Amendement Jacquat : pour que nos anciens ne battent plus en retraite !
Par Florence Soriano-Gafiuk le Jeudi, 4 décembre 2008, 16:07 - Prises de position - Lien permanent
Eu égard au constat irrécusable en vertu duquel le nombre d'années de travail rapporté au nombre d'années d'existence n'a cessé de décroître au cours de ces dernières décennies, il est en définitive apparu que cette tendance, jusqu'ici profitable, n'était plus compatible avec les phénomènes simultanés de vieillissement de la population et de dénatalité avérée qui se profilent dans la plupart des pays de l'Union Européenne.
Dès lors, comment redresser la situation si l'on entend, conjointement, s'abstenir d'augmenter les cotisations ou d'aggraver les déficits ? C'est au traitement de ce problème délicat que s'attaque le gouvernement, soucieux de proposer des dispositifs réalistes destinés à améliorer à la fois les conditions de vie individuelles des seniors et le niveau général des droits sociaux. L'une des mesures retenues, connue sous le nom d'amendement Jacquat, prescrit le report du départ à la retraite à l’âge de 70 ans pour les salariés qui le souhaitent.
Moderne et objectif, ce programme a pourtant été conspué avec la dernière virulence par l’assemblée générale du comité de défense des travailleurs frontaliers (voir RL 24/11/08), qui s'est livrée sans retenue à un persiflage inadmissible auquel, en tant que membre du comité UMP de la circonscription et conseillère municipale de Schweyen, je me sens le devoir de répondre.
Tout d'abord, il faut savoir que la cessation d’activité s'accompagne pour de nombreux séniors d'une altération de leur image sociale avec parfois, à la clé, des états dépressifs attestés. Pour cette catégorie d’âge, le taux global de mortalité est ainsi 2,8 fois plus élevé chez les inactifs que chez les actifs ! Plus prosaïquement, il est acquis que l’allongement de la longévité (+ 64 % en un siècle) compromet gravement l'avenir de notre régime de retraite par répartition, avec les effets attendus de dégradation du niveau de vie de nos aînés, voire l'émergence de conflits intergénérationnels. Le vieillissement de la population génère enfin une pénurie de main d’œuvre dans des secteurs d’activités spécifiques où, d'ores et déjà, certains postes d’embauche ne sont plus pourvus, avec à terme des conséquences sévères sur notre économie faute de mesures appropriées.
Je crois inutile de détailler ici les bénéfices innombrables que recèle le maintien d'une activité professionnelle pour les seniors, tant aux niveaux individuel (préservation d'un statut social), sociétal (mixage des âges) qu’économique (transfert des savoir-faire). A toutes fins utiles, je rappelerai cependant que le vieillissement actif s’inscrit dans une politique de rupture basée sur une gestion de l’emploi par cycles de vie et pensée en termes de formation tout au long de la vie, d’aménagement des fins de carrière, de refonte du système de20santé et de flexsécurité du travail (reconversion professionnelle dont, par exemple, le compagnonnage).
Au Président Arsène Schmitt, je répondrai pour conclure qu’il ne s’agit nullement de "contraindre à travailler jusqu’au bout de ses forces", et moins encore de cautionner de quelconque manière une "Europe du fric", mais tout au contraire de préparer notre pays à faire face à son évolution démographique, en investissant dans son capital humain, tant au niveau de la préservation de la santé qu’à celui de l’adaptabilité des compétences au marché du travail. Il est d'ailleurs fort plaisant de remarquer, au passage, que le Président Schmitt illustre lui-même, à son corps défendant, le bien-fondé de nos propos, suivant lesquels la mobilisation des compétences d’un sénior, mises ici au service de l’association des travailleurs frontaliers, peut être facteur d’épanouissement et de bienfait pour ce dernier comme pour l'ensemble de la société !
Pour finir, je rendrai hommage au sang-froid et à la détermination avec lesquels Monsieur Céleste Lett a su affronter l'hostilité sans fondement d'une assemblée dont les membres, je l'espère, auront eu le loisir de revenir à une vision plus objective de la réalité. C'est là, en tout cas, tout ce qu'on peut leur souhaiter !
Florence Soriano-Gafiuk
Commentaires
les anciens ne batteront plus en retraite ! ils n'y arriveront pas , à la retraite à 70 ans ! (que Jacquat a voté!)
Pour la dénatalité, on pourrait faire comme on fait depuis des siècles: faire appel à l'émmigration ! mais là c'est Adolphe Hortefeux qui n'est pas d'accord ! et jacquat non plus !
Comment est-ce que vous vous excuserez quand vos enfants vous poseront des questions ! ?
C'est à celà que je propose que vous réfléchissiez, vous jacquat et Céleste !
L'émotion vous emporte, Monsieur Morland, et conduit vos raisonnements dans les marécages ! A toutes fins utiles, je rappelle que la possibilité de conserver son activité professionnelle est offerte aux personnes VOLONTAIRES, et les témoignages de bénéficiaires de cette initiative sont extrêmement fréquents, tant le monde du travail abonde d'individus de toutes spécialités qui se déclarent heureux d'être comptés (et de se compter) au nombre des actifs. Si vous-même avez à coeur de prendre votre retraite au plus tôt, c'est là un choix qui est vôtre et qui ne saurait être contesté. D'autres, cependant, voient la vie tout autrement et, comme vous, doivent être respectés dans l'expression de leurs préférences.
Quant à votre étrange couplet concernant les flux migratoires, Nicolas Sarkozy a, de longue date, affiché clairement son objectif de lutter contre l’immigration clandestine au profit d'une immigration régulière facilitée (débat au Sénat, 9 octobre 2003), militant même, à l'époque, pour une attribution accrue de visas au profit des ressortissants algériens. Ce procès que vous faites au gouvernement est donc de pure forme, et il convient de rétablir la vérité sur le sujet.
Quant à la façon dont nous serons jugés par l'histoire, il est bien périlleux de se risquer à de quelconques prédictions, mais du moins sera-t-il retenu que les démarches accomplies étaient motivées par le désir sincère de suivre l'évolution du monde, et d'en négocier au mieux les fluctuations à l'avantage de la population de notre pays.
Il faut retrouver un peu de confiance dans les institutions de votre pays et dans les dirigeants que le peuple a démocratiquement choisi, Monsieur Morland !
Florence Soriano-Gafiuk
Je suis une personne complètement d'accord sur cet ammendement : je viens d'avoir 64 ans et je souhaite continuer jusqu'à 70 ans... Je suis en bonne santé morale, intellectuelle et physique, je ne me vois pas prête à m'arrêter dans un an...
Cependant, je peux comprendre qu'une personne ayant un emploi physique très difficile, souhaite partir rapidement. En fait, je suis pour la retraite "à la carte" comme nos amis finlandais ! J'ai passé en 2005 deux examens diplômants à l'université d'Evry (j'avais 60 ans)et je n'ai aucun souci neurologique ! ! !...
Une question : j'aurai 65 ans en novembre 2009 : l'ammendement sera mis en place officiellement quand ? 1er janvier 2010 ? est-ce que je pourrai y avoir droit ? (1 mois de battement entre décembre 2009 à janvier 2010...)
Merci de me tenir informée...
Bonjour Jackie,
Ca réchauffe le coeur de voir qu'il existe des personnes telles que vous ! Quelle belle énergie et quel exemple pour nous tous !
Pour la question qui nous occupe, il faut savoir que d'après l'article 10 de la Constitution du 4 octobre 1958 : "Le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée." L'amendement Jacquat lui-même a été dûment validé par le Conseil Constitutionnel, donc vous êtes dans les temps pour en être bénéficiaire.
Bravo encore à vous pour votre admirable état d'esprit !
Florence Soriano-Gafiuk
j'ai 63 ans, j'ai des enfants en cours d'études supérieures (25 et 23 ans), j'ai du me syndiquer pour assurer les revenus de tout mo foyer.
Je suis heureux de pouvoir continuer après 65 ans mon travail d'autant plus qu'à 53 ans j'ai fais un sacré coup de mise à jour de mon cerveau en devenant majour toutes promotions confondues de la chaire d'Organisation et systemes du Conservaoire des Arts et Métiers.
Je ne saurai qu'encourager à ceux qui le veulent et le peuvent de travailler tant qu'il ont du plaisir. C'est utile pour la santé, les revenus, la nation, la transmission des connaissances.
Merci monsieur Jacquet
Votre témoignage vibrant est un hymne à la dignité de tous nos anciens, cher monsieur Antoine, et même, plus simplement, à la dignité humaine. Votre désir de vivre debout, de déployer une activité productive, de vous prendre en charge résolument afin de faire vivre votre famille, tout cela force le respect, et constitue un exemple pour chacun d'entre nous.
Chapeau bas, monsieur Antoine !
Florence Soriano-Gafiuk
J'ai eu 65 ans en février 2009.. j'ai surveillé la sortie de cet amendement qui me permet de travailler encore mes prestations retraite sont de 600 €..
mon loyer aussi .. et pourquoi si peu, parce que mon ex-mari m'a fait quitté mon emploi, puis m'a fait travaillé 20 ans sans vouloir me salarier : 80 trimestres perdus. Je ne suis sûrement pas la seule
Je n'ai pas pu tout vous dire, car ce serait trop long, mais tous ces gens qui sont contre les vieux, le seront un jour et je précise que depuis 1983 je n'ai pensé qu'au travail pour m'assumer car spoliée et massacrée par le même ex-mari , ma fille en est encore traumatisée à 40 ans. Il faut avoir le mental,
la volonté , du respect pour soi et de la dignité.
Votre histoire personnelle est douloureuse, madame Ranc, mais votre énergie et votre force d'âme méritent le plus grand respect, et sont un exemple à suivre pour nous tous.
Vous donnez ici une démonstration d'indépendance et de fermeté qui se doit d'être saluée, et j'imagine que les gens qui vous connaissent sont fiers de vous compter parmi leurs relations.
Merci à vous pour votre témoignage, et pour la leçon de courage que vous nous donnez ce soir...
Florence Soriano-Gafiuk
Pendant quelques heures il a voulu se faire mousser comme il aime tant, a coups de marche pied et de sorties en no mans land ...
jadooooooooooooore beacoup merciiiiii
Je vais avoir 65 ans le mois prochain et j'ai signalé à mon employeur ( la DDE ) ma volonté de poursuivre mon activité.
je précise que je ne suis pas fonctionnaire mais agent contractuel et de ce fait ma retraite dépend du régime général de la sécurité sociale.
Mon administration refuse au motif que la loi du 8 aout fixe la limite d'âge des contractuels de l'État à 65 ans
Cette loi engendre donc déjà une terrible discrimination car je n'ai pas droit à la pension des fonctionnaires ( ce qui normal ) mais on m'interdit le bénéfice de la surcote de la SS qui découlerait de la poursuite de mon activité