Actualités et Politique

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Jeudi, 22 novembre 2007

Les cheminots sur la bonne voie !

Après le bleu de la vague qui déferla sur notre pays aux dernières élections présidentielles, c'est une autre couleur qui enflamme désormais les joues des usagers des transports ferroviaires ou de la RATP, qui piétinent sur les quais déserts avec le sentiment d'être les otages d'un conflit qui ne les concerne guère. Critiqué et impopulaire, le mouvement des cheminots mérite quelques sérieuses mises au point.



Le premier élément qui choque lorsqu'on se met à l'écoute de nos concitoyens est l'idée curieusement erronée qu'ils se font des salariés de la SNCF et de leurs conditions de travail. Favorisés par leur employeur, nantis d'avantages injustifiés, les cheminots formeraient une sorte de caste paresseuse et argentée, qui entendrait faire perdurer des avantages acquis à l'époque lointaine où leur profession était "vraiment" pénible et risquée.



De fait, en termes de retraite, il faut savoir que les pensions moyennes des retraités gérés par le régime général étaient de 1 590 euros en 2001, contre 1407 euros seulement pour ceux de la SNCF. De plus, les cheminots en activité se voient appliquer une surcotisation non négligeable (taux patronal à 28,44 % contre 14,18 % sous le régime général). Comme on le voit, les "retraités dorés" de la SNCF n'ont donc jamais existé ailleurs que dans les fantasmes populaires, car non seulement ils ne sont pas aussi bien lotis qu'on se plaît à le laisser entendre, mais surtout, ils payent au prix fort leurs maigres avantages en étant financièrement mis à contribution tout au long de leur carrière.



Et en ce qui concerne les cheminots actifs, il faut également comprendre combien les lourdes contraintes horaires (dimanches, nuits, jours fériés) menacent l'équilibre d'une vie familiale, surtout si l'on songe aux compensations financières dérisoires censées en dédommager les acteurs. Ainsi, les heures de travail placées entre 0h30 et 4h30 donnent droit à une majoration de vingt centimes d'euros ! ...



Que des gens soient privilégiés dans notre pays est absolument exact. Nantis de la société, les véritables privilégiés le sont de naissance (héritiers de grandes entreprises) ou de professions (libérales, et en particulier médicales). Une petite enquête menée pour estimer les appointements des notaires, cardioloques, stomatologues révèlent ainsi des chiffres proprement effarants, qui rendent complètement grotesques toutes vélléités de controverses relatives aux misérables primes accordées aux cheminots qui travaillent les jours de fête, et s'il faut parler conditions de travail, cotisation ou retraites, j'aimerais qu'on m'explique à l'occasion pourquoi les cas d'autres groupes professionnels (militaires, sénateurs...) sont axiomatiquement passés sous silence dans les débats.



On l'aura compris, je me refuse à me joindre au coeur des contempteurs des cheminots, que des manoeuvres habilement orchestrées ont livré à la vindicte populaire. Il n'est au demeurant nullement exclu qu'à court terme, une partie des mécontents qui crient leur indignation face à ce mouvement social voient à leur tour leur propre situation faire l'objet d'une remise en question. Peut-être alors apprendront-ils la compréhension et la solidarité... s'il en est encore temps ! ...



Florence Soriano-Gafiuk

Jeudi, 6 septembre 2007

La bohème au pilori...

Les personnes qui fréquentent ce blog ont pu constater que la protection des minorités les plus exposées et la lutte contre les injustices, les discriminations et les violences de toutes sortes ont toujours été au centre de mes préoccupations. De fait, je n'ai jamais hésité à m'engager avec force à chaque fois que la vie m'a confrontée à ce type de situations, et j'ai la ferme intention de persister dans cette voie à l'avenir.

Parcourant hier le blog du socialiste Denis Peiffer, dont les billets maladroits et les analyses exotiques m'avaient beaucoup amusée par le passé, j'ai eu la surprise désagréable de découvrir un texte particulièrement odieux, où Denis Peiffer s'en prend avec une rare brutalité, à la communauté des gens du voyage. ( http://peifferdenis.over-blog.com/a...)



Conformément à la plupart des billets de Denis Peiffer, celui-ci débute comme une sorte de conte, racontant aux lecteurs une histoire simple et frappante, et termine en fournissant sur mesure la morale à tirer de ladite histoire, et en précisant pour son public les personnages principaux : le bon (alias Denis Peiffer) et les méchants (alias les familles tsiganes). Dans l'article qui nous occupe, on nous montre ainsi notre romantique conseiller municipal flânant au hasard des routes, tel Jean-Jacques Rousseau philosophant au bord des ruisseaux. Soudain, Denis Peiffer, l'oeil hagard et le teint cireux, tombe en arrêt devant un spectacle insupportable : à faible distance de son auguste personne, quelques enfants tsiganes jouent paisiblement, tandis que leurs mères étendent du linge au soleil.



On imagine combien cette épreuve a dû être traumatisante pour Denis Peiffer, défenseur de l'ordre et de la justice, car pour ceux qui l'ignorerait encore, "force est de constater que leur présence s'accompagne toujours de désagréments..." (sic). Comme d'habitude, l'auteur illustre ses lamentables prises de position de témoignages douteux censés démontrer que ses paroles expriment une opinion générale, et fait une démonstration de plus de sa propension aux dérives démagogiques les plus malsaines.

Car là, on ne sourit plus !



Denis Peiffer ignore-t-il que le taux de délinquance chez les gens du voyage s'apparente à celui des populations sédentaires ? Ne pourrait-il avoir un peu de compassion pour ces malheureux dont les sociologues ont récemment évalué l'espérance de vie à 45 ans en Italie, du fait des maladies qu'ils contractent, du manque de soins, ou plus simplement de la malnutrition ? Ignore-t-il qu'il faut se rendre à Marignane (ville qui s'est rendue tristement célèbre en consacrant aux municipales de 1995 un candidat du Front National) pour voir appliquer concrètement, à l'encontre des tsiganes, les mesures "fermes" qu'il appelle de ses voeux : expulsion brutale de familles avec leurs enfants en bas âge, destruction de leur habitat au bulldozer, élévation de monticules de terre pour rendre impossible l'accès à des espaces dont on souhaite les éloigner...Voila des pratiques qui doivent sonner de manière fort agréable aux oreilles de Denis Peiffer, qui condamne avec indignation l'esprit d'ouverture et de tolérance dont fait preuve Céleste Lett, celui-ci se refusant à "casser du tsigane" pour complaire, comme d'autres s'empresseraient de le faire, à un certain électorat.

A mon sens, il est bien dommage que l'anti-tsiganisme, qui est une forme flagrante de racisme, ne soit pas puni avec la même sévérité que ses pendants visant d'autres communautés (juive, maghrébine, noire-africaine...). Il n'est pas inutile de rappeler qu'un demi-million de gens du voyage ont été assassinés par les nazis, et il serait regrettable que cette communauté, après tout ce qu'elle a enduré, continue à être l'objet de ragots et de persécutions de la part de nos concitoyens, et, pire encore, de nos élus... surtout lorsqu'ils se prétendent de gauche!... "Au moins nous saurons où se trouvent les nomades et pourrons mieux les contrôler"... Ces propos méprisants et discriminatoires sont purement et simplement inadmissibles.



Puisqu'on en parle, les socialistes ne sont d'ailleurs pas les seuls représentants de la gauche à persécuter les gens du voyage, car sur ce chapitre, les "écologistes" savent également, à l'occasion, se distinguer avec virulence. On a ainsi pu apprendre qu'à Pont-Sainte-Maxence, les verts s'étaient violemment opposés à l'installation de quelques familles tsiganes dans un espace situé en rase campagne, au prétexte que cet endroit se situait "sur le lieu de passage de grands animaux" (cerfs, sangliers...) ! Autrement dit, il n'est en aucun cas choquant, aux yeux des écologistes, de faire passer les gens du voyage après les animaux...

Je terminerai ce billet en rappelant que Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l'égalité et au partenariat équitable du Parti Socialiste, affirme son attachement au principe de la tolérance zéro pour les propos à caractère raciste. Que Georges Frêche ait été suspendu de toutes fonctions au sein du Parti Socialiste pour ses propos sur le nombre de joueurs de couleur dans l'équipe de France de football me semble tout à l'honneur de la formation politique précitée. J'espère que cette sanction servira d'exemple, car je serai très attristée de voir fleurir sur les blogs une prose nauséabonde semblable à celle qui a motivé cette réponse.



Florence Soriano-Gafiuk

Vendredi, 13 avril 2007

Pression, stress et suicide au travail

Alerte à un « nouveau » phénomène

C’est avant même l’heureux dénouement de ma difficile situation professionnelle, que mon envie d’engagement pour la défense du développement humain du chercheur et en particulier, pour la lutte contre le harcèlement et les discriminations (raciale, sexiste, ethnique ou autres) dans les laboratoires de recherche est née. Et c’est à l’aube de premières démarches pour la concrétisation de ce projet que je souhaite alerter au « nouveau » phénomène pointé par le récent suicide d’un technicien de 44 ans, sur l’un des sites de l’entreprise Renault.

Ce drame a en effet permis de repérer un nombre alarmant de suicides liés au travail.

Lorsqu’en six mois une entreprise enregistre quatre suicides, le débat s’ouvre.

Selon une étude du Conseil économique et social, au moins une personne par jour se donnerait la mort à cause du stress au travail.

Les principales causes du suicide au travail

La souffrance sur le lieu du travail est souvent l’effet de plusieurs causes :

- le lien entre le travail et la construction d’une identité sociale,

- la peur du chômage et de la précarité, à l’heure où le taux de paupérisation de la population française est de plus en plus élevé,

- l’éclatement (de plus en plus fréquent) des familles qui ne permet plus à ces dernières d’être un rempart suffisant pour éviter la dépression. Et comme la réciproque s’avère vraie - les conditions de vie dégradées ou humiliantes sur le lieu du travail nuisent à l’épanouissement sur les plans personnel et familial -, la personne en souffrance rentre rapidement dans un cercle vicieux qui peut entraîner inéluctablement vers le suicide.

- la mondialisation qui fait peu de cas de la valeur humaine (anonymat, absence de dialogue, stress, concurrence entre les salariés, mise au placard, licenciement, harcèlement moral voire sexuel,…) au rythme des restructurations de société, des reprises successives, et de choix stratégiques qui ne s'accompagnent d'aucune explication.

Quelques alternatives

Maintenant que les tabous ont été levés, il est urgent de mettre en place quelques dispositifs préventifs :

- l’augmentation du nombre de consultations obligatoires auprès du médecin du travail

- la programmation de reconversions professionnelles : la formation tout au long de la vie doit être favorisée

- la création de cellules indépendantes d’écoute et de compréhension au sein des grandes entreprises ou de groupements de PME, rassemblant des médecins du travail, des psychologues spécialisés, des assistantes sociales et des représentants des services des ressources humaines

- la révision du code de travail :

1/ En cas de cession de société, la responsabilité du vendeur doit être engagée pour une durée déterminée. Des conditions de travail décentes pour le personnel doivent être maintenues.

2/ Le travail effectué doit être valorisé, et l’employé respecté.

3/ Un plan social (qui traite notamment des situations des smicards et des cadres de plus de 50 ans) doit être mis en œuvre.

4/ La lutte contre toutes formes de harcèlement doit mieux s'organiser : les syndicats ne sont plus suffisamment puissants. Des associations travaillant en réseau avec des avocats, des médiateurs et des élus politiques doivent être créés. La législation sur le harcèlement doit être revue : certaines situations n’ont pas encore été prévues.

5/ Les missions des comités d'entreprise (CE) et des comités d'hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT ) doivent être renforcées.

De telles mesures permettront d’engager une lutte contre les situations professionnelles de grande détresse, et devraient en particulier pouvoir faire régresser de nombreuses dérives (dépression, alcoolisme, drogue, tentative de suicide ou suicide avérée, violence,…).

Dimanche, 18 mars 2007

Quels besoins en logement ?

Les besoins en logement, loin d’être couverts, conduisent des millions de personnes à la dérive, puisque sans domicile fixe, il est très facile de rester en marge de la société, et d’entrer dans la spirale de la paupérisation : l’individu sans adresse postale perd toute crédibilité aussi bien face à l’employeur, que le bailleur potentiel. - Le logement dans des conditions décentes devrait être un droit accordé à toute personne travaillant, se formant, ou acceptant de rendre des services à la société (actes de solidarité divers). De ce fait, ce billet propose un recensement des logements dont les chantiers sont aujourd’hui devenus urgents pour la protection de l’individu, de sa dignité et de son développement.



1.- Des studios pour les étudiants

Parce que notre société a besoin d’une population active de plus en plus qualifiée, parce que les universités développent les échanges internationaux et souhaitent accueillir de plus en plus d’étudiants étrangers, les besoins en loyers à budget limité accroissent. La spécificité de ces logements est forte, puisque leur emplacement doit être de préférence prévu dans les centres-villes, à proximité d’une desserte de transports conduisant aux campus.



2.- Des résidences pour les jeunes actifs

Des logements doivent être prévus pour tous les jeunes néo-arrivants dans la vie active, qui n’ont plus le statut d’étudiant, dont les revenus sont ceux de débutants, et dont les vies professionnelle et familiale ne se sont pas encore stabilisées. Des appartements T1 ou T2, à loyer modéré, doivent être prévus, notamment dans les quartiers animés des centres villes.



3.- Des foyers pour les SDF

Le phénomène SDF peut aujourd’hui atteindre tous les individus, ceux en rupture familiale, ceux en perte d’emploi, voire ceux travaillant avec un revenu insuffisant pour éviter la pauvreté. Tant d’individus prisonniers du classique cercle vicieux qui n’autorise pas à un SDF de trouver un emploi, et à un travailleur en situation de précarité d’accéder au logement. Pour sortir de ce cercle, les structures d’hébergement CHRS (Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale) et CHU (Centres d’Hébergement d’Urgence) doivent être multipliées et relayées par un parc plus étendu de logements sociaux.



4.- Des logements pour les travailleurs pauvres

La situation des travailleurs pauvres est peut-être celle qui suscite le plus d’émoi et d’indignation : il est en effet inadmissible que le travail ne puisse garantir une vie décente.



La société doit agir avant que ces travailleurs soient à leur tour prisonniers de la spirale de la pauvreté qui conduit aux centres d’hébergement, avec toutes les conséquences psychologiques que cela entraîne (perte de confiance en soi, désocialisation,…) et qui exigent ensuite une longue phase de réinsertion.



Pour tous ces travailleurs, des logements sociaux doivent être prévus.



5.- Des résidences pour les familles modestes

J’entends par famille modeste toute famille dont la somme des ressources salariales ne suffit pas à subvenir aux besoins essentiels du ménage, soit parce que les ressources salariales sont faibles (conjoint inactif ou chômeur, famille monoparentale,…), soit parce que les besoins de la famille sont trop importants (famille nombreuse).



Pour toutes ces familles, un nouveau parc HLM doit être mis en chantier.



6.- Des résidences pour les personnes âgées

L’allongement de la durée de la vie suscite de nouveaux besoins en matière d’habitat, notamment pour les personnes à mobilité et autonomie réduites. Des résidences proposant de multiples services (sécurité, laverie, restauration, assistance d’un régisseur, médicalisation,…), et dont l’accès est autorisé aux animaux domestiques, doivent être construites. -

7.- Des maisons vertes :

Le réchauffement de la planète, la disparition de la biodiversité, la pénurie des ressources naturelles nous obligent à une prise de conscience collective et en l’occurrence à un changement de culture. L’éco-habitat (panneaux solaires, tri sélectif des déchets, micro-éolienne, chauffage au bois, récupérateur d’eau de pluie,…) doit correspondre à l’un des axes forts de développement durable - l’habitat est en effet responsable de 13% des émissions à effet de serre. - Cette liste, certainement non exhaustive, montre bien que les besoins sont réels. Les responsables politiques doivent à présent agir, car la population ne peut plus attendre...

Samedi, 3 mars 2007

Citoyenneté pour les personnes en situation d’handicap !

Le potentiel de la partie de la population en situation d’handicap - soit près de 10 % des français-, est souvent mal connu, voire ignoré, tout simplement parce le regard de notre société porté sur les personnes handicapées est celui de la situation extraordinaire, alors que l’handicap correspond à une situation ordinaire qui est à la fois particulière et caractéristique.



Alors si nous souhaitons construire une société de développement du bien-être, dans lequel nous profiterions de la diversité de tous les individus, nous devons commencer par, adapter les cadres physiques et humains, mais aussi et surtout, changer notre culture et notre vision de la situation d’handicap.

Même si depuis 2002, la France s’est engagée dans une politique volontariste d’insertion des personnes handicapées, il a fallu attendre trois ans pour qu’une loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, soit adoptée.

Les principales orientations sont :

  1. L’accessibilité généralisée pour tous les domaines de la vie sociale : la personne en situation d’handicap a le droit de s’inscrire dans des projets répondant à ses désirs, tant dans les domaines scolaire, professionnel, artistique ou sportif. Les aménagements nécessaires (emploi, cadre bâti, transports...) doivent donc être faits si nous ne voulons pas que la personne handicapée soit coupée de la cité, mise sous tutelle économique, et considérée à vie comme un individu de statut de mineur.
  2. Le droit à compensation des conséquences du handicap (par exemple, majoration de la durée d’une épreuve d’examen ou de concours)
  3. La sensibilisation de la société civile et des employeurs : la compréhension du handicap relève de l’intelligence et du droit humain, et non de l’émotion et de la bonne conscience. Notre culture doit changer.

Malgré tout, des situations inadmissibles perdurent.



L’un des exemples les plus flagrants concernent la recrudescence de malades mentaux dans les prisons: les chiffres sont alarmants. Les principales raisons proviennent :

  • d’une part, de la réforme du code pénal de 1993 qui établit la responsabilité pénale des personnes dont le discernement est altéré au moment des faits,
  • et d’autre part, du manque de structures de psychiatrie, d’hôpitaux et de centres médico-psychologiques : c'est ainsi que nombre de patients restent sans soins et entrent dans une spirale de petits délits qui les mène en prison.


Tout le monde se souvient de l’horrible affaire de cannibalisme de janvier 2007, dans l’une des cellules de la maison d’arrêt de Rouen.



Cette abominable fait révèle que malgré l’élan de la France, des progrès restent encore à faire si nous souhaitons renforcer notre cohésion nationale pour davantage de justice et donc davantage d’attention aux plus vulnérables qui ont droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale.

Samedi, 17 février 2007

Politique d'accueil des néo-ruraux

De nombreux villages, alertés et désireux d’enrayer l’hémorragie de leur population, engagent une politique volontariste d’accueil de nouveaux habitants.



Ces communes sont conduites à mettre en œuvre des mesures favorisant l’attractivité de leur territoire, et l’intégration des néo-arrivants.



La démarche usuelle est de multiplier l’offre de services en tenant compte des besoins de cette nouvelle population : création de structures sportives, animation d’activités de loisirs ou culturelles, mise en place de relais d’assistance maternelle, création de logements, soins pour les personnes âgées, implantation de groupements scolaires, possibilités de transports en commun, etc.



Mais cette démarche ne prend totalement sens que si elle est accompagnée d’un dispositif d’accueil et de communication qui permet :



- aux élus de plonger dans la vie du territoire, et ainsi d’apporter les réponses les plus adaptées aux besoins de la population. Par exemple, peut être créée une base de données recensant toutes les potentialités de la commune (les terrains à bâtir, les entreprises à reprendre, les projets individuels ou collectifs, les bénévoles ou intervenants susceptibles de pouvoir/vouloir s’engager dans une démarche, ...).



- aux arrivants de découvrir les possibilités, mais aussi les traditions de la commune et de ses habitants. Peuvent être par exemple implantés des points d’accueil spécifique dont la mission, beaucoup plus large que celle des offices de tourisme, serait de répondre aux questions pratiques de la nouvelle population.



L’accueil de ces arrivants, qui est naturellement du ressort des responsables politiques, ne peut cependant être réellement efficace que s’il constitue un projet dans lequel l’ensemble de la population a envie de s’engager. Dans un tel contexte, il serait intéressant d’organiser annuellement :



- une réunion d’information des néo-ruraux, qui prévoirait une présentation du phénomène de migration ville-campagne, mais aussi des politiques communale, cantonale, voire départementale et régionale.



- une rencontre conviviale entre les accueillants et les accueillis, pour faciliter la découverte de la culture du territoire, et, des traditions et règles à respecter au sein du village.



Les objectifs seraient doubles :



- conduire les néo-arrivants à réfléchir, voire carrément à élaborer, au-delà de leur projet professionnel, un véritable projet de vie (vivre de manière plus écologique, participer à la vie locale, etc.)



- éviter la création de clans, ou d’îlots sur lesquels tel ou tel type de population se regrouperait et s’enfermerait.



Pour favoriser la diffusion de l’information et ainsi, le développement d’une vie sociale, les outils de communication doivent être largement utilisés :



- publication de bulletins d’information présentant les actualités de la commune, - utilisation de médias spécialisés (chaînes de télévision, revues spécifiques, ou autres), - création d’un site Internet, voire d’un blog ou d’un forum de discussion.

Les enjeux de tous ces dispositifs sont très forts puisqu’ils visent directement le bien-être de tous les habitants, en tentant de créer des passerelles entre les différents types de population, et ainsi, en donnant envie à tous de vivre dans le respect les uns des autres.

Mardi, 26 décembre 2006

Quelles mesures pour les SDF ?

Comme chacun sait, le nombre de personnes vivant dans notre pays au-dessous du seuil de pauvreté ne cesse de s'accroitre, avec en particulier un fossé de plus en plus important séparant les nantis de la masse grandissante des défavorisés.

Elément nouveau, ce phénomène n'est plus circonscrit à une frange très particulière de la population, mais menace désormais un spectre beaucoup plus large de nos compatriotes, et il n'est plus rare de voir se débattre dans les plus grandes difficultés des personnes titulaires d'un travail, mais dont les revenus ne permettent plus de survivre dans le contexte présent. Confrontés à la baisse du pouvoir d'achat, à l'explosion des montants des loyers, à l'exigence de rentabilité des employeurs, beaucoup jettent l'éponge, et sombrent dans la spirale du surendettement et du désespoir.

A cet état de fait, l'Etat d'une part et, plus largement, l'ensemble de nos concitoyens d'autre part, se doivent de réagir par des initiatives concrêtes, et cela avec la plus grande célérité.

Un préalable naturel est de dresser au plus vite un état de la situation en concertation avec les partenaires sociaux, les collectivités territoriales et les réseaux associatifs afin d'avoir une idée réaliste des problèmes. Il convient ensuite, à la lumière des informations recueillies, d'ajouter aux projets déja en cours de mises en oeuvre (le Revenu de Solidarité Active, par exemple) une batterie de mesures soulageant la souffrance des gens de manière immédiate, et assurant leur mieux-être dans la durée. Dans cette logique, des idées pourraient être de planifier la construction d'un parc H.L.M (Habitation à Loyer Modéré) destiné prioritairement aux SDF, de structures d’accueil en nombre important, avec des personnels motivés et bien formés, et relayées le cas échéant par des dispositifs d’insertion, d’éducation et de santé, ce dernier point étant essentiel lorsqu'on sait que la tuberculose est l’un des principaux fléaux de la misère !

L’aide sociale peine aujourd'hui à répondre aux besoins de la rue. L’état d’urgence est sonné ! La responsabilité de faire face incombe à tous, à l’Etat comme aux collectivités et aux citoyens.

Pourquoi l’élan de solidarité enregistré en décembre 2004 lors de la catastrophe du tsunami a-t-il été si fort en comparaison des aides enregistrées pour les pauvres de nos rues ? Est-ce l’effet de l’éloignement ? L’effet médiatique ? L’effet de banalisation du phénomène SDF ?

Chaque heure perdue est lourde de conséquences pour les plus fragiles d'entre nous ! Nous engager résolument pour leur défense est un devoir auquel il serait indigner de se dérober.

Florence Soriano-Gafiuk

Vendredi, 24 novembre 2006

Le développement humain

Le bien-être humain est un concept de développement de la société (sans finalité de productivité), mesuré à la fois dans les domaines économique, social & politique, et environnemental, donc par-delà le Produit Intérieur Brut (IPB) qui ne tient compte que de la richesse monétaire, c’est-à-dire des besoins (qu’ils soient existentiels, essentiels, matériels ou immatériels) des personnes solvables dans le cadre d’échanges économiques.



De multiples modes de mesure de ce bien-être existent, en France comme dans les autres pays.



Au niveau économique, les modalités de calcul peuvent tenir compte du marché de l’emploi qui est naturellement lié au capital humain (ensemble des compétences et de savoir-faire existants) et à la mobilité des individus, mais aussi du pouvoir d’achat et du niveau de vie de la personne.



Dans le domaine social et politique, le bien-être peut être mesuré dans les secteurs de l’Education, de la Santé, des Libertés (démocratie et droits humains) et des Egalités (entre les sexes, les races, les groupes ethniques, etc.).



Et enfin, du point de vue environnemental, le progrès peut se mesurer dans la relation de l’Homme avec la Nature (auquel fait écho le développement durable), dans la vie au quotidien de l’individu en milieu métropolitain (logement, pollution, circulation, sécurité, etc.), mais aussi dans les initiatives de solidarité intergénérationnelle (à longue échéance).



Tous ces indicateurs (et bien d’autres existent encore) sont rarement pris en compte par les décideurs politiques, alors qu’ils permettent d’observer l’ampleur de l’écart entre la richesse monétaire et le bien-être humain, voire de constater l’évolution divergente de la croissance économique et de la santé du pays. Et si un tel écart existe et se creuse, c’est justement parce que la problématique du bien-être humain n’entre pas en cohérence avec le rôle centré du marché puisque celui-ci écarte automatiquement les personnes non solvables qui se retrouvent donc exclues de la société, alors qu’elles ont les mêmes besoins que les autres citoyens. C’est pour cette raison que certaines personnalités politiques proposent dans leur programme le versement d’une dotation initiale (appelée « revenu universel ») à caractère individuel (donc donnant l’autonomie à chaque sexe) à l’intention des personnes non ou peu solvables. Reste à étudier le réalisme du financement d’un tel projet.

Jeudi, 23 novembre 2006

L'entrée de la municipalité dans l'agenda 21

Les gens qui vivent dans un espace d’exclusion finissent par croire qu’ils ne sont capables de rien (Adalberto Barreto, Psychiatre)



Qu’est-ce que l’Agenda 21 ?

Les trois piliers du développement durable sont l’écologie (dégradation de l’environnement, perte de la biodiversité, pollution et ses effets sur les changements climatiques), le social (accroissement du taux de paupérisation dans les pays riches, augmentation des inégalités entre les pays du Sud et du Nord, ou encore entre les pays de l’Est et de l’Ouest, et nécessité d’une solidarité intergénérationnelle), l’économie (prise en compte des coûts). Cependant, selon les pays et ses besoins, les orientations choisies du développement durable diffèrent : les pays en voie de développement s’attachent à l’urgence et donc à la dimension sociale, alors que les pays développés (et surtout européens) sont davantage centrés sur les problèmes liés à l’environnement, dont les solutions alternatives ne peuvent d’ailleurs qu’être envisagées sur du long terme.



L’agenda 21 (dont l’étymologie vient du mot latin AGERE (agir) et où 21 fait référence au XXI° siècle) est en fait l’outil stratégique et opérationnel, opté par un organisme (association, entreprise, établissement scolaire, etc.) ou par une collectivité qui souhaite apporter des réponses à des questions concrètes locales ou planétaires en lien avec l’environnement et le développement durable.



Il préconise dans une démarche participative les étapes suivantes :


  1. - Impulser et mobiliser les parties prenantes
  2. - Organiser le pilotage
  3. - Etablir un état des lieux (basé sur le savoir, le sensoriel et l’expérience) et réaliser le diagnostic - autrement dit, identification des besoins et des causes -
  4. - Formuler les objectifs, élaborer des solutions alternatives, identifier les moyens et s’engager sur un programme d’actions
  5. - Mettre en œuvre un suivi (à partir d'indicateurs)
  6. - Publier et communiquer
  7. - Evaluer la pertinence des axes de progrès et les résultats du plan d’actions


Quelles actions « durables » pour une municipalité ?

Les collectivités sont donc directement concernées par la démarche de l’agenda 21, même si en France, l’initiative municipale reste timide puisque moins de 10 % seulement des communes se sont engagées dans une telle démarche, alors que les pays du Nord (Finlande, Suède, Norvège, Danemark) en comptent plus de 80 %. Et plus encore, si nous examinions à présent la situation des régions au sein même de la France, nous constaterions que la Lorraine reste relativement en retrait puisque trois communes seulement ont mis en place un tel champ d’actions.



Les engagements inscrits dans l’agenda 21 d’une municipalité peuvent être multiples, variés, et leur étude toujours intéressante, comme nous allons tenter de l’illustrer.



Parce que le développement durable place l’Homme au centre de ses préoccupations, il est important de :



- tisser du lien social afin de lutter contre l’exclusion et favoriser la solidarité inter et extra-catégorielle, en

  1. encourageant le bénévolat et le parrainage (bureau de conseils, dispositif d’accompagnement à la scolarité des enfants en difficultés, etc.)
  2. organisant des évènements, des rencontres conviviales pour tous ensemble, échanger et communiquer
  3. favorisant la participation de chacun, en permettant à tous de proposer et d’agir, et en optant pour une gouvernance partagée
  4. facilitant l’accès à l’information (création d’une revue et d’un blog, diffusion de la Lettre de la municipalité)
  5. multipliant les contacts partenariaux


- reconstruire du lien entre les sujets et leur cadre de vie en

  1. éco-responsabilisant les concitoyens (tri sélectif, économie d’énergie, achat de produits recyclables, etc.)
  2. participant à l’éducation des enfants, en soutenant les projets de l’école en lien avec l’environnement, le patrimoine et le développement durable
  3. facilitant l’accès à la culture, à la formation, aux loisirs et aux sports, pour développer le bien-être humain en rendant autonome et en préservant la santé,
  4. travaillant sur l’image du monde agricole, par exemple, en organisant des actions de découverte pour les enfants (lecture de paysage, rencontre avec un exploitant agricole du territoire, déjeuner agrémenté de produits locaux)
  5. encourageant le choix d’énergie propre (capteurs solaires, éoliennes,…)


- favoriser l’insertion professionnelle des personnes en situation difficile (jeunes sans formation, chômeurs, handicapés, etc.), par exemple par le biais des marchés publics : les collectivités peuvent en effet introduire des clauses sociales ou environnementales dans ses appels d’offre (selon l’article 14 du code des marchés publics) – la ville de Nantes prouve le réalisme du concept –



- et enfin, chaque fois que cela est possible, ancrer les actions dans une démarche de développement local (diversification des attractivités municipales dont les impacts économiques seraient positifs).



Bien d’autres propositions peuvent être faites, et parce que l’Agenda 21 préconise une démarche participative, vous aussi avez à proposer.