C’est suite à la publication par le MEDEF de la Lorraine, du guide « 50 métiers qui recrutent en alternance » que j’ai souhaité écrire ces quelques lignes dans le contexte particulier où les modalités de recrutement des enseignants sont plus que jamais à l’ordre du jour des débats politiques.
Dans la visée d’une meilleure harmonisation des systèmes de l’enseignement supérieur à l’échelle européenne, l’admissibilité au concours de recrutement des professeurs, sans doute prévu à l’issue du Master 2, déboucherait sur l’exercice à temps complet du métier sur le terrain.
Ce projet interpelle dans la mesure où il conduit à la titularisation d’enseignants n’ayant bénéficié d’aucune formation professionnelle initiale, alors que le métier de professeur s’avère de plus en plus difficile.
Le cahier des charges de la formation des maîtres, publié le 19 décembre 2006 par le Ministère, mentionnait expressément que :
Enseigner est un métier qui s’apprend. Faire cours et faire apprendre, conduire une classe et individualiser son enseignement, exiger des efforts et donner confiance, susciter l’intérêt, évaluer les aptitudes et percevoir les talents, aider à l’orientation. Tout cela nécessite une formation initiale et continue approfondie : rien ne doit être laissé aux aléas de la vocation pédagogique ou du hasard professionnel.
Pourtant, il est aujourd’hui envisagé qu’un Master purement disciplinaire puisse se substituer à la formation jusqu’ici assurée par les IUFM (*), c’est-à-dire à une formation d’adultes, professionnelle, à caractère universitaire, et en alternance.
Est-il utile de le rappeler ? Une formation en alternance suppose bien entendu des activités de terrain, mais surtout un va-et-vient, un aller-retour, entre les enseignements à l’Ecole et les différentes situations pratiques du terrain. La formation a pour vocation de préparer et de réinterroger après coup les situations d’exercice, alors que l’expérience sur le lieu de travail permet de nourrir les réflexions menées à l’Ecole. C’est bien là une caractéristique essentielle des formations professionnelles, et nul ne doit s’étonner si autant de métiers, dans des secteurs bien différents (de l’industrie au commerce et services, en passant par le bâtiment et travaux publics) et à tous les niveaux d’étude, recrutent désormais en alternance.
De fait, si nous souhaitons pérenniser la qualité de la formation des enseignants, tout en tenant compte de l'européanisation de notre système d'enseignement, il est impératif de :
- mettre en place des Masters offrant un parcours véritablement professionnalisant aux métiers de l’enseignement
- créer un concours de recrutement comptant une épreuve professionnelle convoquant une expérience du terrain.
C’est avec impatience que j’attends les conclusions des négociations entre toutes nos instances tutélaires.
Florence Soriano-Gafiuk
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