Le cahier des charges de la formation des maîtres suscite au sein des IUFM de nombreuses interrogations, puisqu’y est désormais introduit le concept de compétences professionnelles.

1/ Les bonnes questions

Les questions qui viennent sont :

  • Comment former par compétences ?
  • Comment évaluer ces compétences ?
  • Comment aider le stagiaire à construire ses compétences ?
  • Quels dispositifs de formation mettre en place ?
  • Comment mobiliser des compétences dans des contextes particuliers ?
  • Quelle formation de formateurs prévoir ?

2/ La formation par compétences

Même si le concept de compétences rencontre les réticences de nombreux formateurs, il est important de réussir à rendre opératoire ce concept dans le propre système de pensées et d’actions des IUFM, et donc de commencer à se saisir de cette nouvelle orientation de formation dont l’une des caractérisations est d’être plus indélébile, en recourant moins à la mémorisation et à la transmission de savoirs, et davantage à la construction par l’expérience du savoir-agir dans un monde du travail exigeant qui met en scène des situations de plus en plus complexes.

Les compétences nécessaires à l’exercice du métier évoluent en effet avec le temps, mais dépendent aussi d’aspects contextuels très variés. Elles doivent donc sans cesse se reconstruire, se réorienter, se compléter ... Et par suite, elles ne peuvent constituer que des pistes d’orientation pour l’élaboration d’un curriculum de formation des maîtres.

3/ La problématique de l’évaluation par compétences

Dans ce processus de professionnalisation, l’évaluation tendrait à tout figer si aucun changement de culture n’était opéré dans les esprits des professeurs stagiaires qui visent généralement la certification plutôt que la construction de leurs compétences.

Comme nous le savons, le référentiel métier publié dans le nouveau cahier des charges de la formation des maîtres se présente sous la forme d’une liste de dix compétences exigibles pour l’exercice du professorat, et est, avouons-le, totalement inaccessible pour un enseignant débutant. C’est pour cette raison qu’un référentiel formation qui hiérarchiserait toutes ces compétences et fixerait à chaque fois le degré de compétences attendu (on parle de la hauteur du curseur) devrait/pourrait être introduit.

La complexité de l’évaluation des professeurs stagiaires ne va cependant pas s’arrêter là. En effet, si une activité professionnelle mobilise forcément plusieurs compétences, l’ensemble des activités professionnelles sur lesquelles un stagiaire pourrait être évalué ne mobilisera pourtant pas toutes les compétences professionnelles exigibles. L’exemple le plus frappant est celui de la compétence « agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable » dont seule la non acquisition peut réellement être notée par le formateur évaluateur.

Une compétence se révèlerait donc comme une référence d’évaluation, mesurable plus au travers de traces et d’indices que de paramètres réellement observables. Et seul le croisement de plusieurs regards d’experts pourra permettre une évaluation raisonnablement objective des professeurs stagiaires.

Dans ce processus évolutif de professionnalisation, la tâche du formateur devient de plus en plus complexe et exige une disponibilité de plus en plus grande (alors que dans le contexte actuel de l’universitarisation des IUFM, seul le temps présentiel est reconnu). Deux problèmes émergent donc :

  • la nécessité d’une formation des formateurs des IUFM, portant par exemple, sur les écrits professionnels
  • et la valorisation du métier de formateur.

NB

Cet article a été rédigé à mon retour de l’Ecole d’été des IUFM qui vient de se tenir à Colmar.