Education au Développement Durable et à l’Environnement
Par Florence Soriano-Gafiuk le Lundi, 19 novembre 2007, 13:10 - Réflexions - Lien permanent
En novembre 2005, j’ai eu la chance de pouvoir participer au colloque de l’Education au Développement Durable (EDD) et à l’Environnement, qui s’est tenu dans le Poitou (à Cerizay), cœur national de l’Ecologie tant en matière des pratiques et actions pédagogiques, que de recherche (avec par exemple, l’implantation de l’Institut de Formation et de Recherche en Education à l'Environnement, la multiplication des agendas 21 scolaires, et la création d’une multitude d’associations à mission éducative environnementale).
Ces quelques jours passés à Cerizay ont éveillé en moi tant d’émotion, que j’avais souhaité publier dans la foulée trois billets : le premier article est une alerte à la fragilité de la Planète, le second présente la notion de développement humain, et le dernier propose des mesures écocitoyennes aux municipalités (cf. rubrique "Actualités et politique" de ce blog).
C’est aussi à Cerizay que j’ai pu faire la connaissance de Joël RISSAT, Inspecteur de l’Education Nationale de l’Académie de Toulouse, auteur de divers manuels de Mathématiques, axés sur le développement durable et sur l’environnement, et qui m’a fait l’amitié de me transmettre un exercice mêlant Sciences exactes et Environnement, pour l’illustration de mon propre ouvrage dont la parution est prévue ce mois-ci.
Aujourd’hui, c’est suite au forum de l’école éco-responsable (Edition Lorraine Nord), qui s’est tenu le 14 novembre 2007, à l’IUFM de Lorraine, que je souhaite m’exprimer.
J’en profite pour féliciter et remercier les collègues qui ont placé toute leur énergie dans l’organisation de cette manifestation, et qui ont conduit le projet à une véritable réussite.
Si je mesure le bienfait des discours alarmistes, notamment ceux des personnalités médiatisées tels que Nicolas Hulot, dans la prise de conscience par la population de la fragilité de notre planète, je souhaiterais cependant mettre en garde des risques qui pourraient être encourus si des propos trop engagés étaient amenés à circuler dans les classes.
"L'Education au Développement Durable permet de sensibliser et de former les élèves pour en faire des citoyens responsables, actifs, capables de faire des choix et de se comporter en conséquence."
Soyons-en certains : l’Ecole ne doit pas céder au militantisme, au sentimentalisme ou au dogmatisme. Elle doit au contraire former à la démarche scientifique en éduquant en particulier, au doute et au principe de précaution.
L’Ecole doit amener les élèves à réfléchir, en se détachant des catastrophismes médiatiques, sur les valeurs du développement durable :
- assurer la renouvelabilité des ressources naturelles,
- veiller à la réversabilité de tous les phénomènes dont est victime notre planète,
- favoriser l’équité entre les peuples,
- œuvrer pour la solidarité entre les individus,
- défendre la démocratie
- et responsabiliser les citoyens.
Toute la difficulté est donc d’éduquer sans chercher à convaincre, autrement dit, de réussir à inscrire le développement durable dans les gestes quotidiens (trier ses déchets, réduire sa consommation d’énergie, optimiser l’emploi des matériels, ne pas gaspiller l’eau,…), de donner l’envie de s’engager avec énergie dans des actions (notamment partenariales) de protection de l’environnement et de développement durable, avec le souci permanent de développer chez les élèves l’esprit critique et la capacité de faire des choix. Pour cela, l’Education au Développement Durable doit pouvoir intervenir dans toutes les disciplines existantes, à des moments courants ou spécifiques (classes vertes, actions éducatives diverses, …).
Je terminerai ce billet en précisant que si de plus en plus d’établissements scolaires s’engagent dans une démarche d’agenda 21, notamment dans le Sud-Ouest et le Nord de la France, l’enseignement supérieur affiche en revanche un retard certain, qu’il est grand temps de rattraper !
Commentaires
c'est très bien
bien