Education et Formation des maîtres

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Tag - Développement durable

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Vendredi, 26 juin 2009

Quelle Education au Développement Durable ?

Les 16, 17 et 18 juin derniers, le château de la CASC a prêté ses murs séculaires au profit d'une manifestation d'envergure. Réuni pour débattre des enjeux et des perspectives de l’Education au Développement Durable (EDD), le réseau national des IUFM tenait là un rassemblement essentiel dont Florence Soriano-Gafiuk, directrice de l’IUFM de Sarreguemines et organisatrice de l'évènement, nous livre ici une analyse détaillée et synthétique.



Le Développement Durable, concept issu d'une tentative de réponse aux dommages inhérents à la nature de nos sociétés industrielles, est en soi sujet à controverses, puisqu’il se réfère à la notion de "développement", c'est à dire de "croissance", dans un contexte mondial de ruine écologique et d'épuisement général des ressources naturelles. Sous cet angle, on comprend sans peine que le développement durable, conception issue de réflexions politiques, puisse susciter la méfiance, voire la résistance de certains collègues enseignants. Vincent Borella, Président du Comité de Pilotage EDD de l’académie, rappelait ainsi la nécessité de ne pas tenir un discours de militantisme écologique à l’école. De fait, il s’agit avant tout d’éduquer aux choix et non d’enseigner des choix ! Dans un même ordre d'idées, Patrick Baranger, Président de la Conférence des Directeurs d’IUFM, s'interrogeait en des termes sans équivoque : "Jusqu’où l’Ecole a-t-elle le droit de prendre en charge l’ « idéologiquement chargé » ?". Incidemment, il est intéressant d’observer combien le mot « politique » s'est révélé brûlant, presque tabou, pendant toute la durée de ce congrès !



L’Education au Développement Durable, qui apparaît pour la première fois dans le Bulletin Officiel en 2007, résulte en fait du recentrage de l’Education à l’Environnement autour des valeurs anthropocentristes. Elle comprend des volets d’apprentissage par l’ « enseignement de » (les savoirs), d’éducation à visée comportementale (les éco-gestes) et, bien entendu, d’éducation au choix raisonné par l’action collective, grâce à la mise en œuvre de pédagogies du débat (participer à la vie de la cité) et de projets éducatifs à enjeux à la fois environnementaux, sociaux et économiques. Il faut bien comprendre que l’EDD s’inscrit dans la rupture de nos modèles pédagogiques, d’abord parce qu’elle s’appuie sur des savoirs incertains (alors que les enseignants sont formés à enseigner des vérités attestées), et ensuite parce qu’elle professe l’a-disciplinarité (alors que les universités françaises forment des spécialistes ultradiscipliniaires). C’est ainsi que dans les collèges et lycées, l’EDD semble ne rencontrer d'écho qu'auprès des professeurs de Sciences de la Vie et de la Terre, et d’Histoire & Géographie, alors que l’ensemble de la communauté éducative devrait contribuer à l’action, du fait de la responsabilité sociale des disciplines mais aussi des nombreux atouts d’une « Ecole intégrée dans la société ».



Ces échanges, particulièrement riches et féconds, ont finalement ouvert la voie à deux chantiers de réflexion, que le réseau national EDD se propose d'analyser et d'approfondir dans les prochains mois : la construction d'une didactique nouvelle, et la mise en place d’une formation des enseignants réservant une place de choix aux questions de l’EDD.

Lundi, 19 novembre 2007

Education au Développement Durable et à l’Environnement

En novembre 2005, j’ai eu la chance de pouvoir participer au colloque de l’Education au Développement Durable (EDD) et à l’Environnement, qui s’est tenu dans le Poitou (à Cerizay), cœur national de l’Ecologie tant en matière des pratiques et actions pédagogiques, que de recherche (avec par exemple, l’implantation de l’Institut de Formation et de Recherche en Education à l'Environnement, la multiplication des agendas 21 scolaires, et la création d’une multitude d’associations à mission éducative environnementale).



Ces quelques jours passés à Cerizay ont éveillé en moi tant d’émotion, que j’avais souhaité publier dans la foulée trois billets : le premier article est une alerte à la fragilité de la Planète, le second présente la notion de développement humain, et le dernier propose des mesures écocitoyennes aux municipalités (cf. rubrique "Actualités et politique" de ce blog).



C’est aussi à Cerizay que j’ai pu faire la connaissance de Joël RISSAT, Inspecteur de l’Education Nationale de l’Académie de Toulouse, auteur de divers manuels de Mathématiques, axés sur le développement durable et sur l’environnement, et qui m’a fait l’amitié de me transmettre un exercice mêlant Sciences exactes et Environnement, pour l’illustration de mon propre ouvrage dont la parution est prévue ce mois-ci.



Aujourd’hui, c’est suite au forum de l’école éco-responsable (Edition Lorraine Nord), qui s’est tenu le 14 novembre 2007, à l’IUFM de Lorraine, que je souhaite m’exprimer.



J’en profite pour féliciter et remercier les collègues qui ont placé toute leur énergie dans l’organisation de cette manifestation, et qui ont conduit le projet à une véritable réussite.



Si je mesure le bienfait des discours alarmistes, notamment ceux des personnalités médiatisées tels que Nicolas Hulot, dans la prise de conscience par la population de la fragilité de notre planète, je souhaiterais cependant mettre en garde des risques qui pourraient être encourus si des propos trop engagés étaient amenés à circuler dans les classes.

"L'Education au Développement Durable permet de sensibliser et de former les élèves pour en faire des citoyens responsables, actifs, capables de faire des choix et de se comporter en conséquence."



Soyons-en certains : l’Ecole ne doit pas céder au militantisme, au sentimentalisme ou au dogmatisme. Elle doit au contraire former à la démarche scientifique en éduquant en particulier, au doute et au principe de précaution.



L’Ecole doit amener les élèves à réfléchir, en se détachant des catastrophismes médiatiques, sur les valeurs du développement durable :

- assurer la renouvelabilité des ressources naturelles,

- veiller à la réversabilité de tous les phénomènes dont est victime notre planète,

- favoriser l’équité entre les peuples,

- œuvrer pour la solidarité entre les individus,

- défendre la démocratie

- et responsabiliser les citoyens.



Toute la difficulté est donc d’éduquer sans chercher à convaincre, autrement dit, de réussir à inscrire le développement durable dans les gestes quotidiens (trier ses déchets, réduire sa consommation d’énergie, optimiser l’emploi des matériels, ne pas gaspiller l’eau,…), de donner l’envie de s’engager avec énergie dans des actions (notamment partenariales) de protection de l’environnement et de développement durable, avec le souci permanent de développer chez les élèves l’esprit critique et la capacité de faire des choix. Pour cela, l’Education au Développement Durable doit pouvoir intervenir dans toutes les disciplines existantes, à des moments courants ou spécifiques (classes vertes, actions éducatives diverses, …).

Je terminerai ce billet en précisant que si de plus en plus d’établissements scolaires s’engagent dans une démarche d’agenda 21, notamment dans le Sud-Ouest et le Nord de la France, l’enseignement supérieur affiche en revanche un retard certain, qu’il est grand temps de rattraper !