Comme chacun sait, un certain nombre d'études (menées indépendamment par des sociologues anglais et des pédiatres américains) ont démontré de manière incontestable que le fait d'être confié à un couple homosexuel n'induit pas de risques particuliers pour un enfant. Et puisque notre société accepte aujourd'hui la monoparentalité, on se demande bien par quelle aberration elle s’opposerait à l’homoparentalité sous prétexte que l’enfant ne pourrait pas construire son identité sexuelle (alors que la recherche établit le contraire).

L’essentiel est en fait de permettre à l’enfant de se développer dans un milieu en contact avec les deux sexes (oncles et tantes, ami(e)s, collègues, maîtres,…) et ainsi, de trouver des modèles dans l'entourage plus large. Pour le reste, les conditions de réussite du développement de l’enfant sont les mêmes que celles connues pour les couples hétérosexuels.



Le malaise qu'une personne peut ressentir à l'idée de "livrer un enfant" à des homosexuels est directement lié à son propre rapport à l'homosexualité, fait de peur, de dégoût, de réprobation, et à une tendance trop répandue à imaginer qu'un homosexuel est nécessairement un personnage déséquilibré, pervers, friand d'expériences graveleuses et de rencontres multiples. Pour les tenants de ces schémas caricaturaux, il est par exemple impensable de confier un petit garçon à un homme homosexuel, qui ne manquerait pas de s'en prendre à l'enfant compte tenu de ses penchants naturels.



Mais que dire, dans cette logique, de l'opération inverse consistant à confier une petite fille à un homme "normal" (entendez hétérosexuel) > qui, lui, donc, aime les femmes. Le fait d'aimer les femmes fait-il de cet hétérosexuel un être potentiellement dangereux pour toute petite fille passant à sa portée ?



Il ne faut pas se lasser de répéter qu'homosexualité et pédophilie n'ont aucun lien avéré, et que les tabous liés à l'homosexualité procèdent avant tout de réminiscences issues d'interdictions religieuses dépassées, dont nombre de nos contemporains ne parviennent pas à s'abstraire. La façon dont l'homosexualité a été perçue au cours de l'histoire a d'ailleurs beaucoup varié, passant d'une pratique naturelle et parfaitement admise dans l'antiquité - où elle pouvait même revêtir une importance particulière lors de rites de passage traditionnels - à une diabolisation menant ses adeptes à une mort atroce sous le troisième Reich.



Inutile de dire qui, des maîtres vénérés de la Grèce antique et des partisans de l'Ordre Noir, emporte ma pleine adhésion !

Il nous faut plaider avec vigueur pour une évolution des mentalités, et refuser l'intolérance et la discrimination lorsqu'elles ne reposent, au fond, que sur de vieilles peurs obscures dont il faudra bien, tôt ou tard, avoir le courage de se libérer une bonne fois.