Education et Formation des maîtres

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Mercredi, 1 avril 2009

Enseignement : les nouvelles technologies au chevet d'une relève qui doute

Interview avec une journaliste du mensuel franco-allemand Paris-Berlin.

Première question : En Allemagne, la population enseignante vieillit (ainsi qu'en France) et le système éducatif a du mal à remplacer les enseignants. Pourquoi ?

En France, la situation n'est sans doute pas aussi alarmante qu'en Allemagne, même si certaines académies sont plus touchées que d'autres par la forte diminution du nombre de candidats au Concours du professorat du second degré (CAPES, CAPLP, CAPET ou Agrégation). La Lorraine illustre bien ce contexte, avec une population importante de professeurs partant à la retraite et, simultanément, des difficultés croissantes à recruter et à former le nombre d’enseignants dont elle a besoin. La préparation au CAPES de Mathématiques du pôle universitaire messin a ainsi vu le nombre de candidats diminuer de près de 70 % en moins d'une décennie, avec des interrogations légitimes concernant la qualité des promotions recrutées. De fait, les deux facteurs essentiels de cette désaffection de la jeunesse française pour le professorat des collèges et lycées sont de natures tout à fait distinctes : le premier est affectif et identitaire, tandis que le second est davantage d'ordre médiatique et sociétaire.

Il faut bien comprendre qu'en France, le concours de recrutement au professorat des collèges et lycées est un concours national (encore très difficile), si bien que de sorte que les affectations des professeurs suivent la loi d'un barème dont l'un des paramètres est l'ancienneté dans la fonction publique. Ainsi, les néotitulaires se voient généralement déracinés de leur région, avec la perspective d'effectuer leur mission d'enseignement dans des établissements souvent sensibles, dans les académies de France les moins attractives. Arrachés à leurs attaches familiales et sentimentales, privés des liens identitaires tissés avec leurs territoires d'origine, c'est parfois à contrecœur qu'ils rejoignent une académie qu'ils n'ont pas véritablement choisie. Parallèlement à cette expatriation non souhaitée et quelquefois assez mal vécue, les enseignants débutants sont également confrontés à une épreuve d'un ordre, liée à la crainte d'affronter sur le terrain des situations de tapage, voire de violence, dont on sait aujourd'hui qu'elles ne relèvent ni de faits isolés montés en épingle, ni d'exagérations tendancieuses. Evoquée sans détours par les médias, l'exacerbation des tensions au sein des collèges et lycées dits sensibles provoque l'agression d'une soixantaine de professeurs chaque jour, et mêmes les établissements plus calmes ne sont plus à l'abri de la survenue d'évènements de cet ordre. Dans ces conditions, on comprend que la participation à "l'effort national" soit perçue de manière plutôt mitigée par les principaux intéressés. La situation de l'enseignement du premier degré, pour sa part, obéit à des réalités complètement différentes. Pour commencer, un paramètre absolument capital réside dans le fait que est le concours de recrutement correspondant est académique et, de ce fait, lie les lauréats à leur région ! Le métier de professeur des écoles s'est également vu parer, au cours du temps, des multiples agréments liés à une condition professionnelle paisible et sûre, privilégiant de surcroit les attaches familiales, amicales, associatives, ménageant du temps pour ses propres enfants, offrant une tâche quotidienne gratifiante, bénéfices qui, en définitive, on finalement séduit davantage de jeunes filles (80 % des candidats), leurs homologues masculins marquant quelques réserves liées, justement, à une certaine féminisation du métier, et à un sentiment de dévalorisation plus global et plus flou qu'on ne peut que regretter.

Seconde question : L'école du futur peut-elle se passer de professeurs ? Va-t-on vers la cyber-école ? Qu'en pensez-vous ?

A votre question de savoir si l'école du futur peut se passer de professeurs, je répondrai sans hésiter que non ! Aussi performants que soient les équipements, les réseaux et les logiciels, ceux-ci ne seront jamais que des moyens techniques permettant d'acquérir l'information, de comprendre des concepts, de s'approprier des compétences nouvelles, sans que la valeur impondérable d'une présence humaine au coeur du processus d'apprentissage, qui est d'un autre ordre, ne soit à contester.

Cela dit, il est évident pour chacun que le monde dans lequel nous vivons a profondément changé, et exige des qualifications individuelles complètement nouvelles. De manière corollaire, les élèves qui arrivent dans les établissements scolaires sont eux-mêmes extrêmement différents des enfants d'autrefois, d'une part du fait de leur aisance à maîtriser les outils numériques avec lesquels ils sont nés, mais également par la façon dont ils appréhendent l'appropriation de notions nouvelles.

Pour le premier point, il est très intéressant de savoir que les dix emplois considérés comme les plus valorisés au début de l'année prochaine n'existaient pas encore il y a trois ans ! Dans un même ordre d'idées, la rapidité d'évolution des technologies rend caduques les données assimilées par des étudiants avant même la fin de leurs études ! Comme on le voit, il est donc illusoire d'espérer former des jeunes bien préparés à s'intégrer de manière harmonieuse dans le monde actuel, tout en conservant des contenus de programmes, des pratiques de transmission et des modèles pédagogiques adaptés au contexte socio-économique ancien dans lequel ils ont été pensés.

Le second point évoqué plus haut mentionne les nouvelles dispositions d'esprit des élèves. Désormais habitués à traquer l'information sur les réseaux, ils ont abandonné l'image d'une source de savoir unique (le professeur), sans faille, non critiquable, et sont au contraire amenés à comparer des données contradictoires glanées au hasard de leurs pérégrinations virtuelles, à en juger la fiabilité, à rejeter celles qui leur semblent peu sûres. Naturellement, on peut se demander si ces nouvelles postures, qui intègrent des propensions à la réserve, voire à la critique, seront in fine profitables.

A mon sens la réponse est "oui", à condition, justement, de surfer sur ces tendances, de se donner les moyens de les accompagner, de les compléter, et même de les servir via la mise à disposition d'outils facilitant ces usages d'un nouveau type. On le voit, le vieux modèle d'un enseignant omniscient imposant ses vues à un auditoire passif a vécu, et est en passe d'être remplacé par un canevas plus souple, plus efficace, et surtout plus interactif !

Les expériences tentées dans cette direction se font l'écho de bénéfices multiples, dans la mesure où il devient possible d'aider les jeunes à acquérir une grande autonomie, et à développer en priorité ce réflexe de recherche et de tri d'informations qui va devenir si important dans un avenir tout proche. Dispenser des connaissances relatives à des métiers encore inconnus étant difficile, ce sont des profils qu'il faut façonner, c'est de la capacité à évoluer en fonction des lieux et des circonstances qu'il faut doter les jeunes élèves afin de leur donner des habitudes de pensée qui les rendront indépendants, et aptes à se former eux-mêmes tout au long de leur vue, au gré de leurs besoins.

On pourrait certes reprocher aux considérations précédentes de bâtir sur des idées, sur des concepts, sans rien offrir de concret qui vienne corroborer la validité de ces nouvelles initiatives. Dans la réalité, on constate pourtant de manière bien tangible combien, par exemple, des contacts directs avec des interlocuteurs anglais, via des salles de visio-conférence, est à la fois plus attractif et plus efficace qu'un cours à l'ancienne. De même, la possibilité pour des élèves d'avancer à des rythmes différents a montré qu'au final, le bénéfice pour chacun était nettement supérieur à ce que l'on pouvait espérer auparavant, les plus rapides n'étant pas freinés dans leur élan tandis que leurs camarades moins à l'aise ne se voyaient plus laissés sur place, et abandonnés ! Il semble qu'il soit plus gratifiant encore de tenter de confronter des jeunes de niveaux, de goûts et même d'âge différents, le maître mot étant le travail "collaboratif", amené à remplacer le comportement exclusivement passif d'autrefois. A moyen terme, ces méthodes devraient avoir des répercussions sur l'esprit du monde du travail lui-même, les professionnels étant formés dès l'enfance au principe du travail en groupe, moins hiérarchisé, moins formel, mais plus collectif, plus solidaire.

On va poindre là l'idéal du pacte inter-générationnel, où tous, professionnels, enseignants, et élèves de tous âges pourraient devenir, par une utilisation raisonnée des moyens techniques aujourd'hui disponibles, les acteurs responsables et actifs d'un système d'enseignement de grande efficacité !

Pour finir enfin par un retour à votre question initiale, il est pour moi tout à fait évident que le professeur a un rôle considérable à jouer dans cette nouvelle donne. De nouveaux enseignants investis dans un nouveau système, c'est la solution qu'exige le monde à venir. Prescrire une école sans enseignants, c'est, à mon sens, bâtir sur le sable et aller droit à l'échec.

Florence Soriano-Gafiuk

Jeudi, 19 février 2009

(Désin)formation des maîtres

Des échos entendus ici et là font état de rumeurs persistantes selon lesquelles, dans le cadre de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, l'IUFM (Institut de Formation des Maîtres) se serait vu dépossédé de ses prérogatives en termes de formation des maîtres, et cela au profit de l'université. Il s'agit là d'allégations infondées, qui ne sauraient rester sans réponse eu égard à leurs répercussions déjà perceptibles sur les choix des jeunes qui les ont crues dignes de foi.

Depuis le printemps dernier, le fait est que ces rumeurs ont porté à la formation des maîtres un coup sensible, en modifiant de manière radicale les choix d'orientation des étudiants :

- désaffection pour les parcours "métiers de l'enseignement" des licences,

- désinscription massive de l'IUFM,

- désarroi des lycéens lors des forums d'orientation.

Bien que relatives à la situation en Lorraine, les lignes suivantes constituent cependant une source précieuse de renseignements à l'usage de tous les jeunes se destinant à la carrière d'enseignant, tant le contexte d'application de la réforme au sein d'une région, qui dépend prioritairement de la politique universitaire locale, est souvent transposable à de nombreuses autres régions de France.

A titre informatif, je préciserai les quatre points suivants :

1/ Les maquettes élaborées par l'IUFM relèvent évidemment de l'Université puisque l'IUFM est, de fait, une composante de l'Université.

2/ L'IUFM de Lorraine a conçu, en concertation avec les universités lorraines, un master "Métiers de l'Enseignement et de la Formation" (MEF) dont les deux spécialités correspondent l'une au professorat des écoles ("Enfance, Education et Enseignement" (MEF)) et l'autre au professorat des collèges et lycées professionnels ("Formation professionnelle en sciences et techniques industrielles, éco-gestion, biotechnologies" (MF)). A Sarreguemines, l'IUFM continuera en particulier à former les professeurs des écoles pour lesquels la Moselle Est affiche un intérêt marqué, c'est-à-dire des professeurs ayant développé des compétences linguistiques et d'ingénierie en coopérations transfrontalières.

3/ C'est finalement au niveau du professorat des collèges et lycées que l’IUFM est le moins favorisé, les formations correspondantes étant effectivement dévolues, comme c'était en définitive déjà un peu le cas, à d'autres composantes de l'Université. Il est cependant prévu que l'IUFM prenne en charge tout le volet " professionnalisation" de ces formations (analyse de pratiques professionnelles, organisation des stages, connaissance du système éducatif, …), et que ses équipes pédagogiques soient appelées à intervenir dans les unités d'enseignement disciplinaires, notamment lorsque leurs contenus de formation visent directement les épreuves du concours de recrutement CAPES.

4/ La mastérisation de la formation des maîtres peut être vue comme une réelle opportunité dans la mesure où elle garantit :

- la juste reconnaissance à BAC + 5 d'une formation délivrée à BAC + 5,

- la délivrance d'un Master au sortir de l'IUFM : actuellement, les étudiants échouant au concours de recrutement au professorat, soit la majorité des étudiants pour de nombreuses filières, ressortent de l'IUFM (parfois plusieurs années plus tard) sans aucun diplôme. Afin de tenir compte de cette donnée, les nouvelles maquettes ont été conçues avec une ouverture sur d'autres débouchés professionnels.

- la reconnaissance à l'échelle européenne d'une qualification professionnelle au professorat : actuellement, les CRPE, CAPES et Agrégation, aussi prestigieux soient-ils, n'ont aucune valeur dans les autres états européens.

Je terminerai cette mise au point salutaire sur une dernière considération positive, en notant que ce dossier a fourni aux quatre universités lorraines une occasion privilégiée de démontrer leur capacité à travailler ensemble. A l'évidence, c'est une grande réussite du genre, dont nous avons tout lieu de nous réjouir !

Florence Soriano-Gafiuk

Lundi, 16 juin 2008

Le challenge des IUFM

Depuis plusieurs semaines, les médias annoncent la suppression des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres). J’ai souhaité réagir en répondant aux questions les plus fréquemment posées sur ce thème.



Question 1 Les IUFM vont-ils vraiment disparaître ?

De fait, les IUFM, en tant qu’établissements autonomes, ont déjà disparu ! La loi d'orientation et de programme pour l’école (2005) prévoyait en effet le rattachement des IUFM aux universités. C’est ainsi que dans notre académie, l’IUFM de Lorraine est devenu depuis le 1er janvier 2008 une école interne de l’Université Henri Poincaré – Nancy I.

Il est donc plus pertinent de s’interroger sur l’avenir de ces nouvelles composantes au sein des universités plutôt que de s'inquiéter de la survie d’un institut universitaire qui, dans les faits, n’existe déjà plus !

Question 2 L’intégration de l’IUFM devait s’apparenter à une manœuvre technique et administrative. Qu’en est-il vraiment ?



L’intégration de l’IUFM est en fait une étape du processus d’universitarisation de la formation des enseignants, conforme aux directives européennes.

La première étape en a été, en 1990, la suppression des CPR (Centres Pédagogiques Régionaux) et des écoles normales et la création des IUFM. Nous venons d'en franchir la seconde étape, celle du rattachement de l’IUFM à une université, avec ses phases de turbulences relatives au choix de l’université intégratrice dans le contexte géographique particulier de la Lorraine. C’est la troisième étape, celle de la masterisation de la formation des maîtres, qui génère aujourd’hui un nouveau tollé suite au formidable coup médiatique annonçant la suppression pure et simple des IUFM – à la grande satisfaction d’une partie de l’électorat français (de droite !).



L’universitarisation de l’IUFM est donc un processus politique et politisé à des échelles aussi bien nationale que locale, dont les effets sur la formation des enseignants doivent être maîtrisés.

Question 3 En quoi le projet du Président de la République peut-il menacer les IUFM ?



Avant d’aller plus avant, je souhaiterais préciser que la masterisation de la formation des maîtres était une demande légitime des IUFM depuis déjà près de 8 ans.

La menace relève aussi bien de la masterisation de la formation des maîtres que de la réforme des universités qui tend à donner les moyens aux très grosses structures, et à fermer les centres universitaires plus modestes. Bien entendu, les conditions futures seront largement déterminées par un certain nombre de choix opérés à l'échelle nationale (nature du concours de recrutement, et habilitation de masters professionnels), mais pas uniquement.



Les masters « métiers de l’enseignement » seront, comme tous les masters, des formations « à » et « par » la recherche, et de fait, seront coportés avec les départements disciplinaires des universités partenaires.

Disons-le, la survie d’un IUFM dépendra dans une large mesure de sa capacité d’infiltration dans les composantes universitaires mais aussi de son adéquation avec les contextes locaux (soutien des élus politiques, efficacité et spécificité de la formation, effectifs des étudiants,…).

Question 4 Quel est l’intérêt de masteriser la formation des maîtres ?

Outre la juste reconnaissance d’une formation universitaire dispensée à BAC + 5, la délivrance du master présente trois avantages essentiels :

  • la revalorisation du métier de professeur, et notamment des débuts de carrière,
  • l’accès à des études doctorales,
  • la mobilité européenne des enseignants (puisque la réforme du LMD permet la reconnaissance des diplômes universitaires au-delà des frontières de l’hexagone).

Question 5 ''Quels sont les risques de la masterisation de la formation des maîtres ? '' Les risques existent bel et bien :

  • les dangereux effets sociétaires qui pourraient voir écarter les étudiants issus des couches défavorisées, alors que les enseignants seront confrontés à des élèves de toutes les couches sociales,
  • la césure avec le corps d’inspection, alors qu’il est important de conserver du lien entre formateurs et employeur.
  • le déséquilibre de la formation que génèrerait la prédominance d’enseignements purement académiques, alors que le Président de la République évoque dans son discours « l’exercice de l’autorité devenu plus difficile » et « la complexité croissante » de la mission des enseignants.

Question 6 Que devient le concours de recrutement des professeurs ?

Le nouveau concours de recrutement des professeurs sera ouvert aux étudiants titulaires du Master (jusqu’à présent, la Licence suffisait). Si nous savons la première session de ce concours programmée pour l’année universitaire 2010/2011, la nature des épreuves est encore une variable inconnue, mais essentielle puisque c’est d’elle que dépend le contenu des enseignements de master et par suite, toute la formation initiale des enseignants.

Question 7 Que penser du dispositif de compagnonnage proposé par le Président de la République ?



Les lauréats du concours actuel suivent un an de formation professionnelle (comprenant plusieurs stages) et sont titularisés en fin d’année - du moins si le niveau de leurs compétences à l’exercice du métier est jugé suffisant par l’employeur.



Dans le nouveau mode de recrutement des enseignants, les lauréats au concours seraient automatiquement titularisés et placés d’emblée sur le terrain sans aucune autre formation, procédure inconsidérée compte tenu des difficultés inhérentes à l'exercice de ce métier pour une personne totalement inexpérimentée. Ainsi, le dispositif de compagnonnage proposé par le Président de la République serait le seul appoint susceptible d'amoindrir un peu les risques encourus à placer des débutants complets face à des classes éventuellement difficiles, mais il apparaît de manière claire que cette mesure est notoirement insuffisante !

Le professeur néotitulaire ne sera, dans le cadre d'un tel dispositif, confronté qu’au seul point de vue du "compagnon", dans un contexte particulier donné, alors qu’au contraire, l’enseignant recruté pour 40 ans doit être en mesure de relativiser, d’analyser et de s’adapter à toutes les situations de classe, y compris celles de l’école de demain.

Le dispositif de compagnonnage ne saurait donc trouver d'utilité qu'en complément d’un master professionnel aux métiers de l’enseignement.

Question 8 Pourquoi la formation dispensée par les IUFM est-elle si décriée ?

Rappelons d’abord que la formation des maîtres a toujours semblé idéologiquement suspecte, et les IUFM considérés comme des nids autour de gauchistes.

Ensuite, disons-le sans ambages, les modalités de fonctionnement des IUFM n’ont pas permis à ces instituts d’effectuer un travail satisfaisant : P. Baranger, Président de la Conférence des Directeurs d’IUFM, déclare que : « les trois années de Licence nous échappent, la quatrième année n’est que bachotage (NDLR : préparation au concours de recrutement, portant sur des savoirs purement académiques) et la quatrième année n’est que surmenage (NDLR : apprentissage à un métier difficile en quelques mois seulement) ».



Ceci nous ramène à mes propos de départ : ce ne sont pas les IUFM qu’il faut sauver, mais la formation initiale des maîtres.

Question 9 La plupart des intervenants de l’IUFM sont des enseignants du premier ou du second degré, non titulaires d’un Master. Auront-ils légitimité à assurer des enseignements niveau Master ?

Les masters « métiers de l’enseignement » seront des masters professionnels ; ils comprendront donc :

  • des enseignements académiques qui seront bien entendu assurés par des universitaires (entendez-là des enseignants-chercheurs)
  • des formations de pratiques professionnelles qui seront légitimement assurés par des professionnels. Or, les professionnels du professorat des écoles, ou des collèges et lycées, sont justement les enseignants en poste dans le premier ou second degré.

En bref

Les étudiants se destinant au professorat :

1/ effectueront deux années d’études universitaires supplémentaires

2/ passeront le concours et seront rémunérés un an plus tard

3/ seront titularisés un an plus tard

4/ seront mieux rémunérés en début de carrière.

Dimanche, 23 décembre 2007

PUBLICATION : L'intuition, la créativité et la rigueur en Géométrie

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PRÉFACE

On trouve sur le marché de nombreux livres pour la préparation des examens et concours. Ce sont en général des manuels de cours ou des annales corrigées.

Le livre de Madame Florence SORIANO-GAFIUK, « L’intuition, la créativité et la rigueur en GÉOMÉTRIE. L’épreuve sur dossier du CAPES externe de Mathématiques », est d’une toute autre nature - plus intelligente.

Il oblige à réfléchir, il donne à penser. Aucune solution toute faite, aucun cours prêt à l’emploi, aucun exercice résolu de la manière la plus élégante qui soit ! On n’est pas dans une perspective de réciter un savoir. On n’est pas dans une perspective d’appliquer un savoir. Pas davantage de reproduire un savoir faire ! Pour le lecteur, le travail reste à faire ! Mais, pour ce faire, le lecteur est accompagné, guidé par de précieux conseils.

Que doit-il faire ? Mettre en œuvre une série de compétences, certaines strictement mathématiques, d’autres « professorales ». Cela suppose de savoir choisir et mobiliser des ressources en réponse à une situation problème qu’il convient d’abord de clairement analyser. Or poser et résoudre correctement des problèmes ne sont-ils pas l’essence même des mathématiques ? Loin de la didactique qui glose sur le comment enseigner, en tentant d’argumenter les choix effectués, ce livre apprend à faire des choix en plongeant d’entrée de jeu son lecteur dans la nécessité d’un agir professionnel.

De plus, toutes les démarches ici suggérées ne sont pas de simples constructions intellectuelles ; elles ont été, depuis plusieurs années déjà, expérimentées avec succès par des étudiants préparant le CAPES de Mathématiques. Puisse ce livre faire encore réussir de nombreux étudiants au concours de recrutement des professeurs de mathématiques. Mais plus encore, puisse ce livre contribuer à faire d’eux de vrais professionnels de l’enseignement des mathématiques.

Patrick BARANGER,

Directeur de l’IUFM de Lorraine

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AVANT-PROPOS

Cet ouvrage est une approche tant scientifique, que didactique voire pédagogique, de la difficile seconde épreuve orale (dite épreuve sur dossier) du CAPES externe de Mathématiques. J’entends par « épreuve difficile » une épreuve qui mobilise des savoirs académiques lointains (acquis au collège et au lycée), et qui exige une connaissance minimale du terrain (expérience de certaines pratiques de classe, compréhension des programmes officiels, analyse des difficultés des élèves, etc.). L’objectif visé dans ce livre est donc d’aider à mieux appréhender un exercice de géométrie « imposé », en permettant au candidat d’en classer l’énoncé suivant une typographie pré-établie (suffisamment large pour pouvoir être quasi-exhaustive), pour finalement, commenter, schématiser et contextualiser plus aisément. C’est en ce sens, que l’ouvrage présent tient compte des modalités de l’épreuve du concours.

J’ai essayé, conformément aux directives officielles de développer :

- l’aspect expérimental (exploitation des figures, utilisation de logiciels de Géométrie, activités de découverte, découpage-assemblage-collage, création et manipulation d’objets en polystyrène, emploi de jeux de construction, etc.), qui ne prend un réel sens que s’il est suivi d’une conjecture puis d’une démonstration ;

- l’aspect pluridisciplinaire (lecture et rédaction, arts plastiques, histoire et géographie, physique et chimie, …), voire culturel.

Je présente quelques animations possibles en cours de Mathématiques (travail en groupes ou en salle informatique, co-animation avec un autre professeur, sortie dans un musée ou autres). De façon similaire, un lexique des types d’exercices a été dressé par l’ensemble des collègues chargés de la formation des professeurs stagiaires de Mathématiques des collèges et lycées, assurée sur le pôle universitaire messin de l’IUFM de Lorraine.



Cet ouvrage sera un outil précieux de travail pour tous les candidats qui prendront la peine de le consulter tout au long de l’année de préparation, en ce sens qu’il ne constitue ni des annales corrigées, ni un cours de mathématiques, mais plutôt, le lexique des savoirs et des méthodologies que les exercices posés à l’épreuve sur dossier, sont susceptibles de mobiliser.

L’ensemble est illustré par de nombreux exercices corrigés et commentés.

Je remercie enfin Patrick BARANGER, directeur de l’IUFM de Lorraine, pour ses remarques constructives.

En attendant, je souhaite à tous les candidats une agréable lecture et beaucoup de succès.

Florence SORIANO-GAFIUK

Mercredi, 30 mai 2007

Bientôt la publication de mon premier livre...

Durant mes cinq années de responsabilité de la préparation CAPES de Mathématiques, j’ai tenté d’améliorer d’année en année mes notes de cours, longtemps rassemblées en un fascicule intitulé :

L’intuition, la créativité et la rigueur en GÉOMÉTRIE



L’épreuve sur dossier du CAPES externe de Mathématiques

J’ai récemment eu le plaisir d’apprendre que la maison d’édition ELLIPSES acceptait de publier ce travail qui est en fait une approche tant scientifique, que didactique voire pédagogique, de la difficile seconde épreuve orale (dite épreuve sur dossier). J’entends par « épreuve difficile » une épreuve qui mobilise des savoirs académiques lointains (acquis au collège et au lycée), et qui exige une connaissance minimale du terrain (expérience de certaines pratiques de classe, compréhension des programmes officiels, analyse des difficultés des élèves, etc.). L’objectif visé dans ce livre est donc d’aider à mieux appréhender un exercice de géométrie, en permettant au candidat d’en classer l’énoncé suivant une typographie pré-établie (suffisamment large pour pouvoir être quasi-exhaustive), pour finalement, commenter, schématiser et contextualiser plus aisément.

J’ai essayé, conformément aux directives de développer :

- l’aspect expérimental (exploitation des figures, utilisation de logiciels de Géométrie, activités de découverte, découpage-assemblage-collage, création et manipulation d’objets en polystyrène, emploi de jeux de construction, etc.), qui ne prend un réel sens que s’il est suivi d’une conjecture puis d’une démonstration ;

- l’aspect pluridisciplinaire (lecture et rédaction, dessin, histoire et géographie, physique et chimie, culture générale,…).



J’espère que les candidats au concours CAPES y verront un outil précieux qui les aidera dans leur préparation, leur permettra de faire un premier pas dans le métier, mais aussi les confortera dans leur choix professionnel.