Education et Formation des maîtres

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Jeudi, 19 juillet 2007

La charte nationale d’Education et de Formation au Royaume du Maroc

« Le système éducatif du Royaume du Maroc se fonde sur les principes et les valeurs de la foi islamique. Il vise à former un citoyen vertueux, modèle de rectitude, de modération et de tolérance, ouvert à la science et à la connaissance et doté de l'esprit d'initiative, de créativité et d'entreprise. »

Avant de m’envoler vers le Sud de la France, j'aimerais ajouter quelques précisions à mon billet relatif au système éducatif du Royaume du Maroc, au sujet duquel un certain nombre de lecteurs marocains m'ont fait l'amitié de me faire parvenir des compléments d'information, m'indiquant notamment que mon texte reflète plutôt une situation assez ancienne, et ne rend pas totalement justice aux efforts exceptionnels consentis par le Maroc dans le domaine de l'éducation.

En effet, depuis 1999, année de la promulgation de la charte nationale de l'éducation et de la formation, le Maroc place l'éducation nationale au rang de seconde priorité nationale, et engage pour cette mission près de 30% du budget national (contre 7% en France).

Le pays tend vers une généralisation de la scolarisation. Ainsi dans le primaire, le taux dépasse les 90% grâce à la construction de nouvelles écoles (notamment en milieu rural) et à l'appui social mis en place en direction des élèves des milieux défavorisés qui bénéficient désormais de bourses et de services de restauration.

Toujours concernée par tout ce qui touche au statut de la femme, je tiens à souligner les efforts constants visant à favoriser la scolarisation des filles en milieu rural.

D'autre part, le Maroc a compris l'intérêt d'accorder une attention toute particulière à l'éducation préscolaire, dans la mesure où l'on sait aujourd'hui combien celle-ci a une incidence directe sur l'éducation primaire dispensée ultérieurement aux enfants concernés. Sensible aux études menées par l'Unicef et l'Unesco, le Maroc étudie dans cette perspective les possibilités de mettre en œuvre, dans des délais réduits, une série de mesures très ciblées en faveur de l'éducation de la petite enfance.

Par ailleurs, l’Etat marocain a choisi de mener une politique de décentralisation et de déconcentration administratives, considérant la nécessité d’adapter l’éducation et la formation aux besoins régionaux et locaux. Les académies actuelles ont donc été réorganisées et érigées en autorités régionales d’éducation et de formation, dotées de moyens humains et matériels.

Parallèlement, on assiste à une démocratisation de la gestion des établissements scolaires puisque des représentants des élèves et des familles siègent désormais dans les conseils de gestion et d'administration.

L'obligation faite d'utiliser le manuel "unique" disparaît au profit d'une libération de la créativité pédagogique (production locale d’outils pédagogiques et de matériel didactique) en vue d’une meilleure adaptation des programmes et méthodes d’enseignement aux réalités et contextes locaux.

La refonte des curricula de formation renforce ces orientations puisqu’outre le socle national de connaissances et de compétences, elle prévoit une formation au cadre de vie régional et aux affaires locales, ainsi qu’une palette d’enseignements optionnels proposés par l'école elle-même (soutien pédagogique, activités parascolaires, enseignements d'ouverture,…).

Enfin, les efforts particuliers apportés en réponse à la problématique de la "qualité" de l’enseignement, qui passe entre autres par l’intégration des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) dans la réalité de l’école (formation à distance, accès aux ressources documentaires, activités d’apprentissage diverses,…), visent l'amélioration du rendement du système éducatif du royaume.

Les gros efforts consentis et les mesures audacieuses imaginées et mises en œuvre ont donné d'emblée des résultats tangibles tout à fait remarquables, et servent déjà d'exemples à d'autres pays désireux de moderniser leurs systèmes éducatifs. La forte volonté politique qui sous-tend ces initiatives force le respect, et je salue avec intérêt et enthousiasme ce grand mouvement de réformes, qui s'inscrit dans un esprit global de développement et de démocratisation.

Lundi, 26 mars 2007

L’Université française boycottée par les élèves des lycées français à l’étranger…

Le Ministère des Affaires Etrangères, et le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont signé en décembre une convention avec les trois conférences d’établissements d’enseignement supérieur, pour tenter de promouvoir les Centres pour les Etudes en France (CEF), désormais connus sous l’appellation Campus France, et dont la principale mission est d’améliorer l’accueil et de faciliter les démarches des étudiants étrangers qui souhaitent poursuivre leurs études en France, et ainsi de répondre au défi de la concurrence à l’échelle mondiale des établissements d’enseignement supérieur en renforçant l’attractivité de leurs formations.

Au premier abord, la France peut se réjouir de ses activités d’accueil d’étudiants étrangers, puisque elle vient d’être placée au troisième rang mondial, derrière les États-Unis et la Grande-Bretagne. Elle accueille près de 265 000 étudiants étrangers (soit environ 11 % de la population étudiante nationale).

Pourtant, d’autres chiffres, même si les ordres de grandeur sont sans comparaison à ceux qui viennent d’être affichés, doivent conduire à une réflexion.

Quels sont ces chiffres ?

La mission des 675 établissements scolaires français à l’étranger est de scolariser les enfants des expatriés, mais aussi de contribuer au rayonnement de la culture et de la langue française.

Dans ces établissements, le niveau des élèves est, nulle surprise, particulièrement bon : le taux de réussite au baccalauréat est de 93,5 %.

S’il est naturel de penser que ces néo-bacheliers pourraient projeter d’effectuer leurs études supérieures en France, force est de constater que près de deux tiers de ces jeunes choisissent un autre pays, tout simplement parce que l’image de l’Université française ne les attire pas.

Pourquoi une telle image ?

J’évoquerai quatre principales raisons.

1/ En France, l’Université est la seule filière d’enseignement supérieur ouverte : elle est donc mise en concurrence avec des filières fermées ou sélectives (les classes préparatoires, les BTS, les grandes écoles, les facultés privées, ...). C’est dans ce premier jeu d’opposition entrée sélective / entrée non sélective que se joue une partie de l’attractivité de l’Université.

2/ Le second handicap de l’Université française provient des moyens humains et financiers insuffisants qui sont alloués à la Recherche et à l’Enseignement Supérieur.

3/ Tous les ans, le classement, publié par l’Université de Shanghai, des 500 premières universités du monde est un véritable crève-cœur : sur les 100 premières universités, 4 seulement sont françaises. Ce classement, dont la méthodologie est très discutable, nuit considérablement à l’image de l’Université française.

4/ Les faits excessivement relatés par les médias dans le monde entier lors des situations de crise que connaissent parfois les universités françaises, dont l’exemple le plus récent est le mouvement national de contestation contre le CPE, assombrissent considérablement l’image de notre système d’enseignement supérieur.



Que faire ?

Si nous souhaitons sensibiliser et intéresser les élèves des établissements français à l’étranger, nous devons agir :

  • localement, en créant des relais entre les établissements français à l’étranger et l’Université française. Si le rôle associatif de Campus France peut peut-être contribuer à un tel projet, il est patent que la dimension humaine aura plus d’impact : des délégués doivent se déplacer dans chaque lycée français à l’étranger.
  • nationalement, en travaillant sur l’image de l’Université française (renforcer les liens avec les entreprises, promouvoir l’innovation, mais surtout, restructurer l’enseignement supérieur et la recherche de sorte que l’émiettement des forces savantes françaises soit évité). La création des PRES et la fusion de certaines universités - telle Nancy 1 et Nancy 2 qui deviennent Nancy Université à défaut d’une université lorraine qui aurait alors compté l’Université Paul Verlaine – Metz – constituent en ce sens une première étape.

De telles mesures agiraient positivement sur le choix d’orientation des néo-bacheliers issus des lycées français à l’étranger.

Dimanche, 25 mars 2007

Si vous souhaitez enseigner à l'étranger...

Depuis la mise en place du système LMD, les étudiants de l’Université doivent élaborer dans le cadre d’unités d’enseignement leurs projets personnel et professionnel, et en particulier, construire un parcours pertinent en vue de concrétiser ce projet.

A cette occasion, il est constaté que de nombreux jeunes se destinent à l’enseignement à l’étranger. C’est pour répondre aux questions de tous ces jeunes que j’ai souhaité rédiger ce texte.

Découvrir les réseaux des établissements français à l’étranger

Les établissements scolaires français à l’étranger ont deux principales missions :

  • scolariser les enfants des expatriés français : les élèves de ce type d’établissements sont donc souvent issus de couches favorisées, même si certains peuvent être issus de milieux plus modestes et être boursiers.
  • contribuer au rayonnement de la culture et de la langue française.

Il existe 675 établissements français à l’étranger, rassemblant au total 24 000 élèves, qui sont implantés dans 130 pays - notamment, le Maroc, la Tunisie, Madagascar, …et plus généralement, toutes les anciennes colonies, mais aussi, l’Allemagne (suite de l’occupation) et enfin l’Espagne (conséquence du régime de Franco).

Les deux principaux réseaux sont :

auxquels viennent s’ajouter diverses autres associations.

Candidater dans un établissement français à l’étranger

Les enseignants de ces établissements ont trois statuts possibles :

  • le statut d’expatrié
  • le statut de résident
  • le statut de contractuel local.

1/ Le statut d’expatrié (5 % des enseignants)

Ces postes sont de loin les plus prisés : les avantages sont nombreux (indemnités de frais de séjour, salaire doublé, impôt sur les revenus moindre, …). Le nombre de postes mis au concours a diminué de 20 % en huit ans. Le candidat doit être nécessairement titulaire de l’Education Nationale. S’il est recruté, il l’est seulement pour une durée maximale de 5 ans, à l’issue de laquelle il a pour obligation de retourner sur le territoire français.

Comment candidater ? Les postes sont publiés sur le Bulletin Officiel aux alentours du mois d’octobre.

2/ Le statut de résident (34 % des enseignants)

Même si les avantages ne sont pas aussi nombreux que les expatriés, les postes à statut de résident restent très convoités : le salaire du professeur est augmenté de 35 %. Le nombre de postes mis au concours est en augmentation. Le candidat doit être nécessairement titulaire de l’Education Nationale. Et s’il est recruté, il l’est pour une durée maximale de 5 ans. Une reconduction de trois ans peut être demandée. Puis le retour sur le territoire français est imposé.

Comment candidater ? Les candidatures sont adressées de façon spontanée auprès des chefs d’établissement, de préférence vers le mois de janvier. La liste des établissements de l’AEFE et de la Mission Laïque Française peut être trouvée sur les sites de ces deux associations.

3/ Le statut du contractuel local (61 % des enseignants)

Ces postes sont déconseillés, notamment pour les collègues titulaires de la fonction publique : le professeur recruté devient vacataire. A ce titre, les années d’exercice à l’étranger ne sont pas prises en compte pour l’avancée dans la promotion : l’échelon du collègue peut donc évoluer lors du séjour à l’étranger, mais reviendra à son niveau initial au retour sur le territoire français.

Le nombre de postes mis au concours est en augmentation, alors que les candidats sont en nombre insuffisant. Ces contrats sont à durée indéterminée.

Comment candidater ? Les modalités de recrutement sont les mêmes que celles précédemment données.

Quelque soit le type de poste, lors du recrutement, les formations en FLE (Français Langue Etrangère) des Universités, les stages pédagogiques à l’étranger et les modules « Echanges éducatifs internationaux » (souvent existants dans l’offre de formation des IUFM) sont positivement pris en compte.

Exercer dans un établissement français à l’étranger

Les programmes

Les contenus des programmes sont les mêmes que ceux enseignés sur le territoire français.

Les parents

Comme dans tout établissement privé, les parents paient des frais d’inscription (ici, très élevés), et estiment donc avoir un droit de regard sur tout le fonctionnement de l’école. La pression exercée sur les enseignants par les parents, et donc l’Ambassade, est très forte. Assiduité, ponctualité, travail, rigueur des enseignants sont de grande mise : l’expulsion peut menacer !

Les élèves

Les élèves sont très plaisants : disciplinés et d’un très bon niveau (93,5 % de réussite au baccalauréat). Si la plupart sont des enfants d’expatriés, certains peuvent être des natifs locaux.

Les moyens

Si les moyens humains sont très satisfaisants, les locaux peuvent être délabrés, et les équipements insuffisants.

La gestion de l’établissement

La gestion peut être :

  • directe (donc pilotée par l’Etat français) - cas de 73 établissements
  • conventionnée sous contrat – cas de 178 établissements
  • homologuée (établissement privé hors contrat) : le personnel enseignant doit inclure au moins un titulaire de l’Education Nationale – cas de 155 établissements
  • en « électron libre » - cas de 24 établissements.

Quelque soit le statut du professeur, quelque soit le mode de gestion de l'établissement français à l’étranger, le regard de ce collègue sur les pratiques professionnelles françaises ne sera plus jamais le même.

Enseigner à l’étranger est une expérience très enrichissante tant sur le plan personnel que professionnel !

Jeudi, 15 mars 2007

Pour la réussite nationale des relations internationales des IUFM

Les échanges internationaux des IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) répondent à une demande ministérielle forte visant la construction de l’Europe, et de façon plus générale, la mondialisation. Dans ce cadre, l’apprentissage des langues vivantes et la mobilité des enseignants revêtent une importance toute particulière.

Malgré la complexité de mise en œuvre de ces échanges, générée par la rencontre de deux logiques opposées (logique de formation et logique de gestion), les services des relations internationales se sont montrés remarquablement efficaces et innovants.

Toutefois, l’introduction à la rentrée 2006 du stage filé est venue fragiliser ces actions, en tendant à marginaliser les stages à l’étranger. Malgré les nombreuses alternatives trouvées par les IUFM, il est aujourd’hui possible d’enregistrer une diminution globale, aussi quantitative que qualitative, de ces stages.

A partir du modèle des échanges franco-britanniques - qui semblent protégés par les accords ministériels entre les deux pays-, cinq critères interdépendants de garanti de réussite d’une action internationale se dégagent :

1.- l’existence d’un cadre conventionnel national bi- ou multilatéral (convention entre les ministères des pays concernés)

2.- l’existence d’un cadre financier collectif (budgétisation nationale)

3.- la création d’un réseau d’IUFM piloté à l’échelle nationale (force du collectif face à l’individuel)

4.- la publication officielle de référentiels et de cahiers des charges (textes de cadrage des stages à l’étranger, prévus dans les parcours « métiers de l’enseignement » de la licence, durant les années de concours ou de professionnalisation, ou enfin, durant les deux premières années de titularisation)

5.- le soutien des autorités institutionnelles (appuis politiques).

Des échanges, autres que franco-britanniques devraient être bâtis sur ce modèle, notamment avec l’Allemagne (pays transfrontalier, de surcroît premier partenaire économique de la France), avec l’Afrique Noire (puisque certains IUFM collaborent déjà avec le Mali, le Sénégal ou encore, le Togo), et avec les Etats-Unis.

Après l’agitation suscitée par l’apparition des stages filés, c’est à présent l’universitarisation des IUFM qui vient semer le trouble dans les cellules des relations internationales (RI) -puisque la loi prévoit un rapprochement ou une mutualisation des services relations internationales des deux établissements (IUFM et Université intégrante).

La méconnaissance mutuelle des deux services RI semble alimenter la crainte des usagers des IUFM d’une perte d’autonomie de leurs actions internationales. Il est donc sans doute nécessaire de rassurer tous les acteurs :

- la spécificité des deux établissements (recherche à l’Université, et ingénierie de formation à l’IUFM) devrait permettre à chacun de conserver un rôle moteur,

- les savoir-faire des deux services sont complémentaires : l’un pourrait investir les chantiers réfutés par l’autre,

- les moyens logistiques pourraient être mutualisés (facilités d’accès au logement et à l’hébergement des étudiants accueillis, centralisation des échanges ERASMUS,…)

- les parcours « métiers de l’enseignement » inscrits dans les licences, et qui parfois prévoient des stages à l’étranger, constituent de potentiels chantiers communs, qui peuvent permettre un rapprochement de tous les acteurs RI,

- quant à l’indépendance financière, elle est de toute façon assurée par la loi.

Le rapprochement des services RI des deux établissements devrait donc principalement se mesurer par le choix d’une politique commune de développement : par exemple, en Lorraine, les établissements sont tous fortement engagés dans des partenariats avec leurs voisins allemands.

Dans ce cas, la poursuite du travail de chacun dans des conditions favorables est assurée, et la réussite garantie.

Jeudi, 22 février 2007

Regard sur deux écoles belges

En tant que responsable des relations internationales de l’IUFM de Lorraine, je peux témoigner que l’observation et l’étude de systèmes éducatifs étrangers permettent, par l’effet de miroir, de porter un nouveau regard sur les modes de fonctionnement français.



Dans ce billet, nous plongeons dans l’univers de deux établissements du second degré belges dont les projets illustrent l’importance d’un espace d’initiatives pour la mise en œuvre d'une pédagogie adaptée au public local.



Le premier est l'Athénée Royal Da Vinci, à Bruxelles. Il peut accueillir des enfants en très grande difficulté, analphabètes, ou encore, néo-arrivants connaissant peu ou pas du tout le français.



Le seconde est l’Ecole du Futur, à Mons. Son public est plus traditionnel, voire favorisé.



Malgré tout, ces deux écoles prônent la mixité sociale, en cohérence même avec leur projet d’établissement dont les axes sont similaires et visent à permettre à l'élève de devenir un adulte responsable, à favoriser son autonomie, développer sa curiosité intellectuelle, son sens critique, son esprit de coopération, ses capacités d'analyse et de raisonnement, mais aussi de créativité.



En revanche, les moyens de mise en œuvre diffèrent en raison même des profils des élèves.



A travers ces deux exemples, nous allons illustrer qu'un projet d'établissement ne peut prendre vie que s'il tient compte du profil des usagers, de l'implantation géographique de l'école, et bien entendu, de la force d'engagement des enseignants. Sur ce dernier point, il est clair que les professeurs seront plus facilement porteurs s'ils ont été sollicités dans l'élaboration même du projet : l'école doit donc entrer dans une démarche participative, aussi bien au niveau des élèves qu'à celui des enseignants.



Les questions qui peuvent aussi être soulevées concernent les objectifs globaux de formation, autrement dit, le but véritable de l'Ecole : est-ce de préparer à l'entrée à l'université ? Ou plus largement, de créer des adultes responsables qui sauront trouver leur place dans la société d'aujourd'hui ? Dans ce cas, ne faudrait-il pas en parallèle changer notre propre regard sur les métiers manuels en particulier, et toute notre vision de l'intelligence en général ?



L’école Da Vinci à Bruxelles

Cette école se structure comme une véritable communauté éducative dans laquelle le bien-être et l’épanouissement de l’élève est l’une des principales orientations.



Toutes les activités visent à favoriser une dynamique de changement, de participation, de coopération et de remise en question permanente afin de permettre aux jeunes de devenir de véritables acteurs de leur formation et de futurs citoyens responsables.

Trois axes se dégagent :
  • la connaissance de l’autre : apprentissage de la diversité culturelle et de la cohésion sociale (activités communes), travail de l’écoute de l’autre, …
  • la connaissance de soi : parcours individuels, activités sportives (notamment en football), d’expression et de créativité, …
  • la connaissance du monde : éducation aux médias, à la santé, à l’environnement, …


Dans ce cadre, l’Athénée Da Vinci encourage les activités favorisant une réconciliation de l’élève avec l’Ecole, en organisant des activités extrascolaires ou transdisciplinaires en partenariat avec le monde extérieur, et en luttant contre l’échec scolaire. Par exemple, l’établissement a mis en place :


  • des classes passerelles : celles-ci accueillent des jeunes ne parlant pas ou peu le français voire complètement analphabètes. Les objectifs pédagogiques visés sont alors : acquérir un niveau en français suffisant pour pouvoir être intégré dans la classe et profiter des enseignements, mais aussi, apporter les ressources linguistiques et relationnelles nécessaires pour subvenir aux besoins dans la nouvelle société qu’ils doivent appréhender.
  • un tutorat : afin de faciliter la réussite des élèves en difficulté d’apprentissage, une école des devoirs, encore appelée Dispositif d’Accrochage Scolaire, a été créée. La philosophie centrale est d’apprendre aux élèves à apprendre afin de les rendre au plus vite autonomes.


L’école du Futur à Mons

L’école du Futur a pour projet de respecter les rythmes de travail, de permettre à chaque élève de se réaliser humainement et de concrétiser son projet de vie, tout en lui permettant d’atteindre son plus haut niveau de compétences.



Les moyens utilisés peuvent paraître innovants : il n’est plus question de saucissonner les différentes matières en heures de cours Et « l’austère bureau surélevé du professeur disparaît, de même que les antiques bancs alignés en rangée jusqu’au fond de la classe. Ici, le demi-cercle formé par le mobilier moderne offre un panorama plutôt futuriste, complété par une série d’ordinateurs qui trônent dans la halle centrale. »



La méthode scolaire est également très différente : les programmes sont abordés à travers cinq thèmes (par exemple, l’aviation, l’eau, l’actualité, la socialisation et le théâtre). Ce choix pédagogique permet d’approcher les matières traditionnelles via des chassés-croisés interdisciplinaires et transdisciplinaires. L'enseignement vertical habituel laisse la place à un apprentissage horizontal. - Pour cela, les pratiques des professeurs reposent sur la pédagogie différenciée, l’apprentissage par compétences (donner un sens aux savoirs et les rendre plus indélébiles), le travail en projet, la formation par petits groupes d’élèves,…Le principe est de permettre à l’élève de devenir un initiateur et un instigateur de recherches et de travaux d’exploitation, notamment grâce aux nouvelles technologies d’information et de communication, à l’intervention fréquente de personnes-ressources extérieurs, et à l’observation de phénomènes in situ.

Samedi, 10 février 2007

La politique éducative marocaine

Le taux de scolarisation des petits marocains est officiellement de 90 % dans le primaire et de 70 % pour les 12-14 ans, mais dans certaines campagnes, il est bien plus bas. L’aménagement des rythmes scolaires depuis la rentrée 1998 pour permettre aux enfants de conjuguer travail à la ferme et alphabétisation n’a en effet pas suffi pour enrayer l’absentéisme.



Une politique éducative forte



Pourtant, le royaume a, depuis 1999 (année de la promulgation de la Charte Nationale de l’éducation et de la formation), adopté une politique éducative très forte qui place l’Education comme seconde priorité nationale C’est ainsi que près de 30 % du budget national (contre 7 % en France) est mobilisé pour cette mission !



Des résultats encore décevants



Les résultats ne correspondent cependant pas à ceux attendus : le Maroc compte encore le plus fort taux d’analphabétisme des pays du Maghreb.



Deux raisons principales peuvent être données.



La première est historique : en 1956, à l’heure de l’indépendance, la France laisse une population comprenant 87 % d’analphabètes. Le mal est alors très profond.



La seconde est géographique : dès qu’on s’éloigne des grandes villes, les écoles se retrouvent implantées à parfois plus d’une dizaine de kilomètres du domicile des élèves, comme si elles avaient été construites aux centres de cercles imaginaires qu’un maximum de petits ruraux pourraient décemment joindre chaque jour à pied. C’est ainsi que de nombreuses écoles ont été construites en milieu désertique. Il est alors compréhensible que tous les enfants, même s’ils sont conscients du drame de la privation de savoirs, n’acceptent pas d’effectuer de tels trajets.



Ces faits sont encore plus marqués au niveau du collège.



Le français à l'école

Le français n’est naturellement pas une langue étrangère comme les autres : 75 % des marocains estiment cette langue comme indispensable, car facteur d’ouverture professionnelle. Pour cette raison, les établissements français, la Mission laïque, les écoles privées bilingues connaissent un très grand succès



Dans les établissements publics, le français est désormais enseigné dès le CE1. Il devient aussi une langue d’instruction notamment en cours de mathématiques (alors que l’histoire et la géographie sont enseignées en arabe). Malheureusement, en milieu rural, les enfants n’ont pas la télévision : ils n’entendent, ni ne parlent, le français (ni même l’arabe standard) en dehors de l’école. Leur niveau en français s’avère donc très faible.



La formation des maîtres



La volonté politique éducative du royaume est naturellement présente dans la formation des maîtres (désormais recrutés à BAC +2, au lieu du niveau baccalauréat) : le besoin de rénover les modes de pratiques professionnelles a en effet été clairement énoncé par les autorités marocaines.



C’est ainsi que la France, sollicitée, s’est impliquée, via les cellules des relations internationales des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres) en collaboration avec les CFI marocains (Centres de Formation des Instituteurs), dans la formation continue des enseignants marocains . Dans ce cadre, l’IUFM de Lorraine échange tous les ans avec le Maroc quelques professeurs des écoles stagiaires, et missionnent régulièrement des formateurs pour assurer un stage en pédagogie ou en didactique des disciplines aux instituteurs marocains.

Lundi, 18 décembre 2006

L'enseignement des langues au Grand-Duché du Luxembourg

Compte-rendu de l’étude menée par le conseil de l’Europe



Au Grand-Duché du Luxembourg, le trilinguisme actuel (allemand, français et luxembourgeois) a pour objectif de tirer les conséquences de l’environnement du pays sur le plan économique, culturel et politique, et de se différencier en même temps de ses voisins.



Les trois langues ont en fait un usage très complémentaire : le luxembourgeois est gage d’intégration, le français est la langue de la législation, alors que dans les secteurs de l’administration et de la justice, l’emploi des trois langues est possible.



Les besoins de compétences linguistiques sont en fait plus largement diversifiés, d’abord pour favoriser la mobilité professionnelle et donc la réussite individuelle (l’anglais est officiellement considéré comme la première langue étrangère), mais aussi pour répondre au fort taux d’immigrés (38,6 % d’étrangers : portugais, italiens, français, belges, allemands, britanniques, néerlandais, et autres) et à l’importante présence de travailleurs frontaliers (36,6 % des personnes travaillant au Luxembourg).



Dans ce contexte, le poids de l’enseignement des langues est important : plus du tiers du temps scolaire est consacré à l’enseignement des trois langues dès l’école primaire, auquel il faut ajouter l’apprentissage de l’anglais dès la seconde classe de l’enseignement du second degré.



Pour mieux comprendre les effets de l’enseignement des langues au Grand-Duché, nous nous proposons de synthétiser ci-dessous la progression des apprentissages : à chaque cycle est introduite une nouvelle langue véhiculaire.



Pré-scolarité : le luxembourgeois est la langue véhiculaire ; ce qui permet aux enfants non luxembourgeois de se familiariser avec cette langue.



Cycle primaire :

  • L’allemand devient la langue véhiculaire pour la plupart des disciplines.
  • Le luxembourgeois est surtout utilisé pour les activités artistiques ou sportives.
  • Le français est enseigné comme matière d’enseignement.


Cycle secondaire :

  • Le statut du luxembourgeois devient marginal.
  • L’allemand reste, durant les trois premières années, la langue d’enseignement de quelques disciplines.
  • Le français devient peu à peu la langue d’instruction de toutes les disciplines. Il est la langue véhiculaire.


Si ce système scolaire connaît des réussites exemplaires, il est également facteur d’échec pour une grande partie d’élèves qui doivent maîtriser les langues d’instruction alors que celles-ci peuvent, pour une même discipline, changer plusieurs fois au cours de la scolarité. Comme de plus, les notes en langues jouent un rôle décisif à côté de celles de mathématiques, 20 % des élèves sont conduits à quitter l’école sans qualification.



D’autres causes d’échec ont été pointées : - La prise en compte des situations individuelles des élèves est absente. En effet, les jeunes romanophones (italiens, portugais) ont un niveau faible en allemand mais convenable en français, alors que pour les jeunes luxembourgeois, la situation inverse est observée. - Pour les enfants étrangers, la barrière linguistique est trop haute : un tiers des élèves ne parlent pas ni le luxembourgeois, ni l’allemand dans leur milieu familial. Ils se retrouvent donc en difficultés dès les premières années de leur scolarité. - Il est attendu que chaque élève puisse en fin de scolarisation atteindre les standards propres à une langue maternelle pour chacune des trois langues. La représentation « équilingue » du trilinguisme est source de nombreux échecs, alors qu’elle ne correspond pas aux besoins réels (tant pour la poursuite des études à l’étranger, que pour l’exercice d’activités dans le milieu de l’entreprise). De plus, elle ne tient pas compte de la priorité de formation aux compétences orales, et induit une évaluation négative, c’est-à-dire qui tend à comparer les acquis linguistiques des élèves en lien avec les compétences de locuteurs natifs, au lieu de porteur valeur à la progression de l’élève (apprentissage par compétences).



La Lorraine va former les enseignants luxembourgeois



Suite à l’étude menée par le Conseil de l’Europe, le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation professionnelle du Luxembourg met en réflexion son système éducatif, et souhaite en particulier s’engager dans de nouvelles orientations de formation de ses enseignants. C’est ainsi que l’IUFM de Lorraine vient d’être sollicité pour la mise en place d’un plan de formation pluriannuel des maîtres luxembourgeois du premier et du second degré, qui viserait l’enseignement du français comme langue étrangère, basé sur l’apprentissage par compétences centrées sur l’élève et non sur les programmes, et dont l’un des objectifs serait de favoriser l’égalité des chances pour tous (sexe, couche sociale, nationalité, etc.). La collaboration deviendra effective à la prochaine rentrée. L'Université du Luxembourg : elle est chargée de la formation initiale des maîtres