Education et Formation des maîtres

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Activités

Vendredi, 26 juin 2009

Quelle Education au Développement Durable ?

Les 16, 17 et 18 juin derniers, le château de la CASC a prêté ses murs séculaires au profit d'une manifestation d'envergure. Réuni pour débattre des enjeux et des perspectives de l’Education au Développement Durable (EDD), le réseau national des IUFM tenait là un rassemblement essentiel dont Florence Soriano-Gafiuk, directrice de l’IUFM de Sarreguemines et organisatrice de l'évènement, nous livre ici une analyse détaillée et synthétique.



Le Développement Durable, concept issu d'une tentative de réponse aux dommages inhérents à la nature de nos sociétés industrielles, est en soi sujet à controverses, puisqu’il se réfère à la notion de "développement", c'est à dire de "croissance", dans un contexte mondial de ruine écologique et d'épuisement général des ressources naturelles. Sous cet angle, on comprend sans peine que le développement durable, conception issue de réflexions politiques, puisse susciter la méfiance, voire la résistance de certains collègues enseignants. Vincent Borella, Président du Comité de Pilotage EDD de l’académie, rappelait ainsi la nécessité de ne pas tenir un discours de militantisme écologique à l’école. De fait, il s’agit avant tout d’éduquer aux choix et non d’enseigner des choix ! Dans un même ordre d'idées, Patrick Baranger, Président de la Conférence des Directeurs d’IUFM, s'interrogeait en des termes sans équivoque : "Jusqu’où l’Ecole a-t-elle le droit de prendre en charge l’ « idéologiquement chargé » ?". Incidemment, il est intéressant d’observer combien le mot « politique » s'est révélé brûlant, presque tabou, pendant toute la durée de ce congrès !



L’Education au Développement Durable, qui apparaît pour la première fois dans le Bulletin Officiel en 2007, résulte en fait du recentrage de l’Education à l’Environnement autour des valeurs anthropocentristes. Elle comprend des volets d’apprentissage par l’ « enseignement de » (les savoirs), d’éducation à visée comportementale (les éco-gestes) et, bien entendu, d’éducation au choix raisonné par l’action collective, grâce à la mise en œuvre de pédagogies du débat (participer à la vie de la cité) et de projets éducatifs à enjeux à la fois environnementaux, sociaux et économiques. Il faut bien comprendre que l’EDD s’inscrit dans la rupture de nos modèles pédagogiques, d’abord parce qu’elle s’appuie sur des savoirs incertains (alors que les enseignants sont formés à enseigner des vérités attestées), et ensuite parce qu’elle professe l’a-disciplinarité (alors que les universités françaises forment des spécialistes ultradiscipliniaires). C’est ainsi que dans les collèges et lycées, l’EDD semble ne rencontrer d'écho qu'auprès des professeurs de Sciences de la Vie et de la Terre, et d’Histoire & Géographie, alors que l’ensemble de la communauté éducative devrait contribuer à l’action, du fait de la responsabilité sociale des disciplines mais aussi des nombreux atouts d’une « Ecole intégrée dans la société ».



Ces échanges, particulièrement riches et féconds, ont finalement ouvert la voie à deux chantiers de réflexion, que le réseau national EDD se propose d'analyser et d'approfondir dans les prochains mois : la construction d'une didactique nouvelle, et la mise en place d’une formation des enseignants réservant une place de choix aux questions de l’EDD.

Dimanche, 23 décembre 2007

PUBLICATION : L'intuition, la créativité et la rigueur en Géométrie

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PRÉFACE

On trouve sur le marché de nombreux livres pour la préparation des examens et concours. Ce sont en général des manuels de cours ou des annales corrigées.

Le livre de Madame Florence SORIANO-GAFIUK, « L’intuition, la créativité et la rigueur en GÉOMÉTRIE. L’épreuve sur dossier du CAPES externe de Mathématiques », est d’une toute autre nature - plus intelligente.

Il oblige à réfléchir, il donne à penser. Aucune solution toute faite, aucun cours prêt à l’emploi, aucun exercice résolu de la manière la plus élégante qui soit ! On n’est pas dans une perspective de réciter un savoir. On n’est pas dans une perspective d’appliquer un savoir. Pas davantage de reproduire un savoir faire ! Pour le lecteur, le travail reste à faire ! Mais, pour ce faire, le lecteur est accompagné, guidé par de précieux conseils.

Que doit-il faire ? Mettre en œuvre une série de compétences, certaines strictement mathématiques, d’autres « professorales ». Cela suppose de savoir choisir et mobiliser des ressources en réponse à une situation problème qu’il convient d’abord de clairement analyser. Or poser et résoudre correctement des problèmes ne sont-ils pas l’essence même des mathématiques ? Loin de la didactique qui glose sur le comment enseigner, en tentant d’argumenter les choix effectués, ce livre apprend à faire des choix en plongeant d’entrée de jeu son lecteur dans la nécessité d’un agir professionnel.

De plus, toutes les démarches ici suggérées ne sont pas de simples constructions intellectuelles ; elles ont été, depuis plusieurs années déjà, expérimentées avec succès par des étudiants préparant le CAPES de Mathématiques. Puisse ce livre faire encore réussir de nombreux étudiants au concours de recrutement des professeurs de mathématiques. Mais plus encore, puisse ce livre contribuer à faire d’eux de vrais professionnels de l’enseignement des mathématiques.

Patrick BARANGER,

Directeur de l’IUFM de Lorraine

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AVANT-PROPOS

Cet ouvrage est une approche tant scientifique, que didactique voire pédagogique, de la difficile seconde épreuve orale (dite épreuve sur dossier) du CAPES externe de Mathématiques. J’entends par « épreuve difficile » une épreuve qui mobilise des savoirs académiques lointains (acquis au collège et au lycée), et qui exige une connaissance minimale du terrain (expérience de certaines pratiques de classe, compréhension des programmes officiels, analyse des difficultés des élèves, etc.). L’objectif visé dans ce livre est donc d’aider à mieux appréhender un exercice de géométrie « imposé », en permettant au candidat d’en classer l’énoncé suivant une typographie pré-établie (suffisamment large pour pouvoir être quasi-exhaustive), pour finalement, commenter, schématiser et contextualiser plus aisément. C’est en ce sens, que l’ouvrage présent tient compte des modalités de l’épreuve du concours.

J’ai essayé, conformément aux directives officielles de développer :

- l’aspect expérimental (exploitation des figures, utilisation de logiciels de Géométrie, activités de découverte, découpage-assemblage-collage, création et manipulation d’objets en polystyrène, emploi de jeux de construction, etc.), qui ne prend un réel sens que s’il est suivi d’une conjecture puis d’une démonstration ;

- l’aspect pluridisciplinaire (lecture et rédaction, arts plastiques, histoire et géographie, physique et chimie, …), voire culturel.

Je présente quelques animations possibles en cours de Mathématiques (travail en groupes ou en salle informatique, co-animation avec un autre professeur, sortie dans un musée ou autres). De façon similaire, un lexique des types d’exercices a été dressé par l’ensemble des collègues chargés de la formation des professeurs stagiaires de Mathématiques des collèges et lycées, assurée sur le pôle universitaire messin de l’IUFM de Lorraine.



Cet ouvrage sera un outil précieux de travail pour tous les candidats qui prendront la peine de le consulter tout au long de l’année de préparation, en ce sens qu’il ne constitue ni des annales corrigées, ni un cours de mathématiques, mais plutôt, le lexique des savoirs et des méthodologies que les exercices posés à l’épreuve sur dossier, sont susceptibles de mobiliser.

L’ensemble est illustré par de nombreux exercices corrigés et commentés.

Je remercie enfin Patrick BARANGER, directeur de l’IUFM de Lorraine, pour ses remarques constructives.

En attendant, je souhaite à tous les candidats une agréable lecture et beaucoup de succès.

Florence SORIANO-GAFIUK

Dimanche, 17 juin 2007

Solidaire auprès des enfants en difficultés scolaires

Alors que les parents placent tous leurs espoirs dans l’Education de leurs enfants, que les études sont devenues un facteur essentiel d’insertion sociale et professionnelle dans une société où le marché du travail exige un niveau de compétences de plus en plus élevé, et que les familles modestes souhaitent (et c’est bien légitime !) voir leurs enfants s’élever socialement, l’Ecole n’arrive plus à répondre à tous les besoins et en particulier, à réduire les inégalités sociales.




Aussi, depuis deux ans, j’ai souhaité m’investir dans l’accompagnement à la scolarité des élèves, notamment ceux en situation d’échec, en mettant en place des dispositifs de tutorat. Si j’ai pris l’habitude de travailler avec les écoles élémentaires placées en Zone d’Education Prioritaire de Metz (aide aux devoirs, animation d’ateliers scientifiques,..), j’ai également été sollicitée par la mairie de Woippy pour un dispositif de soutien en mathématiques au niveau du cycle 3. Et à la rentrée 2006, j’ai eu la chance de pouvoir élargir, grâce au soutien du conseil régional de la Lorraine, mon action en direction des lycéens des LEP. L’objectif de ce dispositif était double : réconcilier les élèves avec leurs études et renforcer leur préparation à l’examen du CAP.




L’année prochaine, un nouveau dispositif de solidarité qui me tenait particulièrement à cœur depuis le début de mon action, devrait naître, puisque je vais enfin pouvoir œuvrer pour ma propre circonscription. Une soixantaine d’élèves des écoles sarregueminoises seraient, dès novembre 2007, tutorés par des étudiants bénévoles qui, se destinant au professorat des écoles, accepteront d’entrer dans ce beau mouvement de solidarité (en échange d'une formation en pédagogie et en didactique, d'une première expérience du terrain qui leur permettra de se conforter dans leur choix professionnel, et enfin, d'une bonification de quinze points dans le barème d’admission en première année d’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres)).




Aucune modalité plus précise n’a encore été arrêtée sur ce dispositif, mais j’espère très bientôt vous en dire davantage.




A bientôt




Florence Soriano-Gafiuk

Mercredi, 30 mai 2007

Bientôt la publication de mon premier livre...

Durant mes cinq années de responsabilité de la préparation CAPES de Mathématiques, j’ai tenté d’améliorer d’année en année mes notes de cours, longtemps rassemblées en un fascicule intitulé :

L’intuition, la créativité et la rigueur en GÉOMÉTRIE



L’épreuve sur dossier du CAPES externe de Mathématiques

J’ai récemment eu le plaisir d’apprendre que la maison d’édition ELLIPSES acceptait de publier ce travail qui est en fait une approche tant scientifique, que didactique voire pédagogique, de la difficile seconde épreuve orale (dite épreuve sur dossier). J’entends par « épreuve difficile » une épreuve qui mobilise des savoirs académiques lointains (acquis au collège et au lycée), et qui exige une connaissance minimale du terrain (expérience de certaines pratiques de classe, compréhension des programmes officiels, analyse des difficultés des élèves, etc.). L’objectif visé dans ce livre est donc d’aider à mieux appréhender un exercice de géométrie, en permettant au candidat d’en classer l’énoncé suivant une typographie pré-établie (suffisamment large pour pouvoir être quasi-exhaustive), pour finalement, commenter, schématiser et contextualiser plus aisément.

J’ai essayé, conformément aux directives de développer :

- l’aspect expérimental (exploitation des figures, utilisation de logiciels de Géométrie, activités de découverte, découpage-assemblage-collage, création et manipulation d’objets en polystyrène, emploi de jeux de construction, etc.), qui ne prend un réel sens que s’il est suivi d’une conjecture puis d’une démonstration ;

- l’aspect pluridisciplinaire (lecture et rédaction, dessin, histoire et géographie, physique et chimie, culture générale,…).



J’espère que les candidats au concours CAPES y verront un outil précieux qui les aidera dans leur préparation, leur permettra de faire un premier pas dans le métier, mais aussi les confortera dans leur choix professionnel.

Dimanche, 18 février 2007

Accompagnement à la scolarité dans les lycées professionnels de la Lorraine

Le Conseil Régional et l’Université Paul Verlaine – Metz viennent de s’associer pour la mise en place d’un nouveau dispositif d’accompagnement à la scolarité des élèves des lycées professionnels (LEP).



Ce dispositif vise un public en difficulté scolaire, à qui il est souvent nécessaire de redonner confiance, et de réconcilier avec l’Ecole, pour qu’il prenne conscience de toutes ses potentialités et ait envie de s’investir dans la réalisation d’un projet personnel et professionnel.



Cette année, trois lycées professionnels de la Moselle, placés en Zone d’Education Prioritaire, ont accepté de s’engager à titre expérimental dans ce nouveau dispositif : 15 lycéens volontaires, tous en classe de terminale, bénéficieront de cours de soutien en mathématiques en vue de la préparation à l’examen du CAP (Certificat d’Aptitude Professionnelle) prévu en juin 2007.



Ces séances de tutorat sont assurées (bénévolement) par les étudiants de l’Université Paul Verlaine – Metz se destinant au professorat des écoles (en échange d’une prise en compte de leur investissement dans le barème d’admission en première année d’IUFM – préparation au concours).



Ces étudiants suivent pour cela une formation spécifique en pédagogie et didactique, financée par le conseil régional, et animée par un intervenant de l’IUFM de Lorraine : la première séance qui s’est tenue la veille des vacances de février, portait sur les contenus et les objectifs des programmes de mathématiques en LEP. Déjà, d’autres étudiants de l’Université ont spontanément fait part de leur souhait de participer à ce dispositif !



Si le bilan de cette fin d’année scolaire s’avérait positif, la démarche serait étendue dans d’autres LEP et pour d’autres disciplines (certainement, en français, anglais et allemand) dès la prochaine rentrée scolaire. Espérons donc la réussite au rendez-vous !

Dimanche, 21 janvier 2007

Journée d'orientation au lycée Teyssier à Bitche

Aujourd’hui, l’amicale des anciens élèves du lycée Teyssier de Bitche a organisé sa matinée annuelle d’orientation, une rencontre qui permet aux anciens de raconter leur parcours et leurs expériences aux plus jeunes. De nombreux métiers et filières ont ainsi pu être présentés : - les classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs - les filières universitaires (scientifiques et littéraires) - les filières franco-allemandes - les métiers de la santé (médecin, infirmier, orthophoniste, etc.) - les métiers de l’armée - les métiers de l’enseignement, naturellement représentés par l'IUFM de Lorraine.

Lundi, 18 décembre 2006

L'enseignement des langues au Grand-Duché du Luxembourg

Compte-rendu de l’étude menée par le conseil de l’Europe



Au Grand-Duché du Luxembourg, le trilinguisme actuel (allemand, français et luxembourgeois) a pour objectif de tirer les conséquences de l’environnement du pays sur le plan économique, culturel et politique, et de se différencier en même temps de ses voisins.



Les trois langues ont en fait un usage très complémentaire : le luxembourgeois est gage d’intégration, le français est la langue de la législation, alors que dans les secteurs de l’administration et de la justice, l’emploi des trois langues est possible.



Les besoins de compétences linguistiques sont en fait plus largement diversifiés, d’abord pour favoriser la mobilité professionnelle et donc la réussite individuelle (l’anglais est officiellement considéré comme la première langue étrangère), mais aussi pour répondre au fort taux d’immigrés (38,6 % d’étrangers : portugais, italiens, français, belges, allemands, britanniques, néerlandais, et autres) et à l’importante présence de travailleurs frontaliers (36,6 % des personnes travaillant au Luxembourg).



Dans ce contexte, le poids de l’enseignement des langues est important : plus du tiers du temps scolaire est consacré à l’enseignement des trois langues dès l’école primaire, auquel il faut ajouter l’apprentissage de l’anglais dès la seconde classe de l’enseignement du second degré.



Pour mieux comprendre les effets de l’enseignement des langues au Grand-Duché, nous nous proposons de synthétiser ci-dessous la progression des apprentissages : à chaque cycle est introduite une nouvelle langue véhiculaire.



Pré-scolarité : le luxembourgeois est la langue véhiculaire ; ce qui permet aux enfants non luxembourgeois de se familiariser avec cette langue.



Cycle primaire :

  • L’allemand devient la langue véhiculaire pour la plupart des disciplines.
  • Le luxembourgeois est surtout utilisé pour les activités artistiques ou sportives.
  • Le français est enseigné comme matière d’enseignement.


Cycle secondaire :

  • Le statut du luxembourgeois devient marginal.
  • L’allemand reste, durant les trois premières années, la langue d’enseignement de quelques disciplines.
  • Le français devient peu à peu la langue d’instruction de toutes les disciplines. Il est la langue véhiculaire.


Si ce système scolaire connaît des réussites exemplaires, il est également facteur d’échec pour une grande partie d’élèves qui doivent maîtriser les langues d’instruction alors que celles-ci peuvent, pour une même discipline, changer plusieurs fois au cours de la scolarité. Comme de plus, les notes en langues jouent un rôle décisif à côté de celles de mathématiques, 20 % des élèves sont conduits à quitter l’école sans qualification.



D’autres causes d’échec ont été pointées : - La prise en compte des situations individuelles des élèves est absente. En effet, les jeunes romanophones (italiens, portugais) ont un niveau faible en allemand mais convenable en français, alors que pour les jeunes luxembourgeois, la situation inverse est observée. - Pour les enfants étrangers, la barrière linguistique est trop haute : un tiers des élèves ne parlent pas ni le luxembourgeois, ni l’allemand dans leur milieu familial. Ils se retrouvent donc en difficultés dès les premières années de leur scolarité. - Il est attendu que chaque élève puisse en fin de scolarisation atteindre les standards propres à une langue maternelle pour chacune des trois langues. La représentation « équilingue » du trilinguisme est source de nombreux échecs, alors qu’elle ne correspond pas aux besoins réels (tant pour la poursuite des études à l’étranger, que pour l’exercice d’activités dans le milieu de l’entreprise). De plus, elle ne tient pas compte de la priorité de formation aux compétences orales, et induit une évaluation négative, c’est-à-dire qui tend à comparer les acquis linguistiques des élèves en lien avec les compétences de locuteurs natifs, au lieu de porteur valeur à la progression de l’élève (apprentissage par compétences).



La Lorraine va former les enseignants luxembourgeois



Suite à l’étude menée par le Conseil de l’Europe, le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation professionnelle du Luxembourg met en réflexion son système éducatif, et souhaite en particulier s’engager dans de nouvelles orientations de formation de ses enseignants. C’est ainsi que l’IUFM de Lorraine vient d’être sollicité pour la mise en place d’un plan de formation pluriannuel des maîtres luxembourgeois du premier et du second degré, qui viserait l’enseignement du français comme langue étrangère, basé sur l’apprentissage par compétences centrées sur l’élève et non sur les programmes, et dont l’un des objectifs serait de favoriser l’égalité des chances pour tous (sexe, couche sociale, nationalité, etc.). La collaboration deviendra effective à la prochaine rentrée. L'Université du Luxembourg : elle est chargée de la formation initiale des maîtres

Lundi, 11 décembre 2006

Le programme de Réussite Educative

Le dispositif de Réussite Educative, tel qu’il est défini dans le plan de Cohésion Sociale, vise à donner leur chance aux enfants et adolescents ne bénéficiant pas d’un environnement social, familial et culturel favorable à leur réussite. Pour offrir toutes ses chances à chaque enfant, l’école joue un rôle prépondérant, mais elle ne peut pas tout. Une intervention est souvent nécessaire, en dehors du temps scolaire pour retravailler les apprentissages de base. C’est à cette nécessité que souhaite répondre le Programme de Réussite Educative en mettant en place des ateliers d’accompagnement à la scolarité pour les enfants en grandes difficultés.



En effet, l’accompagnement à la scolarité est l’ensemble des actions visant à offrir, aux côtés de l’Ecole, l’appui et les ressources nécessaires dont les enfants ont besoin pour réussir à l’Ecole, appui qu’ils ne trouvent pas toujours dans leur environnement familial.



Cet accompagnement à la scolarité ne se pose pas en alternative à l’Ecole, ni ne souhaite se substituer aux parents dans leurs responsabilités éducatives. Il constitue une dynamique d’accompagnement éducatif qui doit répondre aux besoins spécifiques des enfants.



Par exemple, depuis le printemps 2006, la MJC de Boileau-Prégénie a en partenariat de l’Université Paul Verlaine – Metz mis en place un dispositif de tutorat en mathématiques pour les écoles Pierre et Marie Curie, et Jacques Yves Cousteau, de la ville de Woippy. Une dizaine d’étudiants de l’Université viennent en effet, à hauteur de deux heures hebdomadaires, tutorer bénévolement un trinôme d’écoliers présentant des difficultés en Mathématiques.



De tels dispositifs permettent aux élèves de cycle 3 :

- d'acquérir des méthodes, des approches, des relations susceptibles de faciliter l'accès au savoir,

- de valoriser leurs acquis afin de renforcer leur autonomie personnelle et leur capacité de vie collective, notamment par la pratique de l'entreaide,

- d'accompagner les parents dans le suivi de la scolarité de leurs enfants.



Ce dispositif tout en étant une action de solidarité, entre dans le cadre d’un échange réciproque de services, puisqu’il permet aux étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement :

- de vivre une expérience professionnelle par une mise en situation,

- de développer des connaissances sur la prise en charge d'un jeune public en difficulté scolaire,

- et enfin d'augmenter leurs chances d'admission à l'IUFM.

Naturellement, d’autres dispositifs d’accompagnement à la scolarité existent depuis déjà plusieurs années - nous pouvons citer le dispositif SUQE (Solidarité Université Quartiers Ecoles) qui recrute tous les ans une centaine d’étudiants de Metz Campus pour tutorer environ trois cent écoliers (aide aux devoirs, cette fois-ci pour l’ensemble des disciplines enseignées à l’école élémentaire) – alors que de nombreux nouveaux projets éducatifs sont à l’étude avec l’appui des collectivités territoriales et en partenariat de diverses associations.



Toutes ces actions éducatives qui exigent à la fois vigilance et énergie, reposent souvent sur le bénévolat et la bonne volonté des différents acteurs. Mais quelle belle récompense pour tous que de savoir un élève réconcilié avec l’Ecole, voire même parfois avec la Société, et donc, de pouvoir constater que l’on a ainsi contribué à placer un jeune dans une posture qui lui permettra de construire de façon favorable son avenir !

Dimanche, 10 décembre 2006

La formation initiale des professeurs des écoles biculturelles

La maîtrise des langues est aujourd’hui le gage d’une ouverture des élèves sur le monde, d’une meilleure compréhension des autres par l’accès direct à leurs cultures respectives, en même temps qu’un facteur décisif d’insertion sociale et professionnelle. L’apprentissage de l’allemand, langue du voisin de la Lorraine, revêt dans ce contexte une importance toute particulière. Pour toutes ces raisons, les écoles biculturelles ont été créées. Elles prévoient naturellement un enseignement renforcé de l’allemand, mais aussi et surtout, une partie des enseignements des Disciplines Non Linguistiques (DNL) en allemand. Ce type de cursus, appelé la Voie Spécifique Mosellane (VSM) puisqu’elle restait spécifique à la Moselle (et l’Alsace), devrait être étendu à la Lorraine entière. Et parce que la France et l’Allemagne sont les premiers partenaires économiques l’un de l’autre, de nouvelles écoles biculturelles seront vraisemblablement prochainement ouvertes sur l’académie Nancy-Metz.



Il était donc important de se soucier de la création d’un vivier de professeurs des écoles aptes à enseigner dans ces classes biculturelles (jusqu’à 5 heures hebdomadaires d’enseignement en allemand), voire dans les classes paritaires (où la moitié des enseignements, soit 14 heures, sont assurés en allemand). C’est ainsi que, sous l’impulsion de la Communauté d’Agglomération de Sarreguemines Confluences, dont la politique éducative est très forte notamment dans le cadre des échanges franco-allemands, l’IUFM de Lorraine décida en 2003 d’implanter une antenne à Sarreguemines dont la spécificité serait justement la formation initiale des professeurs de ces écoles spécifiques.



L’antenne de Sarreguemines est aujourd'hui entrée dans sa quatrième année scolaire. Une année qui à destination des professeurs stagiaires, prévoit comme les années précédentes, un stage à l’étranger, une présentation générale de la VSM, ainsi que des temps de formation en allemand de certaines DNL (accès au vocabulaire spécifique des DNL). Mais en revanche, aucune séance ne prévoyait encore une formation pour apprendre à enseigner des DNL en allemand, c’est-à-dire, pour apprendre à véritablement professer dans une classe biculturelle - il est en effet clair que :

- enseigner l’allemand à des écoliers français (apprentissage classique de l’allemand),

- enseigner en allemand à des écoliers français (VSM),

- enseigner en français (enseignement pluridisciplinaire traditionnel),

- enseigner en allemand à des écoliers allemands (mise en situation des stagiaires lors de leur stage à l’étranger)

ne peuvent mobiliser les mêmes compétences chez le professeur des écoles dont la langue maternelle est le français. Il fallait donc élaborer une formation à destination des stagiaires qui tienne davantage compte de toutes ces spécificités.



C’est ainsi que le 10 novembre 2006, le Conseil Scientifique et Pédagogique de l’IUFM de Lorraine a voté à l’unanimité la mise en oeuvre d’un plan de formation transitoire 2006/07, en vue prochaine d’un dispositif de formation plus fortement remanié, qui devrait entrer en application à la prochaine rentrée scolaire, et qui prévoirait en particulier des échanges renforcés avec la Sarre, mais aussi un jumelage avec deux prochaines implantations de l’IUFM d’Alsace à Saverne et à Haguenau.



Je voudrais achever cette lettre en m’exprimant en tant que responsable pédagogique de l’antenne de Sarreguemines de l’IUFM de Lorraine, et par conséquent, en m’adressant directement à l’équipe de formateurs. Je souhaiterais remercier tous ces collègues pour leur investissement dans chacun de nos projets, mais aussi, pour le groupe bien sympathique qu’ils constituent, et avec lequel je me réjouis de travailler. Enfin, je voudrais les féliciter pour les résultats obtenus à la dernière session du Concours de Recrutement des Professeurs des Ecoles (CRPE) : l’antenne de Sarreguemines a en effet obtenu le meilleur pourcentage de réussite de la région, dans un contexte déjà remarquable puisque l’IUFM de Lorraine vient d’être classé en tête du palmarès des trente et un IUFM de France.