Parce que l’Allemagne est « championne » du commerce international, parce que la France et l’Allemagne sont les premiers partenaires économiques l’un de l’autre, la maîtrise de l’allemand devient un atout important sur le marché de l’emploi. Il est vrai que la maîtrise de l’anglais est attendue par les employeurs, mais c’est sur la seconde langue que se joue finalement le recrutement. Et dans le contexte économique actuel, l’allemand s’avère être la langue la plus sollicitée.



Malheureusement, trop peu de personnes avec un profil à la fois bilingue et biculturel se présentent sur le marché de l’emploi. Peut-être parce que l’allemand est réputée langue difficile. Peut-être parce que l’allemand a par son enseignement une représentation sociale négative. Peut-être parce que le choix de l’allemand a longtemps été une stratégie de reconstitution de filière. Peut-être parce que les médias ne présentent pas suffisamment une image culturelle attirante de l’Allemagne.



Une politique de relance de l’allemand est depuis plusieurs années appliquée en France, et plus particulièrement en Lorraine. Elle exige un travail :

- sur la didactique de l’allemand (approche par des situations de communication authentiques, approche par la tâche,…)

- sur les rythmes d'apprentissage (au moins cinq heures par semaine sur un temps court plutôt qu’un enseignement homéopathique sur de nombreuses années) et sur la formation des adultes

- sur les structures et sur les dispositifs spécifiques : Voie Spécifique Mosellane, écoles et collèges biculturels, classes bi-langues, sections européennes, ABIBAC, Bac plus, cursus intégrés de l’Université Franco-Allemande, etc. Les principes de toutes ces structures reposent sur le renforcement du volume horaire de l’allemand, la multiplication des partenariats et des échanges avec l’Allemagne, le travail sur la culture, l’histoire des deux pays, l’identité et la citoyenneté européenne, et surtout sur l’enseignement de disciplines non linguistiques en allemand.

- de sensbilisation à la culture de l'autre pays

- de communication sur l'intérêt économique des choix de langue.

Mais si tous les arguments (en particulier économiques), très fortement rationnels, ne produisent pas les effets recherchés, c'est tout simplement parce qu'un élève ne chosit pas une langue vivante étrangère pour les raisons économiques mais pour son intéret pour la culture du pays - car su jusqu'à la Sixième, ce sont les familles qui choisissent pour l'enfant la Langue Vivante, à partir de la Quatrième, c'est l'élève qui prend cette décision (naturellement en accord avec l'avis des parents).



En conclusion, si nous souhaitons vraiment mettre en place une politique de relance de l’allemand, nous devons d’abord veiller à travailler sur une image attirante de l’Allemagne, du franco-allemand et de la construction européenne.