Education et Formation des maîtres

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Tag - Collèges et lycées

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Mercredi, 1 avril 2009

Enseignement : les nouvelles technologies au chevet d'une relève qui doute

Interview avec une journaliste du mensuel franco-allemand Paris-Berlin.

Première question : En Allemagne, la population enseignante vieillit (ainsi qu'en France) et le système éducatif a du mal à remplacer les enseignants. Pourquoi ?

En France, la situation n'est sans doute pas aussi alarmante qu'en Allemagne, même si certaines académies sont plus touchées que d'autres par la forte diminution du nombre de candidats au Concours du professorat du second degré (CAPES, CAPLP, CAPET ou Agrégation). La Lorraine illustre bien ce contexte, avec une population importante de professeurs partant à la retraite et, simultanément, des difficultés croissantes à recruter et à former le nombre d’enseignants dont elle a besoin. La préparation au CAPES de Mathématiques du pôle universitaire messin a ainsi vu le nombre de candidats diminuer de près de 70 % en moins d'une décennie, avec des interrogations légitimes concernant la qualité des promotions recrutées. De fait, les deux facteurs essentiels de cette désaffection de la jeunesse française pour le professorat des collèges et lycées sont de natures tout à fait distinctes : le premier est affectif et identitaire, tandis que le second est davantage d'ordre médiatique et sociétaire.

Il faut bien comprendre qu'en France, le concours de recrutement au professorat des collèges et lycées est un concours national (encore très difficile), si bien que de sorte que les affectations des professeurs suivent la loi d'un barème dont l'un des paramètres est l'ancienneté dans la fonction publique. Ainsi, les néotitulaires se voient généralement déracinés de leur région, avec la perspective d'effectuer leur mission d'enseignement dans des établissements souvent sensibles, dans les académies de France les moins attractives. Arrachés à leurs attaches familiales et sentimentales, privés des liens identitaires tissés avec leurs territoires d'origine, c'est parfois à contrecœur qu'ils rejoignent une académie qu'ils n'ont pas véritablement choisie. Parallèlement à cette expatriation non souhaitée et quelquefois assez mal vécue, les enseignants débutants sont également confrontés à une épreuve d'un ordre, liée à la crainte d'affronter sur le terrain des situations de tapage, voire de violence, dont on sait aujourd'hui qu'elles ne relèvent ni de faits isolés montés en épingle, ni d'exagérations tendancieuses. Evoquée sans détours par les médias, l'exacerbation des tensions au sein des collèges et lycées dits sensibles provoque l'agression d'une soixantaine de professeurs chaque jour, et mêmes les établissements plus calmes ne sont plus à l'abri de la survenue d'évènements de cet ordre. Dans ces conditions, on comprend que la participation à "l'effort national" soit perçue de manière plutôt mitigée par les principaux intéressés. La situation de l'enseignement du premier degré, pour sa part, obéit à des réalités complètement différentes. Pour commencer, un paramètre absolument capital réside dans le fait que est le concours de recrutement correspondant est académique et, de ce fait, lie les lauréats à leur région ! Le métier de professeur des écoles s'est également vu parer, au cours du temps, des multiples agréments liés à une condition professionnelle paisible et sûre, privilégiant de surcroit les attaches familiales, amicales, associatives, ménageant du temps pour ses propres enfants, offrant une tâche quotidienne gratifiante, bénéfices qui, en définitive, on finalement séduit davantage de jeunes filles (80 % des candidats), leurs homologues masculins marquant quelques réserves liées, justement, à une certaine féminisation du métier, et à un sentiment de dévalorisation plus global et plus flou qu'on ne peut que regretter.

Seconde question : L'école du futur peut-elle se passer de professeurs ? Va-t-on vers la cyber-école ? Qu'en pensez-vous ?

A votre question de savoir si l'école du futur peut se passer de professeurs, je répondrai sans hésiter que non ! Aussi performants que soient les équipements, les réseaux et les logiciels, ceux-ci ne seront jamais que des moyens techniques permettant d'acquérir l'information, de comprendre des concepts, de s'approprier des compétences nouvelles, sans que la valeur impondérable d'une présence humaine au coeur du processus d'apprentissage, qui est d'un autre ordre, ne soit à contester.

Cela dit, il est évident pour chacun que le monde dans lequel nous vivons a profondément changé, et exige des qualifications individuelles complètement nouvelles. De manière corollaire, les élèves qui arrivent dans les établissements scolaires sont eux-mêmes extrêmement différents des enfants d'autrefois, d'une part du fait de leur aisance à maîtriser les outils numériques avec lesquels ils sont nés, mais également par la façon dont ils appréhendent l'appropriation de notions nouvelles.

Pour le premier point, il est très intéressant de savoir que les dix emplois considérés comme les plus valorisés au début de l'année prochaine n'existaient pas encore il y a trois ans ! Dans un même ordre d'idées, la rapidité d'évolution des technologies rend caduques les données assimilées par des étudiants avant même la fin de leurs études ! Comme on le voit, il est donc illusoire d'espérer former des jeunes bien préparés à s'intégrer de manière harmonieuse dans le monde actuel, tout en conservant des contenus de programmes, des pratiques de transmission et des modèles pédagogiques adaptés au contexte socio-économique ancien dans lequel ils ont été pensés.

Le second point évoqué plus haut mentionne les nouvelles dispositions d'esprit des élèves. Désormais habitués à traquer l'information sur les réseaux, ils ont abandonné l'image d'une source de savoir unique (le professeur), sans faille, non critiquable, et sont au contraire amenés à comparer des données contradictoires glanées au hasard de leurs pérégrinations virtuelles, à en juger la fiabilité, à rejeter celles qui leur semblent peu sûres. Naturellement, on peut se demander si ces nouvelles postures, qui intègrent des propensions à la réserve, voire à la critique, seront in fine profitables.

A mon sens la réponse est "oui", à condition, justement, de surfer sur ces tendances, de se donner les moyens de les accompagner, de les compléter, et même de les servir via la mise à disposition d'outils facilitant ces usages d'un nouveau type. On le voit, le vieux modèle d'un enseignant omniscient imposant ses vues à un auditoire passif a vécu, et est en passe d'être remplacé par un canevas plus souple, plus efficace, et surtout plus interactif !

Les expériences tentées dans cette direction se font l'écho de bénéfices multiples, dans la mesure où il devient possible d'aider les jeunes à acquérir une grande autonomie, et à développer en priorité ce réflexe de recherche et de tri d'informations qui va devenir si important dans un avenir tout proche. Dispenser des connaissances relatives à des métiers encore inconnus étant difficile, ce sont des profils qu'il faut façonner, c'est de la capacité à évoluer en fonction des lieux et des circonstances qu'il faut doter les jeunes élèves afin de leur donner des habitudes de pensée qui les rendront indépendants, et aptes à se former eux-mêmes tout au long de leur vue, au gré de leurs besoins.

On pourrait certes reprocher aux considérations précédentes de bâtir sur des idées, sur des concepts, sans rien offrir de concret qui vienne corroborer la validité de ces nouvelles initiatives. Dans la réalité, on constate pourtant de manière bien tangible combien, par exemple, des contacts directs avec des interlocuteurs anglais, via des salles de visio-conférence, est à la fois plus attractif et plus efficace qu'un cours à l'ancienne. De même, la possibilité pour des élèves d'avancer à des rythmes différents a montré qu'au final, le bénéfice pour chacun était nettement supérieur à ce que l'on pouvait espérer auparavant, les plus rapides n'étant pas freinés dans leur élan tandis que leurs camarades moins à l'aise ne se voyaient plus laissés sur place, et abandonnés ! Il semble qu'il soit plus gratifiant encore de tenter de confronter des jeunes de niveaux, de goûts et même d'âge différents, le maître mot étant le travail "collaboratif", amené à remplacer le comportement exclusivement passif d'autrefois. A moyen terme, ces méthodes devraient avoir des répercussions sur l'esprit du monde du travail lui-même, les professionnels étant formés dès l'enfance au principe du travail en groupe, moins hiérarchisé, moins formel, mais plus collectif, plus solidaire.

On va poindre là l'idéal du pacte inter-générationnel, où tous, professionnels, enseignants, et élèves de tous âges pourraient devenir, par une utilisation raisonnée des moyens techniques aujourd'hui disponibles, les acteurs responsables et actifs d'un système d'enseignement de grande efficacité !

Pour finir enfin par un retour à votre question initiale, il est pour moi tout à fait évident que le professeur a un rôle considérable à jouer dans cette nouvelle donne. De nouveaux enseignants investis dans un nouveau système, c'est la solution qu'exige le monde à venir. Prescrire une école sans enseignants, c'est, à mon sens, bâtir sur le sable et aller droit à l'échec.

Florence Soriano-Gafiuk

Dimanche, 23 décembre 2007

PUBLICATION : L'intuition, la créativité et la rigueur en Géométrie

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PRÉFACE

On trouve sur le marché de nombreux livres pour la préparation des examens et concours. Ce sont en général des manuels de cours ou des annales corrigées.

Le livre de Madame Florence SORIANO-GAFIUK, « L’intuition, la créativité et la rigueur en GÉOMÉTRIE. L’épreuve sur dossier du CAPES externe de Mathématiques », est d’une toute autre nature - plus intelligente.

Il oblige à réfléchir, il donne à penser. Aucune solution toute faite, aucun cours prêt à l’emploi, aucun exercice résolu de la manière la plus élégante qui soit ! On n’est pas dans une perspective de réciter un savoir. On n’est pas dans une perspective d’appliquer un savoir. Pas davantage de reproduire un savoir faire ! Pour le lecteur, le travail reste à faire ! Mais, pour ce faire, le lecteur est accompagné, guidé par de précieux conseils.

Que doit-il faire ? Mettre en œuvre une série de compétences, certaines strictement mathématiques, d’autres « professorales ». Cela suppose de savoir choisir et mobiliser des ressources en réponse à une situation problème qu’il convient d’abord de clairement analyser. Or poser et résoudre correctement des problèmes ne sont-ils pas l’essence même des mathématiques ? Loin de la didactique qui glose sur le comment enseigner, en tentant d’argumenter les choix effectués, ce livre apprend à faire des choix en plongeant d’entrée de jeu son lecteur dans la nécessité d’un agir professionnel.

De plus, toutes les démarches ici suggérées ne sont pas de simples constructions intellectuelles ; elles ont été, depuis plusieurs années déjà, expérimentées avec succès par des étudiants préparant le CAPES de Mathématiques. Puisse ce livre faire encore réussir de nombreux étudiants au concours de recrutement des professeurs de mathématiques. Mais plus encore, puisse ce livre contribuer à faire d’eux de vrais professionnels de l’enseignement des mathématiques.

Patrick BARANGER,

Directeur de l’IUFM de Lorraine

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AVANT-PROPOS

Cet ouvrage est une approche tant scientifique, que didactique voire pédagogique, de la difficile seconde épreuve orale (dite épreuve sur dossier) du CAPES externe de Mathématiques. J’entends par « épreuve difficile » une épreuve qui mobilise des savoirs académiques lointains (acquis au collège et au lycée), et qui exige une connaissance minimale du terrain (expérience de certaines pratiques de classe, compréhension des programmes officiels, analyse des difficultés des élèves, etc.). L’objectif visé dans ce livre est donc d’aider à mieux appréhender un exercice de géométrie « imposé », en permettant au candidat d’en classer l’énoncé suivant une typographie pré-établie (suffisamment large pour pouvoir être quasi-exhaustive), pour finalement, commenter, schématiser et contextualiser plus aisément. C’est en ce sens, que l’ouvrage présent tient compte des modalités de l’épreuve du concours.

J’ai essayé, conformément aux directives officielles de développer :

- l’aspect expérimental (exploitation des figures, utilisation de logiciels de Géométrie, activités de découverte, découpage-assemblage-collage, création et manipulation d’objets en polystyrène, emploi de jeux de construction, etc.), qui ne prend un réel sens que s’il est suivi d’une conjecture puis d’une démonstration ;

- l’aspect pluridisciplinaire (lecture et rédaction, arts plastiques, histoire et géographie, physique et chimie, …), voire culturel.

Je présente quelques animations possibles en cours de Mathématiques (travail en groupes ou en salle informatique, co-animation avec un autre professeur, sortie dans un musée ou autres). De façon similaire, un lexique des types d’exercices a été dressé par l’ensemble des collègues chargés de la formation des professeurs stagiaires de Mathématiques des collèges et lycées, assurée sur le pôle universitaire messin de l’IUFM de Lorraine.



Cet ouvrage sera un outil précieux de travail pour tous les candidats qui prendront la peine de le consulter tout au long de l’année de préparation, en ce sens qu’il ne constitue ni des annales corrigées, ni un cours de mathématiques, mais plutôt, le lexique des savoirs et des méthodologies que les exercices posés à l’épreuve sur dossier, sont susceptibles de mobiliser.

L’ensemble est illustré par de nombreux exercices corrigés et commentés.

Je remercie enfin Patrick BARANGER, directeur de l’IUFM de Lorraine, pour ses remarques constructives.

En attendant, je souhaite à tous les candidats une agréable lecture et beaucoup de succès.

Florence SORIANO-GAFIUK

Lundi, 19 novembre 2007

Education au Développement Durable et à l’Environnement

En novembre 2005, j’ai eu la chance de pouvoir participer au colloque de l’Education au Développement Durable (EDD) et à l’Environnement, qui s’est tenu dans le Poitou (à Cerizay), cœur national de l’Ecologie tant en matière des pratiques et actions pédagogiques, que de recherche (avec par exemple, l’implantation de l’Institut de Formation et de Recherche en Education à l'Environnement, la multiplication des agendas 21 scolaires, et la création d’une multitude d’associations à mission éducative environnementale).



Ces quelques jours passés à Cerizay ont éveillé en moi tant d’émotion, que j’avais souhaité publier dans la foulée trois billets : le premier article est une alerte à la fragilité de la Planète, le second présente la notion de développement humain, et le dernier propose des mesures écocitoyennes aux municipalités (cf. rubrique "Actualités et politique" de ce blog).



C’est aussi à Cerizay que j’ai pu faire la connaissance de Joël RISSAT, Inspecteur de l’Education Nationale de l’Académie de Toulouse, auteur de divers manuels de Mathématiques, axés sur le développement durable et sur l’environnement, et qui m’a fait l’amitié de me transmettre un exercice mêlant Sciences exactes et Environnement, pour l’illustration de mon propre ouvrage dont la parution est prévue ce mois-ci.



Aujourd’hui, c’est suite au forum de l’école éco-responsable (Edition Lorraine Nord), qui s’est tenu le 14 novembre 2007, à l’IUFM de Lorraine, que je souhaite m’exprimer.



J’en profite pour féliciter et remercier les collègues qui ont placé toute leur énergie dans l’organisation de cette manifestation, et qui ont conduit le projet à une véritable réussite.



Si je mesure le bienfait des discours alarmistes, notamment ceux des personnalités médiatisées tels que Nicolas Hulot, dans la prise de conscience par la population de la fragilité de notre planète, je souhaiterais cependant mettre en garde des risques qui pourraient être encourus si des propos trop engagés étaient amenés à circuler dans les classes.

"L'Education au Développement Durable permet de sensibliser et de former les élèves pour en faire des citoyens responsables, actifs, capables de faire des choix et de se comporter en conséquence."



Soyons-en certains : l’Ecole ne doit pas céder au militantisme, au sentimentalisme ou au dogmatisme. Elle doit au contraire former à la démarche scientifique en éduquant en particulier, au doute et au principe de précaution.



L’Ecole doit amener les élèves à réfléchir, en se détachant des catastrophismes médiatiques, sur les valeurs du développement durable :

- assurer la renouvelabilité des ressources naturelles,

- veiller à la réversabilité de tous les phénomènes dont est victime notre planète,

- favoriser l’équité entre les peuples,

- œuvrer pour la solidarité entre les individus,

- défendre la démocratie

- et responsabiliser les citoyens.



Toute la difficulté est donc d’éduquer sans chercher à convaincre, autrement dit, de réussir à inscrire le développement durable dans les gestes quotidiens (trier ses déchets, réduire sa consommation d’énergie, optimiser l’emploi des matériels, ne pas gaspiller l’eau,…), de donner l’envie de s’engager avec énergie dans des actions (notamment partenariales) de protection de l’environnement et de développement durable, avec le souci permanent de développer chez les élèves l’esprit critique et la capacité de faire des choix. Pour cela, l’Education au Développement Durable doit pouvoir intervenir dans toutes les disciplines existantes, à des moments courants ou spécifiques (classes vertes, actions éducatives diverses, …).

Je terminerai ce billet en précisant que si de plus en plus d’établissements scolaires s’engagent dans une démarche d’agenda 21, notamment dans le Sud-Ouest et le Nord de la France, l’enseignement supérieur affiche en revanche un retard certain, qu’il est grand temps de rattraper !

Lundi, 5 novembre 2007

Le cirque et son sens des valeurs : nos jeunes à bonne école

Au printemps dernier, de nombreuses associations (dont Cirk'éole) se sont rendues dans les locaux de l’IUFM de Lorraine, à Montigny-lès-Metz, à l’occasion du festival biannuel du cirque coorganisé par l’IUFM avec l’Inspection d’Académie de la Moselle et le CDDP. Cette manifestation riche par sa structure (spectacle sous un chapiteau dans le parc de l'IUFM, expositions diverses, ateliers de pratique d’arts du cirque,…) a permis à tous les professeurs stagiaires de développer leurs réflexions sur les effets pédagogiques du cirque à l’Ecole.

Dans le monde de l'Education, le Cirque est beaucoup plus qu’une activité populaire, ou un voyage, aussi fascinant soit-il, au pays de la fête, de l’émotion, du risque, de la magie et de l’adresse. Il est loin d'être une simple mise en scène de prouesses effectuées sur une piste où féérie et grâce s’entremêlent. Les arts (je préfère ce terme à celui de « jeux ») du cirque convoquent de nombreuses valeurs, et en ce sens, offrent de réelles perspectives pédagogiques.

Les compétences qui peuvent être développées chez les enfants sont en effet très nombreuses. Elles relèvent selon moi de quatre domaines distincts : la motricité (jonglage, glisse, équilibre,…), la culture (histoire et littérature de jeunesse), la créativité artistique (imagination), mais aussi et surtout, la citoyenneté, dans la mesure où un numéro de cirque exige pour être réussi solidarité et entre-aide des artistes. Contrairement à une activité sportive, il ne place pas les élèves en situation de compétition et donc de concurrence. Le cirque développe des aptitudes du vivre-ensemble, de la communication et de l’écoute. Il encourage à la prise de responsabilités (sécurité de ses camarades lors d’un numéro périlleux, soins quotidiens des animaux de la ménagerie,…). Le cirque permet de valoriser le meilleur de soi-même, et ainsi d’aider à reprendre confiance en soi, voire dans certaines situations, à réconcilier un enfant avec l’Ecole ou à lui permettre de se reconstruire dans la société (enfants avec une déficience mentale, enfants en situation d’échec scolaire,…). L’immense palette de modes d’expression (musique, chant, théâtre, acrobatie,…) peut répondre à chacun des besoins des élèves (extériorisation de sentiments, canalisation d’énergie, reprise de confiance,…), et c’est bien là un enjeu important des arts du cirque à l’Ecole : s’épanouir et progresser à son rythme suivant son histoire, ses envies et capacités.

Ne soyons donc pas étonnés si depuis les années 1970, qui virent toute une nouvelle génération d’artistes entrer en piste (puisque le cirque passa sous la tutelle du Ministère de la Culture), l’Education Nationale encourage tous ces arts par le biais des classes à PAC (projet artistique et culturel), des classes culturelles, des ateliers de pratique artistique,…

En piste !

Mercredi, 10 octobre 2007

Tous les métiers sont bi

Dans ce billet, c’est en tant que femme solidaire de toutes les minorités que je souhaite m’exprimer, mais pas uniquement : je suis aussi une collègue au sortir d’une épreuve professionnelle difficile, ainsi qu’une actrice responsabilisée de la formation initiale des enseignants, qui souhaite profiter de tout le champ de manœuvre qui lui est offert, pour œuvrer à la progression de la situation de la femme.

J’avoue conserver un souvenir amer de la réponse qui m’avait été apportée lorsqu’appelant à la solidarité face à la situation professionnelle qui m’était faite, je m’entendis répondre qu’en tant que femme, je devais me contenter de mes conditions et fonctions professionnelles présentes. La bataille qui fut engagée me conduisit pourtant, quatre mois plus tard, à un dénouement heureux. Nul doute que les mentalités doivent évoluer, et que cette évolution doit commencer au sein de l’Ecole.

La défense de l’égalité entre les femmes et les hommes, qui est devenue un engagement européen fort de la France, par une approche intégrée via une politique interministérielle (éducation nationale, enseignement supérieur, recherche, emploi, logement, justice, transports, agriculture, culture, cohésion sociale,…), ne se restreint pas à la lutte contre les discriminations sexistes. Elle est bien plus que cela : nous devons en effet promouvoir les minorités pour lutter contre toutes les représentations stéréotypes qui conduisent, par exemple, seulement 1 % des filles à s’orienter vers un baccalauréat STI (Sciences et Technologies Industrielles), contre 12 % des garçons. Pour cela, des actions de communication doivent être conduites auprès des jeune-filles, de leurs parents, et de tous les acteurs de l’Education dont bien entendu, les conseillers d’orientation pédagogiques (COP) et les enseignants.

Améliorer l’orientation scolaire professionnelle et lutter contre les représentations stéréotypes constituent un champ immense d’initiatives possibles qu’il nous appartient de multiplier, si nous souhaitons réellement favoriser l’égalité professionnelle. Cette démarche vise à :

- favoriser l’accès des femmes aux activités économiques, sociales et associatives,

- augmenter la représentation des femmes aux postes de direction, ainsi que dans les conseils d’administration des entreprises, …

- lutter contre toutes les représentations sexuées des métiers,

-lutter contre les écarts de salaires entre les femmes et les hommes (qui dans le privé s’élèvent à 15 % en moyenne),

- défendre l’égalité des droits (en luttant notamment contre les discriminations et les violences sexistes), - œuvrer pour la conciliation entre les activités professionnelles et la vie familiale (par exemple, en développant les gardes-enfants au sein des entreprises),

- augmenter le taux de femmes dans la population active (estimée à environ 47 %),

- améliorer la diversification des catégories professionnelles (les femmes ont souvent un emploi dans les secteurs d’activités du commerce et des services),

- réduire la part des salariés à temps partiel contrait, qui en Lorraine s’élève à 36 % pour les femmes, contre 5 % pour les hommes, avec toutes les conséquences induites sur l’évolution de carrière et de salaire,

- favoriser l’accès des ouvriers non qualifiés à la formation (environ, trois ouvriers sur quatre sont qualifiés, alors qu’une ouvrière seulement sur trois l’est).

Pour réduire ces écarts de « traitement » des situations professionnelles entre les femmes et les hommes, d’ailleurs plus marqués en Lorraine qu’en France, quelques idées semblent émerger. Elles visent à :

- favoriser l’égalité des chances dans l’accès à la formation, par exemple, en prévoyant des équipements adaptés à l’accueil de jeune-filles dans les lycées professionnels des secteurs industriels, en misant sur un recrutement égalitaire,…

- promouvoir une éducation fondée sur le respect mutuel des deux sexes, en renforçant la dimension « égalité » dans l’Education à la sexualité et à la citoyenneté,…

- lutter contre les représentations stéréotypes en multipliant les actions (telles que le concours de la « vocation scientifique de la jeune fille ») et en créant des outils de communication (tels que la brochure « vanille-chocolat »). Il est navrant de constater qu’alors que les chiffres attestent d’un bon niveau scolaire des filles, ces dernières hésitent à s’engager dans les filières scientifiques (à l’exception des parcours en lien avec les Sciences de la Vie et de la Terre) qui sont pourtant porteuses d’emplois.

- intégrer la dimension « égalité entre les filles et les garçons » dans la formation initiale des maîtres à travers les dix compétences imposées par le cahier des charges. Il est en particulier attendu que le professeur sache :

  • agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable,
  • prendre en compte la diversité des élèves,
  • coopérer avec les parents et les élèves de l’école,
  • jouer un rôle important dans l’orientation de l’élève et pour cela, avoir une connaissance du monde de l’entreprise et des processus d’apprentissage des compétences au sein du milieu socio-professionnel (service de formation, validation des acquis ...).

Des groupes de travail devraient être très prochainement mis en place par le Rectorat de l’académie Nancy-Metz afin d’apporter une déclinaison locale de la convention interministérielle qui vient d’être signée, et de développer de nombreux projets qui contribueront chacun à l’avancée de la situation de la femme. C’est naturellement avec enthousiasme et conviction que je me tiens prête à m’investir dans cette démarche.

Jeudi, 19 juillet 2007

La charte nationale d’Education et de Formation au Royaume du Maroc

« Le système éducatif du Royaume du Maroc se fonde sur les principes et les valeurs de la foi islamique. Il vise à former un citoyen vertueux, modèle de rectitude, de modération et de tolérance, ouvert à la science et à la connaissance et doté de l'esprit d'initiative, de créativité et d'entreprise. »

Avant de m’envoler vers le Sud de la France, j'aimerais ajouter quelques précisions à mon billet relatif au système éducatif du Royaume du Maroc, au sujet duquel un certain nombre de lecteurs marocains m'ont fait l'amitié de me faire parvenir des compléments d'information, m'indiquant notamment que mon texte reflète plutôt une situation assez ancienne, et ne rend pas totalement justice aux efforts exceptionnels consentis par le Maroc dans le domaine de l'éducation.

En effet, depuis 1999, année de la promulgation de la charte nationale de l'éducation et de la formation, le Maroc place l'éducation nationale au rang de seconde priorité nationale, et engage pour cette mission près de 30% du budget national (contre 7% en France).

Le pays tend vers une généralisation de la scolarisation. Ainsi dans le primaire, le taux dépasse les 90% grâce à la construction de nouvelles écoles (notamment en milieu rural) et à l'appui social mis en place en direction des élèves des milieux défavorisés qui bénéficient désormais de bourses et de services de restauration.

Toujours concernée par tout ce qui touche au statut de la femme, je tiens à souligner les efforts constants visant à favoriser la scolarisation des filles en milieu rural.

D'autre part, le Maroc a compris l'intérêt d'accorder une attention toute particulière à l'éducation préscolaire, dans la mesure où l'on sait aujourd'hui combien celle-ci a une incidence directe sur l'éducation primaire dispensée ultérieurement aux enfants concernés. Sensible aux études menées par l'Unicef et l'Unesco, le Maroc étudie dans cette perspective les possibilités de mettre en œuvre, dans des délais réduits, une série de mesures très ciblées en faveur de l'éducation de la petite enfance.

Par ailleurs, l’Etat marocain a choisi de mener une politique de décentralisation et de déconcentration administratives, considérant la nécessité d’adapter l’éducation et la formation aux besoins régionaux et locaux. Les académies actuelles ont donc été réorganisées et érigées en autorités régionales d’éducation et de formation, dotées de moyens humains et matériels.

Parallèlement, on assiste à une démocratisation de la gestion des établissements scolaires puisque des représentants des élèves et des familles siègent désormais dans les conseils de gestion et d'administration.

L'obligation faite d'utiliser le manuel "unique" disparaît au profit d'une libération de la créativité pédagogique (production locale d’outils pédagogiques et de matériel didactique) en vue d’une meilleure adaptation des programmes et méthodes d’enseignement aux réalités et contextes locaux.

La refonte des curricula de formation renforce ces orientations puisqu’outre le socle national de connaissances et de compétences, elle prévoit une formation au cadre de vie régional et aux affaires locales, ainsi qu’une palette d’enseignements optionnels proposés par l'école elle-même (soutien pédagogique, activités parascolaires, enseignements d'ouverture,…).

Enfin, les efforts particuliers apportés en réponse à la problématique de la "qualité" de l’enseignement, qui passe entre autres par l’intégration des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) dans la réalité de l’école (formation à distance, accès aux ressources documentaires, activités d’apprentissage diverses,…), visent l'amélioration du rendement du système éducatif du royaume.

Les gros efforts consentis et les mesures audacieuses imaginées et mises en œuvre ont donné d'emblée des résultats tangibles tout à fait remarquables, et servent déjà d'exemples à d'autres pays désireux de moderniser leurs systèmes éducatifs. La forte volonté politique qui sous-tend ces initiatives force le respect, et je salue avec intérêt et enthousiasme ce grand mouvement de réformes, qui s'inscrit dans un esprit global de développement et de démocratisation.

Lundi, 21 mai 2007

Vers une harmonisation des systèmes éducatifs européens

Afin de favoriser la mobilité professionnelle, facteur de réussite économique de l’Europe, il était essentiel de :

- renforcer l’enseignement des langues et le sentiment chez les jeunes d’être de futurs citoyens européens,

- faciliter la mobilité des étudiants en tentant d’harmoniser les systèmes d’enseignement européens.

En France, deux étapes de ce processus d’harmonisation peuvent être notées.

La première est la transformation progressive des cursus universitaires selon le schéma LMD (Licence – Master – Doctorat) réalisé dans le cadre de la construction de l'Espace européen de l'enseignement supérieur (dit Processus de Bologne), et dont l’objectif est de placer les systèmes nationaux diversifiés dans un cadre commun, et ainsi de faciliter les équivalences entre les diplômes (grâce aux ECTS).

La seconde est l’universitarisation de la formation des enseignants, dont le processus avait débuté en 1990 avec la création des IUFM, poursuit avec l’intégration des IUFM aux Universités, et devrait s’achever avec la masterisation de la formation initiale des maîtres.

Au niveau de l’enseignement des premier et second degrés, les difficultés semblent plus grandes en raison du souhait des européens de maintenir les spécificités de leur système éducatif qui donnent âme au peuple et renforcent le sentiment d’appartenance nationale.

Alors qu’en est-il vraiment des possibilités d’harmonisation?

Avant de répondre à cette question, nous allons rappeler la classification des systèmes éducatifs publiée par Francine VANISCOTTE :

1/ l’Ecole unique (Danemark, Suède, Norvège, Islande, Finlande)

L’Ecole unique des pays scandinaves prévoit le même enseignement pour tous les enfants et durant toute la durée de la scolarité obligatoire, soit jusqu’à l’âge de 16 ans. Elle attache la qualité de l’Education à l’épanouissement de l’enfant : les redoublements n’existent donc pas, et l’orientation vers une formation professionnelle n’est envisageable qu’au-delà de cette phase de scolarité obligatoire.

2/ L’Ecole polyvalente (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles, Irlande du Nord)

L’Ecole polyvalente ne prévoit pas un unique programme, mais toute une gamme de cours optionnels : les parcours des élèves sont donc personnalisés. Cette Ecole n’unifie pas le primaire et le secondaire comme pour les pays scandainaves, mais recherche une continuité entre le secondaire inférieur (collège) et le secondaire supérieur (lycée). Là aussi, l’orientation professionnelle n’est envisageable qu’au-delà de la scolarité obligatoire. Notons que l’Ecole polyvalente n’accueille que 90 % des enfants : le reste des élèves fréquente des écoles plus traditionnelles.

3/ L’Ecole à filières (Allemagne, Autrice, Luxembourg, Suisses, Pays-Bas et Belgique)

L’Ecole à filières repose sur l’orientation précoce, bien avant la fin de la scolarité obligatoire, destinée à favoriser l’insertion sociale et professionnelle. Les échanges avec le monde du travail sont donc très denses. L’exemple le plus significatif est celui de l’Allemagne qui prévoit une orientation des élèves dès l’âge de 10 ans, même si des passerelles sont possibles entre les différents cursus.

Dans tous ces pays, l’orientation professionnelle n’est pas comme en France ressentie comme une filière d’échec, mais au contraire est très valorisée.

4/ Le tronc commun (France, Italie, Espagne, Grèce, Portugal)

Pour les pays de tradition catholique (à l’exception de la Grèce qui est orthodoxe), la structure du système éducatif, connue pour osciller au gré des réformes, pourrait être à la fois vue comme un tronc commun et comme un compromis entre les autres types de systèmes, dans le sens qu’elle tend à répondre aux demandes sociales de qualité et d’équité, mais que les jeux d’options permettent les réorientations et les sélections. Cette catégorie de pays est caractérisée par l’importance accordée à l’évaluation.

F. VANISCOTTE conclut que la scolarité d’un petit danois et celle d’un petit allemand « sont donc bien différentes. L’un garde toutes les possibilités ouvertes jusqu’à l’âge de 16 ans, alors que l’autre voit son champ d’activités se rétrécir et se spécialiser très jeune. »

Malgré tout, des éléments de convergence existent et pourraient certainement conduire, sinon à une harmonisation structurelle ou organisationnelle des systèmes éducatifs européens, à la construction d’un cadre et d’un portfolio européens de savoirs et de compétences, comme nous en connaissons déjà la formule pour l’apprentissage des langues. Cette idée prend sens dans la mesure où les différents systèmes éducatifs européens ont des orientations communes :

- développer des programmes européens

- favoriser la maîtrise des nouvelles technologies de communication et d’information

- favoriser l’enseignement des langues et les échanges éducatifs avec l’étranger

- ouvrir l’Ecole vers le monde extérieur, et en particulier vers le monde du travail.

Le défi s’annonce donc immense, mais passionnant…

Lundi, 26 mars 2007

L’Université française boycottée par les élèves des lycées français à l’étranger…

Le Ministère des Affaires Etrangères, et le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont signé en décembre une convention avec les trois conférences d’établissements d’enseignement supérieur, pour tenter de promouvoir les Centres pour les Etudes en France (CEF), désormais connus sous l’appellation Campus France, et dont la principale mission est d’améliorer l’accueil et de faciliter les démarches des étudiants étrangers qui souhaitent poursuivre leurs études en France, et ainsi de répondre au défi de la concurrence à l’échelle mondiale des établissements d’enseignement supérieur en renforçant l’attractivité de leurs formations.

Au premier abord, la France peut se réjouir de ses activités d’accueil d’étudiants étrangers, puisque elle vient d’être placée au troisième rang mondial, derrière les États-Unis et la Grande-Bretagne. Elle accueille près de 265 000 étudiants étrangers (soit environ 11 % de la population étudiante nationale).

Pourtant, d’autres chiffres, même si les ordres de grandeur sont sans comparaison à ceux qui viennent d’être affichés, doivent conduire à une réflexion.

Quels sont ces chiffres ?

La mission des 675 établissements scolaires français à l’étranger est de scolariser les enfants des expatriés, mais aussi de contribuer au rayonnement de la culture et de la langue française.

Dans ces établissements, le niveau des élèves est, nulle surprise, particulièrement bon : le taux de réussite au baccalauréat est de 93,5 %.

S’il est naturel de penser que ces néo-bacheliers pourraient projeter d’effectuer leurs études supérieures en France, force est de constater que près de deux tiers de ces jeunes choisissent un autre pays, tout simplement parce que l’image de l’Université française ne les attire pas.

Pourquoi une telle image ?

J’évoquerai quatre principales raisons.

1/ En France, l’Université est la seule filière d’enseignement supérieur ouverte : elle est donc mise en concurrence avec des filières fermées ou sélectives (les classes préparatoires, les BTS, les grandes écoles, les facultés privées, ...). C’est dans ce premier jeu d’opposition entrée sélective / entrée non sélective que se joue une partie de l’attractivité de l’Université.

2/ Le second handicap de l’Université française provient des moyens humains et financiers insuffisants qui sont alloués à la Recherche et à l’Enseignement Supérieur.

3/ Tous les ans, le classement, publié par l’Université de Shanghai, des 500 premières universités du monde est un véritable crève-cœur : sur les 100 premières universités, 4 seulement sont françaises. Ce classement, dont la méthodologie est très discutable, nuit considérablement à l’image de l’Université française.

4/ Les faits excessivement relatés par les médias dans le monde entier lors des situations de crise que connaissent parfois les universités françaises, dont l’exemple le plus récent est le mouvement national de contestation contre le CPE, assombrissent considérablement l’image de notre système d’enseignement supérieur.



Que faire ?

Si nous souhaitons sensibiliser et intéresser les élèves des établissements français à l’étranger, nous devons agir :

  • localement, en créant des relais entre les établissements français à l’étranger et l’Université française. Si le rôle associatif de Campus France peut peut-être contribuer à un tel projet, il est patent que la dimension humaine aura plus d’impact : des délégués doivent se déplacer dans chaque lycée français à l’étranger.
  • nationalement, en travaillant sur l’image de l’Université française (renforcer les liens avec les entreprises, promouvoir l’innovation, mais surtout, restructurer l’enseignement supérieur et la recherche de sorte que l’émiettement des forces savantes françaises soit évité). La création des PRES et la fusion de certaines universités - telle Nancy 1 et Nancy 2 qui deviennent Nancy Université à défaut d’une université lorraine qui aurait alors compté l’Université Paul Verlaine – Metz – constituent en ce sens une première étape.

De telles mesures agiraient positivement sur le choix d’orientation des néo-bacheliers issus des lycées français à l’étranger.

Dimanche, 25 mars 2007

Si vous souhaitez enseigner à l'étranger...

Depuis la mise en place du système LMD, les étudiants de l’Université doivent élaborer dans le cadre d’unités d’enseignement leurs projets personnel et professionnel, et en particulier, construire un parcours pertinent en vue de concrétiser ce projet.

A cette occasion, il est constaté que de nombreux jeunes se destinent à l’enseignement à l’étranger. C’est pour répondre aux questions de tous ces jeunes que j’ai souhaité rédiger ce texte.

Découvrir les réseaux des établissements français à l’étranger

Les établissements scolaires français à l’étranger ont deux principales missions :

  • scolariser les enfants des expatriés français : les élèves de ce type d’établissements sont donc souvent issus de couches favorisées, même si certains peuvent être issus de milieux plus modestes et être boursiers.
  • contribuer au rayonnement de la culture et de la langue française.

Il existe 675 établissements français à l’étranger, rassemblant au total 24 000 élèves, qui sont implantés dans 130 pays - notamment, le Maroc, la Tunisie, Madagascar, …et plus généralement, toutes les anciennes colonies, mais aussi, l’Allemagne (suite de l’occupation) et enfin l’Espagne (conséquence du régime de Franco).

Les deux principaux réseaux sont :

auxquels viennent s’ajouter diverses autres associations.

Candidater dans un établissement français à l’étranger

Les enseignants de ces établissements ont trois statuts possibles :

  • le statut d’expatrié
  • le statut de résident
  • le statut de contractuel local.

1/ Le statut d’expatrié (5 % des enseignants)

Ces postes sont de loin les plus prisés : les avantages sont nombreux (indemnités de frais de séjour, salaire doublé, impôt sur les revenus moindre, …). Le nombre de postes mis au concours a diminué de 20 % en huit ans. Le candidat doit être nécessairement titulaire de l’Education Nationale. S’il est recruté, il l’est seulement pour une durée maximale de 5 ans, à l’issue de laquelle il a pour obligation de retourner sur le territoire français.

Comment candidater ? Les postes sont publiés sur le Bulletin Officiel aux alentours du mois d’octobre.

2/ Le statut de résident (34 % des enseignants)

Même si les avantages ne sont pas aussi nombreux que les expatriés, les postes à statut de résident restent très convoités : le salaire du professeur est augmenté de 35 %. Le nombre de postes mis au concours est en augmentation. Le candidat doit être nécessairement titulaire de l’Education Nationale. Et s’il est recruté, il l’est pour une durée maximale de 5 ans. Une reconduction de trois ans peut être demandée. Puis le retour sur le territoire français est imposé.

Comment candidater ? Les candidatures sont adressées de façon spontanée auprès des chefs d’établissement, de préférence vers le mois de janvier. La liste des établissements de l’AEFE et de la Mission Laïque Française peut être trouvée sur les sites de ces deux associations.

3/ Le statut du contractuel local (61 % des enseignants)

Ces postes sont déconseillés, notamment pour les collègues titulaires de la fonction publique : le professeur recruté devient vacataire. A ce titre, les années d’exercice à l’étranger ne sont pas prises en compte pour l’avancée dans la promotion : l’échelon du collègue peut donc évoluer lors du séjour à l’étranger, mais reviendra à son niveau initial au retour sur le territoire français.

Le nombre de postes mis au concours est en augmentation, alors que les candidats sont en nombre insuffisant. Ces contrats sont à durée indéterminée.

Comment candidater ? Les modalités de recrutement sont les mêmes que celles précédemment données.

Quelque soit le type de poste, lors du recrutement, les formations en FLE (Français Langue Etrangère) des Universités, les stages pédagogiques à l’étranger et les modules « Echanges éducatifs internationaux » (souvent existants dans l’offre de formation des IUFM) sont positivement pris en compte.

Exercer dans un établissement français à l’étranger

Les programmes

Les contenus des programmes sont les mêmes que ceux enseignés sur le territoire français.

Les parents

Comme dans tout établissement privé, les parents paient des frais d’inscription (ici, très élevés), et estiment donc avoir un droit de regard sur tout le fonctionnement de l’école. La pression exercée sur les enseignants par les parents, et donc l’Ambassade, est très forte. Assiduité, ponctualité, travail, rigueur des enseignants sont de grande mise : l’expulsion peut menacer !

Les élèves

Les élèves sont très plaisants : disciplinés et d’un très bon niveau (93,5 % de réussite au baccalauréat). Si la plupart sont des enfants d’expatriés, certains peuvent être des natifs locaux.

Les moyens

Si les moyens humains sont très satisfaisants, les locaux peuvent être délabrés, et les équipements insuffisants.

La gestion de l’établissement

La gestion peut être :

  • directe (donc pilotée par l’Etat français) - cas de 73 établissements
  • conventionnée sous contrat – cas de 178 établissements
  • homologuée (établissement privé hors contrat) : le personnel enseignant doit inclure au moins un titulaire de l’Education Nationale – cas de 155 établissements
  • en « électron libre » - cas de 24 établissements.

Quelque soit le statut du professeur, quelque soit le mode de gestion de l'établissement français à l’étranger, le regard de ce collègue sur les pratiques professionnelles françaises ne sera plus jamais le même.

Enseigner à l’étranger est une expérience très enrichissante tant sur le plan personnel que professionnel !

Dimanche, 11 mars 2007

Alerte à la violence dans les écoles

L’angoisse des jeunes professeurs Le nombre de jeunes se destinant au professorat des écoles connaît une croissance fulgurante, alors que les candidats aux concours au professorat des collèges et lycées sont de moins en moins nombreux. Pourquoi cela ?



Tout simplement, parce que, si les professeurs des écoles sont assurés de rester dans leur académie d’origine par la nature même des modalités de recrutement, les professeurs des collèges et lycées néo-titulaires sont en revanche souvent affectés dans les collèges et lycées professionnels sensibles des académies de Créteil et de Lille, se retrouvant ainsi confrontés en toute première ligne au phénomène de violence, alors que paradoxalement, le cahier des charges de la formation des maîtres défend l’entrée progressive dans le métier.



Dans les IUFM en général, et à l’IUFM de Lorraine en particulier, l’angoisse des professeurs stagiaires face à ces agressions, de surcroît souvent exagérément relatées par les médias, génère une demande forte de formation spécifique, car s’il était possible de penser que les thèmes de la discipline, de l’autorité, de l’agressivité et de la violence pouvaient être abordés à travers des analyses de pratiques professionnelles, les stagiaires font aujourd’hui clairement entendre qu’une telle approche est désormais insuffisante.



Une réflexion est donc lancée : quelle formation apportée aux professeurs stagiaires pour favoriser au mieux leur entrée dans le métier ?



Avant de répondre à cette question, je souhaiterais rédiger quelques notes sur le phénomène de violence à l’école, qui marque de plus en plus notre société.



Un phénomène social

Désormais, les enfants issus des milieux populaires sont admis en masse dans l’enseignement du second degré alors que leurs frères et sœurs aînés rencontrent des difficultés pour accéder à l’emploi, et que leurs parents sont victimes du chômage. Autrement dit, alors que notre société est devenue une société de consommation, où l’accès aux biens matériels est une composante essentielle du bien-être, de plus en plus de familles connaissent une dégradation de leurs conditions matérielles de vie.



Les problèmes individuels des élèves (troubles psychologiques, ou autres), joints à des contextes particuliers :


  • de rupture psychologique (par exemple, divorce des parents), sociale (chômage), ou culturelle (telle dans les familles migrantes),
  • de dysfonctionnement (conditions de vie dans l’école, fréquentation de délinquants,…)
  • ou de revendications (ethniques ou religieuses)


génèrent chez les enfants et adolescents des difficultés d’adaptation et d’intégration, des affects dépressifs, auxquels se rajoute souvent l’échec scolaire.



Le cumul de ces facteurs suscite un profond mal-être chez les jeunes - parfois déjà porteurs d’une culture de l’affrontement physique.



La violence à l’école devient alors un moyen d’expression, un signal d’alarme lancé à l’attention de la collectivité nationale.



Quelles solutions apporter ?



La lutte contre la violence à l’école doit intervenir à différents niveaux :



1/dans les classes :

  • les programmes doivent prendre du sens pour l’élève, susciter son éveil et son intérêt,
  • les activités scolaires doivent lui permettre de s’épanouir, de se sentir valorisé, et de prendre conscience de toutes ses potentialités,


2/ dans les écoles :

  • la lutte contre l’échec scolaire doit devenir une orientation forte de l’établissement (dispositif de tutorat, pédagogie différentiée, etc.)
  • l’encadrement des élèves notamment dans les cours de récréation, les préaux, …doit être renforcé,


3/ dans la formation des enseignants :

  • la violence à l’école doit devenir l’une des priorités de formation des enseignants (outils de lecture des signes d’agressivité, pistes d’actions face à une situation d’incivilité ou de violence)
  • les affectations des professeurs dans les établissements sensibles doivent être raisonnées – cessons d’y envoyer les collègues les moins expérimentés ! -,


4/ dans les familles :

  • les familles doivent être soutenues, et pouvoir entretenir des liens plus forts avec les enseignants,


5/ dans la société :

  • les cellules de Protection maternelle et infantile, d’Aide sociale à l’enfance, de Protection judiciaire de la jeunesse, doivent être multipliées,
  • la question du rôle de l’école doit être posée,
  • la vision de la société sur les métiers manuels et sur l’intelligence doit changer,
  • le dossier de l’emploi doit naturellement rester l’un des axes forts de la politique de notre pays.


A la rentrée des classes 2006, le Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a publié un guide de sensibilisation à l’attention des chefs d’établissement, en vue d’améliorer le soutien et l’accompagnement des victimes de la violence : création d’un site et d’une ligne téléphonique SOS, identification des correspondants extérieurs en cas d’agressions (police, gendarmerie, services divers de l’Etat).



Même si une telle initiative ne peut être qu’approuvée, il est cohérent de penser que la violence à l’école, parce qu’elle est à rapprocher du problème des banlieues, et parce que ses causes et conséquences relèvent souvent de phénomènes de société beaucoup plus larges, devrait devenir un dossier interministériel : le champ d’actions serait alors immédiatement plus important.

Jeudi, 22 février 2007

Regard sur deux écoles belges

En tant que responsable des relations internationales de l’IUFM de Lorraine, je peux témoigner que l’observation et l’étude de systèmes éducatifs étrangers permettent, par l’effet de miroir, de porter un nouveau regard sur les modes de fonctionnement français.



Dans ce billet, nous plongeons dans l’univers de deux établissements du second degré belges dont les projets illustrent l’importance d’un espace d’initiatives pour la mise en œuvre d'une pédagogie adaptée au public local.



Le premier est l'Athénée Royal Da Vinci, à Bruxelles. Il peut accueillir des enfants en très grande difficulté, analphabètes, ou encore, néo-arrivants connaissant peu ou pas du tout le français.



Le seconde est l’Ecole du Futur, à Mons. Son public est plus traditionnel, voire favorisé.



Malgré tout, ces deux écoles prônent la mixité sociale, en cohérence même avec leur projet d’établissement dont les axes sont similaires et visent à permettre à l'élève de devenir un adulte responsable, à favoriser son autonomie, développer sa curiosité intellectuelle, son sens critique, son esprit de coopération, ses capacités d'analyse et de raisonnement, mais aussi de créativité.



En revanche, les moyens de mise en œuvre diffèrent en raison même des profils des élèves.



A travers ces deux exemples, nous allons illustrer qu'un projet d'établissement ne peut prendre vie que s'il tient compte du profil des usagers, de l'implantation géographique de l'école, et bien entendu, de la force d'engagement des enseignants. Sur ce dernier point, il est clair que les professeurs seront plus facilement porteurs s'ils ont été sollicités dans l'élaboration même du projet : l'école doit donc entrer dans une démarche participative, aussi bien au niveau des élèves qu'à celui des enseignants.



Les questions qui peuvent aussi être soulevées concernent les objectifs globaux de formation, autrement dit, le but véritable de l'Ecole : est-ce de préparer à l'entrée à l'université ? Ou plus largement, de créer des adultes responsables qui sauront trouver leur place dans la société d'aujourd'hui ? Dans ce cas, ne faudrait-il pas en parallèle changer notre propre regard sur les métiers manuels en particulier, et toute notre vision de l'intelligence en général ?



L’école Da Vinci à Bruxelles

Cette école se structure comme une véritable communauté éducative dans laquelle le bien-être et l’épanouissement de l’élève est l’une des principales orientations.



Toutes les activités visent à favoriser une dynamique de changement, de participation, de coopération et de remise en question permanente afin de permettre aux jeunes de devenir de véritables acteurs de leur formation et de futurs citoyens responsables.

Trois axes se dégagent :
  • la connaissance de l’autre : apprentissage de la diversité culturelle et de la cohésion sociale (activités communes), travail de l’écoute de l’autre, …
  • la connaissance de soi : parcours individuels, activités sportives (notamment en football), d’expression et de créativité, …
  • la connaissance du monde : éducation aux médias, à la santé, à l’environnement, …


Dans ce cadre, l’Athénée Da Vinci encourage les activités favorisant une réconciliation de l’élève avec l’Ecole, en organisant des activités extrascolaires ou transdisciplinaires en partenariat avec le monde extérieur, et en luttant contre l’échec scolaire. Par exemple, l’établissement a mis en place :


  • des classes passerelles : celles-ci accueillent des jeunes ne parlant pas ou peu le français voire complètement analphabètes. Les objectifs pédagogiques visés sont alors : acquérir un niveau en français suffisant pour pouvoir être intégré dans la classe et profiter des enseignements, mais aussi, apporter les ressources linguistiques et relationnelles nécessaires pour subvenir aux besoins dans la nouvelle société qu’ils doivent appréhender.
  • un tutorat : afin de faciliter la réussite des élèves en difficulté d’apprentissage, une école des devoirs, encore appelée Dispositif d’Accrochage Scolaire, a été créée. La philosophie centrale est d’apprendre aux élèves à apprendre afin de les rendre au plus vite autonomes.


L’école du Futur à Mons

L’école du Futur a pour projet de respecter les rythmes de travail, de permettre à chaque élève de se réaliser humainement et de concrétiser son projet de vie, tout en lui permettant d’atteindre son plus haut niveau de compétences.



Les moyens utilisés peuvent paraître innovants : il n’est plus question de saucissonner les différentes matières en heures de cours Et « l’austère bureau surélevé du professeur disparaît, de même que les antiques bancs alignés en rangée jusqu’au fond de la classe. Ici, le demi-cercle formé par le mobilier moderne offre un panorama plutôt futuriste, complété par une série d’ordinateurs qui trônent dans la halle centrale. »



La méthode scolaire est également très différente : les programmes sont abordés à travers cinq thèmes (par exemple, l’aviation, l’eau, l’actualité, la socialisation et le théâtre). Ce choix pédagogique permet d’approcher les matières traditionnelles via des chassés-croisés interdisciplinaires et transdisciplinaires. L'enseignement vertical habituel laisse la place à un apprentissage horizontal. - Pour cela, les pratiques des professeurs reposent sur la pédagogie différenciée, l’apprentissage par compétences (donner un sens aux savoirs et les rendre plus indélébiles), le travail en projet, la formation par petits groupes d’élèves,…Le principe est de permettre à l’élève de devenir un initiateur et un instigateur de recherches et de travaux d’exploitation, notamment grâce aux nouvelles technologies d’information et de communication, à l’intervention fréquente de personnes-ressources extérieurs, et à l’observation de phénomènes in situ.

Dimanche, 18 février 2007

Accompagnement à la scolarité dans les lycées professionnels de la Lorraine

Le Conseil Régional et l’Université Paul Verlaine – Metz viennent de s’associer pour la mise en place d’un nouveau dispositif d’accompagnement à la scolarité des élèves des lycées professionnels (LEP).



Ce dispositif vise un public en difficulté scolaire, à qui il est souvent nécessaire de redonner confiance, et de réconcilier avec l’Ecole, pour qu’il prenne conscience de toutes ses potentialités et ait envie de s’investir dans la réalisation d’un projet personnel et professionnel.



Cette année, trois lycées professionnels de la Moselle, placés en Zone d’Education Prioritaire, ont accepté de s’engager à titre expérimental dans ce nouveau dispositif : 15 lycéens volontaires, tous en classe de terminale, bénéficieront de cours de soutien en mathématiques en vue de la préparation à l’examen du CAP (Certificat d’Aptitude Professionnelle) prévu en juin 2007.



Ces séances de tutorat sont assurées (bénévolement) par les étudiants de l’Université Paul Verlaine – Metz se destinant au professorat des écoles (en échange d’une prise en compte de leur investissement dans le barème d’admission en première année d’IUFM – préparation au concours).



Ces étudiants suivent pour cela une formation spécifique en pédagogie et didactique, financée par le conseil régional, et animée par un intervenant de l’IUFM de Lorraine : la première séance qui s’est tenue la veille des vacances de février, portait sur les contenus et les objectifs des programmes de mathématiques en LEP. Déjà, d’autres étudiants de l’Université ont spontanément fait part de leur souhait de participer à ce dispositif !



Si le bilan de cette fin d’année scolaire s’avérait positif, la démarche serait étendue dans d’autres LEP et pour d’autres disciplines (certainement, en français, anglais et allemand) dès la prochaine rentrée scolaire. Espérons donc la réussite au rendez-vous !

Dimanche, 21 janvier 2007

Journée d'orientation au lycée Teyssier à Bitche

Aujourd’hui, l’amicale des anciens élèves du lycée Teyssier de Bitche a organisé sa matinée annuelle d’orientation, une rencontre qui permet aux anciens de raconter leur parcours et leurs expériences aux plus jeunes. De nombreux métiers et filières ont ainsi pu être présentés : - les classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs - les filières universitaires (scientifiques et littéraires) - les filières franco-allemandes - les métiers de la santé (médecin, infirmier, orthophoniste, etc.) - les métiers de l’armée - les métiers de l’enseignement, naturellement représentés par l'IUFM de Lorraine.

Dimanche, 12 novembre 2006

Plus de sections européennes dans les collèges et lycées !

Parce que l’Europe devient une réalité de plus en plus tangible, la maîtrise d’une langue européenne se révèle un véritable facteur d’ouverture et d’insertion sociale et professionnelle.



Dans ce contexte, les orientations ministérielles proposent que la construction de l’Europe commence dans les écoles : l’enseignement des langues vivantes étrangères à l’école doit être renforcé et le sentiment chez les jeunes, futurs citoyens européens, d’appartenir à cet ensemble de peuples et de nations doit être favorisé.



C’est ainsi que pour améliorer l’enseignement des langues étrangères en France et plus particulièrement les compétences des élèves à la communication orale, les sections européennes créées en 1992 se sont inscrites dans une politique d’intégration de l’apprentissage des langues étrangères dans l’enseignement d’une discipline non linguistique. Ces classes visent en effet, à préparer les futurs bacheliers à leur intégration dans des cursus européens. Elles commencent en classe de 4ème (exceptionnellement à partir de la 6ème) et consistent en un renforcement de l’enseignement dans la langue étrangère cible, et, à partir de la classe de 2nde, en un Enseignement d’une Matière par l’Intégration d’une Langue Etrangère (E.M.I.L.E., le nouveau sigle de la D.N.L. (Discipline Non Linguistique)). Il s’agit par exemple, pour un professeur d’Histoire et de Géographie, d’assurer un enseignement de sa discipline dans une langue étrangère.



L’objectif des sections européennes est de permettre à l’élève de renforcer ses aptitudes en langue étrangère, mais également découvrir la culture du pays concerné.



Aujourd’hui, alors que l’effectif de ces sections est appelé à s’accroître- il est prévu que le nombre de sections européennes au collège et au lycée augmente dans les prochaines années de 20 %-, il est essentiel de se préoccuper de la création d’un vivier de professeurs aptes à transmettre leur discipline dans une langue vivante étrangère. C’est pour répondre à ce besoin que le Ministère de l’Education Nationale a décidé, il y a deux ans, de mettre en place un examen à une certification dite « complémentaire » ayant pour objectifs de valider, d’une part la compétence linguistique de l’enseignant, et, d’autre part, la richesse du vocabulaire spécifique dans la langue étrangère lié à la discipline enseignée.



C’est ainsi, qu’en 2005-06, l’I.U.F.M. de Lorraine s’est trouvé être l’un des cinq I.U.F.M. de France à proposer une formation spécifique destinée aux professeurs des collèges et lycées stagiaires.



Nous ne pouvons que nous réjouir de telles initiatives qui, au final, n’ont pour seuls objectifs que de favoriser l’insertion dans la vie active et donc la construction de l’avenir de nos enfants, en leur permettant de mieux trouver place au sein de l’Europe.