Les échanges internationaux des IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) répondent à une demande ministérielle forte visant la construction de l’Europe, et de façon plus générale, la mondialisation. Dans ce cadre, l’apprentissage des langues vivantes et la mobilité des enseignants revêtent une importance toute particulière.

Malgré la complexité de mise en œuvre de ces échanges, générée par la rencontre de deux logiques opposées (logique de formation et logique de gestion), les services des relations internationales se sont montrés remarquablement efficaces et innovants.

Toutefois, l’introduction à la rentrée 2006 du stage filé est venue fragiliser ces actions, en tendant à marginaliser les stages à l’étranger. Malgré les nombreuses alternatives trouvées par les IUFM, il est aujourd’hui possible d’enregistrer une diminution globale, aussi quantitative que qualitative, de ces stages.

A partir du modèle des échanges franco-britanniques - qui semblent protégés par les accords ministériels entre les deux pays-, cinq critères interdépendants de garanti de réussite d’une action internationale se dégagent :

1.- l’existence d’un cadre conventionnel national bi- ou multilatéral (convention entre les ministères des pays concernés)

2.- l’existence d’un cadre financier collectif (budgétisation nationale)

3.- la création d’un réseau d’IUFM piloté à l’échelle nationale (force du collectif face à l’individuel)

4.- la publication officielle de référentiels et de cahiers des charges (textes de cadrage des stages à l’étranger, prévus dans les parcours « métiers de l’enseignement » de la licence, durant les années de concours ou de professionnalisation, ou enfin, durant les deux premières années de titularisation)

5.- le soutien des autorités institutionnelles (appuis politiques).

Des échanges, autres que franco-britanniques devraient être bâtis sur ce modèle, notamment avec l’Allemagne (pays transfrontalier, de surcroît premier partenaire économique de la France), avec l’Afrique Noire (puisque certains IUFM collaborent déjà avec le Mali, le Sénégal ou encore, le Togo), et avec les Etats-Unis.

Après l’agitation suscitée par l’apparition des stages filés, c’est à présent l’universitarisation des IUFM qui vient semer le trouble dans les cellules des relations internationales (RI) -puisque la loi prévoit un rapprochement ou une mutualisation des services relations internationales des deux établissements (IUFM et Université intégrante).

La méconnaissance mutuelle des deux services RI semble alimenter la crainte des usagers des IUFM d’une perte d’autonomie de leurs actions internationales. Il est donc sans doute nécessaire de rassurer tous les acteurs :

- la spécificité des deux établissements (recherche à l’Université, et ingénierie de formation à l’IUFM) devrait permettre à chacun de conserver un rôle moteur,

- les savoir-faire des deux services sont complémentaires : l’un pourrait investir les chantiers réfutés par l’autre,

- les moyens logistiques pourraient être mutualisés (facilités d’accès au logement et à l’hébergement des étudiants accueillis, centralisation des échanges ERASMUS,…)

- les parcours « métiers de l’enseignement » inscrits dans les licences, et qui parfois prévoient des stages à l’étranger, constituent de potentiels chantiers communs, qui peuvent permettre un rapprochement de tous les acteurs RI,

- quant à l’indépendance financière, elle est de toute façon assurée par la loi.

Le rapprochement des services RI des deux établissements devrait donc principalement se mesurer par le choix d’une politique commune de développement : par exemple, en Lorraine, les établissements sont tous fortement engagés dans des partenariats avec leurs voisins allemands.

Dans ce cas, la poursuite du travail de chacun dans des conditions favorables est assurée, et la réussite garantie.