Education et Formation des maîtres

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Dimanche, 11 février 2007

Le portfolio européen des langues

Une nouvelle orientation éducationnelle



L’apprentissage des langues prend une toute nouvelle orientation : il n’est plus considéré dans le simple cadre scolaire mais dans un véritable parcours tout au long de la vie durant laquelle l’exposition aux langues se fait. Les cours de langues ne constituent plus qu’un élément de ce parcours.



Autrement dit, l’apprentissage vient s’inscrire dans une démarche d’utilisation des langues, et non plus dans une démarche pédagogique : l’apprenant devient un apprenant usager, avec un passé et un avenir de contacts avec les langues.



Présentation du portfolio



Le Portfolio est l’outil qui permet une autoévaluation en langues, mais aussi et surtout, la mise en valeur de toute la motivation, de toutes les compétences, acquis et expériences de l’utilisateur apprenant.



Concrètement, le portfolio est constitué de trois éléments :

  • le passeport de langues, qui est l’empreinte des contacts de l’apprenant usager avec les langues : il indique le profil linguistique, présente un résumé des expériences linguistiques et culturelles, et fournit la liste des certificats et des diplômes obtenus,
  • la biographie langagière, qui est un recensement des expériences vécues langagières, socioculturelles et interculturelles, mais aussi une description des compétences langagières, des activités pratiquées, des moyens et des manières de progresser,
  • le dossier qui est un portefeuille de documents d’illustration (diplômes, attestations, projets, réflexions, réalisations, ..).


Pourquoi un portfolio ?



Le portfolio conçoit donc le développement de compétences langagières tout au long de la vie comme un parcours curriculaire, c’est-à-dire comme un parcours qui s’inscrit dans un continuum de formation en vue d’une progression qualitative et non plus seulement, quantitative.



Par le portfolio, l’apprenant usager prend conscience de la multiplicité des itinéraires et des caractéristiques de son propre profil langagier. Il est sensibilisé à la diversité des langues, au multilinguisme et au plurilinguisme.



Du point de vue du professeur, le portfolio permet :

  • de favoriser l’engagement des élèves
  • de les doter de moyens de se fixer des objectifs et de développer leur autonomie,
  • de rendre leurs progrès perceptibles,
  • de valoriser toute réussite,
  • de donner du sens aux apprentissages linguistiques.


Le portfolio dégage ainsi une autre conception de la connaissance des langues vivantes, en introduisant la notion de compétences partielles en langues.



Evolution dans les pratiques professionnelles des enseignants



La popularité du portfolio (PEL) a déjà largement dépassé celle du cadre européen commun de références pour les langues (CECR) - grille d’évaluation des cinq compétences : écouter, lire, s’exprimer oralement, écrire et converser (on y distingue donc les situations de monologue et de dialogue interactif).



Ces deux instruments, CECR et PEL, se présentent donc comme deux nouveaux outils pédagogiques communs à de nombreux pays européens et au delà – le CECR a par exemple été traduit en trente langues.



Alors que l’apprentissage des langues connaît donc une toute nouvelle orientation, il est essentiel que cette évolution suive au sein même des pratiques professionnelles des enseignants.



Suite à la publication du nouveau cahier des charges de la formation de maîtres, les 31 IUFM sont en train de reprendre les plans de formation : une belle opportunité d'ancrer plus fortement l'utilisation du CECR et du PEL dans les pratiques des jeunes professeurs !

Lundi, 18 décembre 2006

L'enseignement des langues au Grand-Duché du Luxembourg

Compte-rendu de l’étude menée par le conseil de l’Europe



Au Grand-Duché du Luxembourg, le trilinguisme actuel (allemand, français et luxembourgeois) a pour objectif de tirer les conséquences de l’environnement du pays sur le plan économique, culturel et politique, et de se différencier en même temps de ses voisins.



Les trois langues ont en fait un usage très complémentaire : le luxembourgeois est gage d’intégration, le français est la langue de la législation, alors que dans les secteurs de l’administration et de la justice, l’emploi des trois langues est possible.



Les besoins de compétences linguistiques sont en fait plus largement diversifiés, d’abord pour favoriser la mobilité professionnelle et donc la réussite individuelle (l’anglais est officiellement considéré comme la première langue étrangère), mais aussi pour répondre au fort taux d’immigrés (38,6 % d’étrangers : portugais, italiens, français, belges, allemands, britanniques, néerlandais, et autres) et à l’importante présence de travailleurs frontaliers (36,6 % des personnes travaillant au Luxembourg).



Dans ce contexte, le poids de l’enseignement des langues est important : plus du tiers du temps scolaire est consacré à l’enseignement des trois langues dès l’école primaire, auquel il faut ajouter l’apprentissage de l’anglais dès la seconde classe de l’enseignement du second degré.



Pour mieux comprendre les effets de l’enseignement des langues au Grand-Duché, nous nous proposons de synthétiser ci-dessous la progression des apprentissages : à chaque cycle est introduite une nouvelle langue véhiculaire.



Pré-scolarité : le luxembourgeois est la langue véhiculaire ; ce qui permet aux enfants non luxembourgeois de se familiariser avec cette langue.



Cycle primaire :

  • L’allemand devient la langue véhiculaire pour la plupart des disciplines.
  • Le luxembourgeois est surtout utilisé pour les activités artistiques ou sportives.
  • Le français est enseigné comme matière d’enseignement.


Cycle secondaire :

  • Le statut du luxembourgeois devient marginal.
  • L’allemand reste, durant les trois premières années, la langue d’enseignement de quelques disciplines.
  • Le français devient peu à peu la langue d’instruction de toutes les disciplines. Il est la langue véhiculaire.


Si ce système scolaire connaît des réussites exemplaires, il est également facteur d’échec pour une grande partie d’élèves qui doivent maîtriser les langues d’instruction alors que celles-ci peuvent, pour une même discipline, changer plusieurs fois au cours de la scolarité. Comme de plus, les notes en langues jouent un rôle décisif à côté de celles de mathématiques, 20 % des élèves sont conduits à quitter l’école sans qualification.



D’autres causes d’échec ont été pointées : - La prise en compte des situations individuelles des élèves est absente. En effet, les jeunes romanophones (italiens, portugais) ont un niveau faible en allemand mais convenable en français, alors que pour les jeunes luxembourgeois, la situation inverse est observée. - Pour les enfants étrangers, la barrière linguistique est trop haute : un tiers des élèves ne parlent pas ni le luxembourgeois, ni l’allemand dans leur milieu familial. Ils se retrouvent donc en difficultés dès les premières années de leur scolarité. - Il est attendu que chaque élève puisse en fin de scolarisation atteindre les standards propres à une langue maternelle pour chacune des trois langues. La représentation « équilingue » du trilinguisme est source de nombreux échecs, alors qu’elle ne correspond pas aux besoins réels (tant pour la poursuite des études à l’étranger, que pour l’exercice d’activités dans le milieu de l’entreprise). De plus, elle ne tient pas compte de la priorité de formation aux compétences orales, et induit une évaluation négative, c’est-à-dire qui tend à comparer les acquis linguistiques des élèves en lien avec les compétences de locuteurs natifs, au lieu de porteur valeur à la progression de l’élève (apprentissage par compétences).



La Lorraine va former les enseignants luxembourgeois



Suite à l’étude menée par le Conseil de l’Europe, le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation professionnelle du Luxembourg met en réflexion son système éducatif, et souhaite en particulier s’engager dans de nouvelles orientations de formation de ses enseignants. C’est ainsi que l’IUFM de Lorraine vient d’être sollicité pour la mise en place d’un plan de formation pluriannuel des maîtres luxembourgeois du premier et du second degré, qui viserait l’enseignement du français comme langue étrangère, basé sur l’apprentissage par compétences centrées sur l’élève et non sur les programmes, et dont l’un des objectifs serait de favoriser l’égalité des chances pour tous (sexe, couche sociale, nationalité, etc.). La collaboration deviendra effective à la prochaine rentrée. L'Université du Luxembourg : elle est chargée de la formation initiale des maîtres

Dimanche, 10 décembre 2006

La formation initiale des professeurs des écoles biculturelles

La maîtrise des langues est aujourd’hui le gage d’une ouverture des élèves sur le monde, d’une meilleure compréhension des autres par l’accès direct à leurs cultures respectives, en même temps qu’un facteur décisif d’insertion sociale et professionnelle. L’apprentissage de l’allemand, langue du voisin de la Lorraine, revêt dans ce contexte une importance toute particulière. Pour toutes ces raisons, les écoles biculturelles ont été créées. Elles prévoient naturellement un enseignement renforcé de l’allemand, mais aussi et surtout, une partie des enseignements des Disciplines Non Linguistiques (DNL) en allemand. Ce type de cursus, appelé la Voie Spécifique Mosellane (VSM) puisqu’elle restait spécifique à la Moselle (et l’Alsace), devrait être étendu à la Lorraine entière. Et parce que la France et l’Allemagne sont les premiers partenaires économiques l’un de l’autre, de nouvelles écoles biculturelles seront vraisemblablement prochainement ouvertes sur l’académie Nancy-Metz.



Il était donc important de se soucier de la création d’un vivier de professeurs des écoles aptes à enseigner dans ces classes biculturelles (jusqu’à 5 heures hebdomadaires d’enseignement en allemand), voire dans les classes paritaires (où la moitié des enseignements, soit 14 heures, sont assurés en allemand). C’est ainsi que, sous l’impulsion de la Communauté d’Agglomération de Sarreguemines Confluences, dont la politique éducative est très forte notamment dans le cadre des échanges franco-allemands, l’IUFM de Lorraine décida en 2003 d’implanter une antenne à Sarreguemines dont la spécificité serait justement la formation initiale des professeurs de ces écoles spécifiques.



L’antenne de Sarreguemines est aujourd'hui entrée dans sa quatrième année scolaire. Une année qui à destination des professeurs stagiaires, prévoit comme les années précédentes, un stage à l’étranger, une présentation générale de la VSM, ainsi que des temps de formation en allemand de certaines DNL (accès au vocabulaire spécifique des DNL). Mais en revanche, aucune séance ne prévoyait encore une formation pour apprendre à enseigner des DNL en allemand, c’est-à-dire, pour apprendre à véritablement professer dans une classe biculturelle - il est en effet clair que :

- enseigner l’allemand à des écoliers français (apprentissage classique de l’allemand),

- enseigner en allemand à des écoliers français (VSM),

- enseigner en français (enseignement pluridisciplinaire traditionnel),

- enseigner en allemand à des écoliers allemands (mise en situation des stagiaires lors de leur stage à l’étranger)

ne peuvent mobiliser les mêmes compétences chez le professeur des écoles dont la langue maternelle est le français. Il fallait donc élaborer une formation à destination des stagiaires qui tienne davantage compte de toutes ces spécificités.



C’est ainsi que le 10 novembre 2006, le Conseil Scientifique et Pédagogique de l’IUFM de Lorraine a voté à l’unanimité la mise en oeuvre d’un plan de formation transitoire 2006/07, en vue prochaine d’un dispositif de formation plus fortement remanié, qui devrait entrer en application à la prochaine rentrée scolaire, et qui prévoirait en particulier des échanges renforcés avec la Sarre, mais aussi un jumelage avec deux prochaines implantations de l’IUFM d’Alsace à Saverne et à Haguenau.



Je voudrais achever cette lettre en m’exprimant en tant que responsable pédagogique de l’antenne de Sarreguemines de l’IUFM de Lorraine, et par conséquent, en m’adressant directement à l’équipe de formateurs. Je souhaiterais remercier tous ces collègues pour leur investissement dans chacun de nos projets, mais aussi, pour le groupe bien sympathique qu’ils constituent, et avec lequel je me réjouis de travailler. Enfin, je voudrais les féliciter pour les résultats obtenus à la dernière session du Concours de Recrutement des Professeurs des Ecoles (CRPE) : l’antenne de Sarreguemines a en effet obtenu le meilleur pourcentage de réussite de la région, dans un contexte déjà remarquable puisque l’IUFM de Lorraine vient d’être classé en tête du palmarès des trente et un IUFM de France.

Dimanche, 12 novembre 2006

Plus de sections européennes dans les collèges et lycées !

Parce que l’Europe devient une réalité de plus en plus tangible, la maîtrise d’une langue européenne se révèle un véritable facteur d’ouverture et d’insertion sociale et professionnelle.



Dans ce contexte, les orientations ministérielles proposent que la construction de l’Europe commence dans les écoles : l’enseignement des langues vivantes étrangères à l’école doit être renforcé et le sentiment chez les jeunes, futurs citoyens européens, d’appartenir à cet ensemble de peuples et de nations doit être favorisé.



C’est ainsi que pour améliorer l’enseignement des langues étrangères en France et plus particulièrement les compétences des élèves à la communication orale, les sections européennes créées en 1992 se sont inscrites dans une politique d’intégration de l’apprentissage des langues étrangères dans l’enseignement d’une discipline non linguistique. Ces classes visent en effet, à préparer les futurs bacheliers à leur intégration dans des cursus européens. Elles commencent en classe de 4ème (exceptionnellement à partir de la 6ème) et consistent en un renforcement de l’enseignement dans la langue étrangère cible, et, à partir de la classe de 2nde, en un Enseignement d’une Matière par l’Intégration d’une Langue Etrangère (E.M.I.L.E., le nouveau sigle de la D.N.L. (Discipline Non Linguistique)). Il s’agit par exemple, pour un professeur d’Histoire et de Géographie, d’assurer un enseignement de sa discipline dans une langue étrangère.



L’objectif des sections européennes est de permettre à l’élève de renforcer ses aptitudes en langue étrangère, mais également découvrir la culture du pays concerné.



Aujourd’hui, alors que l’effectif de ces sections est appelé à s’accroître- il est prévu que le nombre de sections européennes au collège et au lycée augmente dans les prochaines années de 20 %-, il est essentiel de se préoccuper de la création d’un vivier de professeurs aptes à transmettre leur discipline dans une langue vivante étrangère. C’est pour répondre à ce besoin que le Ministère de l’Education Nationale a décidé, il y a deux ans, de mettre en place un examen à une certification dite « complémentaire » ayant pour objectifs de valider, d’une part la compétence linguistique de l’enseignant, et, d’autre part, la richesse du vocabulaire spécifique dans la langue étrangère lié à la discipline enseignée.



C’est ainsi, qu’en 2005-06, l’I.U.F.M. de Lorraine s’est trouvé être l’un des cinq I.U.F.M. de France à proposer une formation spécifique destinée aux professeurs des collèges et lycées stagiaires.



Nous ne pouvons que nous réjouir de telles initiatives qui, au final, n’ont pour seuls objectifs que de favoriser l’insertion dans la vie active et donc la construction de l’avenir de nos enfants, en leur permettant de mieux trouver place au sein de l’Europe.

Vendredi, 11 novembre 2005

Parler l'allemand, un atout pour la réussite professionnelle

Parce que l’Allemagne est « championne » du commerce international, parce que la France et l’Allemagne sont les premiers partenaires économiques l’un de l’autre, la maîtrise de l’allemand devient un atout important sur le marché de l’emploi. Il est vrai que la maîtrise de l’anglais est attendue par les employeurs, mais c’est sur la seconde langue que se joue finalement le recrutement. Et dans le contexte économique actuel, l’allemand s’avère être la langue la plus sollicitée.



Malheureusement, trop peu de personnes avec un profil à la fois bilingue et biculturel se présentent sur le marché de l’emploi. Peut-être parce que l’allemand est réputée langue difficile. Peut-être parce que l’allemand a par son enseignement une représentation sociale négative. Peut-être parce que le choix de l’allemand a longtemps été une stratégie de reconstitution de filière. Peut-être parce que les médias ne présentent pas suffisamment une image culturelle attirante de l’Allemagne.



Une politique de relance de l’allemand est depuis plusieurs années appliquée en France, et plus particulièrement en Lorraine. Elle exige un travail :

- sur la didactique de l’allemand (approche par des situations de communication authentiques, approche par la tâche,…)

- sur les rythmes d'apprentissage (au moins cinq heures par semaine sur un temps court plutôt qu’un enseignement homéopathique sur de nombreuses années) et sur la formation des adultes

- sur les structures et sur les dispositifs spécifiques : Voie Spécifique Mosellane, écoles et collèges biculturels, classes bi-langues, sections européennes, ABIBAC, Bac plus, cursus intégrés de l’Université Franco-Allemande, etc. Les principes de toutes ces structures reposent sur le renforcement du volume horaire de l’allemand, la multiplication des partenariats et des échanges avec l’Allemagne, le travail sur la culture, l’histoire des deux pays, l’identité et la citoyenneté européenne, et surtout sur l’enseignement de disciplines non linguistiques en allemand.

- de sensbilisation à la culture de l'autre pays

- de communication sur l'intérêt économique des choix de langue.

Mais si tous les arguments (en particulier économiques), très fortement rationnels, ne produisent pas les effets recherchés, c'est tout simplement parce qu'un élève ne chosit pas une langue vivante étrangère pour les raisons économiques mais pour son intéret pour la culture du pays - car su jusqu'à la Sixième, ce sont les familles qui choisissent pour l'enfant la Langue Vivante, à partir de la Quatrième, c'est l'élève qui prend cette décision (naturellement en accord avec l'avis des parents).



En conclusion, si nous souhaitons vraiment mettre en place une politique de relance de l’allemand, nous devons d’abord veiller à travailler sur une image attirante de l’Allemagne, du franco-allemand et de la construction européenne.