Actualités et Politique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Vendredi, 1 octobre 2010

Foire aux questions

Très souvent interpellée par l'un ou l'autre de mes correspondants au sujet de la réforme des retraites, j'ai constaté que les mêmes questions reviennent souvent, et j'ai donc décidé de rédiger, sous la forme commode d'un question-réponse, l'essentiel de ce qu'il y a à savoir sur cette thématique.

1.- Nombre de voix s'élèvent pour dénoncer le caractère unilatéral des décisions relatives à la réforme des retraites. Plusieurs prétendent qu'en fait de "consultations", tout est plus ou moins joué, avec des négociations de pure forme dévolues à des éléments accessoires. Qu’en est-il en réalité ?

De fait, il faut reconnaître que l'ensemble des discussions a été mené de manière rigoureuse et cadrée, eu égard à l'urgence de la situation. Contrairement à un pays comme la Suède, qui a multiplié études et enquêtes pendant plus de quatorze ans avant d'initier une réforme de son système de retraite, nous-mêmes sommes confrontés à un état de fait qui ne saurait autoriser lenteurs et piétinements. Cela dit, les prescriptions arrêtées par le gouvernement sont favorables, puisqu'elles excluent aussi bien la hausse des cotisations que la baisse des pensions ! Il faut donc agir sur les paramètres restant dont, en particulier, l'âge de départ à la retraite.





2.- Puisque le report de l’âge de départ à la retraite n’est pas inscrit dans le programme électoral du Président de la République, pourquoi prendre le risque de s’engager dans une telle réforme à quelques mois seulement du lancement de la campagne aux présidentielles ?

Par son essence même, la crise financière brutale provoquée par les transactions spéculatives de certains affairistes dépourvus d'éthique était difficilement conjecturale. Si des prévisions avaient pu être conduites, le Chef de l'Etat n'aurait certainement pas hésité à inscrire dans son programme électoral des mesures fortes en faveur du maintien de notre système de retraite par répartition. Il faut bien comprendre qu'en quelques mois, la crise a profondément modifié le paysage social et économique de la France et, de fait, a mis en lumières certains défaillances de notre système. Le Président de la République en a d'ailleurs tirer des conséquences immédiates : "La crise appelle à accélérer le rythme des réformes, non à la ralentir !".

3.- Quels facteurs objectifs motivent une certaine hostilité du public vis-à-vis de ce projet du rallongement du temps de travail ?

Sur ce point, les choses sont assez claires, et faciles à expliquer. Il se trouve que dans leur souhait légitime de rester compétitives face à leurs concurrents des pays en voie de développement, nos entreprises sont au pied du mur. Il faut réduire les coûts, encore et encore. Comme il est difficilement envisageable de diminuer les rémunérations des salariés, c'est aux effectifs qu'on s'attaque, et le personnel restant se trouve soumis à des rythmes épuisants, destructeurs, dont certains ne se relèvent pas. Arrivés en fin de carrière, beaucoup sont exténués, et voient d'un mauvais œil la perspective de tenir encore plusieurs mois, voire plusieurs années. En ce domaine, nous serions bien inspirés de chercher à adapter les schémas suivis avec succès dans les pays d'Europe du Nord, par exemple, qui visent la compétitivité par d'autres voies, innovation et qualité en tête.

4.- S'engager dans un processus de réformes est-il vraiment incontournable pour assurer la retraite de nos concitoyens et l’équilibre des systèmes de retraite par répartition ?

Comment penser le contraire ? L'effondrement de la pyramide des âges (1) consécutif au « baby-boom » de l’après-guerre et l’allongement de la longévité (2) fragilisent considérablement le pacte transgénérationnel dont notre système de retraite est tributaire : les prévisions statistiques menacent la France d’atteindre en 2050 un ratio de 1,2 actifs pour un retraité (contre 1,8 en 2010). Ce déséquilibre démographique pourrait, à terme, induire des conflits intergénérationnels dont les effets seraient désastreux pour notre société. Aujourd’hui, 2 jeunes sur 3 ne croient plus en notre mode de retraite par répartition !

Cette année déjà, une retraite sur dix ne peut être financée sans un recours à la dette, soit au total un financement supplémentaire de 32 milliards d’euros pour cette seule année 2010 ! En 2050, cette somme s’élèvera à 102 milliards par an. Comment croire un seul instant que les générations futures seront en mesure de payer la lourde ardoise de leurs aînés ?

  1. Alors que la population des moins de 60 ans stagnera, celle des plus de 60 ans passera de 15,5 millions en 2010 à 23 millions en 2050.
  2. Si une femme née en 1946 a une espérance de vie de 78 ans (75 ans pour un homme), une femme née en 2009 a une espérance de vie de 87 ans (82 ans pour un homme).

5.- Beaucoup trouvent anormal que les retraites soient financés exclusivement par les revenus d'activité. Quid des revenus du capital, des valorisations immobilières tonifiées par les exonérations fiscales accordées par l'Etat ?

En ce domaine, il convient de faire preuve d'un minimum de pragmatisme. Soyons clairs : taxer sans vergogne les revenus du capital reviendrait, à court terme, à chasser de notre territoire leurs bénéficiaires directs. Hors, c'est exactement ce qu'il faut éviter à tout prix pour notre économie, qui paierait au prix fort des expatriations en grand nombre.

6.- Est-il raisonnable de prolonger la durée de cotisation des travailleurs alors que les séniors sont victimes de mesure de licenciement ?

Avant de répondre à cette question, précisons un point : de nombreux séniors (femmes et hommes) témoignent régulièrement de leur souhait de prolonger leurs activités professionnelles au-delà de 65 ans, pour des raisons d’ailleurs très diverses qui peuvent être un intérêt pour la nature du poste proposé, la quête d’un épanouissement personnel, le maintien d’un niveau de vie ou tout simplement, la recherche d’un équilibre psychologique. Mais pour revenir à votre question, ne croyez pas que le report de l’âge de départ à la retraite n’aura aucun effet sur l’âge de cessation d’activité. Les études statistiques les plus récentes, conduites à l’échelle européenne, mettent en exergue le « principe de bord » qui affirme que la cessation d’activité n’est en fait qu’un phénomène d’anticipation du départ à la retraite. En d’autres termes, si les séniors accèdent plus tardivement à la retraite, ils seront également plus tardivement victimes des mesures de licenciement prises à leur encontre.

7.- Est-il cohérent de maintenir les séniors en activité, alors que les jeunes peinent tant à s’insérer durablement dans la vie active ?

On a longtemps estimé que réduire le chômage des jeunes impliquait de sortir les seniors du marché du travail. Si l’expérience passée montre que cette logique est fausse, c’est tout simplement parce que le profil d’un jeune ne peut être comparé à celui d’un sénior : le recrutement du premier présente autant d’atouts (puissance physique, capacité d’adaptabilité, force d’innovation, connaissance actualisée dans un secteur d’activités,…) que le maintien du second, riche d’une très longue expérience à laquelle aucun principe appris, aucune connaissance livresque ne saurait se substituer. Jeune et sénior ont tant à gagner à travailler ensemble, l'un instruisant l'autre, le second dynamisant le premier, chacun apportant son ouverture, ses connaissances, son enthousiasme, sa joie de vivre, et tout le monde sortant bénéficiaire de l'aventure. Le temps est venu pour notre société de rentrer dans une véritable « logique de solidarité intergénérationnelle» qui veut que le travail du sénior ne se développe pas au détriment de l’emploi du jeune. Pourquoi ne pas essayer ?

8.- Quid des régimes spéciaux, ou encore des différences de formules entre les salariés du public et du privé ?

C'est une bonne question, et il convient d'y répondre avec précision, dans la mesure où le sentiment qu'il existe des différences de traitement a pu générer dans l'esprit du public un sentiment d'injustice bien compréhensible. Il faut le savoir, les fonctionnaires cotisent désormais sur une période alignée exactement sur celle de leurs homologues du secteur privé, et cela depuis 2003. Quant aux régimes spéciaux que vous évoquez (RATP, SNCF, EDF...), l'allongement de leurs durées de cotisa- cotisation est à l'étude, et doit être mené par l'action conjointe des directions et des syndicats de chacune de ces entités.

9.- Pourquoi ne pas encourager la retraite par capitalisation ?

Très honnêtement, la retraite par capitalisation n'est nullement la panacée que présentent ses promoteurs. Sur le plan purement théorique, une analyse rapide nous montre que ce système est perdant à long terme, et cela pour plusieurs raisons faciles à saisir. D'une part, il se trouve que les excellents rendements des systèmes de capitalisation enregistrés sur les marchés financiers sont imputables aux cotations exceptionnelles des entreprises sur lesquelles ils ont misé. Si le dit système devait se généraliser, il faudrait se référer à des cotations moyennes, et les taux annoncés ne pourraient être tenus. Plus flagrant encore est l'argument énonçant le fait que payer des pensions sous-entend la nécessité de retirer une grande partie des gains du marché, d'où une chute drastique des rendements subséquents. Comment, dans ces conditions, défendre encore l'opportunité du système de retraite par capitalisation, dont les expériences tentées à l'étranger ont montré le caractère illusoire et décevant. Certes, d'aucuns ont pu y voir une façon, pour un gouvernement, de se défaire des aléas conjoncturaux imposant d'impopulaires hausses des cotisations qui seraient imputables, alors, aux seuls leaders des fonds de pension, mais aussi un moyen favorable, pour lesdits leaders, de lever des fonds considérables à des fins de spéculation. Nos seniors, en tout cas, ne sauraient sortir gagnants de tels dispositifs, et c'est de cela que nous souhaitons nous préoccuper pour l'heure.

10.- Un petit mot pour conclure ?

Un objectif majeur, outre la construction d'un système de retraite sûr et pérenne, est l'uniformisation des mesures, des régimes, dans un esprit de justice et d'équité. Certes, beaucoup de choses restent à faire dans cette direction ! Par exemple, pourquoi les actifs non imposables payent-ils la CSG alors que les retraités non imposables en sont automatiquement exonérés ? C'est en levant les contradictions et en instaurant des conditions nouvelles, rationnelles et justes, que nous obtiendrons des résultats satisfaisants et durables.

Jeudi, 24 juin 2010

Crise économique : aux grands maux les mauvais remèdes

La crise économique qui a frappé l'ensemble de la planète au cours de l'année 2008 est présentée sous des angles très différents suivant l'éditorialiste consulté. Incidence des trépidations usuelles des marchés financiers, corollaire des choix politiques de tel gouvernant en poste, des stratégies globales de tel groupe dirigeant, elle fournit un prétexte commode et prévisible pour éreinter des adversaires désignés pour l'occasion comme responsables de la situation, mais n'appelle à ce jour aucune analyse admissible, aucune proposition de plan crédible susceptible de mener à la correction réelle dont la mise en œuvre doit être entreprise de toute urgence.

En quelques mots, que se passe-t-il ?

Le concept clé à saisir pour analyser les fondements de la crise est celui de "dette", notion élémentaire qui, chez le plus grand nombre, éveille un sentiment de méfiance hostile au demeurant tout à fait salutaire en soi.

Sur le plan pratique, il semble pourtant que cette circonspection instinctive, sous la pression d'une société toujours prompte à attiser la propension de tout un chacun à consommer plus que de raison, finisse par céder le pas à l'adoption d'un mode de vie excessivement dispendieux, dont les acteurs se trouvent tôt ou tard dépassés par les montants globaux de leurs échéances. De plus en plus notable dans les pays européens, cette tendance à l'endettement personnel est plus marquée encore outre-atlantique, où une tradition de surconsommation exacerbée a conduit à la crise des subprimes dont le pays, et le reste du monde avec lui, peine à se relever. Si, comme nous venons de le voir, le secteur privé américain est excessivement endetté, une situation identique peut être observée sous nos latitudes, mais le point important est que le phénomène concerne cette fois notre secteur public ! Plus ou moins menottés par l'observance contrainte d'acquis hérités d'une époque plus faste, angoissés par l'idée de subir des revers électoraux, les gouvernements qui se succèdent accroissent démesurément les crédits alloués aux services, à l'aide sociale et aux infrastructures, tout en étant conscients du caractère irréaliste et précaire du système qu'ils entretiennent.

L'Etat-providence, dont on attend qu'il assure à notre population des conditions de vie normalement corrélées à un contexte économique florissant, est donc depuis longtemps dans une impasse, compte tenu du fait que dans la pratique, il n'a nullement les moyens de maintenir ce cap sur le long terme. Plus grave encore, il semble que le lent mais inéluctable fléchissement de notre balance financière vers le point de non-retour soit appelé à s'accélérer de manière surprenante, suite aux difficultés engendrées à l'automne 2008 par la crise de liquidité subséquente à la crise des subprimes. Contre tout logique, nombre d'états ont en effet opté pour une politique interventionniste visant à contrecarrer le grand ajustement correctif qui aurait dû normalement se produire après des années d'orientations bancales et d'estimations erronées. De fait, l'enchaînement sain et naturel eut été que les responsables de la situation assument leurs erreurs et en enregistrent les pertes résultantes, certains parvenant à survivre tandis que d'autres ne se relèveraient pas des dommages cumulés.

Au lieu de cela, les états ont choisi de voler au secours des artisans de la crise, sans prendre conscience qu'ils n'en avaient aucunement les moyens ! Contraints d'emprunter eux-mêmes pour secourir les entités asphyxiées d'avoir trop emprunté, ils se sont vus forcés à alourdir la dette publique dans des proportions jamais atteintes, agissant comme s'ils étaient possible de juguler la dette en contractant des dettes supplémentaires ! Emprunter pour couvrir ses propres déficits, emprunter encore pour racheter des créances malsaines et renflouer des structures à la dérive, emprunter toujours pour soutenir la relance via des stimuli artificiels, c'est bâtir sur le sable et aller tout droit à la déconvenue et à l'échec.

Mais alors, que faut-il faire ?

Avant de répondre, je me permettrai de soumettre à la sagacité du lecteur un petit texte lumineux de réalisme pratique qui, prenant le contre-pied des méthodologies salvatrices hautement fantaisistes qui ont cours aujourd'hui, distille sans détour les principes de bon sens qui devraient présider à toute gestion publique : "Les budgets doivent être équilibrés, le Trésor doit être renfloué, la dette publique réduite, l'arrogance des fonctionnaires doit être tempérée et contrôlée, l'assistance aux pays en difficulté doit être verrouillée, sinon nous ferons faillite. Les citoyens doivent réapprendre à s'enrichir par le travail, non par la dette et l'assistanat !" Etonnamment modernes dans l'esprit comme dans l'expression, ces lignes sont l'oeuvre de Cicéron, littérateur et homme d'état romain qui se permit cette mise au point devant le Sénat de Rome en 55 avant Jésus Christ !

Aujourd'hui comme hier, Cicéron a raison, et quelques économistes clairvoyants s'accordent désormais pour donner à entendre que l'austérité n'est pas facultative ! Coupes budgétaires, dépenses maitrisées et recherche énergique des voies menant au désendettement progressif doivent être privilégiées, et il importe d'associer sans plus tarder notre population à cette réalité. Certes, on ne peut préjuger des réactions du public confronté à la vérité dévoilée, et il serait sans doute excessif d'en attendre un grand élan de compréhension globale et de générosité vigoureuse, à l'instar de celui qui s'est saisi du peuple coréen au début des années 1990, lorsque la crise asiatique menaçait la nation de naufrage. On s'en souvient, les coréens, traditionnellement peu avares d'efforts et de sacrifices variés, avaient spontanément fait don de leur bijoux personnels afin de rétablir les réserves d'or publiques, avec des résultats remarquables. Moins constructives ont en revanche été les réponses des grecs, abusés par les paravents de réalité exposés à leurs regards depuis des décennies. Irréalistes car mystifiés, les grecs ont logiquement refusé l'évidence, et contesté des plans d'austérité pourtant vitaux pour leur propre avenir.

Riches de ces observations, nous avons le devoir de faire face à la situation, et d'opter sans hésitation pour les seules mesures susceptibles de conduire à un assainissement de notre situation économique. Le salut ne viendra ni d'un miracle improbable, ni de "solutions" basées sur une aggravation de l'endettement public, mais d'une révision profonde des modes de fonctionnement et des édifices structurels tels qu'ils existent aujourd'hui, ces modifications étant élaborées et planifiées par les élus de notre gouvernement et fortement approuvées et soutenues par notre population. La souplesse tactique, meilleur gage de succès, doit certes nous conduire à accepter certaines mesures à compter au nombre des "bons déficits", que le président Nicolas Sarkozy considère comme favorables au rétablissement de la croissance et à la restauration de la confiance sur les marchés financiers. Mais c'est avant tout d'une évolution de nos usages sociétaux, d'un retour à un sens accru des responsabilités, à une capacité plus importante à se maîtriser et à construire de manière rigoureuse et rationnelle, que naîtront les conditions d'un nouvel ordre basé sur les efforts de chacun et conduisant à la sécurité pour tous. Il est naturellement à craindre qu'un tel mouvement soit entravé par la rémanence de comportements adaptés à une conjoncture passée plus souriante, mais surtout par les manoeuvres et résistances d'une frange de l'opposition, toujours enchantée de s'approprier à bon compte le rôle flatteur de championne des valeurs morales et généreuses, tout en laissant aux autres la part ingrate d'assumer les plans de rigueur qu'elle sait pourtant indispensables. Dans un même ordre d'idées, il est à craindre que les principes démocratiques qui soustendent nos systèmes politiques, et dont nous nous affirmons résolument en farouches défenseurs, véhiculent cependant leur lot d'inconvénients, diluant par exemple le pouvoir de décision dans de telles mesures que l'impact des initiatives les mieux pensées en soit notoirement amoindri. "Quand un bateau est dans la tempête et qu'il y a des rochers pas loin", disait en substance Jean-Paul Getty, "il est peu courant qu'il soit dirigé par un comité." Voila, sous forme imagée, l'un des noeuds du problème !

Ne plus diluer les efforts mais, au contraire, nous employer à en additionner les effets, ne plus saper l'autorité de ceux qui, quand bien même ils seraient des adversaires politiques, tentent de redresser notre situation économique, préférer les synergies novatrices aux antagonismes dépassés, voila la marche à suivre pour nous en sortir. Il nous faut reconnaître, quelle que soit notre sensibilité politique, que le Président de la République s'est engagé avec courage et énergie sur la seule voie valable, et qu'il est de notre devoir de lui apporter notre concours pour l'intérêt supérieur de notre nation. Adhésion enthousiaste, confiance, fermeté, volonté d'agir tous ensemble doivent être les pierres de voûte d'une nouvelle génération d'hommes et de femmes qui se lèvent avec la détermination d'influer sur le cours des évènements. La voie que propose Nicolas Sarkozy, aux antipodes des spéculations démagogiques et des mirages toujours séduisants, est pavée des valeurs de l'effort et du réalisme pratique. Pétri d'exigence et de rectitude, rude parfois, rigoureux toujours, ce chemin est le seul qui conviennent aux hommes et aux femmes habitués à regarder la réalité en face, et à répondre aux difficultés par l'action.

Pour ma part, mon choix est fait, et je sais que la confusion et le marasme ambiant nous trouveront demain, audacieux et organisés, prêt(s)s à faire notre devoir.

Florence Soriano-Gafiuk

Vendredi, 24 novembre 2006

Le développement humain

Le bien-être humain est un concept de développement de la société (sans finalité de productivité), mesuré à la fois dans les domaines économique, social & politique, et environnemental, donc par-delà le Produit Intérieur Brut (IPB) qui ne tient compte que de la richesse monétaire, c’est-à-dire des besoins (qu’ils soient existentiels, essentiels, matériels ou immatériels) des personnes solvables dans le cadre d’échanges économiques.



De multiples modes de mesure de ce bien-être existent, en France comme dans les autres pays.



Au niveau économique, les modalités de calcul peuvent tenir compte du marché de l’emploi qui est naturellement lié au capital humain (ensemble des compétences et de savoir-faire existants) et à la mobilité des individus, mais aussi du pouvoir d’achat et du niveau de vie de la personne.



Dans le domaine social et politique, le bien-être peut être mesuré dans les secteurs de l’Education, de la Santé, des Libertés (démocratie et droits humains) et des Egalités (entre les sexes, les races, les groupes ethniques, etc.).



Et enfin, du point de vue environnemental, le progrès peut se mesurer dans la relation de l’Homme avec la Nature (auquel fait écho le développement durable), dans la vie au quotidien de l’individu en milieu métropolitain (logement, pollution, circulation, sécurité, etc.), mais aussi dans les initiatives de solidarité intergénérationnelle (à longue échéance).



Tous ces indicateurs (et bien d’autres existent encore) sont rarement pris en compte par les décideurs politiques, alors qu’ils permettent d’observer l’ampleur de l’écart entre la richesse monétaire et le bien-être humain, voire de constater l’évolution divergente de la croissance économique et de la santé du pays. Et si un tel écart existe et se creuse, c’est justement parce que la problématique du bien-être humain n’entre pas en cohérence avec le rôle centré du marché puisque celui-ci écarte automatiquement les personnes non solvables qui se retrouvent donc exclues de la société, alors qu’elles ont les mêmes besoins que les autres citoyens. C’est pour cette raison que certaines personnalités politiques proposent dans leur programme le versement d’une dotation initiale (appelée « revenu universel ») à caractère individuel (donc donnant l’autonomie à chaque sexe) à l’intention des personnes non ou peu solvables. Reste à étudier le réalisme du financement d’un tel projet.