Education et Formation des maîtres

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Lundi, 21 mai 2007

Vers une harmonisation des systèmes éducatifs européens

Afin de favoriser la mobilité professionnelle, facteur de réussite économique de l’Europe, il était essentiel de :

- renforcer l’enseignement des langues et le sentiment chez les jeunes d’être de futurs citoyens européens,

- faciliter la mobilité des étudiants en tentant d’harmoniser les systèmes d’enseignement européens.

En France, deux étapes de ce processus d’harmonisation peuvent être notées.

La première est la transformation progressive des cursus universitaires selon le schéma LMD (Licence – Master – Doctorat) réalisé dans le cadre de la construction de l'Espace européen de l'enseignement supérieur (dit Processus de Bologne), et dont l’objectif est de placer les systèmes nationaux diversifiés dans un cadre commun, et ainsi de faciliter les équivalences entre les diplômes (grâce aux ECTS).

La seconde est l’universitarisation de la formation des enseignants, dont le processus avait débuté en 1990 avec la création des IUFM, poursuit avec l’intégration des IUFM aux Universités, et devrait s’achever avec la masterisation de la formation initiale des maîtres.

Au niveau de l’enseignement des premier et second degrés, les difficultés semblent plus grandes en raison du souhait des européens de maintenir les spécificités de leur système éducatif qui donnent âme au peuple et renforcent le sentiment d’appartenance nationale.

Alors qu’en est-il vraiment des possibilités d’harmonisation?

Avant de répondre à cette question, nous allons rappeler la classification des systèmes éducatifs publiée par Francine VANISCOTTE :

1/ l’Ecole unique (Danemark, Suède, Norvège, Islande, Finlande)

L’Ecole unique des pays scandinaves prévoit le même enseignement pour tous les enfants et durant toute la durée de la scolarité obligatoire, soit jusqu’à l’âge de 16 ans. Elle attache la qualité de l’Education à l’épanouissement de l’enfant : les redoublements n’existent donc pas, et l’orientation vers une formation professionnelle n’est envisageable qu’au-delà de cette phase de scolarité obligatoire.

2/ L’Ecole polyvalente (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles, Irlande du Nord)

L’Ecole polyvalente ne prévoit pas un unique programme, mais toute une gamme de cours optionnels : les parcours des élèves sont donc personnalisés. Cette Ecole n’unifie pas le primaire et le secondaire comme pour les pays scandainaves, mais recherche une continuité entre le secondaire inférieur (collège) et le secondaire supérieur (lycée). Là aussi, l’orientation professionnelle n’est envisageable qu’au-delà de la scolarité obligatoire. Notons que l’Ecole polyvalente n’accueille que 90 % des enfants : le reste des élèves fréquente des écoles plus traditionnelles.

3/ L’Ecole à filières (Allemagne, Autrice, Luxembourg, Suisses, Pays-Bas et Belgique)

L’Ecole à filières repose sur l’orientation précoce, bien avant la fin de la scolarité obligatoire, destinée à favoriser l’insertion sociale et professionnelle. Les échanges avec le monde du travail sont donc très denses. L’exemple le plus significatif est celui de l’Allemagne qui prévoit une orientation des élèves dès l’âge de 10 ans, même si des passerelles sont possibles entre les différents cursus.

Dans tous ces pays, l’orientation professionnelle n’est pas comme en France ressentie comme une filière d’échec, mais au contraire est très valorisée.

4/ Le tronc commun (France, Italie, Espagne, Grèce, Portugal)

Pour les pays de tradition catholique (à l’exception de la Grèce qui est orthodoxe), la structure du système éducatif, connue pour osciller au gré des réformes, pourrait être à la fois vue comme un tronc commun et comme un compromis entre les autres types de systèmes, dans le sens qu’elle tend à répondre aux demandes sociales de qualité et d’équité, mais que les jeux d’options permettent les réorientations et les sélections. Cette catégorie de pays est caractérisée par l’importance accordée à l’évaluation.

F. VANISCOTTE conclut que la scolarité d’un petit danois et celle d’un petit allemand « sont donc bien différentes. L’un garde toutes les possibilités ouvertes jusqu’à l’âge de 16 ans, alors que l’autre voit son champ d’activités se rétrécir et se spécialiser très jeune. »

Malgré tout, des éléments de convergence existent et pourraient certainement conduire, sinon à une harmonisation structurelle ou organisationnelle des systèmes éducatifs européens, à la construction d’un cadre et d’un portfolio européens de savoirs et de compétences, comme nous en connaissons déjà la formule pour l’apprentissage des langues. Cette idée prend sens dans la mesure où les différents systèmes éducatifs européens ont des orientations communes :

- développer des programmes européens

- favoriser la maîtrise des nouvelles technologies de communication et d’information

- favoriser l’enseignement des langues et les échanges éducatifs avec l’étranger

- ouvrir l’Ecole vers le monde extérieur, et en particulier vers le monde du travail.

Le défi s’annonce donc immense, mais passionnant…

Jeudi, 22 février 2007

Regard sur deux écoles belges

En tant que responsable des relations internationales de l’IUFM de Lorraine, je peux témoigner que l’observation et l’étude de systèmes éducatifs étrangers permettent, par l’effet de miroir, de porter un nouveau regard sur les modes de fonctionnement français.



Dans ce billet, nous plongeons dans l’univers de deux établissements du second degré belges dont les projets illustrent l’importance d’un espace d’initiatives pour la mise en œuvre d'une pédagogie adaptée au public local.



Le premier est l'Athénée Royal Da Vinci, à Bruxelles. Il peut accueillir des enfants en très grande difficulté, analphabètes, ou encore, néo-arrivants connaissant peu ou pas du tout le français.



Le seconde est l’Ecole du Futur, à Mons. Son public est plus traditionnel, voire favorisé.



Malgré tout, ces deux écoles prônent la mixité sociale, en cohérence même avec leur projet d’établissement dont les axes sont similaires et visent à permettre à l'élève de devenir un adulte responsable, à favoriser son autonomie, développer sa curiosité intellectuelle, son sens critique, son esprit de coopération, ses capacités d'analyse et de raisonnement, mais aussi de créativité.



En revanche, les moyens de mise en œuvre diffèrent en raison même des profils des élèves.



A travers ces deux exemples, nous allons illustrer qu'un projet d'établissement ne peut prendre vie que s'il tient compte du profil des usagers, de l'implantation géographique de l'école, et bien entendu, de la force d'engagement des enseignants. Sur ce dernier point, il est clair que les professeurs seront plus facilement porteurs s'ils ont été sollicités dans l'élaboration même du projet : l'école doit donc entrer dans une démarche participative, aussi bien au niveau des élèves qu'à celui des enseignants.



Les questions qui peuvent aussi être soulevées concernent les objectifs globaux de formation, autrement dit, le but véritable de l'Ecole : est-ce de préparer à l'entrée à l'université ? Ou plus largement, de créer des adultes responsables qui sauront trouver leur place dans la société d'aujourd'hui ? Dans ce cas, ne faudrait-il pas en parallèle changer notre propre regard sur les métiers manuels en particulier, et toute notre vision de l'intelligence en général ?



L’école Da Vinci à Bruxelles

Cette école se structure comme une véritable communauté éducative dans laquelle le bien-être et l’épanouissement de l’élève est l’une des principales orientations.



Toutes les activités visent à favoriser une dynamique de changement, de participation, de coopération et de remise en question permanente afin de permettre aux jeunes de devenir de véritables acteurs de leur formation et de futurs citoyens responsables.

Trois axes se dégagent :
  • la connaissance de l’autre : apprentissage de la diversité culturelle et de la cohésion sociale (activités communes), travail de l’écoute de l’autre, …
  • la connaissance de soi : parcours individuels, activités sportives (notamment en football), d’expression et de créativité, …
  • la connaissance du monde : éducation aux médias, à la santé, à l’environnement, …


Dans ce cadre, l’Athénée Da Vinci encourage les activités favorisant une réconciliation de l’élève avec l’Ecole, en organisant des activités extrascolaires ou transdisciplinaires en partenariat avec le monde extérieur, et en luttant contre l’échec scolaire. Par exemple, l’établissement a mis en place :


  • des classes passerelles : celles-ci accueillent des jeunes ne parlant pas ou peu le français voire complètement analphabètes. Les objectifs pédagogiques visés sont alors : acquérir un niveau en français suffisant pour pouvoir être intégré dans la classe et profiter des enseignements, mais aussi, apporter les ressources linguistiques et relationnelles nécessaires pour subvenir aux besoins dans la nouvelle société qu’ils doivent appréhender.
  • un tutorat : afin de faciliter la réussite des élèves en difficulté d’apprentissage, une école des devoirs, encore appelée Dispositif d’Accrochage Scolaire, a été créée. La philosophie centrale est d’apprendre aux élèves à apprendre afin de les rendre au plus vite autonomes.


L’école du Futur à Mons

L’école du Futur a pour projet de respecter les rythmes de travail, de permettre à chaque élève de se réaliser humainement et de concrétiser son projet de vie, tout en lui permettant d’atteindre son plus haut niveau de compétences.



Les moyens utilisés peuvent paraître innovants : il n’est plus question de saucissonner les différentes matières en heures de cours Et « l’austère bureau surélevé du professeur disparaît, de même que les antiques bancs alignés en rangée jusqu’au fond de la classe. Ici, le demi-cercle formé par le mobilier moderne offre un panorama plutôt futuriste, complété par une série d’ordinateurs qui trônent dans la halle centrale. »



La méthode scolaire est également très différente : les programmes sont abordés à travers cinq thèmes (par exemple, l’aviation, l’eau, l’actualité, la socialisation et le théâtre). Ce choix pédagogique permet d’approcher les matières traditionnelles via des chassés-croisés interdisciplinaires et transdisciplinaires. L'enseignement vertical habituel laisse la place à un apprentissage horizontal. - Pour cela, les pratiques des professeurs reposent sur la pédagogie différenciée, l’apprentissage par compétences (donner un sens aux savoirs et les rendre plus indélébiles), le travail en projet, la formation par petits groupes d’élèves,…Le principe est de permettre à l’élève de devenir un initiateur et un instigateur de recherches et de travaux d’exploitation, notamment grâce aux nouvelles technologies d’information et de communication, à l’intervention fréquente de personnes-ressources extérieurs, et à l’observation de phénomènes in situ.

Lundi, 18 décembre 2006

L'enseignement des langues au Grand-Duché du Luxembourg

Compte-rendu de l’étude menée par le conseil de l’Europe



Au Grand-Duché du Luxembourg, le trilinguisme actuel (allemand, français et luxembourgeois) a pour objectif de tirer les conséquences de l’environnement du pays sur le plan économique, culturel et politique, et de se différencier en même temps de ses voisins.



Les trois langues ont en fait un usage très complémentaire : le luxembourgeois est gage d’intégration, le français est la langue de la législation, alors que dans les secteurs de l’administration et de la justice, l’emploi des trois langues est possible.



Les besoins de compétences linguistiques sont en fait plus largement diversifiés, d’abord pour favoriser la mobilité professionnelle et donc la réussite individuelle (l’anglais est officiellement considéré comme la première langue étrangère), mais aussi pour répondre au fort taux d’immigrés (38,6 % d’étrangers : portugais, italiens, français, belges, allemands, britanniques, néerlandais, et autres) et à l’importante présence de travailleurs frontaliers (36,6 % des personnes travaillant au Luxembourg).



Dans ce contexte, le poids de l’enseignement des langues est important : plus du tiers du temps scolaire est consacré à l’enseignement des trois langues dès l’école primaire, auquel il faut ajouter l’apprentissage de l’anglais dès la seconde classe de l’enseignement du second degré.



Pour mieux comprendre les effets de l’enseignement des langues au Grand-Duché, nous nous proposons de synthétiser ci-dessous la progression des apprentissages : à chaque cycle est introduite une nouvelle langue véhiculaire.



Pré-scolarité : le luxembourgeois est la langue véhiculaire ; ce qui permet aux enfants non luxembourgeois de se familiariser avec cette langue.



Cycle primaire :

  • L’allemand devient la langue véhiculaire pour la plupart des disciplines.
  • Le luxembourgeois est surtout utilisé pour les activités artistiques ou sportives.
  • Le français est enseigné comme matière d’enseignement.


Cycle secondaire :

  • Le statut du luxembourgeois devient marginal.
  • L’allemand reste, durant les trois premières années, la langue d’enseignement de quelques disciplines.
  • Le français devient peu à peu la langue d’instruction de toutes les disciplines. Il est la langue véhiculaire.


Si ce système scolaire connaît des réussites exemplaires, il est également facteur d’échec pour une grande partie d’élèves qui doivent maîtriser les langues d’instruction alors que celles-ci peuvent, pour une même discipline, changer plusieurs fois au cours de la scolarité. Comme de plus, les notes en langues jouent un rôle décisif à côté de celles de mathématiques, 20 % des élèves sont conduits à quitter l’école sans qualification.



D’autres causes d’échec ont été pointées : - La prise en compte des situations individuelles des élèves est absente. En effet, les jeunes romanophones (italiens, portugais) ont un niveau faible en allemand mais convenable en français, alors que pour les jeunes luxembourgeois, la situation inverse est observée. - Pour les enfants étrangers, la barrière linguistique est trop haute : un tiers des élèves ne parlent pas ni le luxembourgeois, ni l’allemand dans leur milieu familial. Ils se retrouvent donc en difficultés dès les premières années de leur scolarité. - Il est attendu que chaque élève puisse en fin de scolarisation atteindre les standards propres à une langue maternelle pour chacune des trois langues. La représentation « équilingue » du trilinguisme est source de nombreux échecs, alors qu’elle ne correspond pas aux besoins réels (tant pour la poursuite des études à l’étranger, que pour l’exercice d’activités dans le milieu de l’entreprise). De plus, elle ne tient pas compte de la priorité de formation aux compétences orales, et induit une évaluation négative, c’est-à-dire qui tend à comparer les acquis linguistiques des élèves en lien avec les compétences de locuteurs natifs, au lieu de porteur valeur à la progression de l’élève (apprentissage par compétences).



La Lorraine va former les enseignants luxembourgeois



Suite à l’étude menée par le Conseil de l’Europe, le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation professionnelle du Luxembourg met en réflexion son système éducatif, et souhaite en particulier s’engager dans de nouvelles orientations de formation de ses enseignants. C’est ainsi que l’IUFM de Lorraine vient d’être sollicité pour la mise en place d’un plan de formation pluriannuel des maîtres luxembourgeois du premier et du second degré, qui viserait l’enseignement du français comme langue étrangère, basé sur l’apprentissage par compétences centrées sur l’élève et non sur les programmes, et dont l’un des objectifs serait de favoriser l’égalité des chances pour tous (sexe, couche sociale, nationalité, etc.). La collaboration deviendra effective à la prochaine rentrée. L'Université du Luxembourg : elle est chargée de la formation initiale des maîtres

Dimanche, 12 novembre 2006

Plus de sections européennes dans les collèges et lycées !

Parce que l’Europe devient une réalité de plus en plus tangible, la maîtrise d’une langue européenne se révèle un véritable facteur d’ouverture et d’insertion sociale et professionnelle.



Dans ce contexte, les orientations ministérielles proposent que la construction de l’Europe commence dans les écoles : l’enseignement des langues vivantes étrangères à l’école doit être renforcé et le sentiment chez les jeunes, futurs citoyens européens, d’appartenir à cet ensemble de peuples et de nations doit être favorisé.



C’est ainsi que pour améliorer l’enseignement des langues étrangères en France et plus particulièrement les compétences des élèves à la communication orale, les sections européennes créées en 1992 se sont inscrites dans une politique d’intégration de l’apprentissage des langues étrangères dans l’enseignement d’une discipline non linguistique. Ces classes visent en effet, à préparer les futurs bacheliers à leur intégration dans des cursus européens. Elles commencent en classe de 4ème (exceptionnellement à partir de la 6ème) et consistent en un renforcement de l’enseignement dans la langue étrangère cible, et, à partir de la classe de 2nde, en un Enseignement d’une Matière par l’Intégration d’une Langue Etrangère (E.M.I.L.E., le nouveau sigle de la D.N.L. (Discipline Non Linguistique)). Il s’agit par exemple, pour un professeur d’Histoire et de Géographie, d’assurer un enseignement de sa discipline dans une langue étrangère.



L’objectif des sections européennes est de permettre à l’élève de renforcer ses aptitudes en langue étrangère, mais également découvrir la culture du pays concerné.



Aujourd’hui, alors que l’effectif de ces sections est appelé à s’accroître- il est prévu que le nombre de sections européennes au collège et au lycée augmente dans les prochaines années de 20 %-, il est essentiel de se préoccuper de la création d’un vivier de professeurs aptes à transmettre leur discipline dans une langue vivante étrangère. C’est pour répondre à ce besoin que le Ministère de l’Education Nationale a décidé, il y a deux ans, de mettre en place un examen à une certification dite « complémentaire » ayant pour objectifs de valider, d’une part la compétence linguistique de l’enseignant, et, d’autre part, la richesse du vocabulaire spécifique dans la langue étrangère lié à la discipline enseignée.



C’est ainsi, qu’en 2005-06, l’I.U.F.M. de Lorraine s’est trouvé être l’un des cinq I.U.F.M. de France à proposer une formation spécifique destinée aux professeurs des collèges et lycées stagiaires.



Nous ne pouvons que nous réjouir de telles initiatives qui, au final, n’ont pour seuls objectifs que de favoriser l’insertion dans la vie active et donc la construction de l’avenir de nos enfants, en leur permettant de mieux trouver place au sein de l’Europe.

Vendredi, 11 novembre 2005

Parler l'allemand, un atout pour la réussite professionnelle

Parce que l’Allemagne est « championne » du commerce international, parce que la France et l’Allemagne sont les premiers partenaires économiques l’un de l’autre, la maîtrise de l’allemand devient un atout important sur le marché de l’emploi. Il est vrai que la maîtrise de l’anglais est attendue par les employeurs, mais c’est sur la seconde langue que se joue finalement le recrutement. Et dans le contexte économique actuel, l’allemand s’avère être la langue la plus sollicitée.



Malheureusement, trop peu de personnes avec un profil à la fois bilingue et biculturel se présentent sur le marché de l’emploi. Peut-être parce que l’allemand est réputée langue difficile. Peut-être parce que l’allemand a par son enseignement une représentation sociale négative. Peut-être parce que le choix de l’allemand a longtemps été une stratégie de reconstitution de filière. Peut-être parce que les médias ne présentent pas suffisamment une image culturelle attirante de l’Allemagne.



Une politique de relance de l’allemand est depuis plusieurs années appliquée en France, et plus particulièrement en Lorraine. Elle exige un travail :

- sur la didactique de l’allemand (approche par des situations de communication authentiques, approche par la tâche,…)

- sur les rythmes d'apprentissage (au moins cinq heures par semaine sur un temps court plutôt qu’un enseignement homéopathique sur de nombreuses années) et sur la formation des adultes

- sur les structures et sur les dispositifs spécifiques : Voie Spécifique Mosellane, écoles et collèges biculturels, classes bi-langues, sections européennes, ABIBAC, Bac plus, cursus intégrés de l’Université Franco-Allemande, etc. Les principes de toutes ces structures reposent sur le renforcement du volume horaire de l’allemand, la multiplication des partenariats et des échanges avec l’Allemagne, le travail sur la culture, l’histoire des deux pays, l’identité et la citoyenneté européenne, et surtout sur l’enseignement de disciplines non linguistiques en allemand.

- de sensbilisation à la culture de l'autre pays

- de communication sur l'intérêt économique des choix de langue.

Mais si tous les arguments (en particulier économiques), très fortement rationnels, ne produisent pas les effets recherchés, c'est tout simplement parce qu'un élève ne chosit pas une langue vivante étrangère pour les raisons économiques mais pour son intéret pour la culture du pays - car su jusqu'à la Sixième, ce sont les familles qui choisissent pour l'enfant la Langue Vivante, à partir de la Quatrième, c'est l'élève qui prend cette décision (naturellement en accord avec l'avis des parents).



En conclusion, si nous souhaitons vraiment mettre en place une politique de relance de l’allemand, nous devons d’abord veiller à travailler sur une image attirante de l’Allemagne, du franco-allemand et de la construction européenne.