Le Ministère des Affaires Etrangères, et le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont signé en décembre une convention avec les trois conférences d’établissements d’enseignement supérieur, pour tenter de promouvoir les Centres pour les Etudes en France (CEF), désormais connus sous l’appellation Campus France, et dont la principale mission est d’améliorer l’accueil et de faciliter les démarches des étudiants étrangers qui souhaitent poursuivre leurs études en France, et ainsi de répondre au défi de la concurrence à l’échelle mondiale des établissements d’enseignement supérieur en renforçant l’attractivité de leurs formations.
Au premier abord, la France peut se réjouir de ses activités d’accueil d’étudiants étrangers, puisque elle vient d’être placée au troisième rang mondial, derrière les États-Unis et la Grande-Bretagne. Elle accueille près de 265 000 étudiants étrangers (soit environ 11 % de la population étudiante nationale).
Pourtant, d’autres chiffres, même si les ordres de grandeur sont sans comparaison à ceux qui viennent d’être affichés, doivent conduire à une réflexion.
Quels sont ces chiffres ?
La mission des 675 établissements scolaires français à l’étranger est de scolariser les enfants des expatriés, mais aussi de contribuer au rayonnement de la culture et de la langue française.
Dans ces établissements, le niveau des élèves est, nulle surprise, particulièrement bon : le taux de réussite au baccalauréat est de 93,5 %.
S’il est naturel de penser que ces néo-bacheliers pourraient projeter d’effectuer leurs études supérieures en France, force est de constater que près de deux tiers de ces jeunes choisissent un autre pays, tout simplement parce que l’image de l’Université française ne les attire pas.
Pourquoi une telle image ?
J’évoquerai quatre principales raisons.
1/ En France, l’Université est la seule filière d’enseignement supérieur ouverte : elle est donc mise en concurrence avec des filières fermées ou sélectives (les classes préparatoires, les BTS, les grandes écoles, les facultés privées, ...). C’est dans ce premier jeu d’opposition entrée sélective / entrée non sélective que se joue une partie de l’attractivité de l’Université.
2/ Le second handicap de l’Université française provient des moyens humains et financiers insuffisants qui sont alloués à la Recherche et à l’Enseignement Supérieur.
3/ Tous les ans, le classement, publié par l’Université de Shanghai, des 500 premières universités du monde est un véritable crève-cœur : sur les 100 premières universités, 4 seulement sont françaises. Ce classement, dont la méthodologie est très discutable, nuit considérablement à l’image de l’Université française.
4/ Les faits excessivement relatés par les médias dans le monde entier lors des situations de crise que connaissent parfois les universités françaises, dont l’exemple le plus récent est le mouvement national de contestation contre le CPE, assombrissent considérablement l’image de notre système d’enseignement supérieur.
Que faire ?
Si nous souhaitons sensibiliser et intéresser les élèves des établissements français à l’étranger, nous devons agir :
- localement, en créant des relais entre les établissements français à l’étranger et l’Université française. Si le rôle associatif de Campus France peut peut-être contribuer à un tel projet, il est patent que la dimension humaine aura plus d’impact : des délégués doivent se déplacer dans chaque lycée français à l’étranger.
- nationalement, en travaillant sur l’image de l’Université française (renforcer les liens avec les entreprises, promouvoir l’innovation, mais surtout, restructurer l’enseignement supérieur et la recherche de sorte que l’émiettement des forces savantes françaises soit évité). La création des PRES et la fusion de certaines universités - telle Nancy 1 et Nancy 2 qui deviennent Nancy Université à défaut d’une université lorraine qui aurait alors compté l’Université Paul Verlaine – Metz – constituent en ce sens une première étape.
De telles mesures agiraient positivement sur le choix d’orientation des néo-bacheliers issus des lycées français à l’étranger.
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