Comme on pouvait s'y attendre, les résultats des élections législatives se révèlent extrêmement favorables aux candidats présentés par l'UMP, et déjà fleurissent, sur les blogs de gauche, des lignes angoissées prédisant à court terme la fin de la démocratie, et annonçant l'avènement d'une force de droite régnant sans partage, et imposant partout ses hommes et ses valeurs sans que quiconque ne puisse contester sa suprématie.



Qu'en est-il en réalité ?

La première des choses que nous aimerions faire remarquer est que les militants de gauche, et en particulier les socialistes, auraient avantage à s'interroger de toute urgence sur les raisons de leur déroute, plutôt que d'accabler de critiques souvent injustes une formation politique active et dynamique qui a su mobiliser et convaincre, là où leur propre attitude n'a su générer que doutes et découragement. Une gestion peu satisfaisante des affaires dont leurs élus avaient la charge, des projets politiques aux contours peu clairs et mal expliqués, des désaccords profonds entre leurs leaders, et pour finir une campagne électorale très maladroitement menée sont autant de raisons qui expliquent l'échec des socialistes, et ces derniers seraient bien mal venus de reprocher à leurs rivaux une situation dont ils portent l'entière responsabilité.



En second lieu, pourquoi faudrait-il redouter les suites de bons résultats aux législatives pour une formation qui vient de gagner les élections présidentielles ? A vrai dire, il est assez plaisant de nous voir avertis des dangers consécutifs à la concentration des pouvoirs par ces mêmes socialistes qui, en 1981 et 1988, avaient accueillis les vagues roses avec des cris de joie ! ... Enchanté de la tournure des évènements, François Mitterrand aurait à l'époque annoncé aux membres de son entourage qu'ils "ne verraient pas deux fois dans leur vie" une telle majorité de gauche au Palais Bourbon. Il paraît donc difficile de comprendre suivant quelle logique les socialistes peuvent aujourd'hui dénoncer avec une telle vigueur une situation dont ils se sont si bien accommodés lorsqu'elle leur était favorable.



Une victoire aux législatives, donc, assure au gouvernement les conditions indispensables requises pour mener à bien et sans entraves tous les projets, pour relever tous les défis qu'il s'était fixés avant son accession au pouvoir, en plaçant à des postes clefs un nombre suffisant d'hommes et de femmes tous animés du même idéal de progression et de changement qui a conduit à la victoire. A l'inverse, une situation de cohabitation, mettant par exemple aux prises un président de droite et un gouvernement de gauche, préserve de fait un certain équilibre, mais condamne surtout les hommes et les femmes en charge de l'avenir du pays à une relative impuissance, chacun des groupes en place mobilisant toute son énergie pour contrecarrer les initiatives de l'autre. Un président et un gouvernement unis, une assemblée majoritairement favorable aux projets annoncés, sont au contraire garants de la cohésion des décisions prises ensemble et d'une portée accrue des mesures mises en oeuvre.



Et pour ceux que les succès de l'UMP inquièteraient encore, je voudrais rappeler les efforts d'ouverture exemplaires consentis par l'équipe gouvernementale afin que ses victoires soient celles de chaque français. L'intégration du socialiste Bernard Kouchner au sein du gouvernement au poste envié de ministre des affaires étrangères, le signe fort envoyé à destination des minorités par le biais de l'accession de Rachida Dati au statut prestigieux de ministre de la justice, sont autant de messages clairs destinés à faire comprendre que chacun a sa place dans la France de demain, et que toute bonne volonté sera chaleureusement accueillie par un groupe désireux de faire la part belle à l'élargissement des liens et à la synergie des compétences. Rappelant le "devoir d'ouverture", le "devoir de diversité" affichés par l'UMP, Jean-Pierre Raffarin a précisé hier soir qu'une "représentation aussi forte nous impose des devoirs et notamment de s'ouvrir non seulement aux différentes familles politiques pour soutenir le projet de Nicolas Sarkozy, mais sociologiquement aussi à toutes les couches de la société". On ne saurait être plus clair, et c'est avec beaucoup d'enthousiasme que je me propose de participer à la mise en oeuvre concrète de cet ambitieux programme.



Pour terminer cet article, j'aimerais adresser mes plus sincères félicitations à Céleste Lett, député de la Moselle, qui vient d'être très brillamment réélu à 61,4% des voix au premier tour des élections législatives. Ce plébiscite massif montre combien l'électorat se déclare satisfait du travail qu'il accomplit depuis des années, et n'a pas manqué de se mobiliser pour assurer ce nouveau et large succès de Monsieur Lett.



Bravo à lui, et bon travail à nous tous!



Florence Soriano-Gafiuk