Actualités et Politique

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Dimanche, 18 mars 2007

Quels besoins en logement ?

Les besoins en logement, loin d’être couverts, conduisent des millions de personnes à la dérive, puisque sans domicile fixe, il est très facile de rester en marge de la société, et d’entrer dans la spirale de la paupérisation : l’individu sans adresse postale perd toute crédibilité aussi bien face à l’employeur, que le bailleur potentiel. - Le logement dans des conditions décentes devrait être un droit accordé à toute personne travaillant, se formant, ou acceptant de rendre des services à la société (actes de solidarité divers). De ce fait, ce billet propose un recensement des logements dont les chantiers sont aujourd’hui devenus urgents pour la protection de l’individu, de sa dignité et de son développement.



1.- Des studios pour les étudiants

Parce que notre société a besoin d’une population active de plus en plus qualifiée, parce que les universités développent les échanges internationaux et souhaitent accueillir de plus en plus d’étudiants étrangers, les besoins en loyers à budget limité accroissent. La spécificité de ces logements est forte, puisque leur emplacement doit être de préférence prévu dans les centres-villes, à proximité d’une desserte de transports conduisant aux campus.



2.- Des résidences pour les jeunes actifs

Des logements doivent être prévus pour tous les jeunes néo-arrivants dans la vie active, qui n’ont plus le statut d’étudiant, dont les revenus sont ceux de débutants, et dont les vies professionnelle et familiale ne se sont pas encore stabilisées. Des appartements T1 ou T2, à loyer modéré, doivent être prévus, notamment dans les quartiers animés des centres villes.



3.- Des foyers pour les SDF

Le phénomène SDF peut aujourd’hui atteindre tous les individus, ceux en rupture familiale, ceux en perte d’emploi, voire ceux travaillant avec un revenu insuffisant pour éviter la pauvreté. Tant d’individus prisonniers du classique cercle vicieux qui n’autorise pas à un SDF de trouver un emploi, et à un travailleur en situation de précarité d’accéder au logement. Pour sortir de ce cercle, les structures d’hébergement CHRS (Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale) et CHU (Centres d’Hébergement d’Urgence) doivent être multipliées et relayées par un parc plus étendu de logements sociaux.



4.- Des logements pour les travailleurs pauvres

La situation des travailleurs pauvres est peut-être celle qui suscite le plus d’émoi et d’indignation : il est en effet inadmissible que le travail ne puisse garantir une vie décente.



La société doit agir avant que ces travailleurs soient à leur tour prisonniers de la spirale de la pauvreté qui conduit aux centres d’hébergement, avec toutes les conséquences psychologiques que cela entraîne (perte de confiance en soi, désocialisation,…) et qui exigent ensuite une longue phase de réinsertion.



Pour tous ces travailleurs, des logements sociaux doivent être prévus.



5.- Des résidences pour les familles modestes

J’entends par famille modeste toute famille dont la somme des ressources salariales ne suffit pas à subvenir aux besoins essentiels du ménage, soit parce que les ressources salariales sont faibles (conjoint inactif ou chômeur, famille monoparentale,…), soit parce que les besoins de la famille sont trop importants (famille nombreuse).



Pour toutes ces familles, un nouveau parc HLM doit être mis en chantier.



6.- Des résidences pour les personnes âgées

L’allongement de la durée de la vie suscite de nouveaux besoins en matière d’habitat, notamment pour les personnes à mobilité et autonomie réduites. Des résidences proposant de multiples services (sécurité, laverie, restauration, assistance d’un régisseur, médicalisation,…), et dont l’accès est autorisé aux animaux domestiques, doivent être construites. -

7.- Des maisons vertes :

Le réchauffement de la planète, la disparition de la biodiversité, la pénurie des ressources naturelles nous obligent à une prise de conscience collective et en l’occurrence à un changement de culture. L’éco-habitat (panneaux solaires, tri sélectif des déchets, micro-éolienne, chauffage au bois, récupérateur d’eau de pluie,…) doit correspondre à l’un des axes forts de développement durable - l’habitat est en effet responsable de 13% des émissions à effet de serre. - Cette liste, certainement non exhaustive, montre bien que les besoins sont réels. Les responsables politiques doivent à présent agir, car la population ne peut plus attendre...

Mardi, 26 décembre 2006

Quelles mesures pour les SDF ?

Comme chacun sait, le nombre de personnes vivant dans notre pays au-dessous du seuil de pauvreté ne cesse de s'accroitre, avec en particulier un fossé de plus en plus important séparant les nantis de la masse grandissante des défavorisés.

Elément nouveau, ce phénomène n'est plus circonscrit à une frange très particulière de la population, mais menace désormais un spectre beaucoup plus large de nos compatriotes, et il n'est plus rare de voir se débattre dans les plus grandes difficultés des personnes titulaires d'un travail, mais dont les revenus ne permettent plus de survivre dans le contexte présent. Confrontés à la baisse du pouvoir d'achat, à l'explosion des montants des loyers, à l'exigence de rentabilité des employeurs, beaucoup jettent l'éponge, et sombrent dans la spirale du surendettement et du désespoir.

A cet état de fait, l'Etat d'une part et, plus largement, l'ensemble de nos concitoyens d'autre part, se doivent de réagir par des initiatives concrêtes, et cela avec la plus grande célérité.

Un préalable naturel est de dresser au plus vite un état de la situation en concertation avec les partenaires sociaux, les collectivités territoriales et les réseaux associatifs afin d'avoir une idée réaliste des problèmes. Il convient ensuite, à la lumière des informations recueillies, d'ajouter aux projets déja en cours de mises en oeuvre (le Revenu de Solidarité Active, par exemple) une batterie de mesures soulageant la souffrance des gens de manière immédiate, et assurant leur mieux-être dans la durée. Dans cette logique, des idées pourraient être de planifier la construction d'un parc H.L.M (Habitation à Loyer Modéré) destiné prioritairement aux SDF, de structures d’accueil en nombre important, avec des personnels motivés et bien formés, et relayées le cas échéant par des dispositifs d’insertion, d’éducation et de santé, ce dernier point étant essentiel lorsqu'on sait que la tuberculose est l’un des principaux fléaux de la misère !

L’aide sociale peine aujourd'hui à répondre aux besoins de la rue. L’état d’urgence est sonné ! La responsabilité de faire face incombe à tous, à l’Etat comme aux collectivités et aux citoyens.

Pourquoi l’élan de solidarité enregistré en décembre 2004 lors de la catastrophe du tsunami a-t-il été si fort en comparaison des aides enregistrées pour les pauvres de nos rues ? Est-ce l’effet de l’éloignement ? L’effet médiatique ? L’effet de banalisation du phénomène SDF ?

Chaque heure perdue est lourde de conséquences pour les plus fragiles d'entre nous ! Nous engager résolument pour leur défense est un devoir auquel il serait indigner de se dérober.

Florence Soriano-Gafiuk