Souvent éclipsé par les problèmes majeurs que constituent le réchauffement climatique, les résidus industriels, les émissions de gaz à effet de serre et la déforestation massive, le traitement des ordures ménagères n'en est pas moins un enjeu primordial dans la recherche de méthodes visant à protéger l'environnement.
A ce propos, les rapporteurs chargés d'analyser l'impact d'une gestion lacunaire des déchets issus de la consommation courante des ménages soulignent la diversité des éléments à prendre en compte, chacun réclamant des initiatives et des investissements fournis à plusieurs niveaux.
En amont se trouvent naturellement les consommateurs, qui se voient prescrire une certaine forme de discipline quotidienne. Le choix des produits qu'ils achètent, en premier lieu, devrait être fortement corrélé à la nature du conditionnement correspondant. On recommande par exemple d'acquérir de préférence des fruits au détail, emportés ensuite dans un cabas ou un panier personnels, plutôt que des paquets préempaquetés dont l'emballage doit ensuite faire l'objet d'un traitement, et plus généralement, de renoncer aux sachets plastiques proposés aux caisses des supermarchés. Après consommation, chaque famille doit également se préoccuper d'effectuer un tri rationnel de ses propres déchets, afin d'en faciliter l'orientation après ramassage, et le retraitement éventuel.
Parallèlement aux bonnes volontés individuelles d'amélioration, qui visent principalement à la réduction de la quantité de déchets produits, il est clair que le ramassage et le traitement de ces matières usagées doit faire l'objet de mesures d'ensemble conduites par les pouvoirs publics, épaulés par des sociétés privées spécialisées. Le devenir des matériaux mis au rebut se décline suivant deux axes, que sont le simple stockage effectué avec les précautions d'usage lorsque les produits (industriels, pharmaceutiques...) sont dangereux, et l'exploitation et la transformation avec création de consommables nouveaux.
Lorsque les déchets recueillis le permettent, cette seconde solution doit être privilégiée pour des raisons évidentes. D'une part, le retraitement des déchets minimise la quantité de matières résiduelles à stocker. D'autre part, les produits récupérés après transformation représentent non seulement un gain intéressant dans l'immédiat, mais procèdent même d'une démarche d'économie des ressources, comme dans le cas de l'activité nucléaire, par exemple, où le fait que les réserves naturelles ne soit pas inépuisables rend très souhaitable la réutilisation des matériaux déjà extraits.
Le problème du retraitement des déchets a naturellement un coût, et la construction d'usines habilitées à effectuer ces transformations est en particulier très onéreuse, ce qui conduit souvent les décideurs à envisager le problème avant tout en termes de rentabilité.
Au niveau régional, une analyse similaire à celle qui est détaillée dans les lignes précédentes reste valable, et nécessite de surcroit qu'une attention particulière soit portée aux spécificités locales, afin que les mesures préconisées fassent l'objet d'un ajustement adapté aux caractéristiques de terrain.
A ce titre, l'ADQV, Association de la Défense de la Qualité de Vie du Pays de Bitche, réclame la mise en œuvre rapide de mesures destinées à modérer la charge de déchets produits, et a présenté au syndicat des communes une série de propositions en ce sens, un corollaire positif étant naturellement l'allègement des frais imputables au contribuable. Ces dispositions s'articulent autour de quatre idées simples et efficaces, dont on voit aussitôt les avantages qu'apporterait leur application immédiate.
La première suggestion implique le concept de pesée embarquée, chaque poubelle étant en quelque sorte immatriculée au moyen d'une puce informatique, et faisant l'objet d'une pesée lors de son ramassage. Des variantes intéressantes sont étudiées, envisageant notamment des prix figés pour les déchets recyclables, et variables pour les autres. On conçoit sans peine le caractère incitatif au tri d'un tel procédé. La seconde piste prévoit la création d'une déchetterie et d'un compostage communal ou intercommunal, avec possibilité pour les usagers de déposer leurs détritus fermentescibles, et de récupérer en retour une certaine quantité de compost. La troisième idée, d'ordre organisationnel, prescrit l'institution d'une Communauté des communes, les avantages visés relevant d'une simplification des structures, et induisant une diminution du nombre de responsables à l'évidence trop élevé à l'heure actuelle, et une mutualisation des ressources et des compétences opérée simultanément à des fins d'efficacité pratique et de réduction des coûts. En dernière analyse, l'ADQV s'interroge enfin sur l'opportunité de construire une usine de méthanisation, dont les bénéfices à courts termes, avancés par ses promoteurs, ne sont pas suffisamment convaincants pour faire oublier le coût prohibitif d'une telle opération.
En conclusion, le traitement des ordures ménagères est un défi d'envergure pour le pays de Bitche. Intéressée et concernée par les choix qui seront faits dans les mois à venir, l'ADQV souhaite sensibiliser usagers, industriels et pouvoirs publics à l'enjeu des décisions qui seront prises, et participe activement aux réflexions en cours en indiquant des axes et des mesures dictés par sa connaissance approfondie des ressources et des structures locales, et par les analyses de ses experts en matière de protection de l'environnement.
Florence Soriano-Gafiuk
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