déconnectées qui hurlent à l'injustice en voulant s'approprier les biens de ceux qui produisent au nom de l'égalité sont les premiers à hurler lorsque la solidarité s'applique à leur portefeuille au nom des autres. Cohérence?
Celle qui me parait la plus cohérente est que le meilleur décideur est toujours le payeur.
Décider avec l'argent des autres est à la portée de tous mais conduit la plupart du temps à n'importe quoi.
Je vous laisserai 2 questions à méditer que chaque citoyen devrait se poser chaque matin, ou soir :
Quelle valeur ajoutée ai-je apporté à ma région, mon pays, ma planète, à l'autre... un seul suffit déjà mais plus c'est gros et mieux c'est, aujourd'hui?
Que pourrais-je faire demain pour faire encore mieux?
Se les poser est déjà un début de réponse et va dans la bonne direction.
Cher Monsieur Sharky, je constate que votre mode d'expression ne s'apparente guère à celui de Monsieur Ludosan, dont la délicate réserve n'entrave pourtant en aucune façon la forte portée de ses déclarations.
Cela dit, vous-même êtes par moment, en dépit de votre singulière brutalité, fort pertinent dans vos analyses, et je dois reconnaître qu'il y a en particulier beaucoup de bon sens dans vos commentaires relatifs aux conséquences des gestions à coloration socialiste.
Quoiqu'il en soit, je suis tout de même assez surprise par le principe d'incompatibilité qui semble avoir votre faveur, et selon lequel une personne de droite ne saurait avoir la fibre sociale, l'amour des gens étant alors l'apanage des gauchistes de tout poil. Dans cette logique, j'imagine qu'on ne devrait pas tarder à canoniser Joseph Staline !
En attendant ce mémorable évènement, bavardons un peu, si vous le voulez bien...
A vous entendre, donc, la seule voie à la fois digne et efficace de relever un contexte socio-économique qui, à l'évidence, périclite, serait de faire preuve de courage, d'initiative individuelle, de volonté, et de viser finalement l'intérêt collectif via une mobilisation active de chaque bonne volonté, attitude qui, effectivement, est exactement l'inverse de celle qui consiste à compter sur la communauté pour pallier à ses insuffisances propres.
Mais personne ne dit le contraire, Monsieur Sharky !!
Croyez-le ou non, je ne suis pas le moins du monde favorable à l'assistanat béat, qui fabrique des personnes de plus en plus fragiles, de moins en moins autonomes, et qui finalement dessert autant les "bénéficiaires" des mesures engagées que ceux qui les financent (i.e. la collectivité).
En revanche, je ne défends pas davantage un libéralisme sauvage, où chacun est prié de survivre comme il le peut, et s'il le peut ! Nous avons une structure étatique évoluée qui, comme on l'a dit, n'est pas là pour jouer les bons samaritains de carnaval, mais qui se doit en revanche de venir au secours des plus exposés, et de procéder à des interventions régularisantes lorsque le besoin s'en fait sentir sur des sites donnés.
Dans le cas qui nous occupe, c'est à ce type de démarches que nous aspirons aujourd'hui. Aucun d'entre nous ne prétend figer le monde dans une posture favorable que l'on s'efforcerait de pérenniser ad vitam aeternam, mais nous n'acceptons pas davantage des décisions brutales, prises sans égard pour la population, sans discussions avec nos élus, sans compensation pour les préjudices subis, et sans même un accompagnement pour les personnes lésées à cette occasion.
Je ne sais quel discours vous attendiez de la bouche d'une personne "de droite", Monsieur Sharky ! Mais quand bien même je défendrais moi-même la valeur du dynamisme individuel, de l'effort personnel et de la compétitivité, je ne m'associerai jamais à des thèses considérant, selon vos propres termes, qu'il est des "branches" à trancher sans délais ou, plus grave encore, des "racines", comme vous le formulez avec un cynisme qui ne vous fait pas honneur.
J'imagine que la conjoncture vous est aujourd'hui favorable, Monsieur Sharky. Ceci dit, il n'est pas exclu que votre situation personnelle soit un jour compromise, et peut-être comprendrez-vous alors qu'un coup de pouce peut être bienvenu pour des gens désireux de rebondir, de refaire surface ! Il faut pouvoir compter sur ses propres ressources, sur son courage, sur son désir d'évoluer, mais aussi sur l'appui collectif de sa communauté !
Nous devons nous tenir prêts à épauler nos compatriotes, mais aussi être certains de pouvoir compter sur leur appui le cas échéant.
C'est cela, une nation, Monsieur Sharky !
Florence Soriano-Gafiuk
Veuillez excuser ma "brutalité", n'étant pas un spécialiste politicien dans l'art du croisement de fer policé mais un simple citoyen de base.
Toute habituée (polluée?) que vous êtes à ces joutes, votre réthorique utilise bien toutes les arcanes de la science de Gauche à base de pathos, de personnalisation du contradicteur et de grossièretés (il ne vous aura fallu qu'un échange pour me jetter du Staline à la face!)
Je vous rassure, la fibre sociale et l'amour des gens ne sont pas l'apanage de la Gauche et vous aurez sans doute mal perçu que bien que de Droite, j'ai également ces valeurs ancrées en moi mais à un degré de responsabilité différent sans nul doute.
Je maintiens donc mes attaques d'irresponsabilité à l'égard de vos ancètres politiques de Bitche qui portent seuls la responsabilité de la situation actuelle.
En dépit d'une rente tombée du ciel, ils n'ont su capitaliser dessus et se sont contentés de piocher dans la manne jusqu'à son extinction, fonctionnement gras vs investissement. Alors que le role du politique aurait été justement à la fois de pouvoir bénéficier de celle-ci tout en y prélevant un part dédiée à construire une suite. Action certes pas forcément populaire en T mais courageuse et payante en T+1, T+2... sous réserve que cette mécanique perdure.
Mais je vous rassure, cette faiblesse et irresponsabilité politique ne vient pas du seul pays de Bitche, elle est nationale. La situation ou se trouve notre pays aujourd'hui ou certaines générations ont allègrement pioché dans la rente pour remettre tout cela sur le dos de leurs enfants, qui eux peuvent pleurer, en est la plus parfaite et malheureuse démonstration.
Mais ce n'est pas la seule règle et il existe des issues politiques responsables et courageuses succeptibles de sortir de l'ornière.
Je citerai deux exemples internationaux forts connus qui appuieront ces propos en relation directes.
Celui de l'Irlande tout d'abord qui bien que proche de nous et fort moribond il n'y a que quelques années, s'est transformé sous l'impulsion politique en un véritable Eldorado au sein de l'Europe. Cette impulsion rapide et efficace ne s'est faite que par la libéralisation des énergies individuelles qui ont alors largement contribué à l'amélioration du collectif.
La deuxième concerne la gestion de la rente. Dubai, pays richissime par son sous sol aurait pu en rester là et devenir un Néo Bitche dans 40 ans. Là encore la claivoyance, la responsabilité politique locale a pu tout en exploitant sa ressource, investir massivement pour préparer un après qui restera à n'en pas douter florissant.
Certes ces exemples sont particuliers, ont sans doute généré des coupes sombres et des erreurs, mais en vision macro, le collectif est largement gagnant dans le temps et c'est ça l'important.
Pour en revenir à votre sketch de départ qui m'a fait hurler, il est la démonstration inverse. Votre François, notable sans aucun doute nantis qui s'est baffré sur la vache, se sent-il responsable? Que nenni, pour lui c'est l'Etat, Bruxelles, le Monde, les autres qui sont responsables de sa situation et doivent payer. Au nom de quoi, du sang versé il y a 60 ans, de son égoisme, de son incompétence, de son aveuglement...? Et bien moi je ne vois pas pourquoi.
De plus, nous sortons enfin (j'espère) des géguerres de clocher locales ou chaque politique locale a pour jeu de gratter le maximum de rente étatique à son seul profit local (pensant uniquement à la prochaine élection) faisant fi du collectif. C'est tout l'inverse d'un bonne gestion de la rente collective qui conduit à tous les errements. Je te donne (juge) ou ne te donne (juge) pas en fonction de tes besoins réels ou de ta capacité mais parce que tu es un copain ou l'ennemi de mon ennemi. Si l'autre crève à côté et que je vive dans le stupre, c'est son problème pas le mien, ses électeurs ne votent pas pour moi. Le voilà le mal politique Français, l'égoisme égotique de surcroit.
Pour en revenir à Bitche et il en existe des milliers, notre rente étatique n'est pas extensible. Mieux vaut-il continuer à perfuser ces branches mortes qui ont bénéficié de tous les atouts à la base pendant des decennies jusqu'à extinction de l'ensemble, tout en renonçant à investir pour les générations futures qui sont déjà elles bien plus chargées que leurs "généreux" ainés?
Si vous croyez à un Apocalypse proche, oui vous pouvez autant finir de bouffer la vache. Sinon, si vous avez l'amour des gens comme vous le dites et surtout celui de nos enfants, vous accepterez en leur nom un sacrifice des Bitches, car malheureusement la roue a déjà bien tourné.
Par sacrifice selon votre vision, j'entends laisser Bitche ne plus recevoir la seule becquée mais devoir effectivement faire des efforts, un pour s'en sortir de façon plus autonome, et dans un deuxième temps participer à la creation nationale de valeur ajoutée.
Pour finir, je déplore votre action politicenne démago d'avoir joué votre sketch devant ceux qui souffrent d'une situation pour laquelle il n'ont sans doute pas toutes les responsabilités. Sans doute cela part-il d'un bon sentiment, mais ne les aidera sans doute pas à s'en sortir individuellement puisque c'est le collectif qui est responsable. Le courage politique, quite à ce que ce soit un sacrifice personnel cette fois car les "enfants de la République" sont ingras, revient à dire les choses vraies, à éduquer, à responsabiliser, à faire grandir pour justement rendre nos compatriotes autonomes dans leurs choix.
Mme Soriano, comme quelques nouveaux venus sur ce blog, elle agit pas mais qu'est ce qu'elle cause !
C'est pas utile les blablas, faut aller raler à Paris devant ceux qui prennent les décisions.
Et puis, il fait quoi votre "très actif député" (c'est vous qui le trouvez efficace, pas moi !) pendant ce temps là ?
Manifestement pas grand chose de très utile.
Il paraît que vous n'aviez plus de Prud'hommes (dixit France 3), ayé c'est fait ? Je suis certain que c'était pipé depuis le début cette histoire-là. Ils n'avaient aucune chance de le conserver, certains avaient dû le "bazarder" contre autre chose. Et oui, c'est ça la politique Mme Soriano.
Quant au sujet qui déclenche tous les délires épistolaires (voire ci-dessus si vous en avez le courage braves lecteurs ; je vous filerai du Daffalgan après). Pareil déjà pipé, déjà décidé, alors si vous avez de l'énergie à dépenser, allez taper aux bonnes portes mais arrêtez de brailler tous en dépit du bon sens ou de jouer les "faux offusqués" contre ceux pour qui vous votez en bons toutous fidèles.
Bientôt, vous n'aurez plus que vos yeux pour pleurer !
Et Floflo les IUFM vont disparaître a dit Sarko? Vous ferez quoi pour les sauver ? Encore des laïus et des pétitions ?
Ca marche pas, je vous préviens.
Ayé c'est fait, plus de militaires à Bitche. Et se mobiliser vraiment, toujours pas compris que c'était indispensable Mme Soriano ??? En tous cas, plus que tous vos discours insipides et politicards.
A Dieuze, ils sont juste un peu plus malins et ils ont limité les dégâts et obtenu des compensations.
A Bitche, que dalle !!! Le bec dans l'eau !!!
Il fait quoi votre député pendant ce temps-là ? il bronze ?
Avis à tous : au lieu d'écouter et lire les gens bêtes à manger du foin qui croient avoir tout compris de la politique et font la morale sur les blogs sarregueminois, allez vous bronzer vous aussi.
Avis aux Bitchois (mais ils le savent sans doute): je crains fort que Bitche n'ait été "sacrifié" pour sauver Dieuze.
Il est beau l'avenir de la Moselle Est !!!
Tiens, elle doit être en vacances l'enseignante !
Faut vraiment changer d'ami Floflo. Votre copain Folmar, il se tape sur le ventre de contentement parce qu'il a fait des pétitions pour sauver le 57 RA,
Avec le résultat que ça a donné !
On hallucine encore plus sur son blog que sur le votre.
Pathétique le gars.
Il sait ce que c'est la politique ?
Avis perso, il fantasme grave là-dessus ; ça relève du pathos.
Greg,
hormis le fait de participer modestement à cette pétition, je ne pouvais rien faire de plus en tant que simple citoyen. je ne suis pas un élu, ni un fonctionnaire ayant une influence quelconque. La politique? Oui je connais. Moi je la fais sur le terrain auprés des gens et dans les quartiers dit "populaires". Je ne sors pas de "Sciences po", il est vrai.Je fais de la politique de proximité, pas des discours de salon polisé et hypocrite. Ah sacré Greg... Il ne sait rien des gens, ne les connais pas et juge si vite. Un vrai mini-Sarko en somme. Sauf que lui ne se tape pas la Carla ... ;)
Tiens tiens... une petite visite éclair sur mon blog en revenant de la plage et que vois-je ? Le trépidant Greg bramant comme aux plus beaux jours, avec la science et la faconde qu'on lui connaît !
A ma grande déception, il me semble au passage déceler dans le discours de Greg une forme de satisfaction trouble lorsqu'il mentionne le drame que vivent nos amis bitchois. Est-ce possible ? Ce jeune homme qui se targue d'apporter un peu de joie aux enfants malades manquerait-il de coeur au point de se réjouir de la sorte à l'évocation de fermetures de nombreux commerces privés soudain de leur principale clientèle, ou à l'annonce de mises en vente précipitées de logements, de départs prochains de médecins spécialistes réputés, et plus globalement de la ruine d'une région déjà largement sinistrée ?
Quelle vilaine tournure d'esprit que celle de notre inamendable Greg !
Ceci dit, la situation est loin d'être aussi sombre qu'il n'y paraît !
De fait, comme nous l'avons largement développé sur ce blog et ailleurs, il est indéniable que les fermetures de sites militaires constituent un coup dur pour les habitants des régions concernées, et devraient s'accompagner de conséquences assez graves pour un nombre non négligeable de ces derniers.
Cependant, il n'aura échappé à personne qu'une appréciation purement binaire de la crise (si les militaires restent, c'est merveilleux; s'ils partent, tout est perdu) ne saurait mener à une gestion responsable et efficace de la situation présente, car une telle posture revient à négliger non seulement le fort potentiel humain du peuple bitchois, admirable de courage et de solidarité dans les moments difficiles, mais aussi à fermer les yeux sur les autres ressources locales, et la capacité des habitants et des élus à en tirer parti à force d'initiatives et de détermination.
Ce serait enfin, et c'est, à mon sens, le plus grave, ne pas se donner la peine de saisir la main tendue par l'Etat sous forme de compensations substantielles : un contrat de redynamisation de 10 millions d'euros à partir de l'année 2009, l'amélioration des relations ferroviaires et routières avec la ville de Sarreguemines, l'Alsace et l'Allemagne, le développement de l'accueil des entreprises, avec un accompagnement particulier pour celles qui sont issues du secteur des énergies renouvelables.
Bien que d'une objectivité notablement fluctuante, notre ami Greg, qui ne se lasse pas de rappeler que l'Armée n'a pas vocation à faire de l'aménagement du territoire, et ne devrait donc pas être maintenue artificiellement à des endroits où les dangers d'invasion ont depuis longtemps disparus, devrait donc se réjouir avec nous de l'occasion qui, à la réflexion, se présente aujourd'hui d'opérer un virage tout à fait positif dans l'économie de la région, à condition, naturellement, que ledit virage soit négocié avec tout le soin requis !
Si Greg le veut bien, explicitons un peu tout cela.
Il est donc reproché aux sites tels que Dieuze et Bitche d'être des localités plus ou moins moribondes, tournées vers le passé, survivant artificiellement grâce à des implantations militaires dont aucun argument objectif ne saurait justifier la présence. Dans cette logique, les contempteurs précités pourraient certes reprocher à Dieuze de ne pas sortir de ce schéma, un contingent nouveau venant remplacer l'ancien sans changement économique notable dans la pratique.
A Bitche, au contraire, on comprend combien le non remplacement des troupes supprimées appelle un changement de cap à la fois radical et indispensable, dont il dépend des habitants et surtout des élus que la région sorte perdante, ou au contraire largement bénéficiaire ! A condition de maintenir une très forte mobilisation, une très forte solidarité, et aussi de chercher dès aujourd'hui les moyens de tirer parti de la situation plutôt que de la subir passivement, il parait certain que la période que nous vivons pourrait être extrêmement favorable à une revitalisation, une renaissance, une diversification des activités régionales, mais il doit être clair pour tout le monde qu'une exploitation des possibilités offertes nécessitera une ambition, une résolution et une énergie sans défaut sur le terrain.
A l'évidence, les clefs du futur résident en grande partie entre les mains des élus : à eux de s'assurer que les promesses seront effectivement suivies de mesures concrêtes. A eux aussi de gérer de manière optimale ces aides et coups de pouce de l'état en évitant, par exemple, des affaires désastreuses comme le rachat à l'Armée (pour la somme rondelette de 500 000 euros) de terrains pollués après le départ du 4ème Cuir, acquisition mystérieuse dont l'intérêt reste encore à démontrer à ce jour...
Loin de perdre espoir, il nous faut au contraire intégrer la nouvelle donne, et en tirer profit de notre mieux en usant de toutes les possibilités qui s'offriront à nous pour accompagner ce tournant crucial, et faire résolument le choix du dynamisme et de la modernité !
Florence Soriano-Gafiuk
pour dire la vertie jai toujours voulu ca moi aussi
il sait tres bien sexprimer tout en restant bref!!!!!
ca donne trop de possibilte ca
sil l aime c parceque il aime ca logique
c ce qui epice notre vie :)