La charte nationale d’Education et de Formation au Royaume du Maroc
Par Florence Soriano-Gafiuk le Jeudi, 19 juillet 2007, 13:42 - Réflexions - Lien permanent
« Le système éducatif du Royaume du Maroc se fonde sur les principes et les valeurs de la foi islamique. Il vise à former un citoyen vertueux, modèle de rectitude, de modération et de tolérance, ouvert à la science et à la connaissance et doté de l'esprit d'initiative, de créativité et d'entreprise. »
Avant de m’envoler vers le Sud de la France, j'aimerais ajouter quelques précisions à mon billet relatif au système éducatif du Royaume du Maroc, au sujet duquel un certain nombre de lecteurs marocains m'ont fait l'amitié de me faire parvenir des compléments d'information, m'indiquant notamment que mon texte reflète plutôt une situation assez ancienne, et ne rend pas totalement justice aux efforts exceptionnels consentis par le Maroc dans le domaine de l'éducation.
En effet, depuis 1999, année de la promulgation de la charte nationale de l'éducation et de la formation, le Maroc place l'éducation nationale au rang de seconde priorité nationale, et engage pour cette mission près de 30% du budget national (contre 7% en France).
Le pays tend vers une généralisation de la scolarisation. Ainsi dans le primaire, le taux dépasse les 90% grâce à la construction de nouvelles écoles (notamment en milieu rural) et à l'appui social mis en place en direction des élèves des milieux défavorisés qui bénéficient désormais de bourses et de services de restauration.
Toujours concernée par tout ce qui touche au statut de la femme, je tiens à souligner les efforts constants visant à favoriser la scolarisation des filles en milieu rural.
D'autre part, le Maroc a compris l'intérêt d'accorder une attention toute particulière à l'éducation préscolaire, dans la mesure où l'on sait aujourd'hui combien celle-ci a une incidence directe sur l'éducation primaire dispensée ultérieurement aux enfants concernés. Sensible aux études menées par l'Unicef et l'Unesco, le Maroc étudie dans cette perspective les possibilités de mettre en œuvre, dans des délais réduits, une série de mesures très ciblées en faveur de l'éducation de la petite enfance.
Par ailleurs, l’Etat marocain a choisi de mener une politique de décentralisation et de déconcentration administratives, considérant la nécessité d’adapter l’éducation et la formation aux besoins régionaux et locaux. Les académies actuelles ont donc été réorganisées et érigées en autorités régionales d’éducation et de formation, dotées de moyens humains et matériels.
Parallèlement, on assiste à une démocratisation de la gestion des établissements scolaires puisque des représentants des élèves et des familles siègent désormais dans les conseils de gestion et d'administration.
L'obligation faite d'utiliser le manuel "unique" disparaît au profit d'une libération de la créativité pédagogique (production locale d’outils pédagogiques et de matériel didactique) en vue d’une meilleure adaptation des programmes et méthodes d’enseignement aux réalités et contextes locaux.
La refonte des curricula de formation renforce ces orientations puisqu’outre le socle national de connaissances et de compétences, elle prévoit une formation au cadre de vie régional et aux affaires locales, ainsi qu’une palette d’enseignements optionnels proposés par l'école elle-même (soutien pédagogique, activités parascolaires, enseignements d'ouverture,…).
Enfin, les efforts particuliers apportés en réponse à la problématique de la "qualité" de l’enseignement, qui passe entre autres par l’intégration des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) dans la réalité de l’école (formation à distance, accès aux ressources documentaires, activités d’apprentissage diverses,…), visent l'amélioration du rendement du système éducatif du royaume.
Les gros efforts consentis et les mesures audacieuses imaginées et mises en œuvre ont donné d'emblée des résultats tangibles tout à fait remarquables, et servent déjà d'exemples à d'autres pays désireux de moderniser leurs systèmes éducatifs. La forte volonté politique qui sous-tend ces initiatives force le respect, et je salue avec intérêt et enthousiasme ce grand mouvement de réformes, qui s'inscrit dans un esprit global de développement et de démocratisation.
Commentaires
C'est formidable tout ça mais pourquoi les universités continuent à mettre les bâtons dans les roues aux fonctionnaire sous prétexte qu'ils ne sont pas disponibles pour suivre les 170 heurs de cours d'initiation à la recherche.C'est là où la formation à distance intervient pour abolir les disance séparant les facultés et le lieu de travail des candidats aux études doctorales .L'éloignement ne serait plus dans ce cas un handicap.N'est ce pas une contradiction avec l'esprit de la charte qui stipule :"...la "qualité" de l’enseignement, qui passe entre autres par l’intégration des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) dans la réalité de l’école (formation à distance, accès aux ressources documentaires, activités d’apprentissage diverses,…), visent l'amélioration du rendement du système éducatif du royaume."
tout cela est beau mais comment expliquer le taux d'échec effrayant qui s'élève crescendo chaque année.je pense que la réalité est autre que celle là. absence d'encadrement, absence d'échange. l'enseignement est laissée à la traîne. personne ne veut prendre sérieusement les rêne. à part certaines consciences solitaires qui par leur créativité, leurs sacrifices et leur dévouement redonnent un peu d'espoir.
Bonjour,
je vous invite à vous rapprocher de l'association EMA (enfance-maghreb-avenir) qui réalise au quotidien ce que vous indiquez.
Je peux vous assurer que c'est plus difficile qu'il n'y parait mais que les résultats, aussi minimes soient-ils vu la taille du problème et les moyens de l'association) sont de qualité.
Bien cordialement