Education et Formation des maîtres

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Dimanche, 11 mars 2007

Alerte à la violence dans les écoles

L’angoisse des jeunes professeurs Le nombre de jeunes se destinant au professorat des écoles connaît une croissance fulgurante, alors que les candidats aux concours au professorat des collèges et lycées sont de moins en moins nombreux. Pourquoi cela ?



Tout simplement, parce que, si les professeurs des écoles sont assurés de rester dans leur académie d’origine par la nature même des modalités de recrutement, les professeurs des collèges et lycées néo-titulaires sont en revanche souvent affectés dans les collèges et lycées professionnels sensibles des académies de Créteil et de Lille, se retrouvant ainsi confrontés en toute première ligne au phénomène de violence, alors que paradoxalement, le cahier des charges de la formation des maîtres défend l’entrée progressive dans le métier.



Dans les IUFM en général, et à l’IUFM de Lorraine en particulier, l’angoisse des professeurs stagiaires face à ces agressions, de surcroît souvent exagérément relatées par les médias, génère une demande forte de formation spécifique, car s’il était possible de penser que les thèmes de la discipline, de l’autorité, de l’agressivité et de la violence pouvaient être abordés à travers des analyses de pratiques professionnelles, les stagiaires font aujourd’hui clairement entendre qu’une telle approche est désormais insuffisante.



Une réflexion est donc lancée : quelle formation apportée aux professeurs stagiaires pour favoriser au mieux leur entrée dans le métier ?



Avant de répondre à cette question, je souhaiterais rédiger quelques notes sur le phénomène de violence à l’école, qui marque de plus en plus notre société.



Un phénomène social

Désormais, les enfants issus des milieux populaires sont admis en masse dans l’enseignement du second degré alors que leurs frères et sœurs aînés rencontrent des difficultés pour accéder à l’emploi, et que leurs parents sont victimes du chômage. Autrement dit, alors que notre société est devenue une société de consommation, où l’accès aux biens matériels est une composante essentielle du bien-être, de plus en plus de familles connaissent une dégradation de leurs conditions matérielles de vie.



Les problèmes individuels des élèves (troubles psychologiques, ou autres), joints à des contextes particuliers :


  • de rupture psychologique (par exemple, divorce des parents), sociale (chômage), ou culturelle (telle dans les familles migrantes),
  • de dysfonctionnement (conditions de vie dans l’école, fréquentation de délinquants,…)
  • ou de revendications (ethniques ou religieuses)


génèrent chez les enfants et adolescents des difficultés d’adaptation et d’intégration, des affects dépressifs, auxquels se rajoute souvent l’échec scolaire.



Le cumul de ces facteurs suscite un profond mal-être chez les jeunes - parfois déjà porteurs d’une culture de l’affrontement physique.



La violence à l’école devient alors un moyen d’expression, un signal d’alarme lancé à l’attention de la collectivité nationale.



Quelles solutions apporter ?



La lutte contre la violence à l’école doit intervenir à différents niveaux :



1/dans les classes :

  • les programmes doivent prendre du sens pour l’élève, susciter son éveil et son intérêt,
  • les activités scolaires doivent lui permettre de s’épanouir, de se sentir valorisé, et de prendre conscience de toutes ses potentialités,


2/ dans les écoles :

  • la lutte contre l’échec scolaire doit devenir une orientation forte de l’établissement (dispositif de tutorat, pédagogie différentiée, etc.)
  • l’encadrement des élèves notamment dans les cours de récréation, les préaux, …doit être renforcé,


3/ dans la formation des enseignants :

  • la violence à l’école doit devenir l’une des priorités de formation des enseignants (outils de lecture des signes d’agressivité, pistes d’actions face à une situation d’incivilité ou de violence)
  • les affectations des professeurs dans les établissements sensibles doivent être raisonnées – cessons d’y envoyer les collègues les moins expérimentés ! -,


4/ dans les familles :

  • les familles doivent être soutenues, et pouvoir entretenir des liens plus forts avec les enseignants,


5/ dans la société :

  • les cellules de Protection maternelle et infantile, d’Aide sociale à l’enfance, de Protection judiciaire de la jeunesse, doivent être multipliées,
  • la question du rôle de l’école doit être posée,
  • la vision de la société sur les métiers manuels et sur l’intelligence doit changer,
  • le dossier de l’emploi doit naturellement rester l’un des axes forts de la politique de notre pays.


A la rentrée des classes 2006, le Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a publié un guide de sensibilisation à l’attention des chefs d’établissement, en vue d’améliorer le soutien et l’accompagnement des victimes de la violence : création d’un site et d’une ligne téléphonique SOS, identification des correspondants extérieurs en cas d’agressions (police, gendarmerie, services divers de l’Etat).



Même si une telle initiative ne peut être qu’approuvée, il est cohérent de penser que la violence à l’école, parce qu’elle est à rapprocher du problème des banlieues, et parce que ses causes et conséquences relèvent souvent de phénomènes de société beaucoup plus larges, devrait devenir un dossier interministériel : le champ d’actions serait alors immédiatement plus important.

Samedi, 3 mars 2007

Enfants handicapés : des élèves autrement capables

La loi de 2005 défend l’accessibilité des personnes handicapées à un projet de vie répondant à leurs désirs. Et il est patent que l’Education tient une place prépondérante dans ce projet d’intégration et d’adaptation - trop d’enfants handicapés étaient sans projet de scolarisation adapté. - Depuis 2005, le droit d’inscrire à l’école tout enfant qui présente un handicap a constitué l’une des évolutions fondamentales. C’est ainsi que la scolarisation en milieu ordinaire au plus près du domicile de l’élève a été posée comme principe : les établissements doivent arriver, aussi souvent que possible, à répondre aux besoins de l’élève handicapé via certains aménagements et accompagnements. Lorsque la solution d’intégration de l’élève dans un établissement scolaire ordinaire n’est pas adaptée aux besoins de l’élève, l’alternative d’une scolarisation en établissement médico-éducatif est alors envisagé.

La loi de 2005 veut :

  • associer étroitement les parents à la décision d'orientation de leur enfant et à toutes les étapes de l’élaboration de son projet personnalisé de scolarisation,
  • garantir la continuité d'un parcours scolaire, adapté aux compétences et aux besoins de l'élève,
  • garantir l'égalité des chances entre les élèves handicapés et les autres.

Cette loi, qui est entrée en application le 1er janvier 2006, soulève clairement le problème de la formation des maîtres, puisque désormais de nouvelles compétences et connaissances spécifiques sont attendues de la part des enseignants. Nous connaissons (voir le Républicain Lorrain du 15 novembre 2006) le désarroi de cette institutrice qui, sans aucune formation spécifique, a du accueillir cette année un petit garçon autiste de trois ans.



C’est ainsi que le texte officiel (paru en mars 2007) de mise en œuvre du cahier des charges de la formation des maîtres prévoit des modules d’initiative nationale dans le cas de l’adaptation scolaire et la scolarisation des élèves handicapés, ayant pour objectif de familiariser le futur professeur avec les problématiques générales du handicap et de l’intégration scolaire.



La politique du handicap s’inscrit désormais dans la plupart des textes officiels : ce serait en effet une erreur de penser qu’elle doit se résumer en une seule loi, car si nous voulons vraiment que les mentalités évoluent et que les personnes handicapées soient considérées comme des citoyens à part entière, l’initiative nationale doit être présente partout dans la vie quotidienne.



Prenons aujourd’hui des mesures fortes favorisant le développement humain des enfants en situation d’handicap, et soyons alors certains qu’ils nous étonneront par leurs compétences et capacités autres, et qu'ils constitueront des adultes épanouis de demain.

Jeudi, 22 février 2007

Regard sur deux écoles belges

En tant que responsable des relations internationales de l’IUFM de Lorraine, je peux témoigner que l’observation et l’étude de systèmes éducatifs étrangers permettent, par l’effet de miroir, de porter un nouveau regard sur les modes de fonctionnement français.



Dans ce billet, nous plongeons dans l’univers de deux établissements du second degré belges dont les projets illustrent l’importance d’un espace d’initiatives pour la mise en œuvre d'une pédagogie adaptée au public local.



Le premier est l'Athénée Royal Da Vinci, à Bruxelles. Il peut accueillir des enfants en très grande difficulté, analphabètes, ou encore, néo-arrivants connaissant peu ou pas du tout le français.



Le seconde est l’Ecole du Futur, à Mons. Son public est plus traditionnel, voire favorisé.



Malgré tout, ces deux écoles prônent la mixité sociale, en cohérence même avec leur projet d’établissement dont les axes sont similaires et visent à permettre à l'élève de devenir un adulte responsable, à favoriser son autonomie, développer sa curiosité intellectuelle, son sens critique, son esprit de coopération, ses capacités d'analyse et de raisonnement, mais aussi de créativité.



En revanche, les moyens de mise en œuvre diffèrent en raison même des profils des élèves.



A travers ces deux exemples, nous allons illustrer qu'un projet d'établissement ne peut prendre vie que s'il tient compte du profil des usagers, de l'implantation géographique de l'école, et bien entendu, de la force d'engagement des enseignants. Sur ce dernier point, il est clair que les professeurs seront plus facilement porteurs s'ils ont été sollicités dans l'élaboration même du projet : l'école doit donc entrer dans une démarche participative, aussi bien au niveau des élèves qu'à celui des enseignants.



Les questions qui peuvent aussi être soulevées concernent les objectifs globaux de formation, autrement dit, le but véritable de l'Ecole : est-ce de préparer à l'entrée à l'université ? Ou plus largement, de créer des adultes responsables qui sauront trouver leur place dans la société d'aujourd'hui ? Dans ce cas, ne faudrait-il pas en parallèle changer notre propre regard sur les métiers manuels en particulier, et toute notre vision de l'intelligence en général ?



L’école Da Vinci à Bruxelles

Cette école se structure comme une véritable communauté éducative dans laquelle le bien-être et l’épanouissement de l’élève est l’une des principales orientations.



Toutes les activités visent à favoriser une dynamique de changement, de participation, de coopération et de remise en question permanente afin de permettre aux jeunes de devenir de véritables acteurs de leur formation et de futurs citoyens responsables.

Trois axes se dégagent :
  • la connaissance de l’autre : apprentissage de la diversité culturelle et de la cohésion sociale (activités communes), travail de l’écoute de l’autre, …
  • la connaissance de soi : parcours individuels, activités sportives (notamment en football), d’expression et de créativité, …
  • la connaissance du monde : éducation aux médias, à la santé, à l’environnement, …


Dans ce cadre, l’Athénée Da Vinci encourage les activités favorisant une réconciliation de l’élève avec l’Ecole, en organisant des activités extrascolaires ou transdisciplinaires en partenariat avec le monde extérieur, et en luttant contre l’échec scolaire. Par exemple, l’établissement a mis en place :


  • des classes passerelles : celles-ci accueillent des jeunes ne parlant pas ou peu le français voire complètement analphabètes. Les objectifs pédagogiques visés sont alors : acquérir un niveau en français suffisant pour pouvoir être intégré dans la classe et profiter des enseignements, mais aussi, apporter les ressources linguistiques et relationnelles nécessaires pour subvenir aux besoins dans la nouvelle société qu’ils doivent appréhender.
  • un tutorat : afin de faciliter la réussite des élèves en difficulté d’apprentissage, une école des devoirs, encore appelée Dispositif d’Accrochage Scolaire, a été créée. La philosophie centrale est d’apprendre aux élèves à apprendre afin de les rendre au plus vite autonomes.


L’école du Futur à Mons

L’école du Futur a pour projet de respecter les rythmes de travail, de permettre à chaque élève de se réaliser humainement et de concrétiser son projet de vie, tout en lui permettant d’atteindre son plus haut niveau de compétences.



Les moyens utilisés peuvent paraître innovants : il n’est plus question de saucissonner les différentes matières en heures de cours Et « l’austère bureau surélevé du professeur disparaît, de même que les antiques bancs alignés en rangée jusqu’au fond de la classe. Ici, le demi-cercle formé par le mobilier moderne offre un panorama plutôt futuriste, complété par une série d’ordinateurs qui trônent dans la halle centrale. »



La méthode scolaire est également très différente : les programmes sont abordés à travers cinq thèmes (par exemple, l’aviation, l’eau, l’actualité, la socialisation et le théâtre). Ce choix pédagogique permet d’approcher les matières traditionnelles via des chassés-croisés interdisciplinaires et transdisciplinaires. L'enseignement vertical habituel laisse la place à un apprentissage horizontal. - Pour cela, les pratiques des professeurs reposent sur la pédagogie différenciée, l’apprentissage par compétences (donner un sens aux savoirs et les rendre plus indélébiles), le travail en projet, la formation par petits groupes d’élèves,…Le principe est de permettre à l’élève de devenir un initiateur et un instigateur de recherches et de travaux d’exploitation, notamment grâce aux nouvelles technologies d’information et de communication, à l’intervention fréquente de personnes-ressources extérieurs, et à l’observation de phénomènes in situ.

Dimanche, 18 février 2007

Accompagnement à la scolarité dans les lycées professionnels de la Lorraine

Le Conseil Régional et l’Université Paul Verlaine – Metz viennent de s’associer pour la mise en place d’un nouveau dispositif d’accompagnement à la scolarité des élèves des lycées professionnels (LEP).



Ce dispositif vise un public en difficulté scolaire, à qui il est souvent nécessaire de redonner confiance, et de réconcilier avec l’Ecole, pour qu’il prenne conscience de toutes ses potentialités et ait envie de s’investir dans la réalisation d’un projet personnel et professionnel.



Cette année, trois lycées professionnels de la Moselle, placés en Zone d’Education Prioritaire, ont accepté de s’engager à titre expérimental dans ce nouveau dispositif : 15 lycéens volontaires, tous en classe de terminale, bénéficieront de cours de soutien en mathématiques en vue de la préparation à l’examen du CAP (Certificat d’Aptitude Professionnelle) prévu en juin 2007.



Ces séances de tutorat sont assurées (bénévolement) par les étudiants de l’Université Paul Verlaine – Metz se destinant au professorat des écoles (en échange d’une prise en compte de leur investissement dans le barème d’admission en première année d’IUFM – préparation au concours).



Ces étudiants suivent pour cela une formation spécifique en pédagogie et didactique, financée par le conseil régional, et animée par un intervenant de l’IUFM de Lorraine : la première séance qui s’est tenue la veille des vacances de février, portait sur les contenus et les objectifs des programmes de mathématiques en LEP. Déjà, d’autres étudiants de l’Université ont spontanément fait part de leur souhait de participer à ce dispositif !



Si le bilan de cette fin d’année scolaire s’avérait positif, la démarche serait étendue dans d’autres LEP et pour d’autres disciplines (certainement, en français, anglais et allemand) dès la prochaine rentrée scolaire. Espérons donc la réussite au rendez-vous !

Dimanche, 11 février 2007

Le portfolio européen des langues

Une nouvelle orientation éducationnelle



L’apprentissage des langues prend une toute nouvelle orientation : il n’est plus considéré dans le simple cadre scolaire mais dans un véritable parcours tout au long de la vie durant laquelle l’exposition aux langues se fait. Les cours de langues ne constituent plus qu’un élément de ce parcours.



Autrement dit, l’apprentissage vient s’inscrire dans une démarche d’utilisation des langues, et non plus dans une démarche pédagogique : l’apprenant devient un apprenant usager, avec un passé et un avenir de contacts avec les langues.



Présentation du portfolio



Le Portfolio est l’outil qui permet une autoévaluation en langues, mais aussi et surtout, la mise en valeur de toute la motivation, de toutes les compétences, acquis et expériences de l’utilisateur apprenant.



Concrètement, le portfolio est constitué de trois éléments :

  • le passeport de langues, qui est l’empreinte des contacts de l’apprenant usager avec les langues : il indique le profil linguistique, présente un résumé des expériences linguistiques et culturelles, et fournit la liste des certificats et des diplômes obtenus,
  • la biographie langagière, qui est un recensement des expériences vécues langagières, socioculturelles et interculturelles, mais aussi une description des compétences langagières, des activités pratiquées, des moyens et des manières de progresser,
  • le dossier qui est un portefeuille de documents d’illustration (diplômes, attestations, projets, réflexions, réalisations, ..).


Pourquoi un portfolio ?



Le portfolio conçoit donc le développement de compétences langagières tout au long de la vie comme un parcours curriculaire, c’est-à-dire comme un parcours qui s’inscrit dans un continuum de formation en vue d’une progression qualitative et non plus seulement, quantitative.



Par le portfolio, l’apprenant usager prend conscience de la multiplicité des itinéraires et des caractéristiques de son propre profil langagier. Il est sensibilisé à la diversité des langues, au multilinguisme et au plurilinguisme.



Du point de vue du professeur, le portfolio permet :

  • de favoriser l’engagement des élèves
  • de les doter de moyens de se fixer des objectifs et de développer leur autonomie,
  • de rendre leurs progrès perceptibles,
  • de valoriser toute réussite,
  • de donner du sens aux apprentissages linguistiques.


Le portfolio dégage ainsi une autre conception de la connaissance des langues vivantes, en introduisant la notion de compétences partielles en langues.



Evolution dans les pratiques professionnelles des enseignants



La popularité du portfolio (PEL) a déjà largement dépassé celle du cadre européen commun de références pour les langues (CECR) - grille d’évaluation des cinq compétences : écouter, lire, s’exprimer oralement, écrire et converser (on y distingue donc les situations de monologue et de dialogue interactif).



Ces deux instruments, CECR et PEL, se présentent donc comme deux nouveaux outils pédagogiques communs à de nombreux pays européens et au delà – le CECR a par exemple été traduit en trente langues.



Alors que l’apprentissage des langues connaît donc une toute nouvelle orientation, il est essentiel que cette évolution suive au sein même des pratiques professionnelles des enseignants.



Suite à la publication du nouveau cahier des charges de la formation de maîtres, les 31 IUFM sont en train de reprendre les plans de formation : une belle opportunité d'ancrer plus fortement l'utilisation du CECR et du PEL dans les pratiques des jeunes professeurs !

Samedi, 10 février 2007

La politique éducative marocaine

Le taux de scolarisation des petits marocains est officiellement de 90 % dans le primaire et de 70 % pour les 12-14 ans, mais dans certaines campagnes, il est bien plus bas. L’aménagement des rythmes scolaires depuis la rentrée 1998 pour permettre aux enfants de conjuguer travail à la ferme et alphabétisation n’a en effet pas suffi pour enrayer l’absentéisme.



Une politique éducative forte



Pourtant, le royaume a, depuis 1999 (année de la promulgation de la Charte Nationale de l’éducation et de la formation), adopté une politique éducative très forte qui place l’Education comme seconde priorité nationale C’est ainsi que près de 30 % du budget national (contre 7 % en France) est mobilisé pour cette mission !



Des résultats encore décevants



Les résultats ne correspondent cependant pas à ceux attendus : le Maroc compte encore le plus fort taux d’analphabétisme des pays du Maghreb.



Deux raisons principales peuvent être données.



La première est historique : en 1956, à l’heure de l’indépendance, la France laisse une population comprenant 87 % d’analphabètes. Le mal est alors très profond.



La seconde est géographique : dès qu’on s’éloigne des grandes villes, les écoles se retrouvent implantées à parfois plus d’une dizaine de kilomètres du domicile des élèves, comme si elles avaient été construites aux centres de cercles imaginaires qu’un maximum de petits ruraux pourraient décemment joindre chaque jour à pied. C’est ainsi que de nombreuses écoles ont été construites en milieu désertique. Il est alors compréhensible que tous les enfants, même s’ils sont conscients du drame de la privation de savoirs, n’acceptent pas d’effectuer de tels trajets.



Ces faits sont encore plus marqués au niveau du collège.



Le français à l'école

Le français n’est naturellement pas une langue étrangère comme les autres : 75 % des marocains estiment cette langue comme indispensable, car facteur d’ouverture professionnelle. Pour cette raison, les établissements français, la Mission laïque, les écoles privées bilingues connaissent un très grand succès



Dans les établissements publics, le français est désormais enseigné dès le CE1. Il devient aussi une langue d’instruction notamment en cours de mathématiques (alors que l’histoire et la géographie sont enseignées en arabe). Malheureusement, en milieu rural, les enfants n’ont pas la télévision : ils n’entendent, ni ne parlent, le français (ni même l’arabe standard) en dehors de l’école. Leur niveau en français s’avère donc très faible.



La formation des maîtres



La volonté politique éducative du royaume est naturellement présente dans la formation des maîtres (désormais recrutés à BAC +2, au lieu du niveau baccalauréat) : le besoin de rénover les modes de pratiques professionnelles a en effet été clairement énoncé par les autorités marocaines.



C’est ainsi que la France, sollicitée, s’est impliquée, via les cellules des relations internationales des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres) en collaboration avec les CFI marocains (Centres de Formation des Instituteurs), dans la formation continue des enseignants marocains . Dans ce cadre, l’IUFM de Lorraine échange tous les ans avec le Maroc quelques professeurs des écoles stagiaires, et missionnent régulièrement des formateurs pour assurer un stage en pédagogie ou en didactique des disciplines aux instituteurs marocains.

Samedi, 3 février 2007

Le cahier des charges de la formation des maîtres

Le cahier des charges de la formation des maîtres qui vient de paraître aux journal et bulletin officiels, offre pour la première fois un cadrage commun national. Ce cadrage, qui se révèle en fait globalement proche des pratiques lorraines, a été rédigé dans le contexte particulier qui prévoit l’intégration des IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) dans les Universités.



Le texte, qui semble avoir été rédigé de sorte qu’il puisse recueillir l’adhésion de tous, laisse des zones floues, dans le sens que ces dernières viennent s’heurter aux réalités du terrain, ou encore, peuvent s’interpréter de différentes façons.



La principale nouveauté est qu’il est désormais clairement reconnu qu’enseigner est un métier qui s’apprend, et qu’une formation approfondie est nécessaire. Rien ne doit plus être laissé aux aléas de la vocation pédagogique : enseigner n’est pas un don.



1/ Dans le contexte de l’universitarisation
Fondée sur le principe de l’entrée progressive dans le métier et de l’accompagnement dans le premier emploi, la formation des maîtres s’inscrit désormais dans un cursus universitaire : la licence doit donc intégrer des éléments de préprofessionnalisation aux métiers de l’enseignement. Ces unités de formation peuvent se présenter sous différentes formes :

  • dans la construction du projet personnel et professionnel de l’étudiant (souvent en 1ère année de licence)
  • dans le cadre de stages d’observation ou d’analyse de pratiques
  • dans le cadre d’Unités d’Enseignement de culture générale, de didactique de la discipline ou de pédagogie
  • dans le cadre de parcours bidisciplinaires (par exemple, pour le professorat d’Histoire & Géographie)
  • dans le cadre de préparation aux C2i (Certificat Informatique Internet) ou au CLES (Certificat de compétences en Langue de l’Enseignement Supérieur).

De tels parcours de formation existent déjà dans l’offre de formation des universités lorraines depuis le basculement dans le système LMD (Licence, Master, Doctorat).



La formation des maîtres s’inscrit donc dans un continuum : les étudiants engagés dans les parcours « métiers de l’enseignement » pourront désormais bénéficiés de sept années de formation professionnalisante :

  • la licence (trois années de préprofessionnalisation)
  • la préparation au concours de recrutement (une année)
  • la formation initiale des professeurs stagiaires (une année), qui conduit à la titularisation dans la fonction publique
  • la formation initiale différée (deux années), qui accompagne le néotitulaire dans son nouvel emploi.


Enfin, le dispositif de formation professionnelle prévoit - mais je crains l’ambition trop forte et la mise en application impossible - une connaissance par les enseignants de l’avancée de la recherche universitaire.



2/ Vers une ouverture vers le monde extérieur

A l’échelle nationale

Parce que la formation doit aussi être ouverte sur l’environnement économique et sur la société française, les compétences suivantes sont attendues :

  • connaître le monde du travail
  • coopérer avec les parents et découvrir les partenaires de l’école pour travailler ensemble
  • avoir une pratique effective des métiers pour les professeurs de la voie professionnelle et de la voie technique
  • comprendre la diversité culturelle de la France d’aujourd’hui pour contribuer à la construction d’une culture commune à tous les élèves.


A l’échelle internationale

Et dans le cadre de la construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur, le cahier des charges prévoit également des enseignements préparant les futurs professeurs à la mobilité au sein de l’Europe. Les échanges internationaux des IUFM sont donc préservés.



3 / De nouveaux dispositifs d’évaluation



Evaluation des professeurs stagiaires

Désormais, le jury de qualification professionnelle ne se prononcera plus seulement sur la base du dossier de compétences du professeur stagiaire, puisqu’il devra prévoir un entretien personnel avec chaque professeur stagiaire. Il est clair que la mise en application va être très lourde !



Evaluation des formations dispensées à l’IUFM

En parallèle, une Commission Nationale d’Evaluation de la formation des maîtres sera créée : elle expertisera en particulier les plans de formation élaborés par l’université intégratrice au regard du cahier des charges.



4/ Le principe par alternance



Formation en alternance pour les stagiaires

La formation des professeurs stagiaires continue à reposer sur le principe de l’alternance, qui permet aux pratiques de terrain de nourrir la réflexion en pédagogie et en didactique menée à l’IUFM, et à l’inverse, de mettre en application des modes pédagogiques et des dispositifs expérimentaux proposés ou étudiés à l’IUFM.



Formation par immersion pour les formateurs

Le cahier des charges prévoit que 70 % des formateurs IUFM, enseignants des premier et second degrés, restent en contact avec les réalités de la classe : pour cela, une partie de leur service doit être effectuée dans un établissement scolaire.



5/ Les dix commandements



Pour finir, le texte de cadrage cite dix compétences professionnelles indispensables donc exigibles :

  • agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable
  • maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer
  • maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale
  • concevoir et mettre en œuvre son enseignement
  • organiser le travail de la classe
  • prendre en compte la diversité des élèves (dont ceux en situation d’handicap)
  • évaluer les élèves
  • maîtriser les technologies de l’information et de la communication
  • travailler en équipe et coopérer avec les parents et les élèves de l’école
  • se former et innover.


Les trente et un IUFM de France sont donc en train de travailler les nouveaux plans de formation qui entreront en rigueur dès la prochaine rentrée scolaire. Les délais sont bien courts, mais les IUFM, habitués à de tels défis, y parviendront !

Dimanche, 21 janvier 2007

Journée d'orientation au lycée Teyssier à Bitche

Aujourd’hui, l’amicale des anciens élèves du lycée Teyssier de Bitche a organisé sa matinée annuelle d’orientation, une rencontre qui permet aux anciens de raconter leur parcours et leurs expériences aux plus jeunes. De nombreux métiers et filières ont ainsi pu être présentés : - les classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs - les filières universitaires (scientifiques et littéraires) - les filières franco-allemandes - les métiers de la santé (médecin, infirmier, orthophoniste, etc.) - les métiers de l’armée - les métiers de l’enseignement, naturellement représentés par l'IUFM de Lorraine.

Dimanche, 24 décembre 2006

Joyeuses fêtes !

Que chaque enfant puisse recevoir de nombreux cadeaux et être entouré de l’amour de ses parents ! Que chaque être puisse oublier les douleurs de l’année et vivre de joyeuses fêtes !

Lundi, 18 décembre 2006

L'enseignement des langues au Grand-Duché du Luxembourg

Compte-rendu de l’étude menée par le conseil de l’Europe



Au Grand-Duché du Luxembourg, le trilinguisme actuel (allemand, français et luxembourgeois) a pour objectif de tirer les conséquences de l’environnement du pays sur le plan économique, culturel et politique, et de se différencier en même temps de ses voisins.



Les trois langues ont en fait un usage très complémentaire : le luxembourgeois est gage d’intégration, le français est la langue de la législation, alors que dans les secteurs de l’administration et de la justice, l’emploi des trois langues est possible.



Les besoins de compétences linguistiques sont en fait plus largement diversifiés, d’abord pour favoriser la mobilité professionnelle et donc la réussite individuelle (l’anglais est officiellement considéré comme la première langue étrangère), mais aussi pour répondre au fort taux d’immigrés (38,6 % d’étrangers : portugais, italiens, français, belges, allemands, britanniques, néerlandais, et autres) et à l’importante présence de travailleurs frontaliers (36,6 % des personnes travaillant au Luxembourg).



Dans ce contexte, le poids de l’enseignement des langues est important : plus du tiers du temps scolaire est consacré à l’enseignement des trois langues dès l’école primaire, auquel il faut ajouter l’apprentissage de l’anglais dès la seconde classe de l’enseignement du second degré.



Pour mieux comprendre les effets de l’enseignement des langues au Grand-Duché, nous nous proposons de synthétiser ci-dessous la progression des apprentissages : à chaque cycle est introduite une nouvelle langue véhiculaire.



Pré-scolarité : le luxembourgeois est la langue véhiculaire ; ce qui permet aux enfants non luxembourgeois de se familiariser avec cette langue.



Cycle primaire :

  • L’allemand devient la langue véhiculaire pour la plupart des disciplines.
  • Le luxembourgeois est surtout utilisé pour les activités artistiques ou sportives.
  • Le français est enseigné comme matière d’enseignement.


Cycle secondaire :

  • Le statut du luxembourgeois devient marginal.
  • L’allemand reste, durant les trois premières années, la langue d’enseignement de quelques disciplines.
  • Le français devient peu à peu la langue d’instruction de toutes les disciplines. Il est la langue véhiculaire.


Si ce système scolaire connaît des réussites exemplaires, il est également facteur d’échec pour une grande partie d’élèves qui doivent maîtriser les langues d’instruction alors que celles-ci peuvent, pour une même discipline, changer plusieurs fois au cours de la scolarité. Comme de plus, les notes en langues jouent un rôle décisif à côté de celles de mathématiques, 20 % des élèves sont conduits à quitter l’école sans qualification.



D’autres causes d’échec ont été pointées : - La prise en compte des situations individuelles des élèves est absente. En effet, les jeunes romanophones (italiens, portugais) ont un niveau faible en allemand mais convenable en français, alors que pour les jeunes luxembourgeois, la situation inverse est observée. - Pour les enfants étrangers, la barrière linguistique est trop haute : un tiers des élèves ne parlent pas ni le luxembourgeois, ni l’allemand dans leur milieu familial. Ils se retrouvent donc en difficultés dès les premières années de leur scolarité. - Il est attendu que chaque élève puisse en fin de scolarisation atteindre les standards propres à une langue maternelle pour chacune des trois langues. La représentation « équilingue » du trilinguisme est source de nombreux échecs, alors qu’elle ne correspond pas aux besoins réels (tant pour la poursuite des études à l’étranger, que pour l’exercice d’activités dans le milieu de l’entreprise). De plus, elle ne tient pas compte de la priorité de formation aux compétences orales, et induit une évaluation négative, c’est-à-dire qui tend à comparer les acquis linguistiques des élèves en lien avec les compétences de locuteurs natifs, au lieu de porteur valeur à la progression de l’élève (apprentissage par compétences).



La Lorraine va former les enseignants luxembourgeois



Suite à l’étude menée par le Conseil de l’Europe, le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation professionnelle du Luxembourg met en réflexion son système éducatif, et souhaite en particulier s’engager dans de nouvelles orientations de formation de ses enseignants. C’est ainsi que l’IUFM de Lorraine vient d’être sollicité pour la mise en place d’un plan de formation pluriannuel des maîtres luxembourgeois du premier et du second degré, qui viserait l’enseignement du français comme langue étrangère, basé sur l’apprentissage par compétences centrées sur l’élève et non sur les programmes, et dont l’un des objectifs serait de favoriser l’égalité des chances pour tous (sexe, couche sociale, nationalité, etc.). La collaboration deviendra effective à la prochaine rentrée. L'Université du Luxembourg : elle est chargée de la formation initiale des maîtres

Lundi, 11 décembre 2006

Le programme de Réussite Educative

Le dispositif de Réussite Educative, tel qu’il est défini dans le plan de Cohésion Sociale, vise à donner leur chance aux enfants et adolescents ne bénéficiant pas d’un environnement social, familial et culturel favorable à leur réussite. Pour offrir toutes ses chances à chaque enfant, l’école joue un rôle prépondérant, mais elle ne peut pas tout. Une intervention est souvent nécessaire, en dehors du temps scolaire pour retravailler les apprentissages de base. C’est à cette nécessité que souhaite répondre le Programme de Réussite Educative en mettant en place des ateliers d’accompagnement à la scolarité pour les enfants en grandes difficultés.



En effet, l’accompagnement à la scolarité est l’ensemble des actions visant à offrir, aux côtés de l’Ecole, l’appui et les ressources nécessaires dont les enfants ont besoin pour réussir à l’Ecole, appui qu’ils ne trouvent pas toujours dans leur environnement familial.



Cet accompagnement à la scolarité ne se pose pas en alternative à l’Ecole, ni ne souhaite se substituer aux parents dans leurs responsabilités éducatives. Il constitue une dynamique d’accompagnement éducatif qui doit répondre aux besoins spécifiques des enfants.



Par exemple, depuis le printemps 2006, la MJC de Boileau-Prégénie a en partenariat de l’Université Paul Verlaine – Metz mis en place un dispositif de tutorat en mathématiques pour les écoles Pierre et Marie Curie, et Jacques Yves Cousteau, de la ville de Woippy. Une dizaine d’étudiants de l’Université viennent en effet, à hauteur de deux heures hebdomadaires, tutorer bénévolement un trinôme d’écoliers présentant des difficultés en Mathématiques.



De tels dispositifs permettent aux élèves de cycle 3 :

- d'acquérir des méthodes, des approches, des relations susceptibles de faciliter l'accès au savoir,

- de valoriser leurs acquis afin de renforcer leur autonomie personnelle et leur capacité de vie collective, notamment par la pratique de l'entreaide,

- d'accompagner les parents dans le suivi de la scolarité de leurs enfants.



Ce dispositif tout en étant une action de solidarité, entre dans le cadre d’un échange réciproque de services, puisqu’il permet aux étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement :

- de vivre une expérience professionnelle par une mise en situation,

- de développer des connaissances sur la prise en charge d'un jeune public en difficulté scolaire,

- et enfin d'augmenter leurs chances d'admission à l'IUFM.

Naturellement, d’autres dispositifs d’accompagnement à la scolarité existent depuis déjà plusieurs années - nous pouvons citer le dispositif SUQE (Solidarité Université Quartiers Ecoles) qui recrute tous les ans une centaine d’étudiants de Metz Campus pour tutorer environ trois cent écoliers (aide aux devoirs, cette fois-ci pour l’ensemble des disciplines enseignées à l’école élémentaire) – alors que de nombreux nouveaux projets éducatifs sont à l’étude avec l’appui des collectivités territoriales et en partenariat de diverses associations.



Toutes ces actions éducatives qui exigent à la fois vigilance et énergie, reposent souvent sur le bénévolat et la bonne volonté des différents acteurs. Mais quelle belle récompense pour tous que de savoir un élève réconcilié avec l’Ecole, voire même parfois avec la Société, et donc, de pouvoir constater que l’on a ainsi contribué à placer un jeune dans une posture qui lui permettra de construire de façon favorable son avenir !

Dimanche, 10 décembre 2006

La formation initiale des professeurs des écoles biculturelles

La maîtrise des langues est aujourd’hui le gage d’une ouverture des élèves sur le monde, d’une meilleure compréhension des autres par l’accès direct à leurs cultures respectives, en même temps qu’un facteur décisif d’insertion sociale et professionnelle. L’apprentissage de l’allemand, langue du voisin de la Lorraine, revêt dans ce contexte une importance toute particulière. Pour toutes ces raisons, les écoles biculturelles ont été créées. Elles prévoient naturellement un enseignement renforcé de l’allemand, mais aussi et surtout, une partie des enseignements des Disciplines Non Linguistiques (DNL) en allemand. Ce type de cursus, appelé la Voie Spécifique Mosellane (VSM) puisqu’elle restait spécifique à la Moselle (et l’Alsace), devrait être étendu à la Lorraine entière. Et parce que la France et l’Allemagne sont les premiers partenaires économiques l’un de l’autre, de nouvelles écoles biculturelles seront vraisemblablement prochainement ouvertes sur l’académie Nancy-Metz.



Il était donc important de se soucier de la création d’un vivier de professeurs des écoles aptes à enseigner dans ces classes biculturelles (jusqu’à 5 heures hebdomadaires d’enseignement en allemand), voire dans les classes paritaires (où la moitié des enseignements, soit 14 heures, sont assurés en allemand). C’est ainsi que, sous l’impulsion de la Communauté d’Agglomération de Sarreguemines Confluences, dont la politique éducative est très forte notamment dans le cadre des échanges franco-allemands, l’IUFM de Lorraine décida en 2003 d’implanter une antenne à Sarreguemines dont la spécificité serait justement la formation initiale des professeurs de ces écoles spécifiques.



L’antenne de Sarreguemines est aujourd'hui entrée dans sa quatrième année scolaire. Une année qui à destination des professeurs stagiaires, prévoit comme les années précédentes, un stage à l’étranger, une présentation générale de la VSM, ainsi que des temps de formation en allemand de certaines DNL (accès au vocabulaire spécifique des DNL). Mais en revanche, aucune séance ne prévoyait encore une formation pour apprendre à enseigner des DNL en allemand, c’est-à-dire, pour apprendre à véritablement professer dans une classe biculturelle - il est en effet clair que :

- enseigner l’allemand à des écoliers français (apprentissage classique de l’allemand),

- enseigner en allemand à des écoliers français (VSM),

- enseigner en français (enseignement pluridisciplinaire traditionnel),

- enseigner en allemand à des écoliers allemands (mise en situation des stagiaires lors de leur stage à l’étranger)

ne peuvent mobiliser les mêmes compétences chez le professeur des écoles dont la langue maternelle est le français. Il fallait donc élaborer une formation à destination des stagiaires qui tienne davantage compte de toutes ces spécificités.



C’est ainsi que le 10 novembre 2006, le Conseil Scientifique et Pédagogique de l’IUFM de Lorraine a voté à l’unanimité la mise en oeuvre d’un plan de formation transitoire 2006/07, en vue prochaine d’un dispositif de formation plus fortement remanié, qui devrait entrer en application à la prochaine rentrée scolaire, et qui prévoirait en particulier des échanges renforcés avec la Sarre, mais aussi un jumelage avec deux prochaines implantations de l’IUFM d’Alsace à Saverne et à Haguenau.



Je voudrais achever cette lettre en m’exprimant en tant que responsable pédagogique de l’antenne de Sarreguemines de l’IUFM de Lorraine, et par conséquent, en m’adressant directement à l’équipe de formateurs. Je souhaiterais remercier tous ces collègues pour leur investissement dans chacun de nos projets, mais aussi, pour le groupe bien sympathique qu’ils constituent, et avec lequel je me réjouis de travailler. Enfin, je voudrais les féliciter pour les résultats obtenus à la dernière session du Concours de Recrutement des Professeurs des Ecoles (CRPE) : l’antenne de Sarreguemines a en effet obtenu le meilleur pourcentage de réussite de la région, dans un contexte déjà remarquable puisque l’IUFM de Lorraine vient d’être classé en tête du palmarès des trente et un IUFM de France.

Samedi, 2 décembre 2006

Une décharge de service pour les directeurs des écoles à quatre classes

Jusqu’à l’année dernière, les directeurs des écoles à quatre classes ne disposaient d’aucune décharge pour effectuer les tâches administratives qui les incombaient. Mais au printemps 2006, le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche décida d’apporter une solution (initialement prévue sans surcoût) : les professeurs stagiaires effectueront désormais un stage en responsabilité de 30 jours dans la classe des directeurs des écoles à quatre classes, déchargeant ainsi les directeurs d’une partie de leur service d’enseignement au profit d’activités administratives. Selon les académies, les modalités de ce stage diffèrent : en Lorraine, c'est tous les lundis que les professeurs stagiaires s’en vont remplacer les directeurs d’école.



Jusqu’à l’année dernière, les stagiaires qui devaient effectuer trois stages en responsabilité massés d’une durée de trois semaines, n’avaient donc pas la possibilité de suivre la progression d’une classe (progrès des élèves, avancée du programme, etc.). La solution du stage filé de trente jours a levé ce défaut de formation. Malheureusement, à cet atout s’opposent quelques effets négatifs, d’autant plus forts que la mise en œuvre de ce nouveau dispositif de formation se révèle pour diverses raisons – ci-dessous données - difficiles. La très bonne concertation entre le Rectorat, et donc les quatre Inspecteurs d’Académie (attachés à chacun des départements de la région), avec l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) a cependant permis, dans presque tous les cas, de trouver des solutions alternatives.



1.- Ce dispositif de formation laisse supposer que dans l’académie, il existe autant de professeurs des écoles stagiaires que d’écoles à quatre classes : ce qui n’est pas. Par exemple, en Moselle (département à forte démographie) le nombre de stagiaires est plus élevé que celui d’écoles, alors qu’en Meuse, la situation est inversée. La décision de l’institution a donc été de lever les barrières départementales ; autrement dit, un stagiaire en formation sur un département peut se trouver affecté dans une école d’un autre département.



2.- Les frais (remboursés) de déplacement des professeurs stagiaires sont très élevés : le dispositif oblige en effet les stagiaires lorrains à parcourir 2,5 fois la distance de la Terre à la Lune durant l’année scolaire 2006-07. Le dispositif a donc bien un coût.



3.- Les premiers jours de rentrée, la carte des écoles à quatre classes est encore instable : certaines écoles à quatre classes passent à cinq classes, alors que d’autres (mais ce cas de figure est plus rare) peuvent se retrouver à trois classes seulement. Dans de telles situations, la solution retenue a été de laisser le professeur stagiaire dans l’école initiale pour lui garantir une cohésion de formation.



4.- Le statut accordé au professeur stagiaire n’est pas toujours celui qui devrait être : le jeune enseignant est parfois considéré comme un remplaçant, et non, comme un membre réel de l’équipe pédagogique de l’école.



5.- Le professeur stagiaire se retrouve seul face à une classe d’élèves, après une semaine seulement de formation : ce qui est naturellement source de très grosse angoisse pour le jeune enseignant encore inexpérimenté. Heureusement, la plupart des directeurs se sont spontanément donnés un rôle tutoriel, en accompagnant les nouveaux collègues dans leurs pratiques pour leur permettre de devenir progressivement autonomes.



6.- Les stages à l’étranger sont menacés alors qu’ils permettent aux professeurs stagiaires de développer des compétences linguistiques, culturelles et pédagogiques, donc essentielles dans le cadre de la construction de l’Europe et de la mobilité internationale des enseignants (si promue par le Ministère). La difficulté de mise en œuvre des stages à l’étranger est simple à comprendre : si le stagiaire part, il ne peut évidemment pas prendre en main la classe du directeur d’école le lundi. Outre le problème du remplacement du stagiaire, tant sur les moyens qui diffèrent d’un département à l’autre, qu’au niveau déontologique (en effet, les familles dénoncent le risque de déstabilisation éducative des élèves confrontés à un trop grand nombre d'intervenants, puisqu'il s'agit de remplacer un collègue déjà remplaçant), les professeurs stagiaires hésitent davantage que par le passé à choisir un parcours « relations internationales » pour des raisons affectives : ils sont attachés à leurs premiers élèves et perçoivent un stage à l’étranger comme un abandon (même s’il n’est que temporaire) de leur classe. La solution retenue par les instances a souvent été de réduire la durée du stage à l’étranger, avec une semaine au moins prévue durant les vacances scolaires françaises (sauf lorsque qu'au niveau des affaires étrangères, les enjeux diplomatiques s’avéraient trop forts).



Malgré tout, le bilan de fin d’année scolaire ne devrait pas être négatif : certes, le début de l’année a été difficile, mais avec le temps, la situation semble s’améliorer et les difficultés s’estomper, et il est déjà possible d’imaginer la régulation du fonctionnement du dispositif pour les prochaines années scolaires.

Samedi, 18 novembre 2006

Egalité des chances pour l'accès aux formations d'excellence

De plus en plus d’instituts d’enseignement supérieur optent pour la mise en place d’un dispositif d’accompagnement des lycéens de Terminale issus de milieux défavorisés, sur un parcours les conduisant à intégrer une formation d’excellence. Cette tendance suit le constat que peu de lycéens boursiers s’engagent dans les cursus des Grandes Ecoles, alors que la paupérisation de la population étudiante tend à s’accroître dans les filières universitaires. Ce choix d’orientation des lycéens issus des couches socioprofessionnelles défavorisées est en fait une conséquence du manque de confiance de ces jeunes en leur capacité à suivre avec succès des études réputées difficiles (souvent parce que les parents eux même, marqués par leur propre vécu, n’ont pas osé espérer ou croire en les potentialités de leurs enfants). Ces étudiants tendent donc à s’autocensurer en refusant d’envisager la construction d’un parcours personnel et professionnel qui pourrait paraître à leurs yeux ou à ceux de leur famille trop ambitieux.



Alors que la semaine dernière, la chaîne télévisée France 2 a diffusé lors de l’émission Envoyé spécial, un reportage sur les mesures sociales retenues pour les modalités d’admission à l’Ecole Sciences Po (Paris), certains instituts d’enseignement supérieur de Metz Campus (ENSAM, SupElec, …) mettent en projet des dispositifs d’accompagnement de lycéens boursiers présentant des aptitudes remarquables et choisissant une première orientation en IUT ou BTS, en vue d’une admission ultérieure sur concours spécifique. Cet accompagnement essentiellement prévu sous forme de parrainage, vise à faciliter l’accès à des connaissances scientifiques et techniques, mais aussi à une culture générale adaptée, voire si besoin, à familiariser avec les codes sociaux.



Ces jeunes, blacks, blancs ou beurs, deviendront ainsi les premiers dans leurs famille et quartier, à intégrer une grande école.



Il ne s’agit naturellement pas d’avantager (c'est-à-dire de faire de la "discrimination positive"), mais de compenser certaines inégalités pour tendre à donner à chacun la même chance de réussite, avec toutefois la contrainte de ne pas baisser le niveau d’études de ces instituts réputés - car si tel devenait le cas, tous ces dispositifs perdraient sens. Un juste dosage des mesures engagées doit donc être, et peut effectivement être conduit puisque l’IUFM de Lorraine qui vient d’être classé au premier rang à l’échelle nationale (via ses résultats au concours de recrutement des professeurs des écoles (CRPE)), choisit depuis plusieurs années un barème d’admission qui accorde quelques points supplémentaires aux candidats boursiers, Il ne fait ainsi nul doute que ces dispositifs doivent être maintenus et mieux, étendus à tous les organismes de formation.

Dimanche, 12 novembre 2006

Plus de sections européennes dans les collèges et lycées !

Parce que l’Europe devient une réalité de plus en plus tangible, la maîtrise d’une langue européenne se révèle un véritable facteur d’ouverture et d’insertion sociale et professionnelle.



Dans ce contexte, les orientations ministérielles proposent que la construction de l’Europe commence dans les écoles : l’enseignement des langues vivantes étrangères à l’école doit être renforcé et le sentiment chez les jeunes, futurs citoyens européens, d’appartenir à cet ensemble de peuples et de nations doit être favorisé.



C’est ainsi que pour améliorer l’enseignement des langues étrangères en France et plus particulièrement les compétences des élèves à la communication orale, les sections européennes créées en 1992 se sont inscrites dans une politique d’intégration de l’apprentissage des langues étrangères dans l’enseignement d’une discipline non linguistique. Ces classes visent en effet, à préparer les futurs bacheliers à leur intégration dans des cursus européens. Elles commencent en classe de 4ème (exceptionnellement à partir de la 6ème) et consistent en un renforcement de l’enseignement dans la langue étrangère cible, et, à partir de la classe de 2nde, en un Enseignement d’une Matière par l’Intégration d’une Langue Etrangère (E.M.I.L.E., le nouveau sigle de la D.N.L. (Discipline Non Linguistique)). Il s’agit par exemple, pour un professeur d’Histoire et de Géographie, d’assurer un enseignement de sa discipline dans une langue étrangère.



L’objectif des sections européennes est de permettre à l’élève de renforcer ses aptitudes en langue étrangère, mais également découvrir la culture du pays concerné.



Aujourd’hui, alors que l’effectif de ces sections est appelé à s’accroître- il est prévu que le nombre de sections européennes au collège et au lycée augmente dans les prochaines années de 20 %-, il est essentiel de se préoccuper de la création d’un vivier de professeurs aptes à transmettre leur discipline dans une langue vivante étrangère. C’est pour répondre à ce besoin que le Ministère de l’Education Nationale a décidé, il y a deux ans, de mettre en place un examen à une certification dite « complémentaire » ayant pour objectifs de valider, d’une part la compétence linguistique de l’enseignant, et, d’autre part, la richesse du vocabulaire spécifique dans la langue étrangère lié à la discipline enseignée.



C’est ainsi, qu’en 2005-06, l’I.U.F.M. de Lorraine s’est trouvé être l’un des cinq I.U.F.M. de France à proposer une formation spécifique destinée aux professeurs des collèges et lycées stagiaires.



Nous ne pouvons que nous réjouir de telles initiatives qui, au final, n’ont pour seuls objectifs que de favoriser l’insertion dans la vie active et donc la construction de l’avenir de nos enfants, en leur permettant de mieux trouver place au sein de l’Europe.

Vendredi, 11 novembre 2005

Parler l'allemand, un atout pour la réussite professionnelle

Parce que l’Allemagne est « championne » du commerce international, parce que la France et l’Allemagne sont les premiers partenaires économiques l’un de l’autre, la maîtrise de l’allemand devient un atout important sur le marché de l’emploi. Il est vrai que la maîtrise de l’anglais est attendue par les employeurs, mais c’est sur la seconde langue que se joue finalement le recrutement. Et dans le contexte économique actuel, l’allemand s’avère être la langue la plus sollicitée.



Malheureusement, trop peu de personnes avec un profil à la fois bilingue et biculturel se présentent sur le marché de l’emploi. Peut-être parce que l’allemand est réputée langue difficile. Peut-être parce que l’allemand a par son enseignement une représentation sociale négative. Peut-être parce que le choix de l’allemand a longtemps été une stratégie de reconstitution de filière. Peut-être parce que les médias ne présentent pas suffisamment une image culturelle attirante de l’Allemagne.



Une politique de relance de l’allemand est depuis plusieurs années appliquée en France, et plus particulièrement en Lorraine. Elle exige un travail :

- sur la didactique de l’allemand (approche par des situations de communication authentiques, approche par la tâche,…)

- sur les rythmes d'apprentissage (au moins cinq heures par semaine sur un temps court plutôt qu’un enseignement homéopathique sur de nombreuses années) et sur la formation des adultes

- sur les structures et sur les dispositifs spécifiques : Voie Spécifique Mosellane, écoles et collèges biculturels, classes bi-langues, sections européennes, ABIBAC, Bac plus, cursus intégrés de l’Université Franco-Allemande, etc. Les principes de toutes ces structures reposent sur le renforcement du volume horaire de l’allemand, la multiplication des partenariats et des échanges avec l’Allemagne, le travail sur la culture, l’histoire des deux pays, l’identité et la citoyenneté européenne, et surtout sur l’enseignement de disciplines non linguistiques en allemand.

- de sensbilisation à la culture de l'autre pays

- de communication sur l'intérêt économique des choix de langue.

Mais si tous les arguments (en particulier économiques), très fortement rationnels, ne produisent pas les effets recherchés, c'est tout simplement parce qu'un élève ne chosit pas une langue vivante étrangère pour les raisons économiques mais pour son intéret pour la culture du pays - car su jusqu'à la Sixième, ce sont les familles qui choisissent pour l'enfant la Langue Vivante, à partir de la Quatrième, c'est l'élève qui prend cette décision (naturellement en accord avec l'avis des parents).



En conclusion, si nous souhaitons vraiment mettre en place une politique de relance de l’allemand, nous devons d’abord veiller à travailler sur une image attirante de l’Allemagne, du franco-allemand et de la construction européenne.

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