De plus en plus d’instituts d’enseignement supérieur optent pour la mise en place d’un dispositif d’accompagnement des lycéens de Terminale issus de milieux défavorisés, sur un parcours les conduisant à intégrer une formation d’excellence. Cette tendance suit le constat que peu de lycéens boursiers s’engagent dans les cursus des Grandes Ecoles, alors que la paupérisation de la population étudiante tend à s’accroître dans les filières universitaires. Ce choix d’orientation des lycéens issus des couches socioprofessionnelles défavorisées est en fait une conséquence du manque de confiance de ces jeunes en leur capacité à suivre avec succès des études réputées difficiles (souvent parce que les parents eux même, marqués par leur propre vécu, n’ont pas osé espérer ou croire en les potentialités de leurs enfants). Ces étudiants tendent donc à s’autocensurer en refusant d’envisager la construction d’un parcours personnel et professionnel qui pourrait paraître à leurs yeux ou à ceux de leur famille trop ambitieux.



Alors que la semaine dernière, la chaîne télévisée France 2 a diffusé lors de l’émission Envoyé spécial, un reportage sur les mesures sociales retenues pour les modalités d’admission à l’Ecole Sciences Po (Paris), certains instituts d’enseignement supérieur de Metz Campus (ENSAM, SupElec, …) mettent en projet des dispositifs d’accompagnement de lycéens boursiers présentant des aptitudes remarquables et choisissant une première orientation en IUT ou BTS, en vue d’une admission ultérieure sur concours spécifique. Cet accompagnement essentiellement prévu sous forme de parrainage, vise à faciliter l’accès à des connaissances scientifiques et techniques, mais aussi à une culture générale adaptée, voire si besoin, à familiariser avec les codes sociaux.



Ces jeunes, blacks, blancs ou beurs, deviendront ainsi les premiers dans leurs famille et quartier, à intégrer une grande école.



Il ne s’agit naturellement pas d’avantager (c'est-à-dire de faire de la "discrimination positive"), mais de compenser certaines inégalités pour tendre à donner à chacun la même chance de réussite, avec toutefois la contrainte de ne pas baisser le niveau d’études de ces instituts réputés - car si tel devenait le cas, tous ces dispositifs perdraient sens. Un juste dosage des mesures engagées doit donc être, et peut effectivement être conduit puisque l’IUFM de Lorraine qui vient d’être classé au premier rang à l’échelle nationale (via ses résultats au concours de recrutement des professeurs des écoles (CRPE)), choisit depuis plusieurs années un barème d’admission qui accorde quelques points supplémentaires aux candidats boursiers, Il ne fait ainsi nul doute que ces dispositifs doivent être maintenus et mieux, étendus à tous les organismes de formation.