C'est avec un certain scepticisme qu'un grand nombre d'observateurs de la vie sarregueminoise ont accueilli l'apparition soudaine d'un nouveau venu sur la scène politique locale en la personne d'Eric Kamblock, candidat déclaré au poste de maire de Sarreguemines.

Désireux d'entretenir durablement le mystère sur son état civil, ses intentions, son programme, ses alliances, le déroutant Eric Kamblock semble, à cet effet, avoir opté pour une stratégie insolite, se proposant par exemple de devenir populaire en dissimulant son identité (comprenne qui pourra), ou d'apparaître comme un personnage rassurant en dévoilant le programme le plus flou et le plus incohérent qui ait jamais été avancé dans toute l'histoire politique de notre région.

De fait, le profil psychologique d'Eric Kamblock est assez inquiétant ! Il faut rappeler aux lecteurs que ce candidat vaporeux s'est d'abord refusé à assumer ses ambitions, signant jusqu'à une date récente ses interventions personnelles du pseudonyme collectif "Jean Mayer". L'équipe Kamblock n'étant pas très habile, le "secret" de Polichinelle (pseudonyme qui semble plus approprié que "Jean Mayer") a rapidement été éventé, ce qui n'a pas empêché l'incertain Monsieur Kamblock de s'obstiner dans sa démarche nébuleuse, déclarant à qui veut l'entendre qu'il n'est guère connu, et n'a au fond d'autre ambition que d'incarner le trouble groupuscule qui souhaite s'imposer aux élections municipales. S'il a été si difficile à Monsieur Kamblock d'assumer ne serait-ce que l'annonce de ses ambitions ou son rôle de leader de liste, les lecteurs peuvent imaginer le peu de garantie qu'il offre pour la prise de responsabilités lourdes qu'implique l'exercice d'une fonction de maire !

Au-delà de sa légèreté psychologique, Eric Kamblock s'est jusqu'ici principalement distingué par sa surprenante méconnaissance de la situation de la ville de Sarreguemines, de ses richesses, et surtout des réalisations déja effectuées par les équipes dirigeantes en place. Ses idées prétendument "nouvelles" consistant à développer le bilinguisme et à miser sur la construction de l'Europe sont en réalité, depuis de longues années, au coeur même des projets menés par la Municipalité et la Communauté d’Agglomération Sarreguemines Confluences (CASC), chose bien connue de tous, sauf, et c'est un comble, de Monsieur Kamblock et de son équipe !

Le bilinguisme, d'abord, est une priorité pour la ville et la CASC ! Etant Directrice adjointe de l’IUFM de Lorraine (chargée des relations internationales) et Directrice de l’antenne de Sarreguemines, j'ai également organisé un colloque franco-allemand qui a eu un retentissement considérable : "Parler l'allemand, un atout pour la réussite professionnelle", avec la participation du célèbre chroniqueur politique Alfred Grosser. Du fait de mon expérience professionnelle, je pense être plutôt bien placée pour constater combien l'enseignement biculturel est dynamique à Sarreguemines, et l'honnêteté force à reconnaître que c'est là une conséquence directe de l'investissement et des efforts de Céleste Lett qui, en tant qu'ancien enseignant, est depuis toujours extrêmement sensible aux sujets touchant l'Education, et en particulier aux spécificités pédagogiques de la Moselle Est. Les lecteurs doivent savoir qu'en 2001, en dépit des réticences persistantes de l'Education Nationale, la ville parvint à l'ouverture d'une classe paritaire à l'école biculturelle de la Blies (unique en Lorraine). Cette école est, en 2003, devenue l'école d'application de l'antenne de Sarreguemines de l'IUFM de Lorraine dont je suis la directrice, et dont la spécificité est la formation des professeurs des écoles biculturelles. Qu'on sache encore qu'en 2002, le Ministère (Luc Ferry) accepta de prendre en charge, via un contrat associatif, les salaires des enseignants des deux écoles privées ABCM de Sarreguemines (pour le bilinguisme en classe dès la maternelle). Je terminerai ce passage en revue des réalisations favorisant le bilinguisme en rappelant enfin, outre la création en 2003 de l'antenne de l'IUFM de Lorraine, l'instauration de parcours binationaux à l'IUT mais aussi à l'UFR DEA (droit - économie - administration) sur le centre universitaire de Sarreguemines.

Eu égard à cet ensemble impressionnant de réalisations, l'idée de Monsieur Kamblock relative au bilinguisme n'est finalement novatrice que pour lui-même !

Le second cheval de bataille avancé par Eric Kamblock est de miser sur le positionnement européen de la ville de Sarreguemines. Comme chacun sait, Monsieur Céleste Lett, Président de Sarre - Moselle Avenir (une coopération intercommunale créée en 1997) et Monsieur Roland Roth, Président de la CASC, n'ont pas attendu ses conseils en la matière ! De nombreuses opérations sont constamment initiées en ce sens, et nous pouvons citer la station d'épuration franco-allemande installée à Sarreguemines, l'abattoir transfrontalier de Sarreguemines, et d'innombrables réalisations qui ont conduit à l'attribution à la ville du label "métropole Sarrebruck - Moselle Est".

Comme on le voit, Monsieur Kamblock se couvre donc de ridicule en révélant ostensiblement son ignorance des réalités locales et, pire encore, en présentant comme des idées personnelles avant-gardistes des conceptions largement développées par les dirigeants actuels.

Plus graves encore sont les singulières attaques que Monsieur Kamblock croit légitime de lancer contre Monsieur Lett, qu'il entend tenir pour "comptable de la politique gouvernementale" ! Au-delà des grotesques confusions trahissant l'inculture politique de Monsieur Kamblock (nous nous intéressons à des élections municipales), on ne peut qu'être attéré par la futilité de ces offensives ineptes, et surtout par l'insigne mauvaise foi avec laquelle elles sont menées ! Le cas des fermetures de Haffner et des Faïenceries en est symptomatique. La liquidation de l'entreprise industrielle de la Céramique de Sarreguemines, qui a cessé toute activité le 1er février 2007, est naturellement dramatique, car elle se solde en premier lieu par la mise au chomage de 70 employés ! De plus, la faïencerie appartient au patrimoine de Sarreguemines, d'où la dimension symbolique de la fermeture de cette entreprise. N'en déplaise à Monsieur Kamblock, la ville et la CASC ont tout fait pour porter à bout de bras cette entreprise PRIVEE. Ni les employés, ni les syndicats ne reprochent d'ailleurs à Céleste Lett la gestion de ce dossier (plan de redressement), tant l'investissement du maire de Sarreguemines a été grand. Il a rencontré GDF - EDF, l'URSSAF, le fisc pour prolonger au mieux la survie de cette entreprise, et a obtenu pour les employés des indemnisations finalement bien supérieures à celles initialement prévues. Il n'est donc que Monsieur Kamblock et ses amis pour tenter d'occulter les rôles positifs de Céleste Lett et de Roland Roth dans cette affaire, et pour chercher à présenter les choses sous un aspect défavorable à force de manipulation et d'artifice.

Pour finir, j'aimerais qu'on s'intéresse à ce que propose Monsieur Kamblock en alternative à la politique menée par Monsieur Lett. Je ne sais à qui il conviendrait de poser une telle question, mais ce n'est certes pas à Monsieur Kamblock lui-même, qui reconnaît que même les grandes lignes de son programme ne sont pas encore prêtes, qu'il ignore quels choix seraient les siens s'il devait s'allier à des partenaires, et qui annonce à qui veut l'entendre que de toutes façons, il s'attend à perdre ! ...

Sans doute ces errances sont-elles à l'origine du nom de son mouvement "la Gauche Pour Sarreguemines", dont l'acronyme surprenant (GPS) laisse espérer que Monsieur Kamblock parviendra un jour à s'orienter lui-même avant d'espérer jouer les leaders politiques.

Devant tant de flou et de mauvaise foi, la saine raison consiste donc à porter son choix sur un candidat confirmé, à la personnalité à la fois ferme et accessible, au programme clair et solide, qui a fait la démonstration quotidienne de sa compétence et de son dévouement pendant des années.

Le profil du maire sortant répond en tous points à ces exigences.

Florence Soriano-Gafiuk