La dernière carte
Par Florence Soriano-Gafiuk le Lundi, 18 août 2008, 21:15 - Humeurs - Lien permanent
Monsieur le Président,
L'attention extrême avec laquelle ont été menées, suivant vos directives, les études préalables à la mise en œuvre des mesures associées à la révision générale des politiques publiques, a permis de dégager des conclusions d'une grande précision concernant les priorités à établir en termes de réformes, les endroits les plus indiqués pour les mettre en œuvre et, naturellement, une estimation au plus juste des conséquences locales de tels remaniements.
C'est sur ce dernier point, justement, que nous aimerions revenir dans les lignes qui suivent, tant nous avons à cœur de vous faire partager, Monsieur le Président, le caractère objectif et pratique de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui.
Comme vous le savez sans doute, notre ville de Bitche compte environ 5700 habitants, effectif qui s'effondrerait dramatiquement avec la disparition de 1138 personnes qu'occasionnerait la mise en place, sur notre territoire, des dispositions prescrites dans le cadre du déploiement de la nouvelle carte militaire. Commerces menacés, écoles désertées, activités immobilières dans l'impasse, tels sont des exemples parmi d'autres du désastre économique majeur qui se profile avec de plus en plus de netteté, tant la présence sur notre sol des personnels et installations militaires joue un rôle primordial dans l'entretien de notre dynamisme régional, aussi bien sur les plans humain que social et économique.
En dépit d'initiatives et d'interventions de nombre d'élus locaux et, plus humblement, des multiples témoignages de détresse émis par nos habitants, une décision ferme de suppression de notre 57ème Régiment d'Artillerie a été prononcée, plongeant l'ensemble de notre population dans l'angoisse et le désarroi.
Bien que contraint par vos fonctions à une grande ténacité dans la poursuite d'objectifs jugés opportuns pour la Nation, vous devez être conscient, Monsieur le Président, que près des deux tiers d'entre nous ont voté résolument pour Vous lors des dernières élections présidentielles et ont, à cette occasion, manifesté avec force la totale confiance qu'ils ont placée en votre personne, la somme d'espoirs que vous représentez pour nous, et l'image de solidité et de justice que vous personnifiez pour toutes celles et ceux, largement majoritaires, qui se sont rassemblés autour de votre nom.
Après bien des mois de réflexions et de larges consultations, il nous apparaît en définitive que notre salut passe par la venue à Bitche d'un régiment de remplacement, et nous espérons que les lignes précédentes, simples et sincères, auront su vous convaincre de considérer notre requête avec bienveillance, et d'avoir la grande générosité de nous accorder cette contrepartie sur laquelle reposent désormais les espoirs et les projets d'une population qui, plus que jamais, s'en remet à votre discernement et à votre mansuétude.
Nous nous tournons vers Vous, Monsieur le Président, car vous êtes notre référence, notre dernier recours, et le porteur de toutes nos espérances.
Avec toute notre loyauté et tout notre respect
Commentaires
euh....
quand on suce quelqu'un, la seule contrepartie qu'on doit espérer, c'est qu'il vous caresse la tête !
Chers lecteurs,
Monsieur Morland nous fait l'amitié de nous faire partager ici le fruit de certaines expériences personnelles qui semblent d'ailleurs l'avoir beaucoup marqué...
Merci à lui pour sa franchise !
Florence Soriano-Gafiuk
merci bien :)
Et merci à Msikato pour la bonne humeur avec laquelle il (elle ?) parcourt nos textes !
Florence Soriano-Gafiuk