Depuis la mise en place du système LMD, les étudiants de l’Université doivent élaborer dans le cadre d’unités d’enseignement leurs projets personnel et professionnel, et en particulier, construire un parcours pertinent en vue de concrétiser ce projet.

A cette occasion, il est constaté que de nombreux jeunes se destinent à l’enseignement à l’étranger. C’est pour répondre aux questions de tous ces jeunes que j’ai souhaité rédiger ce texte.

Découvrir les réseaux des établissements français à l’étranger

Les établissements scolaires français à l’étranger ont deux principales missions :

  • scolariser les enfants des expatriés français : les élèves de ce type d’établissements sont donc souvent issus de couches favorisées, même si certains peuvent être issus de milieux plus modestes et être boursiers.
  • contribuer au rayonnement de la culture et de la langue française.

Il existe 675 établissements français à l’étranger, rassemblant au total 24 000 élèves, qui sont implantés dans 130 pays - notamment, le Maroc, la Tunisie, Madagascar, …et plus généralement, toutes les anciennes colonies, mais aussi, l’Allemagne (suite de l’occupation) et enfin l’Espagne (conséquence du régime de Franco).

Les deux principaux réseaux sont :

auxquels viennent s’ajouter diverses autres associations.

Candidater dans un établissement français à l’étranger

Les enseignants de ces établissements ont trois statuts possibles :

  • le statut d’expatrié
  • le statut de résident
  • le statut de contractuel local.

1/ Le statut d’expatrié (5 % des enseignants)

Ces postes sont de loin les plus prisés : les avantages sont nombreux (indemnités de frais de séjour, salaire doublé, impôt sur les revenus moindre, …). Le nombre de postes mis au concours a diminué de 20 % en huit ans. Le candidat doit être nécessairement titulaire de l’Education Nationale. S’il est recruté, il l’est seulement pour une durée maximale de 5 ans, à l’issue de laquelle il a pour obligation de retourner sur le territoire français.

Comment candidater ? Les postes sont publiés sur le Bulletin Officiel aux alentours du mois d’octobre.

2/ Le statut de résident (34 % des enseignants)

Même si les avantages ne sont pas aussi nombreux que les expatriés, les postes à statut de résident restent très convoités : le salaire du professeur est augmenté de 35 %. Le nombre de postes mis au concours est en augmentation. Le candidat doit être nécessairement titulaire de l’Education Nationale. Et s’il est recruté, il l’est pour une durée maximale de 5 ans. Une reconduction de trois ans peut être demandée. Puis le retour sur le territoire français est imposé.

Comment candidater ? Les candidatures sont adressées de façon spontanée auprès des chefs d’établissement, de préférence vers le mois de janvier. La liste des établissements de l’AEFE et de la Mission Laïque Française peut être trouvée sur les sites de ces deux associations.

3/ Le statut du contractuel local (61 % des enseignants)

Ces postes sont déconseillés, notamment pour les collègues titulaires de la fonction publique : le professeur recruté devient vacataire. A ce titre, les années d’exercice à l’étranger ne sont pas prises en compte pour l’avancée dans la promotion : l’échelon du collègue peut donc évoluer lors du séjour à l’étranger, mais reviendra à son niveau initial au retour sur le territoire français.

Le nombre de postes mis au concours est en augmentation, alors que les candidats sont en nombre insuffisant. Ces contrats sont à durée indéterminée.

Comment candidater ? Les modalités de recrutement sont les mêmes que celles précédemment données.

Quelque soit le type de poste, lors du recrutement, les formations en FLE (Français Langue Etrangère) des Universités, les stages pédagogiques à l’étranger et les modules « Echanges éducatifs internationaux » (souvent existants dans l’offre de formation des IUFM) sont positivement pris en compte.

Exercer dans un établissement français à l’étranger

Les programmes

Les contenus des programmes sont les mêmes que ceux enseignés sur le territoire français.

Les parents

Comme dans tout établissement privé, les parents paient des frais d’inscription (ici, très élevés), et estiment donc avoir un droit de regard sur tout le fonctionnement de l’école. La pression exercée sur les enseignants par les parents, et donc l’Ambassade, est très forte. Assiduité, ponctualité, travail, rigueur des enseignants sont de grande mise : l’expulsion peut menacer !

Les élèves

Les élèves sont très plaisants : disciplinés et d’un très bon niveau (93,5 % de réussite au baccalauréat). Si la plupart sont des enfants d’expatriés, certains peuvent être des natifs locaux.

Les moyens

Si les moyens humains sont très satisfaisants, les locaux peuvent être délabrés, et les équipements insuffisants.

La gestion de l’établissement

La gestion peut être :

  • directe (donc pilotée par l’Etat français) - cas de 73 établissements
  • conventionnée sous contrat – cas de 178 établissements
  • homologuée (établissement privé hors contrat) : le personnel enseignant doit inclure au moins un titulaire de l’Education Nationale – cas de 155 établissements
  • en « électron libre » - cas de 24 établissements.

Quelque soit le statut du professeur, quelque soit le mode de gestion de l'établissement français à l’étranger, le regard de ce collègue sur les pratiques professionnelles françaises ne sera plus jamais le même.

Enseigner à l’étranger est une expérience très enrichissante tant sur le plan personnel que professionnel !